Le 20 juillet dernier, Yahoo, portail Internet de
renommée mondiale, annonça des résultats qui déçurent ; la sanction des investisseurs, toujours de prime saut, ne se fit pas attendre : le cours perdit près de 19% en séance. Ainsi, cette star de
la Nouvelle Economie, qui la veille encore pesait 47 milliards de dollars à la corbeille, vit-elle sa capitalisation boursière amputée d'un trait de quelque 9 milliards de dollars
1 ! Mieux, Gazprom, le mastodonte russeL'or bleu de Sakhaline
(1) La Tribune de l'Economie, le 20/07/2006
(2) RIA Novosti, le 19/06/2006, citant Alexandre Riazanov, Vice-Président du directoire de Gazprom
(3) Pierre Balley (1987) - « Mythes et réalités »
Page 114 - « … [ On se réfèrera ] par exemple à l’ensemble des transactions enregistrées en 1983, année d’activité record, ; et par conséquent non sujette à caution. Pendant, cette année, le volume des négociations s’est élevé à 63 milliards. Comparées à la capitalisation moyenne du Marché, soit 259 milliards, les transactions en ont donc représenté environ 24%. Ainsi, l’indice CAC a monté de 56% en regard d’un volume de négociations qui n’atteignait pas le quart des actions inscrites à la cote. L’année ayant comporté 247 séances, cela revient à dire que les transactions quotidiennes ont porté en moyenne sur 1 pour mille des titres inscrits ». Ndla : vingt-cinq ans plus tard, et sans chiffres audités, on peut estimer les transactions quotidiennes à 1 pour 500 pour les titres les plus en vue.
Page 115 - « … Il est d'ailleurs fréquent que même sur des valeurs cotées à terme, les négociations se limitent à quelques dizaines de titres (...) Voici une anecdote authentique qui illustre jusqu'à la caricature le marginalisme du Marché. Il m'est arrivé de recevoir un ordre d'achat portant sur une action d'une valeur cotée alors au comptant. Le cours de la veille était de 100 francs. Faute d'offre sur le Marché, il fallut inscrire une demande à 104. Le lendemain, un nouveau télégramme modifiait le sens de l'ordre : il s'agissait en fait d'une vente. Le règlement de la Bourse imposait d'annuler la demande à 104 francs, puis le surlendemain d'inscrire une offre à 100 francs, inexécutée faute de demande à ce prix. Le troisième jour enfin, l'action était vendue à 96 francs. Il existait 600.000 actions de cette société, dont la capitalisation avait été ainsi augmentée de 4% puis diminuée de 8% pour en négocier une ... Ce cas aberrant mais éclairant pose le problème essentiel du Marché, celui de sa liquidité, c'est-à-dire sa capacité à transformer de l'épargne en titres et vice-versa »
(4) Les Echos, le 12/08/2006
(5) L'Expansion.com, le 26/07/2006 - « Le top 20 des capitalisations mondiales bouleversé en 20 ans »
Sans surprise, Microsoft est l'entreprise qui enregistré la plus belle progression, passant de la 573ème place en 1986 à la cinquième aujourd'hui (238 milliard de dollars). Les plus forte chutes revenant aux constructeurs automobiles Ford (passé du 16ème au 596ème rang) et General Motors (rétrogradé de la 7ème à la 424ème place). Sans oublier IBM, le n°1 il y a vingt ans avec 90 milliards de capitalisation, qui doit se contenter de la 28ème place mondiale aujourd'hui. Cela n'a pas empêché les Etats-Unis d'accroître leur emprise sur ce Top 20 avec pas moins de douze entreprises contre 11 en 1986. La France, elle, est désormais représentée grâce à Total, à la 13ème place, avec une capitalisation boursière de 162,6 milliards. A noter enfin la disgrâce des entreprises japonaises passées de 7 à 2 dans ce classement.
(6) Le Monde, le 28/07/2006
(7) André Orléan - « Le Pouvoir de la Finance »
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