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Boursonomics

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  • : Marche aléatoire autour des Marchés financiers et de la sphère économique. Peinture décalée d'un monde empli de certitudes qui oublie trop souvent ses leçons d'Histoire
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3 janvier 2009 6 03 /01 /janvier /2009 18:56


Fontenelle raconte que Démosthène se plaignait des oracles de Delphes, qu’il jugeait trop conformes aux intérêts de Philippe de Macédoine : « La Pythie philippise » ironisait-il ! Cependant, des siècles durant, rien d’important qui n’eût sa part de doute, ne fut entrepris sans interroger les sibylles. Et en cette gageure, les vieux trépieds 1 de Delphes étaient dépositaires de l’avenir depuis un temps immémorial : ils dominaient le Marché dirait-on aujourd’hui. Ces antiques pratiques, divinement corrompues, qui montraient bien qu’on avait affaire à des hommes, témoignaient déjà de l’avantage supérieur des puissants à circonvenir l’opinion, aussi bien que de cet impérieux besoin de l’espèce à circonscrire ses lendemains. L’un s’ajoutant à l’autre, le commerce perdura, jusqu’à nos jours, selon le génie particulier de quelques-uns d’affliger l'ordinaire de tous les autres. La prescience a troqué son décorum cérémoniel et ses sentences opaques contre l’étiquette contemporaine des avis d’autorité, généralement optimistes et chiffrés. Nous ne sommes guère plus avancés.

Un exercice s’achève, un autre commence, qui nous donne l’occasion de feuilleter les prévisions des analystes. L’année 2008 fut horrifique, avec un indice parisien en déclin de 42%, à l’image des parquets mondiaux. Néanmoins, peu après l’épiphanie, celle-ci ne fut pas pressentie avec la réserve, voire la déploration, qui eût convenu. La compulsion acheteuseConvictions acheteuses

(…) A la fin de l’été 1929, les quotidiens ne se bornaient plus à citer quels titres monteraient en séance et de combien, mais bien l’heure à laquelle tel ou tel autre serait travaillé ! En ces jours filés de soie, quiconque pouvait s’ériger analyste, qui présageât la hausse, avec des chances sûres de succès, cireurs de chaussures compris. Soixante ans plus tard, en octobre 1987, la vista des éditeurs de 800 lettres confidentielles fut de la même eau : six à peine, des gâte-sauce, sous-entendirent le krach, à mi-voix. Les analystes boursiers sont de ce genre, inoxydablement positifs: ils bannissent la baisse et répugnent mordicus à conseiller quoi que ce soit à la vente ...
, panache blanc du métier, n’avait pas désarmé. « Les stratèges actions privilégient pour 2008 un scénario plutôt optimiste
» titrait La Tribune le 29 janvier dernier sur dix colonnes. Les porte-parole missionnés pour la circonstance, le caquet en partage, n’y allèrent pas de main morte 2-1 : le plus mesuré d’entre eux surestima la cote finale du CAC de près de 30% ! La palme revint au poulain de Natixis, la banque aux doigts d’or, qui entrevit l’indice parisien au zénith des 7.000 points, soit une erreur de quelque 55% ! Bah, pour certains, le ciel est la seule limite. On est pris de vertige à l’idée que des gérants manient l’argent d’épargnants sur la base de tels évangiles. « Nous sommes entrés dans une catégorie de marché que l'on peut qualifier de plat 2-3 » renchérira l’un d’eux, qui aurait été mieux avisé de qualifier ledit Marché de creux, à ce que l’on en vit après. Hé quoi, quiconque opine en Bourse court le risque de se tromper ! Pourtant, un conditionnel retenu, temps de l'hypothèse, absoudrait aussitôt l’oracle désavoué.

Un cran au-dessus, les économistes ; ils ont une réputation à défendre, la leur, et s’y appliquent avec soin, où qu’on les convie, mi-doctoraux mi-bonhomme, pour apporter la thèse de l'expertParoles d’experts (2)

Les Roaring Twenties, messagères du krach de 1929, donnèrent lieu à une grande célébration de la grâce qui inondait les marchés financiers du Nouveau Monde. La certitude était si partagée qu’on n’envisageait pas que la cavalcade des cours pût s’interrompre. Kenneth Boulding n’avait pas encore couché cette formule : « Toute personne croyant qu'une croissance exponentielle peut durer indéfiniment dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste ». (…)
. Elie Cohen, grand ami des médias, est de cette souche ; à l’été 2007, tandis que les subprimes grondaient, il rassure : « Dans quelques semaines, le Marché se reformera et les affaires reprendront comme auparavant
  3 ». Du même sang, David Thesmar - Prix 2007 du meilleur jeune économiste de France – et Augustin Landier, ténors libéraux commis d’office à la défense du Grand-Méchant-Marché 5 , jurent dans un article définitif, que « le mégakrach n’aura pas lieu (…) Disons-le tout net : la correction sera limitée et surtout sans effet sur l’économie réelle 4 ». S’étrangle-t-on ? En avril 2008, Patrick Artus, directeur des études chez Natixis, de retour d’Amérique, ratifiait la fin de la crise financière 6, réorchestrant l'allegro des années Internet qui l’avait vu objectiver un CAC à 10.000 points 7 ! Enfin David Naudé, économiste senior à la Deutsche Bank, pressé de les surpasser tous, qui déclare, début janvier : « Aux Etats-Unis, l'embellie arrivera certainement mi-2008. En Europe la reprise prendra sans doute quelques mois de plus. En tout cas, il n'y aura pas de krach cette année ! 8 ». Tant de certitudes, à l'indicatif ! Ah ! jamais un subjonctif, le temps du doute, qui acquitterait le savant !

Enfin, le panthéon. Superbes, voici les politiques, passés maîtres dans l’art de raffiner l’opaque ; du maquis statistique proviennent des prévisions ciselées à la décimale près, généralement faussesPresque toujours fausses

Plus utile que l'art consommé de prédire le passé, plus difficile aussi, celui de présumer l'avenir ! Voyez les prévisions de croissance du millésime 2003 : un record ! Rarement les organismes ayant à mesurer la situation économique, offices, instituts, et observatoires de tout poil, ne mirent autant à côté de la plaque ! Collectivement anticipée comme une année de reprise, après le mauvais cru de 2002, l’année se terminera avec un taux de croissance de 0,8%, le plus faible de la décennie. Bah ! Quelques chiffres coupe-vent vont mieux que d’autres ; expertisés, cautionnés, invérifiables, on oublie généralement assez vite qu’ils étaient faux. Archi-faux (…)
, décortiquées par des experts jamais pris sans vert d’en extraire la moelle, livrées au public par des gouvernants de passage qui, finalement, s’y entendront pour ne tenir compte de rien qui affadirait l’air du temps. La mémoire oublieuse fait le reste. Les prédictions de croissance ou d’inflation sont une occasion permanente d’observer ce ballet, entre chiffres officiels, traducteurs zélés et ministres volontaristes, empressés à la cause. En février 2008, François Fillon, le premier d’entre eux, « ne croit pas que nous serons très en dessous de la fourchette de 2 à 2,25% annoncé en janvier par le gouvernement
9 ». En juin, l’INSEE ramène sa prévision à 1,6%, mais ce n’est pas l'avis de Matignon, qui juge la note « exagérément pessimiste », d’autant que les anticipations de l’institut « ne se vérifient pas toujours 10 » - ce qui ne surprendra personne, hormis les sourds et les malentendants. En septembre, l’OCDE noircit le tableau, réduisant encore la prévision à 1% 11. Vaincue, Christine Lagarde, la haute main sur Bercy, reconnaît les faits mais « reste sur ce chiffre 12 ». Au bout du compte, la croissance devrait atteindre 0,8% selon l’INSEE  13, soit moitié moins que sa propre prévision vieille d’à peine six mois !

A
qui la palme ? Voici l'outsider, le Journal des Finances, authentique dazibao à la gloire du Marché, grand connaisseur des affaires de ce temps, quoiqu’assez borgne, qui, dans son édition du 13 septembre 2008, apaise ses lecteurs. En état de contemplation avancé, l’hebdomadaire titre : « CAC 40, le pire est passé » : deux jours après, l’indice entamait une descente en schuss, et abandonnait près de 30% en moins d’un mois ! Quelques flagrants délits nous en disent long sur la capacité de ces experts qui font l’opinion, à embrasser le réel : ceux-là écriront cent fois, d’une main propre, que « la vraie marque d’une vocation est l’impossibilité d’y forfaire » (Renan). Mais ce panégyrique ne serait rien sans quelque perle d’Amérique, épicentre mondial de la transe statistiqueStatistiques en stock

(…) En ce 5 mai 1789, une grande presse courut à l’hôtel des Menus Plaisirs : les Etats Généraux, qui n’avaient plus été réunis depuis 1614, siégeaient à nouveau, avec ce désir d'assainir les affaires de France. Le roi, monarque brouillon et indécis, discourut le premier, gauchement Le Garde des Sceaux susurra ensuite les intentions du souverain, qui n’en avait aucune. Puis vint le tour de Jacques Necker Directeur Général des Finances et banquier à la réputation établie ; on attendait qu’il dévoilât un vaste dessein, un plan ambitieux qui eût sorti la nation de l’ornière et qu’on pût appliquer sur l’heure : las, on eut des chiffres indigestes, jusqu’à la nausée, trois heures durant (…)
et de l’analyse comparse. Après le fiasco frauduleux d’Enron, sous l’œil vitreux de Goldman Sachs, et juste après celui de Bear Stearns, sous l’œil clos de la SEC, c’est au tour de l’agence Standard & Poors d’entrer en scène. En mars 2008, achevant de regarder ailleurs, l’institution dégrade la banque Lehman Brothers, lui adjugeant la note honorable A+ 
14-1 , avec cet avis exquis : « Les perspectives de gains à court terme demeurent cependant intéressantes 14-2 ». A court terme donc, en septembre, Lehman succomba. La vision nocturne des épées de la finance n’est pas sans rappeler les intérêts de Philippe de Macédoine.

L’art est facile de tirer la flèche du Parthe une fois la pièce jouée et les faits connus. Et la moquerie bonasse de gausser l’expert qui s’est trompé. Sans doute, dans le même élan, devrions-nous aussi célébrer la vista de tous ceux qui ont eu l’heur de mieux réussir. Mais sommes-nous si sûrs qu’ils rééditeront l’exploit ? Quelle est ici la part du hasardLa courbe en cloche sonne Wall Street

(…) Au début du XXe siècle, Louis Bachelier, un jeune mathématicien français qui étudiait les variations de prix des bons du Trésor, nota que celles-ci se dispersaient avec régularité autour d’une occurrence centrale. L’histogramme qu’il traça prit la forme de la fameuse courbe de Gauss-Laplace, dont le contour est celui d’une cloche renversée. Il postula que les cours baissaient ou montaient à égale probabilité, tels un dé qui roule. Ce modèle, dit de « marche aléatoire », dormira un demi-siècle avant d'être exhumé par Paul Samuelson en 1954. La science du risque s'en empara, et ne manqua pas d'en rajouter (…)
, impénétrable, qui encapsule ses gouttes de cristal encre dans la sphère divinatoire ? Et celle des intérêts puissants, à l’arrière ou en flanc-garde, qui brouillent les cartes ? Bah, va pour Delphes !  
 

 




 

(1) Fontenelle (1908)- « Histoire des oracles »

Le trépied de Delphes, celui d’Apollon aussi, était une sorte de siège sur lequel la prêtresse rendait ses oracles ; avant que de s’y jucher, la prêtresse s’y disposait par de longs préparatifs, des sacrifices, des purifications, un jeûne de trois jours et beaucoup d’autres cérémonies (Littré 1970)

 

(2) La Tribune, le 29/01/2008 - « Les stratèges actions privilégient pour 2008 un scénario plutôt optimiste »

Pour mémoire : le CAC a clôturé l’année 2007 à 5.614,08 points, et l’année 2008 à 3.217,97 points, soit un recul de 42,38% – Au 25/01/2008, après l’affaire Kerviel, le CAC cotait aux environs de 5.250 points. Les prévisions du panel interrogé pour l’exercice 2008 furent : Roger Desfossez (Natixis) 7.000, François-Xavier Chevalier (VP Finance) 6.200, Jean-Pierre Hellebuyck (Axa) 6.150, Jean-Paul Pierret (Dexia) 6.100, Alain Bokobza (Société Générale) 5.900, David Kruk (fondateur et PDG de Raymond James Euro Equities) 4.700.

 

L’indice DJ Eurostoxx 50 – majors européennes - a clôturé l’année 2007 à 4.399,72 points, et l’année 2008 à 2.451,78 points – Au 25/01/2008, après l’affaire Kerviel, le DJ Eurostoxx 50 cotait aux environs de 3.800 points. Les prévisions du panel interrogé pour l’exercice 2008 furent : Roger Desfossez (Natixis) 5.250, Jean-Pierre Petit (Exane BNP Paribas) 4.850, François-Xavier Chevalier (VP Finance) 4.840, Jean-Pierre Hellebuyck (Axa) 4.800, Jean-Marie Courtois (AGF Asset Management) 4.700, Alain Bokobza (Société Générale) 4.500, David Kruk (Raymond James Euro Equities) 3.650.

 

Le constat provient du représentant de VP Finance

 

(3) Le Monde, le 17/08/2007 – « Crise des subprimes : le point de vue de deux économistes »
 (4) Les Echos, le 27/07/2007 – « Le mégakrach n’aura pas lieu »

 

David Thesmar est professeur associé à HEC – Augustin Landier est professeur assistant à l’Université de New York

 

« … il ne fait guère de doute que les marchés d’actions connaîtront une correction. C’est moins sur son existence que sur son ampleur que porte le débat. Disons-le tout net : celle-ci sera limitée et surtout sans effet sur l’économie réelle (…) Mais parce que ces produits [dérivés de crédit] sont désormais échangés par une masse critique d’acteurs constituant un marché devenu liquide, leur effet net est une diminution et non un accroissement du risque systémique. Une preuve indirecte du caractère plus sûr de l’environnement financier est la baisse très forte de la volatilité sur les différents marchés depuis 2002. L’industrie financière a connu de véritables révolutions depuis la fin des années 1990 : sa résistance aux retournements de tendance s’est améliorée, réduisant les risques de système. Le danger d’une explosion financière, et donc le besoin de régulation, n’est peut-être pas si grand qu’on ne le pense »

 

(5) Augustin Landier / David Thesmar (2007) – « Le Grand Méchant Marché – Décryptage d’un fantasme français »
(6) Challenges, le 03/04/2008 – « Vigies »
(7) Club Ulysse (2002) – « Le politique saisi par l’économie »
(8) Le Monde, le 02/01/2008 - « Il n’y aura pas de krach en 2008 »
(9) Challenges.fr, le 15/02/2008 - « La France doit se dépêcher d’accomplir les réformes … »
(10) Le Point.fr, le 20/06/2008 - « Ces prévisions de croissance qui gênent le gouvernement »
(11) Les Echos, le 02/09/2008 - « L’OCDE abaisse sa prévision de croissance 2008 »
(12) Le Figaro Economie, le 21/09/2008 - « Lagarde : « croissance autour de 1% en 2008 »
(13) Challenges.fr, le 29/12/2008 - « La France échappe bien à la récession pour l’instant »
(14) Washington Post, le 22/03/2008 - « S&P lowers its credit outlooks for Goldman, Lehman »

 

Echelle de notation de la dette à long terme (maturités équivalentes à un an ou plus) selon l’agence Standard & Poor’s - Catégorie investissement : (AAA) Valeurs de tout premier ordre (« gilt edged ») – (AA) Fourchette haute (« high-grade ») – (A) Notation intermédiaire (« upper-medium grade ») – (BBB) Fourchette basse, pouvant comporter des aspects spéculatifs (« medium grade ») - Catégorie spéculative : (BB & B) Eléments dits spéculatifs – (CCC, CC, C et au-delà) Absence de caractéristiques d’investissement souhaitables (« junk bond ») ;

 

Commentaire original de l’agence Standard & Poors, suite à la dégradation de sa notation sur la banque d’affaires Lehman Brothers : « The near-term earnings prospects remain at least somewhat brighter »

  

 

 


 

Illustration : Augure observant le vol des oiseaux
 

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Published by Marc Aragon - dans Mythes et Réalités
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commentaires

Walter Bunker 21/01/2009 13:28

ha !très bon billet !

p.robin6 10/01/2009 14:02

Une affaire exemplaire : GAMELIN.   http://www.soutien-chantiers-gamelin.com/Un exemple du drame actuel que vivent des PME de 1er ordre :les chantiers Gamelin."Mise en redressement judiciaire le 5 décembre 2008, la PME était en période d'observation, mais avait subi plusieurs reports de commandes, mettant en péril le paiement des salaires des employés. M. Gamelin avait alors sollicité les banques pour obtenir un prêt. En vain.""Je n'ai jamais rien demandé à personne, et le jour où je demande quelque chose aux banques, elles ont fermé leurs portes", a-t-il confié à sa fille aînée avant de se donner la mort dans son bureau après avoir inscrit ces derniers mots sur un tableau : "Pardonnez-moi de n'avoir pas pu sauver l'entreprise." "Depuis, Fanny Gamelin se démène pour trouver les 200 000 euros nécessaires pour payer les salaires des employés des sites de La Rochelle et Saint-Malo. La jeune fille a ainsi lancé une souscription via Facebook. "Si 200 000 personnes font un don de 1 euro symbolique, les salaires pourront être versés à 120 familles, pour vivre pour le mois prochain", explique-t-elle. " source LE MONDEhttp://www.lemonde.fr/archives/article/2009/01/05/appel-a-la-solidarite-via-facebook-apres-le-suicide-d-un-patron_1137824_0.html

Graham 04/01/2009 01:59

Encore un article succulent de Marc Aragon qui allie à un art d'écrire surranné l'intelligence du passé réitératif. On en tire aucun enseignement péremptoire mais la relativité de nos certitudes selon les époques. Les hommes se défient peu de leur capacité à comprendre. Pour être confortés, ils comparent leurs préjugés. Quand ceux-là deviennent communs, ils sont persuadés. La mémoire du passé est vite tronquée et les hommes renouvellent incessamment les erreurs du passé. Aragon prend plaisir à rapporter, au travers de ses innombrables anecdotes, ces erreurs réitératives. Son style a la pureté surranné d'un Valéry, sa pensée le pessimisme circonspect du pyrronhisme. Il conspue habituellement la fièvre spéculative qui corrompt régulièrement les marchés. La réalité économique serait ailleurs. Se défiant d'un capitalisme débridé qui fait la part belle aux financiers, magiciens faiseurs d'argent, il dénonce les conséquences dramatiques de l'absence de contrôle et de régulation. L'Economie est science scolatisque. On lui fait tout dire selon le préjugé que l'on veut imposer. Malheureusement l'homme en est la matière. La matière est friable. On le déplorera une fois de plus au fur et à mesure de l'évolution de la crise économique provoquée.

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