Dans les années 1920, la spéculation à la hausse était si intense qu'on avait bon compte à emprunter pour acquérir des actions à Wall Street. Ce calcul paraissait si
sûr qu'un grand nombre de candidats, alléchés, firent mouvement vers ce nouvel eldorado argentifère : les achats, qui catalysaient l'ascension des cours, permettaient de rembourser les crédits,
et ainsi de suite, dans une cavalerie aux quatre fers dont nul n'opinait qu'elle pût pâlir. L'immobilier n'était pas en reste : la Floride flambait littéralement, après qu'on se fut subitement
avisé de ses vertus climatiques. L'opportuniste Charles PonziLes pyramides de Ponzi(1) Patiner à Central Park - Source French Morning New York
Niché dans les rochers et les collines de Central Park, avec les gratte-ciel pour arrière-plan, le Wollman Rink est la patinoire la plus célèbre de Manhattan. C’est un don de la famille Wollman qui permit, dans les années 1950, de construire la patinoire et de remplacer les sorties aventureuses sur les plans d’eau gelés du parc.
(2) Roaring Twenties : les Années Folles
(3) John Kenneth Galbraith (1990) - « Brève Histoire de l'Euphorie Financière »
Page 79 - « Le plus important et le plus regrettable de ces sages universitaires était Irving Fisher de Yale, l’économiste le plus novateur de son temps. Lui-même gros investisseur en Bourse, il céda, lui aussi corps et âme à la pulsion de base du spéculateur (…) A l’automne 1929, il s’assura une célébrité durable avec sa conclusion largement rapportée dans les médias : ‘ Les cours des actions ont atteint ce qui semble devoir être un haut niveau permanent ‘ »
Page 79 - « Il y eut aussi d’autres formules optimistes en provenance de Harvard, des universités du Michigan et de l’Ohio, avec une mention spéciale pour un jeune économiste de Princeton, un certain Joseph Stagg Lawrence qui (…) fit ce commentaire (...) : ‘ Le consensus des millions de gens dont les estimations sont à l’œuvre sur cet admirable marché, la Bourse, c’est que les actions ne sont pas actuellement surévaluées (…) Où est donc le groupe d’hommes auquel son infinie sagesse donnerait le droit d’opposer son veto au jugement de cette multitude intelligente ? ’ »
Page 46 - « ' Je sais mesurer les mouvements des corps observa un jour Sir Isaac Newton, mais je ne peux mesurer la folie humaine '. Ni la sienne d'ailleurs. Il allait perdre 20.000 livres, ce qui ferait aujourd'hui au moins un million de dollars et probablement beaucoup plus, dans l'orgie spéculative qui arrivait »
(4) John Kenneth Galbraith (1954) - « La crise de 1929 »
Page 169 - « Le 2 novembre 1929, après la catastrophe, la Harvard Economic Society conclut que " la récession actuelle, à la fois des actions et des affaires, n'est pas le précurseur d'une crise des affaires ". Le 10 novembre, elle déclara qu'une " crise grave comme celle de 1920-21 est en dehors de toute probabilité ". Elle répéta son jugement le 23 novembre ; le 21 décembre, elle formula ses prédictions pour la nouvelle année : " Une crise semble improbable ; nous espérons une reprise des affaires pour le printemps prochain, avec une nouvelle amélioration à l'automne ". Le 18 janvier 1930 :" Des indications existent selon lesquelles la phase la plus grave de la crise est terminée " ; le 1er mars : " A en juger d'après les périodes antérieures de contraction, l'activité des usines est maintenant définitivement sur la route de la guérison " ; le 22 mars : " La perspective continue d'être favorable " ; le 29 mars : " La perspective paraît favorable " ; le 19 avril : " Vers mai ou juin, la reprise du printemps prédite dans nos lettres de décembre et novembre derniers devrait être clairement apparente " ; le 17 mai : " Les affaires prendront un virage favorable ce mois-ci ou le mois prochain, reprendront vigoureusement au troisième trimestre et termineront l'année à des niveaux nettement supérieurs à la normale " ; le 24 mai : " Les conditions continuent de justifier les prédictions du 17 mai " ; le 21 juin : " Malgré les irrégularités existantes, il y aura bientôt une amélioration " ; le 28 juin : " Les mouvements irréguliers et conflictuels des affaires devraient bientôt faire place à une guérison soutenue " ; le 19 juillet : " Des éléments fâcheux sont intervenus pour retarder la guérison, mais les faits indiquent néanmoins une amélioration substantielle " ; le 30 août : " La crise a perdu de sa force " ; un an plus tard, le 31 octobre 1931 : " Une stabilité aux niveaux actuels est nettement possible ". Peu après, sa réputation d'infaillibilité plutôt éteinte, la Société se saborda. Les professeurs d'économie de Harvard cessèrent de prédire l'avenir et reprirent leur robe d'humilité ».
(5) Charles
Kindleberger (1978) - « Histoire mondiale de la spéculation financière »
(6) Benoît Tonglet (2003) - « Systèmes d'innovations chroniques d'intégration ordinaire »
Pages 126-127 - « La titrisation est généralement perçue comme une innovation financière qui ne possèderait que des aspects positifs : elle libère du capital, aide les banques à mieux gérer leurs actifs et leurs passifs, permet de mieux gérer les risques, etc. (...) Ce type d'innovation comporte cependant un certain nombre de points négatifs (...) Alors qu'il y a de très nombreux avantages pour les banques à s'engager dans les activités de titrisation, ces activités peuvent pourtant augmenter leur profil de risque général (...) Les banques font davantage confiance aux spéculateurs pour leur amener des fonds, à satisfaire leurs besoins en liquidité (..) Les innovations financières, tout comme les autres formes d'innovation, sont généralement motivées par le profit. De plus, les innovations sont faites pour compléter et occuper les marchés. La titrisation correspond tout à fait à ce genre de déterminant ».
(7) Pierre-Noël Giraud (2001) - « Le commerce des promesses »
(8) De Henri Proglio, PDG de Veolia, cité par Le Figaro Economie, le 18/09/2006
(9) Parabole empruntée à Jean-Marie Albertini - CAES Magazine N°74, printemps 2005
Commentaires