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Boursonomics

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  • : Marche aléatoire autour des Marchés financiers et de la sphère économique. Peinture décalée d'un monde empli de certitudes qui oublie trop souvent ses leçons d'Histoire
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26 novembre 2006 7 26 /11 /novembre /2006 00:23
 
 
 

Nul ne sait réellement comment roulent les Marchés financiers, c'est-à-dire comment s'y forment les prix 1. Rien n'a pourtant été compté qui pût circonscrire l'avenir ou arraisonner le risque. Aucun effort ne fut ménagé ni les chicanes évitées, qui opposent encore praticiens, universitaires, mathématiciens, économistes, analystes de tout poil, sans que rien d'ultime dans l'entendement des cours boursiers n'ait émergé. Un principe recule, une méthode déchoit, qui paraissaient avoir opéré : le furet du bois joli court encore ! Ainsi, dans la floraison de théories que l'effervescence fait éclore, et tandis que le temps nous presse, condamné à l'infinie prolifération de plans sans cesse contredits, finalement, chacun se hasarde ou renonce. Cette vaine quête de l'imprévisible laisse la voie libre à toutes les presciences, au premier rang desquelles figure l'Analyse TechniqueDes moyenne(s) sans mobiles

(...) Le Marché-roi ne manque pas de fidèles convaincus, de la coque au pont, jusqu’à la vigie, qui ne jurent que par son omniscience. Cet animisme a vite célébré force experts, tous passés maîtres dans l’art de conjecturer le passé mais restés à quai dans celui de penser l’avenir. La prévision boursière a ses propres oracles, sur la foi d’un prix qui recèlerait tout ce qu’il y a à savoir sur les cotations futures. Dans leurs boîtes de Pandore, des graphes économiques, monétaires et boursiers, leurs zigzags, leurs abrupts surprise, leurs moyennes mobiles, qui tantôt s'entrecroisent, tantôt s'échappent, mystiques et vaporeuses. En flanc-garde, la clé pour décrypter le tout (…)

, un corpus disparate de stratégies assez doté d'anglicismes pour être pris au sérieux, porté par des hommes de l'art jargonnant leurs prédictions. Quelques gourous en vue font la claque. Et d'autres les écoutent, avec la fureur de se faire dire la bonne aventure en courant après tous les liseurs de graphiques d'Amérique et d'ailleurs, qui ont à dire sur ce sujet.

Qui se souvient de William Peter Hamilton ? Ce journaliste écossais rallia les rangs du Wall Street Journal en 1899 comme reporter, où il trouvera à entrer dans l'histoire du chartisme boursier. En 1903, il succéda à la rédaction en chef du journal à un certain Charles Henry DowLe Maître des Indices

Charles Henry Dow est un homme taciturne. On le dit calme, réfléchi, ne s’emportant guère, un brin conservateur. Il débute sa carrière dans le journalisme en 1872, au Springfield Daily Republican. La finance lui plaît. En 1882, il crée avec un ami journaliste financier, Edward Jones, une agence de presse, la Dow Jones & Company, qui imprime quotidiennement une gazette d'informations boursières, la Customer's Afternoon Letter, l’ancêtre du Wall Street Journal. Le 3 juillet 1884, on y publiera, pour la première fois dans les annales de la finance, un indice supposé refléter les cours d'un panier de titres de l’économie américaine. Un indice planétaire s'éveillait (…)

, créateur de l'indice éponyme new-yorkais, qui deviendra le père spirituel des adeptes de l’Analyse Technique. Son successeur britannique sera son plus grand prosélyte posthume, relayé par un certain Robert Rhea, moins en vue quoiqu'ayant parachevé les idées du primat dans sa « Dow Theory » parue en 1932. Le lundi 21 Octobre 1929, trois jours avant le désastre, William Hamilton publia dans ses colonnes un article stupéfiant au titre fort approprié, « A Turn in the Tide » (Le reflux), qui n'était pas sans rappeler les métaphores océanes conçues par Dow pour caractériser les instants des Marchés : marées, vagues et clapotis. Il y pronostiquait l'imminence d'un krach sur la foi des apprêts graphiques de son maître à penser : on ne pouvait mieux voir ! Hélas, on apprit plus tard qu'Hamilton avait déjà prédit le krach en 1927, puis en 1928 2, ce qui disqualifia la pertinence de l'alarme. Tôt ou tard, tout finit par arriver : mais nous ne savons jamais dans quel ordre ni sous quel délai. Cette infortune fut de mauvais aloi : la graphomancie boursière tomba peu à peu en désuétude. Jusqu’à l’aube des années 1980.

Le Marché fit son grand retour quand vinrent les temps de la hourra-déréglementation. « Et dans les officines, des pythonissesL’art borgne de la divination

Fontenelle dit que Démosthène se plaignait des oracles de Delphes, qu’il jugeait trop conformes aux intérêts de Philippe de Macédoine : « La Pythie philippise » ironisait-il ! Cependant, des siècles durant, rien d’important qui n’eût sa part de doute, ne fut entrepris sans consulter les sibylles. Et en cette gageure, les antiques trépieds de Delphes étaient en possession de l’avenir depuis la nuit des temps : ils dominaient le Marché dirait-on aujourd’hui. Ces pythonisses, aux augures divinement soudoyés, qui montraient bien qu’on avait affaire à des hommes, témoignaient déjà de l'impérieux besoin de l’espèce à dompter son futur. Au décorum près, rien n'a si changé (…)

, des voyantes et des sorciers !
3 ». Joseph Granville fut un analyste technique très écouté au début des années 1980. Animateur de séminaires qui rameutaient toujours une grande presse, rédacteur d’une lettre confidentielle - « Granville Market Letter » -, auteur prolixe d’opuscules boursiers et de quelques autres vade-mecum - « How to win at Bingo » (Comment gagner au Bingo) -, il est entré dans l'éternité chartiste en introduisant, dès 1963, un indicateur technique baptisé On Balance Volume 4. Cet artefact qui, selon les canons de cet art, additionne et soustrait, puis analyse et suppute, serait tout à fait conseillé quand la tendance est peu lisible sur le cours. D’aucuns y décèleraient les prémisses d’une OPA. Comme tous les gourous, Joseph Granville avait le pouvoir de faire bouger le Marché, selon le préjugé commun qu’une réussite passée ne peut naître que d’un génie particulier. Ainsi causa-t-il un début de panique le 6 janvier 1981 à Wall Street en lançant sur les ondes un signal de vente qui fit perdre 23 points au Dow Jones 5 ! Puis, son aura faiblit, au gré de prédictions de moindre veine, et le désastre financier qu’il lut avec constance dans les graphiques de la cote, fit passer ceux dont il avait l’oreille à côté de la formidable hausse des années 1980.

L'influence du précédent déclinait à peine qu’une nouvelle étoile s’annonçait déjà, brillant des mille feux du grand marché haussier de ce temps : Robert Prechter devint la nouvelle référence. Grand vulgarisateur des thèses obscures de Ralph Nelson ElliottLe Maître des Vagues

(...) Ralph Nelson Elliott, estimable comptable du Middle West, conçut dans les années 1930 un système nouveau d’analyse graphique des cours de Bourse s'appuyant sur la psychologie des opérateurs. Selon lui, celle-ci alternait en séquences d’optimisme puis de pessimisme, parfois mâtinées d’extravagance euphorique ou bien de profonde panique. De telles vagues, enfants chéries des chartistes modernes, paraissaient se recommencer à différentes échelles de temps. Un observateur accoutumé les aurait aperçues aisément pour peu que son intuition ne comptât pas plus que le résultat qu’il voudrait y voir et celui que la réalité produirait. Une gageure en somme (…)

dont nul n’avait jamais entendu parler, il soumit les fameuses vagues elliottistes à la question, et ses prédictions furent remarquables. Cet ancien analyste de chez Merrill Lynch, qu'il quitta en 1979, abreuva alors des disciples toujours plus nombreux à voler au secours de la victoire, d'une littérature continûment renouvelée et rééditée, allant même jusqu'à grapher l'Histoire des Etats-Unis 6 sous les ondulations de ces vagues primordiales. Il fut avec Joseph Granville et Henry Kaufman, l'économiste en chef de chez Salomon Brothers à l'époque, l'un des rares gourous locaux à pouvoir réellement influencer Wall Street par ses propos publics. Puis vint le krach d’octobre 1987 qui gâta tout. Robert Prechter devint baissier chronique, et surfa à contre-courant de la hausse triomphale des années 1990. Le flux et le reflux des vagues l'emportèrent. L’explosion de la bulle Internet lui donnera tardivement raison quand les cours finirent de défier la gravitation. Las, les marchés, qui ne font jamais les choses aussitôt qu’on le désirerait, avaient déjà signé la disgrâce de Robert Prechter : les traders, âpres au gain, n’ont pas la patience d’attendre !

On adouba alors Elaine Garzarelli, enfant chérie de Wall Street, docteur en Economie, vice-présidente de la banque d’affaires Lehman Brothers et spécialiste de l’Analyse Technique, qui fit la une de magazines en vogue comme Fortune ou Cosmopolitan après avoir prédit le krach de 1987. Sacrée « Gourou du lundi noir », sans exemple connu depuis Roger Babson 7, un économiste qui alerta du Grand Krach de 1929 sous les huées générales - notamment celles de l'illustre Irving FisherLes Maîtres enchanteurs

« En 1929, avoir un économiste à soi était l’une des possibilités. On assista à une concurrence sévère pour enrôler ceux qui possédaient le renom et le talent adéquats. Ce fut l’âge d’or des professeurs ». Bah, l’afflux des savants dans les affaires privées, tel que le rappelle John Galbraith, n’a jamais signifié la fin des vicissitudes. Et seul le temps nous a fait oublier qu’un tel engouement pour les hommes de savoir s’était ainsi produit avant la Grande Dépression. Le plus réputé d’entre eux, Irving Fisher, de Yale, gagna une réputation éternelle en pontifiant : « Les cours des actions ont atteint ce qui semble devoir être un haut plateau permanent ». Peu après, le krach majeur (…)

, la belle Elaine survécut assez mal à sa guerre de Troie. Car si nul qui n’ait annoncé un extrême boursier ne peut prétendre aux honneurs de l’influence, aussi bien quiconque y a réussi se montre-t-il souvent en peine de rééditer. En sorte qu’Elaine Garzarelli, qui lisait le marché en combinant une bonne douzaine d’indicateurs techniques, entrelaçant toutes sortes de données du maquis économique dans un fatras de chiffres et de ratios, perdit rapidement de son prestige en même temps que ses prophéties faillaient. Elle rata le rebond au sortir du krach et le fonds de placement qu’elle avait créé, tout entier dévolu à sa gloire naissante, ne battit jamais le Marché. En 1994, elle quitta Lehman Brothers et, peu après, créa sa propre société Garzarelli Research Inc 8. Consumée par la baisse qui avait fait son nom, elle pronostiqua une baisse des indices de 15 à 25% pour fin 1996 9. Laquelle baisse se fit désirer deux ans ...

Gageons que d'autres épées chartistes émergeront des ébranlements qui balaieront les futurs rallyes spéculatifs. Mais quelques coups de Bourse ne font l'orfèvre que dans les médias pressés. La survivance d'une poignée d'experts a ceci de commun avec l'inconstance de leurs augures qu'elle pourrait n'être que le fait du nombre et du hasardHasard et multitude

(...) Le profit antérieur d’un prince des Marchés ou d’une institution, qui intéresse les faiseurs d’argent et les vendeurs de rêve, ne nous apprend rien de prime sur ces as de la plus-value, sauf à connaître l'épaisseur de la population dont ils ressortent. Ainsi, à l’instar de Nassim Nicholas Taleb, philosophe du hasard, confierions-nous assez la moitié de nos économies au trader d’exception qui émergerait d’un groupe de dix personnes, et pas le premier cent à tout autre qui fût exfiltré de milliers de ses semblables. Car la vérité pourrait être que ce survivant a eu de la chance. Le talent ne doit rien aux coups de Bourse ni aux caprices de la fortune. Il est durable (…)

. L'art est donc de repérer les gourous avant leurs exploits. Après c’est souvent trop tard.





 

(1) Gérard Sauvage (1999) - « Les marchés financiers - Entre hasard et raison : le facteur humain »

(2) Peter Bernstein (2000) - « Des Idées Capitales »

(3) Citation de Georges Huymans (1848-1907), rapportée par le Littré 1970

(4) L'OBV s'intéresse aux volumes de transactions

 

Source Edubourse - « Les volumes d'un titre permettent de valider la tendance que suit le cours ou au contraire l'invalider. L'OBV ou On Balance Volume est un indicateur d'accumulation des volumes. Son mode de calcul est d'une relative simplicité. Si le cours du titre est en baisse, il suffit de retrancher de l'OBV le nombre de titres échangés. Dans le cas d'une hausse du cours, il suffit de l'ajouter à l'OBV ... »
 

(5) Max Gunther (2005) - « The Zürich Axioms  »

 

« Such was the case with Joseph Granville (...) That is, when he said the market would go down, the prediction scared buyers out of the market - and it went down (...) This happened early in 1981, when Granville told his disciples to sell everything. The day after this famous warning was issued, the stock market fell out of bed - 23 points on the Dow. All of Wall Street said ooh and ah. What a powerful prophet was this Granville ! The plunge was brief but impressive while it lasted (...) Later in 1981, Granville launched another test of his prophetic power. His crystal ball told him the market would plunge again on Monday September 28 (...) Instead, the New York Stock Exchange that day scored one of the biggest price gains in its history, and a day later, markets in Europ and Japan followed suit » »
 

(6) Robert Prechter/Alfred Frost (1998) - « Elliott wave principle : key to market behavior »

 

Pages 177 - « Le cycle de 50 à 60 ans (54 en moyenne) de catastrophe et de renaissance était connu et avait été observé par les Mayas d’Amérique Centrale et par les anciens israélites. L'expression moderne de ce cycle est la ' grande vague ' des tendances économique et sociale, observée en 1920 par Nikolaï Kondratieff, un économiste russe. Kondratieff rapporta, dans la limite des données dont il disposait, que les cycles économiques des pays capitalistes modernes tendaient à répéter un cycle d’expansion et de contraction d’environ un demi-siècle. Ces cycles correspondent en taille à des vagues de Supercycle …»

 

Dans les pages qui suivent, les auteurs reconnaissent la Guerre Révolutionnaire de 1812, la dépression américaine de 1830, celle de 1840, la première et la seconde Guerre Mondiale, les Roaring Twenties (les Années Folles), la Guerre du Viet Nam, la récession pétrolière (1974-1975), ... parsemant leur propos de Cycles d'Elliott (Grand Supercycle, Supercycle, Cycle, ...)

 

(7) John Galbraith (1992) - « Brève histoire de l’euphorie financière »

 

Page 14 - « Plus tard dans l’année, en septembre [1929], Roger Babson, une personnalité en vue de l’époque, dont les multiples centres d’intérêt comprenaient la statistique, la prévision des marchés, l’économie, la théologie et la loi de la gravité, prédit expressément un krach et précisa : ‘ Il pourrait être terrifiant (…), les usines vont fermer (…) les ouvriers vont être jetés à la rue (…) le cercle vicieux va jouer à plein et le résultat sera une grave dépression économique ’ (…) La revue Barron’s écrivit qu’il ne pouvait être pris au sérieux par personne, vu l’inexactitude notoire de ses déclarations passées. La grande maison de Bourse de New York Hornblover and Weeks dit à ses clients dans une phrase qui sonnait fier : ‘ Nous n’allons pas vendre précipitamment nos actions à cause d’une prévision gratuite de forte chute du Marché par un statisticien connu ’. Même le professeur Irving Fisher de l’université Yale, le pionnier de la confection des indices, l’économiste le plus novateur de sont temps, se livra à de vives sorties contre Babson. Cela servit de leçon à tout le monde : il fallait se tenir tranquille et soutenir tacitement ceux qui se complaisaient dans leurs vues euphoriques »

 

(8) Burton Malkiel (édition 2005) - « Une Marche au Hasard à travers la Bourse »

(9) L'Expansion, le 21/11/1996 - « Pariez sur la mondialisation »

 

« Après deux très belles années, les marchés internationaux d'actions donnent maintenant quelques signes d'inquiétude. A Wall Street, l'analyste vedette Elaine Garzarelli qui avait prédit le krach de 1987 et su mesurer l'ampleur de la dernière hausse prévoit une chute de 15 à 25% avant la fin de l'année 1996. Selon elle, ' une légère augmentation des taux d'intérêt par la Banque Centrale suffirait à déclencher cette baisse ' (…) De plus, lorsque l'Amérique, par le passé à reconduit des présidents sortants, la Bourse est restée relativement morose. ' Quand un président est réélu, les cours sont orientés à la baisse dans 90% des cas pendant la première année de son nouveau mandat ' souligne Elaine Garzarelli … »

 

Ndla : de novembre 1996, où il ouvrit à 6.029,38, jusqu'en juillet 1998, ou il clôtura à 8.883,29, l'indice Dow Jones connut une période de hausse homogène pendant laquelle il progressa de ... 47,33% ! 

 




Illustration - Trader à ses graphiques


 

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Published by Marc Aragon - dans Historiographie
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