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    <title><![CDATA[Boursonomics]]></title>
    <link>http://www.marc-aragon.net/</link>
    <description>Marche aléatoire autour des Marchés financiers et autres flâneries sur le fait économique. Une peinture décalée, excès compris, d'un univers empli de certitudes et de désillusions, qui oublie si souvent ses leçons d'Histoire </description>

        <language>fr</language>
    
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        <title><![CDATA[Boursonomics]]></title>
        <link>http://www.marc-aragon.net/</link>
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    <pubDate>Wed, 07 Jan 2009 20:47:26 +0100</pubDate>    <lastBuildDate>Wed, 07 Jan 2009 20:47:26 +0100</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2009, Marc Aragon</copyright>            <category>Economie</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[L’art borgne de la divination]]></title>
        <link>http://www.marc-aragon.net/article-26383547.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman';"><br>
    <br>
    <img width="296" src="http://idata.over-blog.com/0/39/81/81/Illustrations/augures-copie-5.jpg" height="259" class="GcheTexte">Fontenelle raconte que Démosthène se plaignait des oracles de
    Delphes, qu’il jugeait trop conformes aux intérêts de Philippe de Macédoine : « <em style="mso-bidi-font-style: normal;">La Pythie philippise</em> » ironisait-il ! Cependant, des siècles durant,
    rien d’important qui n’eût sa part de doute, ne fut entrepris sans consulter les sibylles. Et en cette gageure, les vieux trépieds <b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style=
    "color: #c00000;">1</span></sup></b> de Delphes étaient en possession de l’avenir, depuis un temps immémorial : ils dominaient le Marché dirait-on aujourd’hui. Ces antiques pratiques, divinement
    corrompues, qui montraient bien <em style="mso-bidi-font-style: normal;">qu’on avait affaire à des hommes</em>, témoignaient déjà de l’avantage supérieur des puissants à circonvenir l’opinion,
    aussi bien que de cet impérieux besoin de l’espèce à circonscrire ses lendemains. L’un s’ajoutant à l’autre, le commerce perdura, jusqu’à nos jours, selon le génie particulier de quelques-uns
    d’affliger celui de tous les autres. La prescience a troqué son décorum cérémoniel et ses sentences opaques contre l’étiquette contemporaine des avis d’autorité, généralement optimistes et
    chiffrés. Nous ne sommes guère plus avancés.<br></span>
  </div>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;">Un exercice s’achève, un autre commence, qui nous donne l’occasion de feuilleter les prévisions des
    analystes. L’année 2008 fut horrifique, avec un indice parisien en déclin de 42%, à l’image des parquets mondiaux. Néanmoins, peu après l’épiphanie, celle-ci ne fut pas pressentie avec la
    réserve, voire la déploration, qui eût convenu. La <a class="tooltip" href="http://www.marc-aragon.net/article-15289423.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style=
    "color: #3366ff;">compulsion acheteuse</span></span><em>A la fin de l’été 1929, les bulletins quotidiens ne se bornaient plus à citer quels titres monteraient en séance et de combien, mais bien
    l’heure à laquelle tel ou tel autre serait ciblé ! En ces jours filés de soie, quiconque pouvait s’ériger analyste, qui prédît la hausse, avec des chances sûres de succès, cireurs de chaussures
    compris …</em></a>, panache blanc du métier, n’avait pas désarmé. « <em style="mso-bidi-font-style: normal;">Les stratèges actions privilégient pour 2008 un scénario plutôt optimiste</em></span>
    <span style="font-size: 9pt; font-family: 'Arial','sans-serif';">»</span> <span style=
    "font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">titrait La Tribune le 29
    janvier dernier sur dix colonnes. Les porte-parole missionnés pour la circonstance, le caquet en partage, n’y allèrent pas de main morte&nbsp;<b style=
    "mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style="color: #c00000;">2-1</span></sup></b> : le plus mesuré d’entre eux surestima la cote finale du CAC de près de 30% ! La palme revint au poulain de
    Natixis, la banque aux doigts d’or, qui entrevit l’indice parisien au zénith des 7.000 points, soit une erreur de quelque 55%&nbsp;! Bah, pour certains, le ciel est la seule limite. On est pris
    de vertige à l’idée que des gérants manient l’argent d’épargnants sur la base de tels évangiles. « <em style="mso-bidi-font-style: normal;">Nous sommes entrés dans une catégorie de marché que
    l'on peut qualifier de plat</em> <b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style="color: #c00000;">2-3</span></sup></b> » renchérira l’un d’eux, qui aurait été mieux avisé de qualifier
    ledit Marché de creux, à ce que l’on en vit après. Hé quoi, quiconque opine en Bourse court le risque de se tromper ! Aussi bien, un conditionnel retenu, temps de l'hypothèse, absoudrait aussitôt
    l’oracle désavoué.<br></span><span style=
    "font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">&nbsp;<br>
    Un cran au-dessus, les économistes ; ils ont une réputation à défendre, la leur, et s’y appliquent avec soin, où qu’on les convie, mi-doctoraux mi-bonhomme, pour apporter la <a class="tooltip"
    href="http://www.marc-aragon.net/article-6457176.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">thèse de l’expert</span></span><em>« Nous nous sommes mis à rire,
    en nous rappelant les prédictions des économistes en 1914 : la guerre, pas plus de quelques mois, les Etats n’ayant pas les moyens pour plus longtemps ». Ainsi Paul Léautaud se plut-il à
    brocarder les experts …</em></a>. Elie Cohen, grand écumeur des médias, est de cette souche ; à l’été 2007, tandis que les subprimes grondaient, il rassure&nbsp;: « <em style=
    "mso-bidi-font-style: normal;">Dans quelques semaines, le Marché se reformera et les affaires reprendront comme auparavant</em> <b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style=
    "color: #c00000;">3</span></sup></b> ». Du même sang, David Thesmar - Prix 2007 du meilleur jeune économiste de France – et Augustin Landier, ténors libéraux&nbsp;commis d’office à la défense du
    Grand-Méchant-Marché <b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style="color: #c00000;">5</span></sup></b>, jurent dans un article définitif, que « <em style=
    "mso-bidi-font-style: normal;">le mégakrach n’aura pas lieu</em> (…) <em style="mso-bidi-font-style: normal;">Disons-le tout net : la correction sera limitée et surtout sans effet sur l’économie
    réelle</em> <b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style="color: #c00000;">4</span></sup></b> ». S’étrangle-t-on&nbsp;? En avril 2008, Patrick Artus, directeur des études chez
    Natixis, de retour d’Amérique, ratifiait la fin de la crise financière <b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style="color: #c00000;">6</span></sup></b>, réorchestrant&nbsp;l'allegro
    des années Internet qui l’avait vu objectiver un CAC à 10.000 points <b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style="color: #c00000;">7</span></sup></b> ! Enfin David Naudé, économiste
    senior à la Deutsche Bank, pressé de les surpasser tous, qui déclare, début janvier : « <em style="mso-bidi-font-style: normal;">Aux Etats-Unis, l'embellie arrivera certainement mi-2008. En
    Europe la reprise prendra sans doute quelques mois de plus. En tout cas, il n'y aura pas de krach cette année !</em> <b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style=
    "color: #c00000;">8</span></sup></b> <em style="mso-bidi-font-style: normal;">».</em> Tant de certitudes, à l'indicatif ! Ah ! jamais un subjonctif, le temps du doute, qui acquitterait le
    savant<em style="mso-bidi-font-style: normal;">.<br></em></span><span style=
    "font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">&nbsp;<br>
    Enfin, le panthéon. En haut de la pyramide, voici les politiques, passés maîtres dans l’art de raffiner l’opaque ; du maquis statistique proviennent des prévisions ciselées à la décimale près,
    <a class="tooltip" href="http://www.marc-aragon.net/article-4088438.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">généralement fausses</span></span><em>L’année
    2003 fut un record : rarement les organismes ayant à mesurer la conjoncture économique, offices, instituts, et observatoires de tout poil, ne mirent autant à côté de la cible ! Collectivement
    anticipée comme une année de reprise, après un mauvais cru 2002 (1%), l’année se terminera avec un taux de croissance de 0,8% …</em></a>, décortiquées par des experts jamais pris sans vert d’en
    extraire la moelle, livrées au public par des gouvernants de passage qui, finalement, s’y entendront pour ne tenir compte de rien qui affadirait l’air du temps. La mémoire oublieuse fait le
    reste. Les prédictions de croissance ou d’inflation sont une occasion permanente d’observer ce ballet, entre chiffres officiels, traducteurs zélés et ministres volontaristes, empressés à la
    cause. En février 2008, François Fillon, le premier d’entre eux, « <em style="mso-bidi-font-style: normal;">ne croit pas que nous serons très en dessous de la fourchette de 2 à 2,25% annoncé en
    janvier par le gouvernement</em> <b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style="color: #c00000;">9</span></sup></b> ». En juin, l’INSEE ramène sa prévision à 1,6%, mais ce n’est pas
    l'avis de Matignon, qui juge la note « <em style="mso-bidi-font-style: normal;">exagérément pessimiste</em> », d’autant que les anticipations de l’institut « <em style=
    "mso-bidi-font-style: normal;">ne se vérifient pas toujours</em> <b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style="color: #c00000;">10</span></sup></b> » - ce qui ne surprendra personne,
    hormis les sourds et les malentendants. En septembre, l’OCDE noircit le tableau, réduisant encore la prévision à 1% <b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style=
    "color: #c00000;">11</span></sup></b>. Vaincue, Christine Lagarde, la haute main sur Bercy, reconnaît les faits mais « <em style="mso-bidi-font-style: normal;">reste sur ce chiffre</em> <b style=
    "mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style="color: #c00000;">12</span></sup></b> ». Au bout du compte, la croissance devrait atteindre 0,8% selon l’INSEE <b style=
    "mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style="color: #c00000;">13</span></sup></b>, soit moitié moins que sa propre prévision vieille d’à peine six mois !<br>
    &nbsp;<br>
    A</span> <span style="font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">qui la
    palme&nbsp;? Voici l'outsider, le Journal des Finances, authentique dazibao à la gloire du Marché, grand connaisseur des affaires de ce temps, quoiqu’assez borgne, qui, dans son édition du 13
    septembre 2008, apaise ses lecteurs. En état de contemplation avancé, l’hebdomadaire titre&nbsp;: «&nbsp;<em style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="mso-bidi-font-weight: bold;">CAC 40,
    le pire est passé</span></em> »&nbsp;: deux jours après, l’indice entamait une descente en schuss, et abandonnait près de 30% en moins d’un mois&nbsp;! Quelques flagrants délits nous en disent
    long sur la capacité de ces experts qui font l’opinion, à embrasser le réel : ceux-là écriront cent fois, d’une main propre, que « <em style="mso-bidi-font-style: normal;">la vraie marque d’une
    vocation est l’impossibilité d’y forfaire</em>&nbsp;» (Renan). Mais ce panégyrique ne serait rien sans quelque perle d’Amérique, épicentre mondial de la <a class="tooltip" href=
    "http://www.marc-aragon.net/article-12273410.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">transe statistique</span></span><em>En ce 5 mai 1789, une grande
    presse accourut à l’hôtel des Menus Plaisirs : les Etats Généraux, qui n’avaient plus été réunis depuis 1614, siégeaient à nouveau, avec ce désir de conjurer le marasme financier et la
    dégradation des affaires de France. Le roi, monarque brouillon et indécis, discourut le premier, malhabilement …</em></a>&nbsp;et de l’analyse comparse. Après le fiasco frauduleux d’Enron, sous
    l’œil vitreux de Goldman Sachs, et juste après celui de Bear Stearns, sous l’œil clos de la SEC, c’est au tour de l’agence Standard &amp; Poors d’entrer en scène. En mars 2008, achevant de
    regarder ailleurs, l’institution dégrade la banque Lehman Brothers, lui adjugeant la note honorable A+ <b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style=
    "color: #c00000;">14-1</span></sup></b>, avec cet avis exquis : « <em style="mso-bidi-font-style: normal;">Les perspectives de gains à court terme demeurent cependant intéressantes</em> <b style=
    "mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style="color: #c00000;">14-2</span></sup></b> ». A court terme donc, en septembre, Lehman succomba. La vision nocturne des épées de la finance n’est pas
    sans rappeler les intérêts de Philippe de Macédoine.<br></span><span style=
    "font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">&nbsp;<br>
    L’art est facile de tirer la flèche du Parthe une fois la pièce jouée et les faits connus. Et la moquerie bonasse de gausser l’expert qui s’est trompé. Sans doute, dans le même élan,
    devrions-nous aussi célébrer la vista de tous ceux qui ont eu l’heur de mieux réussir. Mais sommes-nous si sûrs qu’ils rééditeront l’exploit ? Quelle est ici la <a class="tooltip" href=
    "http://www.marc-aragon.net/article-3521019.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">part du hasard</span></span><em>Le 21 octobre 1929 commença la fin : le
    lundi qui suivit, le Dow Jones perdit 13%, le lendemain 12% à nouveau, dans un désordre indescriptible, préludant une crise au long cours de l'économie américaine. On croyait avoir tout vu ;
    pourtant, le 19 octobre 1987, le Dow Jones fera mieux encore, c’est-à-dire pire …</em></a>, impénétrable, qui encapsule ses gouttes de cristal encre dans la sphère divinatoire ? Et celle des
    intérêts puissants, à l’arrière ou en flanc-garde, qui brouillent les cartes ? Bah, va pour Delphes !&nbsp;<span style="mso-spacerun: yes;">&nbsp;</span></span>&nbsp;
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">&nbsp;<br>
    </span>
  </p>
  <div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: center;">
    <br>
    <br>
    <hr size="2">
  </div>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    (1) Fontenelle (1908)- <span style="mso-bidi-font-weight: bold;">«&nbsp;Histoire des oracles »<br style="mso-special-character: line-break;">
    <br style="mso-special-character: line-break;"></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="padding-left: 30px;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: Arial; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman';">Le
    trépied de Delphes, celui d’Apollon aussi, était une sorte de siège sur lequel la prêtresse rendait ses oracles&nbsp;; avant que de s’y jucher, la prêtresse s’y disposait par de longs
    préparatifs, des sacrifices, des purifications, un jeûne de trois jours et beaucoup d’autres cérémonies (Littré 1970)</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    &nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    (2) La Tribune, le 29/01/2008 - <span style="mso-bidi-font-weight: bold;">«&nbsp;Les stratèges actions privilégient pour 2008 un scénario plutôt optimiste »</span></span> <span style=
    "font-size: 12pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><br style=
    "mso-special-character: line-break;">
    <br style="mso-special-character: line-break;"></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="padding-left: 30px; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: Arial; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman';">Pour
    mémoire&nbsp;: le CAC a clôturé l’année 2007 à 5.614,08 points, et l’année 2008 à 3.217,97 points, soit un recul de 42,38% – Au 25/01/2008, après l’affaire Kerviel, le CAC cotait aux environs de
    5.250 points. Les prévisions du panel interrogé pour l’exercice 2008 furent&nbsp;: Roger Desfossez (Natixis) <b>7.000</b>, François-Xavier Chevalier (VP Finance) <b>6.200</b>, Jean-Pierre
    Hellebuyck (Axa) <b>6.150</b>, Jean-Paul Pierret (Dexia) <b>6.100</b>, Alain Bokobza (Société Générale) <b>5.900</b>, David Kruk (fondateur et PDG de Raymond James Euro Equities)
    <b>4.700</b>.</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt 35.45pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; background: white; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: Arial; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman';">
    &nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="padding-left: 30px; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: Arial; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman';">L’indice
    DJ Eurostoxx 50 – majors européennes -&nbsp;a clôturé l’année 2007 à 4.399,72 points, et l’année 2008 à 2.451,78 points – Au 25/01/2008, après l’affaire Kerviel, le DJ Eurostoxx 50 cotait aux
    environs de 3.800 points. Les prévisions du panel interrogé pour l’exercice 2008 furent&nbsp;: Roger Desfossez (Natixis) <b>5.250</b>, Jean-Pierre Petit (Exane BNP Paribas) <b>4.850</b>,
    François-Xavier Chevalier (VP Finance) <b>4.840</b>, Jean-Pierre Hellebuyck (Axa) <b>4.800</b>, Jean-Marie Courtois (AGF Asset Management) <b>4.700</b>, Alain Bokobza (Société Générale)
    <b>4.500</b>, David Kruk (Raymond James Euro Equities) <b>3.650.</b></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt 35.45pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: Arial; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman';">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="padding-left: 30px;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: Arial; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman';">Le
    constat provient du représentant de VP Finance</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    &nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    (3) Le Monde, le 17/08/2007 – « Crise des subprimes&nbsp;: le point de vue de deux économistes »<br></span><span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">(4)
    Les Echos, le 27/07/2007 – «&nbsp;Le mégakrach n’aura pas lieu »</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt 35.4pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    &nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="padding-left: 30px; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: Arial; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman';">David
    Thesmar est professeur associé à HEC – Augustin Landier est professeur assistant à l’Université de New York</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt 35.45pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: Arial; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman';">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="padding-left: 30px; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: Arial; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman';">« …
    il ne fait guère de doute que les marchés d’actions connaîtront une correction. C’est moins sur son existence que sur son ampleur que porte le débat. Disons-le tout net : celle-ci sera limitée et
    surtout sans effet sur l’économie réelle (…) Mais parce que ces produits [dérivés de crédit] sont désormais échangés par une masse critique d’acteurs constituant un marché devenu liquide, leur
    effet net est une diminution et non un accroissement du risque systémique. Une preuve indirecte du caractère plus sûr de l’environnement financier est la baisse très forte de la volatilité sur
    les différents marchés depuis 2002. L’industrie financière a connu de véritables révolutions depuis la fin des années 1990 : sa résistance aux retournements de tendance s’est améliorée, réduisant
    les risques de système. Le danger d’une explosion financière, et donc le besoin de régulation, n’est peut-être pas si grand qu’on ne le pense »</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt 35.45pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: Arial; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman';">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    (5) Augustin Landier / David Thesmar (2007) – <span style="mso-bidi-font-weight: bold;">«&nbsp;Le Grand Méchant Marché – Décryptage d’un fantasme français »</span><br>
    (6) Challenges, le 03/04/2008 – <span style="mso-bidi-font-weight: bold;">«&nbsp;Vigies »</span><br>
    (7) Club Ulysse (2002) – <span style="mso-bidi-font-weight: bold;">«&nbsp;Le politique saisi par l’économie »<br>
    (8) Le Monde, le 02/01/2008 - « Il n’y aura pas de krach en 2008 »<br>
    (9) Challenges.fr, le 15/02/2008 - « La France doit se dépêcher d’accomplir les réformes … »<br>
    (10) Le Point.fr, le 20/06/2008 - « Ces prévisions de croissance qui gênent le gouvernement »<br>
    (11) Les Echos, le 02/09/2008 - « L’OCDE abaisse sa prévision de croissance 2008 »<br>
    (12) Le Figaro Economie, le 21/09/2008 - « Lagarde&nbsp;: «&nbsp;croissance autour de 1% en 2008 »<br>
    (13) Challenges.fr, le 29/12/2008 - « La France échappe bien à la récession pour l’instant »<br>
    (14) Washington Post, le 22/03/2008 - « S&amp;P lowers its credit outlooks for Goldman, Lehman »</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal;">
    &nbsp;
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="padding-left: 30px; margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">Echelle
    de notation de la dette à long terme (maturités équivalentes à un an ou plus) selon l’agence Standard &amp; Poor’s - <span style="text-decoration: underline;">Catégorie
    investissement</span>&nbsp;: <b>(AAA)</b> Valeurs de tout premier ordre («&nbsp;gilt edged&nbsp;») <b>– (AA)</b> Fourchette haute («&nbsp;high-grade&nbsp;») <b>– (A)</b> Notation intermédiaire
    («&nbsp;upper-medium grade&nbsp;») <b>– (BBB)</b> Fourchette basse, pouvant comporter des aspects spéculatifs («&nbsp;medium grade&nbsp;») - <span style="text-decoration: underline;">Catégorie
    spéculative</span>&nbsp;<span style="mso-bidi-font-weight: bold;">: <b>(BB &amp; B)</b></span> Eléments dits spéculatifs <b>– (CCC, CC, C et au-delà)</b> Absence de caractéristiques
    d’investissement souhaitables («&nbsp;junk bond&nbsp;»)&nbsp;;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    &nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="padding-left: 30px; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: Arial; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman';">Commentaire
    original de l’agence Standard &amp; Poors, suite à la dégradation de sa notation sur la banque d’affaires Lehman Brothers : « <em style="mso-bidi-font-style: normal;">The near-term earnings
    prospects remain at least somewhat brighter</em> »</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt 35.4pt; line-height: normal;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: Arial; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman';">&nbsp;</span><span style="font-size: 8pt; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: Arial; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman';">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt 35.4pt; line-height: normal;">
    &nbsp;
  </p>
  <div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: center;">
    <hr size="2">
  </div>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: red; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    &nbsp;<br>
    <br>
    <span style="text-decoration: underline;">Illustration</span>&nbsp;: Augure observant le vol des oiseaux<br></span><span style=
    "font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">&nbsp;<br>
    </span><span style="font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman';"><span style=
    "font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><br></span></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sat, 03 Jan 2009 18:56:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.marc-aragon.net/article-26383547.html</guid>
                <category>Mythes et Réalités</category>        <comments>http://www.marc-aragon.net/article-26383547-6.html</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Les dieux d’Epicure]]></title>
        <link>http://www.marc-aragon.net/article-26163354.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman';"><span style=
    "font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman';"><br>
    <br>
    <img width="300" src="http://idata.over-blog.com/0/39/81/81/Illustrations/Epicure1-copie-1.jpg" height="258" class="GcheTexte">Le siècle des Lumières libéra les forces de l’esprit et consacra
    l’usage de la raison. Libérés du carcan inquisitorial, bientôt de l’absolutisme, les hommes et les femmes de ce temps, épris d’humanisme, s’attelèrent à concevoir cet ordre nouveau qui
    estoquerait bientôt les anciennes coutumes ; partout en Europe, des idées neuves surgirent. Aucun domaine qui fût à portée de l’entendement commun&nbsp;n’échappa à cette frénésie primordiale.
    L’économie elle-même ne fut pas à la traîne, éperonnée par l’industrialisation naissante de l’Angleterre qui marquait la fin de la société féodo-marchande et le début du capitalisme industriel.
    Samuel Jonhson, auteur contemporain, déclara tout de go que « <em style="mso-bidi-font-style: normal;">rien ne requerrait davantage une explication philosophique que le commerce</em> <b style=
    "mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style="color: #c00000;">1</span></sup></b> ». On s’y dévoua, corps et âme. Des philosophes se firent économistes, comme l’écossais Adam Smith, le plus
    fameux d’entre eux, qui signera d’une éternelle <a class="tooltip" href="http://www.marc-aragon.net/article-14924320.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style=
    "color: #3366ff;">main invisible</span></span><em>Northern Rock ! Voilà un label qui avait du souffle, oserait-on dire du coffre ! Hélas, la huitième banque du Royaume-Uni est au tapis : la peste
    du subprime l’a prise l'été dernier, sans crier gare, violente d'humeurs qui suppurent encore et nous alarment. La Banque d’Angleterre oxygéna l'affaire fin septembre, mit 26 milliards de livres
    au pot ainsi que quelques milliers de clients dans les rues de Newcastle…</em></a> le triomphe inéluctable de la rationalité et de l’ordre sur l’arbitraire et le chaos. Epicure n’eût pas désavoué
    ce monde merveilleux.<br></span><span style=
    "font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><br>
    Dès 1776, Etienne Bonnot de Condillac, un abbé qui goûtait l’économie, comprit qu’il faudrait changer de braquet et de langage. Son entrain littéraire, pour autant qu’il pût être convaincant,
    manquait en effet des démonstrations formelles qui auraient affermi ses thèses, lesquelles assuraient déjà la contre-productivité des taxes et des réglementations. La philosophie devint « science
    économique <span style="color: #c00000;"><strong><sup>2</sup></strong> <span style="color: #000000;">»</span></span>, sans alors d’autre répit que de troquer ses oripeaux de simple matière
    narrative contre les habits de lumière de la vraie science. Sans doute ce prélat se souvenait-il du grand Léonard de Vinci,&nbsp;phare de la Renaissance, et de plus un génie, pour qui
    «&nbsp;<em style="mso-bidi-font-style: normal;">aucune investigation humaine ne peut s’intituler véritable science si elle ne passe pas par la démonstration mathématique</em> <b style=
    "mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style="color: #c00000;">3</span></sup></b>&nbsp;». Ladite mathématique allait déferler en cinq sec&nbsp;: elle assignerait bientôt à résidence toute la
    rhétorique sociale des pères fondateurs. La transfiguration vint de Léon Walras, économiste de la seconde moitié du XIXe siècle, qui harnacha littéralement la discipline à ce nouveau latin. Sa
    quête axiomatique de l’équilibre général et spontané des Marchés se propagera jusqu’à Chicago, dont l’Ecole trustera les couronnes suédoises. Gérard Debreu, économiste franco-américain de cette
    filière, lui-même nobélisé en 1983, un rien catégorique, déclarera : « <em style="mso-bidi-font-style: normal;">J’ai démontré mathématiquement la supériorité du libéralisme</em> <b style=
    "mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style="color: #c00000;">4</span></sup></b> ». Dont acte.<br></span><span style=
    "font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><br>
    L’idéologie&nbsp;néolibérale, ainsi frappée du sceau des mathématiques de l’extrême, encore qu’à la cire molle, peut donc continuer de plaire. Car on se dispense assez d'évoquer les contraintes
    nombreuses qui conditionnent cet univers enchanté <b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style="color: #c00000;">5</span></sup></b>, lesquelles n’ont jamais été réunies en nul point
    de notre planète aquatique, ni aucun autre de l’écliptique. L’Histoire, ce témoin millénaire, ne nous rappelle aucune expérience glorieuse qui ait élevé ce credo. Jamais en effet la liberté
    économique, totale, sans limites, triomphante, n’a été réalisée, y compris par les premiers libéraux qui vinrent aux affaires. Quoique ! Les années 1970 garderont la trace indélébile d’une main
    bien visible, tachée du sang des latinos sud-américains, du Chili, d’Argentine, d’Uruguay … aux prises avec des juntes barbares conseillés par les Chicago Boys et leurs professeurs. L’un d’eux,
    Gunder Frank, avoua que les prescriptions de <a class="tooltip" href="http://www.marc-aragon.net/article-4593212.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style=
    "color: #3366ff;">Milton Friedman</span></span><em>Milton Friedman, pape de l’ultra-libéralisme est mort. Ses proches, ses élèves, économistes de Chicago et d’ailleurs, honorés sur la scène
    planétaire, choyés sous les lambris les plus prestigieux, ont l’âme en peine. D’autres, moins excessifs, plus tournés vers l’humain, se borneront à respecter le sommeil éternel de l’icône. Car
    l'antienne qu'il défendit, d’un Marché omnipotent, dont la dynamique propre, non entravée, conduirait à coup sûr au bien-être général ne fait plus l’unanimité …</em></a>, maître de
    l’ultralibéralisme, étaient si contraignantes «&nbsp;<em style="mso-bidi-font-style: normal;">qu’elles n’auraient pu être appliquées sans les deux éléments qui les sous-tendaient toutes&nbsp;: la
    force militaire et la terreur politique</em>&nbsp;». Finalement, les armes faillirent à purifier des âmes si insensibles à la beauté de la science, et cette stratégie du choc <b style=
    "mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style="color: #c00000;">6</span></sup></b> plomba durablement l’économie du cône sud. On mit le désastre sur le compte des militaires trop zélés. Le
    dogme persista, en contrepoint de l’étoile rouge, disqualifiée, qui déclinait.<br></span><span style=
    "font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><br>
    Point d’équilibre, où que nous regardions, sinon des ruines fumantes ! La trinité émancipatrice - réduction des dépenses sociales, déréglementation, privatisation -, c’est-à-dire moins de tout,
    et d’Etat surtout, paraît finalement mieux s’étalonner sur ses collapsus réitérés, parfois héroïques, que sur des bénéfices durables, correctement répartis. Les historiens jugeront. Pour l’heure,
    les crises s’enchaînent, et n’était-ce les intermèdes funestes des conflits mondiaux, l’époque moderne déclinerait une incroyable fascination pour le carnage financier. Qu’on en juge sur les
    seules vingt dernières années : 1987, krach des marchés d’actions ; 1990, krach des <em style="mso-bidi-font-style: normal;">junk bonds</em>, crise des caisses d’épargne américaines et chute du
    Nikkei ; 1994, krach obligataire américain ; 1995, banqueroute de la <a class="tooltip" href="http://www.marc-aragon.net/article-15687735.html"><span style=
    "font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">banque britannique Barings</span></span><em>Mardi 17 janvier 1995, à l’aube. Kobé, assoupie, s’éveille doucement. Au sud de la ville,
    face à la baie d’Osaka, les premières lueurs du jour baigneront bientôt le port, Rokko Island, Port Island, et les nombreuses îles artificielles que l’homme a gagnées sur la mer. Soudain, à 5h46
    locale, la terre se met à gronder …</em></a> ; 1997, première tranche de crise financière internationale (Thaïlande, Corée, Hongkong)&nbsp;; 1998, deuxième tranche (Russie, Brésil) et faillite du
    hedge fund LTCM ; 2001-2003, apoplexie&nbsp;de l'e-Economie. Chaque fois, les dévots de ce bateau ivre, vite remis à flot, tenant pour rien les ardoises soldées par la collectivité, notamment
    leurs impacts sur l’emploi, se félicitèrent de la résilience des Marchés, qui survécurent. A l’été 2007, des ménages américains insolvables, qui avaient payé le mètre carré au prix de l’hectare,
    incendièrent la plaine financière. Jusqu’à l’Olympe <span style="color: #c00000;"><strong><sup>7</sup></strong></span>.<br></span><span style=
    "font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><br>
    L’atterrissage de la finance qui s'ensuivit, fut brutal, malgré l’optimisme enkysté des analystes, et celui, plus coupable, des économistes, qui glosaient à l’embarras passager. De fait, à
    l’heure des vœux, quiconque, sain de corps et d'esprit, qui aurait pressenti le pathétique des évènements à venir, eût été immédiatement invité à réviser son précis d’Economie&nbsp;! L’allocation
    optimale du capital, l’une des vocations académiques des Marchés, pressa les investisseurs de liquider leurs portefeuilles en actions pour rediriger le tout sur le pétrole, qui flamba jusqu’à 150
    dollars le baril en juillet. On&nbsp;incrimina la fièvre demandeuse des émergents, l’instabilité politique du Nigéria, le tarissement de la ressource ... Quand, en septembre, commença la fin, le
    pétrole escorta les indices boursiers au tréfonds. Exit la théorie&nbsp;! Washington devint socialiste <b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style=
    "color: #c00000;">8</span></sup></b>, déversant ses dollars par containers entiers dans la sphère bancaire piégée par une sophistication financière censée pourtant arraisonner le risque. Le
    <a class="tooltip" href="http://www.marc-aragon.net/article-18279035.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">génie financier</span></span><em>La réussite,
    spécialement dans les affaires d'argent, est une source permanente d'émerveillement pour la multitude ; la fascination qu'elle exerce est à l'échelle des capitaux brassés, qui voltigent par
    milliards, sans relâche, et nul ne saurait se représenter que la magnitude de ce tourbillon financier pût dériver d'individus au génie moins éclatant …</em></a>, qui avait déjà perdu des épées
    comme Bear Stearns ou Indymac, abandonna Lehman Brothers au milieu du gué. Merrill Lynch, Wachovia, WaMu furent sauvées des eaux, Goldman Sachs et Morgan Stanley changèrent de statut. On
    nationalisa Fannie Mae, Freddie Mac, AIG, on dépanna l'automobile, et ainsi de suite. L’Europe ne fut pas épargnée. En somme, la débâcle fut mathématiquement efficiente.<br></span><span style=
    "font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><br>
    Pauvre Epicure, nos Marchés ne sont pas à l’effigie de vos dieux apaisés, « <em style="mso-bidi-font-style: normal;">qui habitent là où il ne pleut ni ne neige et où jamais ne souffle la
    tempête</em> <b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style="color: #c00000;">9</span></sup></b> ». Ici bas, la sauvagerie est embusquée, hermétique aux charmes d’un paradis pavé
    d’équilibres optimaux, de rationalité prodigieuse et de concurrence parfaite, anesthésié sous les trillions de l’industrie financière, dont l’intérêt supérieur est bien de se prévaloir de lois
    économiques qui auraient démontré comment sa liberté et ses profits sont les sources essentielles du bien-être général <b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style=
    "color: #c00000;">10</span></sup></b>.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">&nbsp;</span>&nbsp;&nbsp;
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">&nbsp;</span>
  </p>
  <div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: center;">
    <hr size="2">
  </div>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    (1) Robert Heilbroner (1971) - <span style="mso-bidi-font-weight: bold;">«&nbsp;Les grands économistes »<br></span>(2) Etienne Bonnot de Condillac (1776) -</span> <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-font-weight: bold;">
    «&nbsp;Le Commerce et le gouvernement … »</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="padding-left: 30px; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; background: white; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: Arial; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-weight: bold;">
    Page 1, dès l’entame - « Chaque science demande une langue particulière, parce que chaque science a des idées qui lui sont propres. Il semble qu’on devrait commencer par faire cette langue&nbsp;:
    mais on commence par parler et par écrire, et la langue reste à faire. Voilà où en est la science économique dont l’objet est celui de cet ouvrage même ». Etienne Bonnot de Condillac est le
    premier à avoir formellement utilisé l’expression <em style="mso-bidi-font-style: normal;">science économique</em>. «&nbsp;La Richesse des Nations&nbsp;» d’Adam Smith parut la même année.</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; background: white; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-font-weight: bold;">
    &nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-font-weight: bold;">
    (3) Editions du Clos Lucé (2008) - « Les pensées de Léonard de Vinci »<br style="mso-special-character: line-break;">
    <br style="mso-special-character: line-break;"></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="padding-left: 30px; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; background: white; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: Arial; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-weight: bold;">
    « Il me paraît que vaines et pleines d’erreur sont les sciences qui ne naissent pas de l’expérience (…) Nous dirons donc que là où l’on ergote, il n’y a plus de vraie science&nbsp;; car la vérité
    n’a qu’un seul terme et, ce terme une fois trouvé, le litige se trouve détruit à jamais. S’il peut renaître, il s’agit<span style="mso-spacerun: yes;">&nbsp;</span> d’une science bavarde et
    confuse, et non de certitude née. Les vraies sciences sont celles que l’expérience a fait pénétrer par les sens et qui imposent silence à la langue des argumentateurs&nbsp;».</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal;">
    <span style=
    "font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-font-weight: bold;">
    (4) Le Figaro-Magazine, le 10/03/1984 – Entretien avec Guy Sorman<br></span><span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">(5)
    Bernard Maris (2003) – «&nbsp;Lettre ouverte aux gourous de l’économie …&nbsp;»</span> <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    <br>
    (6) Naomi Klein (2008) - <span style="mso-bidi-font-weight: bold;">«&nbsp;La stratégie du choc&nbsp;: la montée d’un capitalisme du désastre »</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="padding-left: 30px; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; background: white; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: Arial; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-weight: bold;">
    La citation d’André Gunder Frank est extraite de l’ouvrage, page 107</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="padding-left: 30px; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; background: white; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: Arial; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-weight: bold;">
    &nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="padding-left: 30px; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; background: white; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: Arial; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-weight: bold;">
    Page 129 – «&nbsp;&nbsp;Les Chicago Boys et leurs professeurs qui prodiguaient des conseils et occupaient des postes de haut rang au sein des régimes militaires du cône sud, avaient foi en un
    capitalisme par nature puriste. Leur système reposait entièrement sur la croyance dans l’ordre et l’équilibre, sur la nécessité de supprimer les ingérences et les distorsions. C’est pour cette
    raison qu’un régime résolu à appliquer fidèlement leur théorie ne peut tolérer la présence de conceptions du monde qui risqueraient de le contredire ou de l’affaiblir. L’idéal ne peut être
    atteint qu’au prix d’un monopole idéologique&nbsp;»&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="padding-left: 30px; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; background: white; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: Arial; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-weight: bold;">
    &nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="padding-left: 30px; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; background: white; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: Arial; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-weight: bold;">
    Page 109 - « En 1982, l'économie chilienne, en dépit de la stricte application de la doctrine de Chicago, s’était effondrée&nbsp;: explosion de la dette nationale, retour de l’hyperinflation et
    taux de chômage de 30% (dix fois plus élevé que sous Allende). C’est que les piranhas, les maisons financières à la Enron affranchies de toute réglementation par les Chicago Boys, aveint acheté
    les actifs du pays à crédit et accumulé une dette colossale de quatorze milliards de dollars »</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    (7) L'Express, le 16/12/2008 - <span style="mso-bidi-font-weight: bold;">«&nbsp;Nouveaux incidents en Grèce, Caramanlis prend des engagements »<br>
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: 'Verdana','sans-serif'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">(8) Le Monde
    Diplomatique, octobre 2008 - <span style="mso-bidi-font-weight: bold;">«&nbsp;Le jour où Wall Street est devenu socialiste »</span></span></span><br>
    (9) Emmanuel de Waresquiel (2003) - <span style="mso-bidi-font-weight: bold;">«&nbsp;Talleyrand, le prince immobile »</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0.1pt 0pt 0cm; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="padding-left: 30px; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; background: white; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: Arial; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-weight: bold;">
    Page 13 – «&nbsp;Lorsque le vieux Goethe (…) pose les yeux sur une reproduction du portait du prince [Talleyrand] (…), il ne peut s’empêcher de penser aux dieux d’Epicure qui habitaient là où il
    ne pleut ni ne neige et où jamais ne souffle la tempête&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-font-weight: bold;">
    &nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    (10) Jacques Généreux (2005) -<span style="mso-bidi-font-weight: bold;">«&nbsp;Les vraies lois de l’économie »</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-font-weight: bold;">
    &nbsp;</span>
  </p>
  <div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: center;">
    <hr size="2">
  </div>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: red; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    &nbsp;<br>
    <br>
    <span style="text-decoration: underline;">Illustration</span>&nbsp;: Victime de la crise financière - Extrait du Journal du Net<br></span><span style=
    "font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">&nbsp;<br>
    </span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sat, 27 Dec 2008 01:02:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.marc-aragon.net/article-26163354.html</guid>
                <category>Economics</category>        <comments>http://www.marc-aragon.net/article-26163354-6.html</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[L’inventaire des détournements passés inaperçus]]></title>
        <link>http://www.marc-aragon.net/article-26027852.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman';"><span style=
    "font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman';"><br>
    <br>
    <img width="283" src="http://idata.over-blog.com/0/39/81/81/Illustrations/fraud-copie-2.jpg" height="281" class="GcheTexte">Rien n’est plus impeccable que la rigueur ptolémaïque <b style=
    "mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style="color: #c00000;">1</span></sup></b></span> <span style=
    "font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">des
    théories financières. Adossées à des mathématiques de concours, sculptées sans relâche par des virtuoses de l’abstraction, subventionnées par l’intérêt supérieur des manieurs d’argent, ces
    <a class="tooltip" href="http://www.marc-aragon.net/article-6250188.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">belles équations</span></span><em>Quiconque
    acheta le Dow Jones ce 3 septembre 1929, fut mal inspiré. L’indice, qui avait pris congé du réel de longue date, culmina ce jour-là en séance à 386,10 points, propulsé par la fascination
    qu’exerçait déjà la grande opinion financière sur la foule : économistes et experts cautionnaient la hausse, analystes et banquiers rameutaient le ban, et nul n’imaginait qu’un génie si partagé
    pût faillir …</em></a> campent à l’envi un univers chimiquement pur, inoxydable, où rien ne saurait dépasser qui ne fût précisément jaugé. La noblesse des principes élude tout, jusqu’au profit
    lui-même, trop connoté, qui n’apparaît plus comme le mobile apparent des affaires. L’ordre et la morale règnent désormais sur nos Marchés, et chacun s’émerveille de la finesse de cette
    horlogerie. Hélas, cette paix apparente survit mal aux caprices du hasard et aux vicissitudes du temps. Quand la mer se retire, c’est-à-dire à l’heure de la purgation, quelques nageurs sont nus.
    D’autres, parfois de haut parage, qui prospéraient sur leur réputation au crochet de riches investisseurs, sortent du bois et annoncent des pertes fracassantes. On se pique aussitôt d'assainir le
    système, nonobstant l’argent, qui est si près et corrompt tout. Hé quoi, autant appeler Talleyrand à la prière&nbsp;!<br></span><span style=
    "font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">&nbsp;<br>

    L’euphorie financière est mère de la démesure et de tous les renoncements. Fort peu contrainte par la vertu, jamais empêchée, cette dynamique tourneboule vite son monde, adultes consentants et
    enfants à naître. Les bras sont nombreux, qui ne manquent jamais pour forcer la main des plus rétifs. La hausse ininterrompue des cours, exaltée par des <a class="tooltip" href=
    "http://www.marc-aragon.net/article-15289423.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">jaquemarts du sérail</span></span><em>A la fin de l’été 1929, les
    bulletins quotidiens ne se bornaient plus à citer quels titres monteraient en séance et de combien, mais bien l’heure à laquelle tel ou tel autre serait ciblé ! En ces jours filés de soie,
    quiconque pouvait s’ériger analyste, qui prédît la hausse, avec des chances sûres de succès, cireurs de chaussures compris …</em></a> carillonnant à tue-tête, finit toujours par ancrer l’adhésion
    des uns et entraîner la ruée de tous les autres. L’argent ruisselle, l</span><span style="font-size: 12pt; font-family: Calibri;">es cours</span> <span style=
    "font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">virevoltent
    et tous ces pourcents gagnés ou perdus magnétisent les esprits. <em style="mso-bidi-font-style: normal;">Quo non ascendet</em>&nbsp;<b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style=
    "color: #c00000;">2</span></sup></b> ! Les Marchés roulent sous l’œil admiratif de la multitude, le génie financier capitalise toutes les faveurs, et nul ne saurait concevoir qu’une telle unité
    de vues pût déchoir. L’âge d'or des corbeilles est toujours propice à ce genre de considérations. Las, chaque jour qui passe nous rapproche de la fin. Et quand vient l’instant de la saignée,
    alors s'annonce aussi celui de l’inventaire des détournements passés inaperçus cher à John Galbraith – <em style="mso-bidi-font-style: normal;">the Bezzle</em> <b style=
    "mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style="color: #c00000;">3</span></sup></b>. Les pratiques financières laxistes, toute garde levée, qui font florès en temps de paix, noyées dans un
    océan d’opacité coupable, surgissent au grand jour, escortées d’autres coutumes plus pendables encore, inhérentes au genre humain. Car, c’est une constante&nbsp;: quand le Marché saigne, il
    saigne mal. C’est-à-dire beaucoup. Et ses humeurs sont malsaines.<br></span><span style=
    "font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">&nbsp;<br>

    Les années Vingt&nbsp;promurent l’innovation financière à l’échelle industrielle, et cette course aux armements, un temps ensommeillée, fouettera des générations de mathématiciens priés
    d’optimiser les circuits de l’argent. Pour autant, quelques penchants anciens, increvables, demeurèrent, à commencer par le premier d’entre tous, qui consiste à piquer dans le tiroir-caisse.
    Ainsi, en 1929,&nbsp;l’Union Industrial Bank de Flint, dans le Michigan, fut-elle dépouillée de 3.592.000 dollars par une douzaine de collaborateurs, principaux responsables de l’établissement
    compris, fascinés par l’envolée des cours&nbsp;; ces sommes furent investies sur le marché à terme de New-York, avant d’être volatilisées corps et biens. La banque n’y survécut pas <b style=
    "mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style="color: #c00000;">3-1</span></sup></b>. A la même époque, un italo-américain bon teint, <a class="tooltip" href=
    "http://www.marc-aragon.net/article-16760138.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">Charles Ponzi</span></span><em>Quand Charles Ponzi, italien bon teint,
    vint au Nouveau Monde, en 1903, il n’avait quasiment plus un sou en poche, ni aucun talent connu qui valût que la fortune lui tendît les bras. Mais sa nature était allante. Son errance commença,
    qui l’amena en 1907 à Montréal, dans la banque d'un compatriote, Luigi Zarossi, au service des immigrants de la mère-péninsule ; le business roulait bien …</em></a></span><span style=
    "font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">, se
    forgera une réputation éternelle en axiomatisant une pyramide financière qui fera de nombreux émules, dont un certain Bernard Madoff en dernier lieu. Tout ce linge surfera sur l’embardée
    haussière des Marchés, rivalisant d’ingéniosité à qui accaparerait le mieux la manne financière qui bourdonnait. Les cavaliers de la Goldman Sachs Corporation y réussiront mieux que quiconque,
    usant et abusant du&nbsp;levier des trusts d’investissement, Joconde de modernité et d’architecture spéculative d’alors <b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style=
    "color: #c00000;">3-2</span></sup></b>. Jusqu’à l’implosion. Le cercle de nos banquiers récemment disparus n’est pas d’une&nbsp;veine moins illustre.<br></span><span style=
    "font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><br>
    Le trauma de la Dépression anesthésia les Marchés ; le génie financier et ses vestales furent enterrés vifs et l’on n’entendit plus parler de rien. Les <em style=
    "mso-bidi-font-style: normal;">Roaring Nineties</em> <b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style="color: #c00000;">4</span></sup></b> remirent au goût du jour l’hédonisme des années
    folles&nbsp;: on se remit au travail, à concocter de nouveaux plans, fameux, qui libèreraient toute la créativité des magiciens de la finance. Les résultats furent désastreux&nbsp;: Drexel
    Burnham Lambert, banque d’affaires emblématique de ce temps y laissa sa chemise, envoyé au tapis par son enfant chéri Michael Milken <b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style=
    "color: #c00000;">5</span></sup></b>, l’inventeur des junk bonds. Quelques traders opportunistes, carambouilleurs à l’occasion, comme Ivan Boesky ou Dennis Levine précédèrent la chute de l’icône
    et celle des Bourses en 1987. Nick Leeson se fit remarquer en torpillant la Barings, coulée par la chute du Nikkei et l’ébranlement de Kobé en 1995. Des stars mondiales de la NetEconomie furent
    elles aussi emportées dans le vortex du krach Internet, au nez et à la barbe d’auditeurs huppés qui ne virent rien venir, volatilisant frauduleusement les dollars par centaines de milliards.
    Enron, flattée jusqu’au dernier souffle par Goldman Sachs, mais aussi Worldcom, et toute une coterie de <a class="tooltip" href="http://www.marc-aragon.net/article-5712489.html"><span style=
    "font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">bancanalystes</span></span><em>Ceux d’avant défilaient moins. Isolés, loin des parquets, encastrés entre le contrôle de gestion et la
    comptabilité, on les imagine, trois-pièces strict, de préférence sombre, chemise blanche de rigueur, à décrypter d’interminables chroniques de chiffres, de bilans et de perspectives. Les
    analystes financiers de l’ancienne époque étaient sûrement de cette sorte, à s’échiner pour le roi de Prusse …</em></a></span> <span style=
    "font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">complices,
    achevèrent, du moins put-on le penser, de discréditer les démiurges d’un capitalisme triomphant. On croyait avoir tout vu. Le krach planétaire de l’an VIII du Troisième Millénaire dirait
    admirablement la&nbsp;suite.<br></span><span style=
    "font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">&nbsp;<br>

    Voici donc une loi d'airain : les épisodes spéculatifs s’achèvent toujours par la multiplication des scandales <b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style=
    "color: #c00000;">6</span></sup></b>, et cette mode trotte crescendo. Ainsi, en janvier 2008, Jérôme Kerviel prit-il sûrement une longueur d’avance sur <a class="tooltip" href=
    "http://www.marc-aragon.net/article-16041415.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">l’Internationale des traders voyous</span></span><em>Nick Leeson ne
    fut ni le premier, ni le plus argenticide des traders voyous. D’autres l’avaient précédé, comme Howard Rubin, qui, dès 1987, avait déshabillé la banque d'affaires Merrill Lynch de quelque 250
    millions de dollars, ou Joseph Jett, qui tondit Kidder Peabody de 400 millions en 1994 sur des bons du Trésor. D’autres l’avaient aussi surclassé …</em></a><span style=
    "font-size: 12pt;">&nbsp;</span></span><span style=
    "font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">; en
    mars, Bear Stearns fut&nbsp;raccourcie sur l’autel des subprimes, exposant plusieurs centaines de ses employés aux poursuites du FBI <b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style=
    "color: #c00000;">7</span></sup></b> ; en « septembre noir », on se pressa de sauver Freddie Mac et Fannie Mae, dont les managers qui menaient grand train n’avaient pas eu le temps de discerner
    la vraie nature de ces prêts pousse-au-crime&nbsp;; le même mois, Lehman Brothers, joyau des banques d'affaires, quittait la scène, entraînant un séisme inédit. Mais la frontière, parfois ténue
    entre dirigeants mal avisés et véritables escrocs, allait être franchie à grande vitesse en décembre. Le nouveau mâle alpha s’appelle Bernard Madoff, primat du gotha financier américain,
    ex-président du Nasdaq, héritier de Richard Whitney qui présida la Bourse de New-York dans les années 30 avant de séjourner à Sing Sing. Cet honorable septuagénaire aura mieux dépouillé ses
    clients prestigieux que Charles Ponzi dont il copia le modèle&nbsp;: sa pyramide s’effondra récemment, tout à trac, laissant des ruines fumantes pour quelque 50 milliards de dollars <b style=
    "mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style="color: #c00000;">8</span></sup></b>&nbsp;! La haute finance n'est finalement pas plus éclairée que le commun. N’était-ce les dégâts collatéraux,
    on s’en réjouirait presque.<br></span><span style=
    "font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><br>
    Une fois de plus, la SEC n’entrevit rien du casse du siècle&nbsp;: Madoff avait ses entrées à Wall Street, au Capitole et sous les lambris de l’institution en tant qu'ancien patron du Nasdaq,
    comme Kenneth Lay, <a class="tooltip" href="http://www.marc-aragon.net/article-3535795.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">fondateur
    d’Enron</span></span><em>Nous estimons que la période actuelle offre une opportunité extrêmement rare d'acheter les actions d'une entreprise qui demeure extrêmement bien positionnée pour croître
    à un rythme substantiel ... Nous sommes convaincus que les rumeurs négatives autour de l'entreprise sont fausses, non fondées sur des éléments concrets …</em></a>, frayait naguère à Washington au
    contact des plus grands. La cécité du régulateur fut égale à l’égard des caïds de la NetEconomie, comme elle le fut envers les bateleurs de la titrisation. L’AMF ne vit davantage rien venir à la
    Société Générale. Grâce au ciel, nos devanciers firent mieux&nbsp;: lors du scandale de Panama, dans les années 1880, cent quatre députés furent inculpés&nbsp;; un seul fut condamné&nbsp;: celui
    qui insista pour plaider coupable <b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style="color: #c00000;">9</span></sup></b>&nbsp;! <span style="mso-spacerun: yes;">&nbsp;</span><span style=
    "mso-spacerun: yes;">&nbsp;</span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">&nbsp;</span>
  </p>
  <div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: center;">
    <hr size="2">
  </div>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <b><span style=
    "font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-font-size: 11.0pt;">
    &nbsp;</span></b>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    (1) Benoît Mandelbrot (2005) -</span> <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    «&nbsp;Une approche fractale des marchés »</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    &nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt 35.45pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; background: white; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: Arial; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman';">
    Page 127 - « Les grands prêtres de la théorie financière moderne déplacent sans cesse la cible. Chaque fois que l’on signale une anomalie, une réparation est effectuée en vue de la corriger (…)
    Mais de telles réparations ad hoc sont moyenâgeuses. Elles contournent en les évitant les preuves contradictoires au lieu de les expliquer et de bâtir à partir d’elles. Elles sont les cousines
    des ajustements sans fin que les défenseurs de la vieille cosmologie de Ptolémée concevaient pour s’accommoder des nouvelles observations astronomiques gênantes. Sans cesse, ces zélateurs
    ajoutaient de nouvelles particularités à leur ancien modèle. Ils commencèrent par des cycles planétaires, puis corrigèrent les discordances de cycles en ajoutant des épicycles. Lorsque ceux-ci
    eurent montré leurs limites, un nouveau bricolage déplaça le centre des épicycles hors du centre du système. Finalement ils arrivaient à coller relativement bien à toutes les données anormales
    (…) Il fallut les efforts combinés de Brahé, Copernic, Galilée et Kepler pour concevoir un modèle plus simple, celui d’un système héliocentrique aux orbites planétaires elliptiques … »</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; background: white; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    &nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    (2) « Jusqu’où ne montera-t-il pas&nbsp;? » - Devise de Nicolas Fouquet, surintendant déchu de Louis XIV,<br>
    (3) John Kenneth Galbraith (1954) - «&nbsp;The great crash (La crise économique de 1929) »</span> <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    <br>
    <span style="mso-bidi-font-weight: bold;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt 35.45pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; background: white; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: Arial; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman';">
    Page 158 - « Le détournement le plus spectaculaire de l’époque (…) fut le pillage de l’Union Industrial Bank de Flint, dans le Michigan. La masse brute, dont les estimations s’élevaient d’une
    façon inquiétante au fur et à mesure que l’enquête avançait, dut, selon<span style="mso-spacerun: yes;">&nbsp;</span> The Literary Digest, s’élever à 3.592.000 dollars [le 07 décembre 1929] (…)
    L’entreprise groupa finalement une douzaine de personnes, y compris en fait tous les principaux responsables de la banque. Les opérations étaient si bien organisées que même l’arrivée de
    contrôleurs bancaires dans les hôtels de la localité était portée rapidement à la connaissance des membres du <em style="mso-bidi-font-style: normal;">syndicat</em> … »</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt 35.45pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt 35.45pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; background: white; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: Arial; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman';">
    Page 71 - « L’exemple le plus remarquable d’architecture spéculative de la fin des années vingt, celui par lequel, plus que par tout autre moyen, on put satisfaire la demande de titres ordinaires
    de la part du public, fut la société ou le trust d’investissement. Elle ne créait pas de nouvelles entreprises ou n’agrandissait pas les anciennes&nbsp;; elle s’arrangeait simplement pour que des
    gens puissent posséder les titres de vieilles sociétés<span style="mso-spacerun: yes;">&nbsp;</span> par l’entremise de nouvelles (…) La vertu de la société d’investissement était qu’elle
    entraînait un divorce presque complet entre le volume des valeurs des sociétés à recouvrer et celui de leurs biens existants … »</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt 35.45pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    (4) Expression de Joseph Stiglitz, prix Nobel d’Economie<br>
    (5) Fortune estimée à 2,1 milliards de dollars en 2007,&nbsp; 458<sup>ème</sup> rang des fortunes mondiales (Forbes)<br>
    (6) Le Monde, le 29/01/2008 <span style="mso-bidi-font-weight: bold;">- «&nbsp;Quand la mer se retire, on voit ceux qui nagent nus »</span></span> <span style=
    "font-size: 12pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><br></span><span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">(7)
    Trends.be, le 20/06/2008 - «&nbsp;Opération Hypothèques malhonnêtes&nbsp;: deux ex-cadres de Bear Stearns arrêtés »</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0.1pt 0pt 0cm; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; background: white; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    &nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt 35.45pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; background: white; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: Arial; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman';">
    « Ralph Cioffi et Mathew Tannin, deux ex-cadres de Bear Stearns, sont accusés d’avoir trompé les investisseurs au printemps 2007, en les poussant à continuer à investir dans deux fonds qu’ils
    savaient au bord de l’effondrement. Lancée par le FBI, l’opération Hypothèques Malhonnêtes s’est soldée jeudi par 406 inculpations et 60 arrestations… »</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    &nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    (8) Challenges.fr, le 19/12/2008 -<span style="mso-bidi-font-weight: bold;">«&nbsp;Les pertes des investisseurs dans l’affaire Madoff »</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    &nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt 35.45pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; background: white; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: Arial; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman';">
    Pertes estimées, au conditionnel, en millions d’euros – <b><span style="color: #0000ff;">FRANCE</span></b>&nbsp;: Epargnants nationaux (<b>500</b>), Natixis (<b>450</b>), BNP Paribas
    (<b>350</b>), Axa (<b>&lt;100</b>), Crédit Mutuel CIC (<b>90</b>), Dexia (<b>78</b>), fonds Elite de Rothschild (<b>41</b>), fonds AGF Tresodyn (<b>35</b>), Société Générale, Crédit Agricole,
    Groupama (<b>- de 10</b>) – <b><span style="color: #0000ff;">EUROPE</span></b>&nbsp;: Santander (<b>2.330</b>), Medici (<b>1.500</b>), HSBC (<b>725</b>), Fortis (<b>725</b>), UBP
    (<b>645</b>),Royal Bank of Scotland (<b>460</b>), Man Group (<b>360</b>), BBVA (<b>300</b>), Reichmuth &amp; Cie (<b>235</b>), EIM Group (<b>150</b>), Unicredit (<b>75</b>), Banco Popolare
    (<b>68</b>), Swiss Life (<b>57</b>), Nordea (<b>48</b>) – <b><span style="color: #0000ff;">ETATS-UNIS</span></b>&nbsp;: Fairfield Greenwich Group (<b>5.500</b>), Ascot Partners (<b>1.350</b>) –
    <b><span style="color: #339966;"><span style="color: #0000ff;">RESTE DU MONDE</span></span></b> : Nomura Holdings (<b>225</b>), Azora Bank (<b>101</b>), Institutions sud-coréennes
    (<b>70</b>)</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt 35.45pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; background: white; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: Arial; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman';">
    &nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt 35.45pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; background: white; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: Arial; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman';">
    Plusieurs importantes</span> <span style=
    "font-size: 8pt; background: white; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman';">fondations</span> <span style=
    "font-size: 8pt; background: white; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: Arial; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman';">
    vont subir des pertes. Ainsi, la fondation JEHT, créée par Jeanne et Kenneth Levy-Church, devrait mettre la clé sous la porte, tout comme la Chais Family Foundation, dirigée par Avraham Infeld.
    La fondation Steven Spielberg a aussi perdu des plumes ainsi que la fondation Elie Wiesel. Carl et Ruth Shapiro, généreux donateurs du Museum of Fine arts de Boston, ont perdu 40% de leur
    fortune. La fondation du promoteur immobilier Mortimer Zuckermann a elle perdu 30 millions de dollars.</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    &nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    <span style="mso-spacerun: yes;">&nbsp;</span>(9) Bernard Maris (1990) - «&nbsp;Des économistes au-dessus de tout soupçon <span style="mso-bidi-font-weight: bold;"><span style=
    "mso-spacerun: yes;">&nbsp;</span>»</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    &nbsp;</span>
  </p>
  <div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: center;">
    <hr size="2">
  </div>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: red; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    &nbsp;<br>
    <br>
    <span style="text-decoration: underline;">Illustration</span>&nbsp;: Image extraite du blog Soapbox Ireland - Article du 26 Septembre 2007<br></span><span style=
    "font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">&nbsp;<br>
    </span><span style="font-size: 12pt; font-family: Calibri;">&nbsp;</span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sun, 21 Dec 2008 21:37:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.marc-aragon.net/article-26027852.html</guid>
                <category>Chroniques</category>        <comments>http://www.marc-aragon.net/article-26027852-6.html</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[La transparence : et après ?]]></title>
        <link>http://www.marc-aragon.net/article-25552270.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman';"><span style=
    "font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman';"><br>
    <br>
    <img width="210" src="http://idata.over-blog.com/0/39/81/81/Illustrations/Transparence-copie-2.jpg" height="221" class="GcheTexte">Voici revenu le temps de l’éthique, celui de la transparence et
    de la vérité qui commandent toute la noblesse de l’action humaine. Quelques préceptes moraux de cette nature, que l’on avait mis sous le tapis en ces années d’euphorie boursière, refont ainsi
    surface à l’heure des mécomptes. La débâcle financière, doublée d’une apoplexie bancaire, triplée d’une crise économique, réveille subitement en nos consciences cet obsédant désir de moralisation
    des affaires, et nous percevons ce dessein comme un viatique obligé à la sortie de crise. Las, ce temps sera petitement compté. Car rien n’est plus urgent pour les succubes du capitalisme
    financier que de reprendre la main sur ces milliards évaporés, restitués à grands frais par les Etats, pour réamorcer le Marché, protecteur du clan et grand ordonnateur du bien social. Rien n’est
    donc davantage plus obsessionnel que de ne toucher à rien. On se contentera de donner le change, de faire la claque, et de laisser accroire que les seuls commandements de la vertu sauveront le
    système.<br></span><span style=
    "font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><br>
    L’Histoire de la finance est pavée de bonnes intentions, conçues dans la tourmente, oubliées ou défaites aux temps de la prospérité revenue. Le <a class="tooltip" href=
    "http://www.marc-aragon.net/article-5712489.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">Glass-Steagall Banking Act</span></span><em>Ceux d’avant défilaient
    moins. Isolés, loin des parquets, encastrés entre le contrôle de gestion et la comptabilité, on les imagine, trois-pièces strict, de préférence sombre, chemise blanche de rigueur, à décrypter
    d’interminables chroniques de chiffres, de bilans et de perspectives. Les analystes financiers de l’ancienne époque étaient sûrement de cette sorte, à s’échiner pour le roi de Prusse, dans
    l’ombre, décortiquant sans relâche les communiqués et les notes des sociétés afin que nul n'en ignore…</em></a>, instauré en 1933 pour redresser et moraliser un système bancaire américain très
    éprouvé par le Grand Krach, fut laminé par la dérégulation triomphante de la Reaganomics ; les banques s’en donnèrent à coeur joie : Citigroup, l'une des premières sociétés de services financiers
    au monde, ne se le fit pas dire, qui devint récemment tête de liste des banques de dépôts américaines après le rachat de Wachovia. Le nouveau paradigme devint que seules les grandes banques
    universelles auraient désormais les moyens de se développer</span> <sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: maroon; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-font-size: 12.0pt;"><strong>1</strong></span></sup>
    <span style=
    "font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">: Henry
    Steagall, promoteur de la loi éponyme, se retourna dans sa tombe. Et Citigroup dévissa de quelque 90% en dix huit mois ! Est-il besoin de rappeler que la banque, en compagnie de quelques autres
    fleurons de la finance américaine comme Lehman Brothers, récemment disparue, Merrill Lynch et Morgan Stanley, rachetées, dominait le marché de la titrisation</span> <sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: maroon; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-font-size: 12.0pt;"><strong>2</strong></span></sup><span style="font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">,
    réputé, à la lumière des faits, comme un modèle d’opacité ? Ainsi mélangea-t-on toutes choses ensemble pour arraisonner le client, de conseils pipés en actifs toxiques mâtinés de subprime,
    sur&nbsp; l'air des canons enchantés de la rentabilité moderne : 15%, à tout prix ! L’épisode haussier stérilise toujours la raison. Et la vertu surtout.<br></span><span style=
    "font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><br>
    Mi-1998, la crise asiatique dégrisa <a class="tooltip" href="http://www.marc-aragon.net/article-5170516.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style=
    "color: #3366ff;">l’exubérance irrationnelle</span></span><em>Comme toujours, on ne vit rien venir. La veille encore, chacun vaquait à ses affaires, et les places financières soufflaient un peu
    depuis le début de l’automne. En ce jeudi 5 décembre 1996, les bourses du Vieux continent conclurent une séance ordinaire. Tout juste nota-t-on que la Bundesbank avait refusé de baisser ses taux
    d’intérêt directeurs, sans alarmer personne. Le lendemain, tous les marchés plongeaient …</em></a> qui étreignait les Marchés depuis qu’Alan Greenspan avait débâché les hélicoptères de la Réserve
    Fédérale</span> <sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: maroon; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-font-size: 12.0pt;"><strong>3</strong></span></sup><span style="font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">.
    En 1999, les Bourses s’enflammèrent à nouveau : la NetEconomie tonnait, prometteuse de lendemains qui chantent, sans usines et nez au vent. Les rabatteurs financiers, qui ne traitent jamais par
    l’indifférence les embardées de cours, rivalisèrent de slogans ravageurs pour rameuter le ban. La Poste, généralement peu suspecte d’inclinaison spéculative, se mit au diapason de l’époque,
    claironnant un « Donnez un nouveau souffle à votre épargne », ou bien « Restez gagnant même si le CAC baisse ». Bénéfic, l’un de ses fonds à promesse, fit florès, qui recueillera près de 300.000
    souscriptions. Hélas, mal luné, le CAC chancela comme une startup quand s’effondra le château de cartes des héroïnes survitaminées de ce temps : la garantie en capital du fonds, confusément
    délimitée, partit avec l’eau du bain, vaporisant plus du tiers des économies de ses preneurs ! D’autres kleptocrates furent poursuivis, comme la Caisse d’Epargne avec son Ecureuil Europe 2003,
    Carrefour avec son Millénium, la Mondiale aussi</span> <sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: maroon; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-font-size: 12.0pt;"><strong>4</strong></span></sup><span style="font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">.
    Quelques procès en transparence furent retentissants</span> <sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: maroon; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-font-size: 12.0pt;"><strong>5</strong></span></sup><span style="font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">.
    En 2004, la directive européenne MIF</span> <sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: maroon; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-font-size: 12.0pt;"><strong>6</strong></span></sup>
    <span style=
    "font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">scella ce
    savant jeu de fumée : le génie financier n’attendit pas son application, en novembre 2007, pour frapper encore.<br></span><span style=
    "font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><br>
    Chaque crise charrie ses déblais, dissipant ici et là nombre de victimes trop zélées, plus ou moins fameuses, plus ou moins conquises, pour ne rien dire du tout-venant qui fait le gros des
    troupes. Généralement, les promesses de la haute finance, la mine un rien affectée, ne tardent pas à suivre. Et au menu de nos maîtres queux, la transparence financière occupe une place de choix,
    la première. Eternel refrain, aussitôt chanté, aussitôt oublié, voici la vertu des affaires : l’a-t-on oublié que la Banque de France nous en ressert en 1998 quelques couplets
    incantatoires</span> <sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: maroon; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-font-size: 12.0pt;"><strong>7</strong></span></sup>
    <span style=
    "font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">: « La
    qualité de l'information financière est un élément fondamental de l'efficience des marchés, de la solidité des systèmes financiers et du renom et de la compétitivité des places boursières&nbsp;».
    N’a-t-elle pas franchi l’océan que les sénateurs Paul Sarbanes et Mike Oxley s’en emparent, en 2002, pour dissuader les émules <a class="tooltip" href=
    "http://www.marc-aragon.net/article-3535795.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">d’Enron et de Worldcom</span></span><em>« Nous estimons que la période
    actuelle offre une opportunité extrêmement rare d'acheter les actions d'une entreprise qui demeure extrêmement bien positionnée pour croître à un rythme substantiel ... Nous sommes convaincus que
    les rumeurs négatives autour de l'entreprise sont fausses, non fondées sur des éléments concrets (...) Nous estimons que les cours actuels intègrent les pires craintes des investisseurs
    …</em></a>. Mais rien ne va&nbsp;: le krach financier, parti du Nouveau Monde, exige plus. Quelques intellectuels tricolores priés d’opiner à ce sujet, dont Michel Prada, président de l’AMF,
    Xavier Musca, directeur du Trésor, résument leur ambition, dans un « Rapport moral de l’argent dans le monde</span> <sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: maroon; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-font-size: 12.0pt;"><strong>8</strong></span></sup>
    <span style=
    "font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">» paru
    mi-2008, à … améliorer la transparence&nbsp;! Le coordinateur dudit rapport, Antoine Mérieux, en rajoute : « <em style="mso-bidi-font-style: normal;">La transparence n’est pas la seule solution.
    La finance est aussi affaire d’éthique</em>&nbsp;».&nbsp;Et toc&nbsp;!<br></span><span style=
    "font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><br>
    Les Torquemada de la finance ont de qui tenir. Car la transparence est la fille aînée des théories nobélisées visant à accréditer le Marché, c’est-à-dire le libéralisme, comme ultime optimisation
    d’une économie idéale. Les anticipations rationnelles</span> <sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: maroon; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-font-size: 12.0pt;"><strong>9</strong></span></sup><span style="font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">,
    qui relèvent du rêve, sur lesquelles chacun concevrait ses décisions, nécessitent un univers supraconducteur, où l’information circule à grande vitesse et sans résistance. L’efficience des
    Marchés, qui suppose ce qui précède, parachève le tout. Ainsi les jugements individuels, noyés sous des jets continus de données, sont-ils censés être parfaitement conformés :
    nul&nbsp;ne&nbsp;saurait déraisonner ! On est alors à se demander pourquoi tous ces « abrutis rationnels</span> <sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: maroon; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-font-size: 12.0pt;"><strong>10</strong></span></sup>
    <span style=
    "font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">» auront
    conduit à coup sûr aux désastres financiers que l’on sait ! Ne serait-ce donc pas que l’on aura empêché le Marché de délivrer son onction suprême ? Il faut accroître la transparence ! Sans doute.
    En fait, le délire efficient des idéologues du Marché, qui préconisent une information quasi-quantique, boulimique, garante d’une rationalité prodigieuse, raccourcit l'horizon temporel des
    opérateurs. Tandis que les entrepreneurs sont à se projeter sur plusieurs années, l'investisseur est hanté par l'extrême présent, sous le feu de signaux, parfois contradictoires, qui lui
    parviennent de toutes parts</span> <sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: maroon; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-font-size: 12.0pt;"><strong>11</strong></span></sup><span style="font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">.
    Cette instantanéité dit l'incomparable fossé qui sépare l’économie réelle de l’économie financière.<br></span><span style=
    "font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><br>
    Les hommes d’argent ne sont jamais à renoncer&nbsp;; jusqu’au-boutistes, rétifs à toute réglementation qui viendrait gâter leur commerce, ils se nourrissent de l’emballement spéculatif, seconde
    nature des Marchés, dans la plus pure tradition de l'enrichissement sans cause et du lucre. Cette folie est collective. Quelques vœux pieux, chantés en chœur, ne changeront rien à l’affaire. La
    transparence permettra bien d’attendre la prochaine sortie de route. «&nbsp;<em>Enrichissez les soldats et moquez-vous du reste</em>&nbsp;!&nbsp;». (Septime Sévère).</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">&nbsp;</span>&nbsp;<span style="font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;"><span style="mso-spacerun: yes;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: center;">
    <hr size="2">
  </div>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;"><strong>&nbsp;</strong></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;">
    <span style="font-weight: normal; font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-weight: bold;">(1) Les Echos, le 30/09/2008 – «&nbsp;En
    reprenant Wachovia, Citigroup devient la plus grande banque de dépôts américaine »<br>
    (2) Jean-Marc Sylvestre, Olivier Pastré (2008) – «&nbsp;Le roman vrai de la crise financière »</span> <span style=
    "font-weight: normal; font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><br>
    (3) Helicopter Drop (Lâcher de billets par hélicoptère) selon la métaphore de Milton Friedman&nbsp;(essor de la masse monétaire)<br>
    (4) La Vie Financière, le 20/06/2003 -</span> <span style=
    "font-weight: normal; font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-weight: bold;">«&nbsp;Les recours face aux abus des fonds à promesse
    »</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;">
    <span style="font-weight: normal; font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-weight: bold;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt 35.4pt; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; background: white; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-weight: bold; mso-bidi-font-family: Arial; mso-fareast-language: EN-US;">«
    Restez gagnant même si le CAC baisse », « Donnez un nouveau souffle à votre épargne » ... Autant d'arguments qui ont permis à La Poste de commercialiser dès 1999, plus de 300 000 contrats
    Bénéfic, un fonds à promesse (dit également « fonds à formule »). Aujourd'hui, les souscripteurs qui ont adhéré à l'offre en décembre 1999 ont perdu jusqu'à 38 % de leur épargne ! Déçus, ils s'en
    prennent à La Poste, dont la plaquette, pour le moins engageante, les aurait induits en erreur en évoquant une garantie en capital. « Le plus marquant, c'est la masse des revendications, près de
    3 000, indique Jacques Poindron, à l'AFUB (Association française des usagers des <a href="http://www.lavf.com/tags/Banques-310.html"><span style=
    "color: black; text-decoration: none; text-underline: none;">banques</span></a>). Certains petits souscripteurs ont investi sur ce produit jusqu'à 30.500 euros et il était, pour La Poste,
    d'autant plus facile de les harponner que la Bourse montait » …</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;">
    <span style="font-weight: normal; font-size: 8pt; background: white; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-weight: bold;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0.05pt 0pt 0cm;">
    <span style="font-weight: normal; font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-weight: bold;">(5) L’affaire Benefic - (source
    Wikipédia)</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0.05pt 0pt 0cm;">
    <span style="font-weight: normal; font-size: 8pt; background: white; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-weight: bold;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt 35.4pt; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; background: white; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-weight: bold; mso-bidi-font-family: Arial; mso-fareast-language: EN-US;">Bénéfic
    est un fond d'investissement gérée par La Poste, qui a convaincu plus de 300.000 personnes d'y souscrire (70% d'entre elles étaient titulaires d'un PEA), pour un montant total de plus de 1,5
    milliard d'euros. Ce fonds a perdu une bonne partie du capital des épargnants (entre -12,2% et -35,8% selon l'édition du 3 juillet 2006 de Votre Argent). L'Autorité des Marchés Financiers a
    diligenté une enquête, qui s'est conclue par une absence de responsabilité de <a title="La Poste (France)" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Poste_(France)"><span style=
    "color: black; text-decoration: none; text-underline: none;">La Poste</span></a>. Cependant, le Tribunal de Commerce de <a title="Paris" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Paris"><span style=
    "color: black; text-decoration: none; text-underline: none;">Paris</span></a> a condamné La Poste a dédommager quelques personnes, ainsi que les associations de consommateurs, au motif que les
    dépliants publicitaires étaient trompeurs et de nature à induire en erreur les particuliers. Par cinq arrêts rendus le même jour, le 19 septembre 2006, la Cour de Cassation a estimé cependant que
    les premiers juges avaient violé l'article du Code Civil qui prévoit l'obligation de conseil, en estimant que l'information donnée aux particuliers souscripteurs n'était pas « incomplète,
    inexacte ou trompeuse ».</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;">
    <span style="font-weight: normal; font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-weight: bold;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;">
    <span style="font-weight: normal; font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">(6)
    Le Monde, le 06/06/2008 -</span><span style="font-weight: normal; font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-weight: bold;">«&nbsp;La
    transparence considérée comme le meilleur remède aux excès »<br></span><span style="font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;">(7) Banque de France,
    novembre 1998 - «&nbsp;La transparence financière », 23,00 € TTC</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0.05pt 0pt 0cm;">
    <span style="font-weight: normal; font-size: 8pt; background: white; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-weight: bold;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0.05pt 0pt 35.4pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 8pt; background: white; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-weight: normal;"><span style=
    "font-size: 8pt; background: white; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-weight: bold; mso-bidi-font-family: Arial; mso-fareast-language: EN-US;">«</span></span>
    <span style="font-weight: normal; font-size: 8pt; background: white; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-weight: bold;">L'importance de la transparence
    financière y est analysée au travers d'articles rédigés par les services des deux autorités [Commission bancaire et Commission des Opérations de Bourse</span><span style=
    "font-weight: normal; font-size: 9pt; font-family: &quot;Arial&quot;,&quot;sans-serif&quot;;">]</span> <span style=
    "font-weight: normal; font-size: 8pt; background: white; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-weight: bold;">sur les thèmes suivants&nbsp;: les motivations des
    contrôleurs en matière de transparence financière&nbsp;; la communication financière des établissements de crédit français, notamment sur leurs résultats, leurs activités de marché, les
    engagements sur les professionnels de l'immobilier, et son impact sur les cours de bourse ; la transparence des comptes : responsabilité et déontologie des principaux acteurs&nbsp;; notation de
    créances et surveillance financière</span> <span style=
    "font-size: 8pt; background: white; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-weight: normal;"><strong>»</strong></span><span style=
    "font-weight: normal; font-size: 8pt; background: white; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-weight: bold;">. Que de progrès depuis&nbsp;! (ndla)</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0.05pt 0pt 0cm;">
    <span style="font-weight: normal; font-size: 8pt; background: white; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-weight: bold;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 12pt;">
    <span style="font-weight: normal; font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-weight: bold;">(8) Le Monde, le 06/06/2008 – «&nbsp;La
    transparence considérée comme le meilleur remède aux excès »<br>
    (9) Théorie proposée par Robert Lucas, prix de la Banque de Suède 1995<br>
    (10) Locution d’Amartya Sen, prix de la Banque de Suède 1998 – En anglais «&nbsp;Rational fools »<br>
    (11) Frédéric Lordon (2003) – «&nbsp;Et la vertu sauvera le monde »</span>
  </p>
  <div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: center;">
    <hr size="2">
  </div><span style="font-weight: normal; font-size: 8pt; color: red"><span style="color: #ff0000;">&nbsp;<br>
  <br>
  <span style="text-decoration: underline;">Illustration</span></span></span><span style="font-weight: normal; font-size: 8pt; color: red;">&nbsp;: Analystes se concertant<br></span>&nbsp;<br>
  <br>
  &nbsp;<br>
  <br>]]></description>
        <pubDate>Sun, 07 Dec 2008 18:41:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.marc-aragon.net/article-25552270.html</guid>
                <category>Mythes et Réalités</category>        <comments>http://www.marc-aragon.net/article-25552270-6.html</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[ABS, CDO et consorts]]></title>
        <link>http://www.marc-aragon.net/article-21414648.html</link>        <description><![CDATA[<p class="null" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><br>
    <br>
    <img width="300" src="http://idata.over-blog.com/0/39/81/81/Illustrations/Securitization-copie-1.jpg" height="219" class="GcheTexte">Ziggy Stardust mourut à Hammerfield à l'été 1973. Mi-homme
    mi-femme, icône androgyne au visage d’ange, cet esthète du show façonna la gloire de son créateur, un certain David Bowie, qui l’incarnait avec conviction dans ses grand-messes musicales. La
    poussière d’étoile scintillait de mille feux, mais ses reflets pâlirent vite l’éclat du maître, qui s'en défit. Un quart de siècle plus tard, David Bowie, artiste aguerri aux revenus inavoués,
    fit une entrée en fanfare sur la scène financière : tout à ses comptes, il s’avisa d’en réclamer d’avance, sans bémol, à hauteur de 55 millions de dollars</span> <sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: #800000; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-font-size: 12.0pt;"><strong>1</strong></span></sup>
    <span style=
    "font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">! En janvier
    1997, il céda dix années d’exploitation de son catalogue à une société ad hoc, qui émit en contrepartie un emprunt obligataire rémunéré 7,9% l’an</span> <sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: #800000; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-font-size: 12.0pt;"><strong>2</strong></span></sup><span style="font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">&nbsp;:
    Prudential Insurance rafla toute la mise. Les titres de la rock star avaient bel et bien changé de nature. Ziggy renaissait : nom de code « Gold Dust ».<br></span><span style=
    "font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><br>
    La technique employée par David Bowie est celle de la titrisation, apparue aux Etats-Unis lors du big bang libéral des années 70 : des actifs, plus ou moins solides, générateurs de flux
    financiers, plus ou moins certains, sont payés par anticipation à leur propriétaire ; une société intermédiaire (SPV)</span> <sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: #800000; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-font-size: 12.0pt;"><strong>3</strong></span></sup><span style="font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">,
    créée pour l’occasion, réceptionne le principal du cédant qu’elle finance en émettant des obligations ; le taux facial des titres motive alors, plus ou moins, les investisseurs, qui prennent
    leurs risques : ceux-ci encaissent périodiquement les intérêts de leur créance et le remboursement d’une part du capital, selon l’aptitude des actifs que l’on a dits à produire les recettes que
    l’on a pressenties. Au terme de l’opération, chacun reprend ses droits, quitte et ravi du contrat gagnant-gagnant qu’il aura souscrit. Typiquement, les royalties de David Bowie furent suffisantes
    pour servir les prêteurs, surnuméraires même, et rien ne vint globalement troubler ce concert-là. En mars 2004 cependant, l’agence de notation Moody’s, qui n’avait pas disgracié l’emprunt initial
    en le cotant A3, abaissa sa perception de la dette au niveau Baa3</span> <sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: #800000; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-font-size: 12.0pt;"><strong>4</strong></span></sup><span style="font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">,
    un cran au-dessus des <a class="tooltip" href="http://www.marc-aragon.net/article-6570252.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">junk
    bonds</span></span><em>Le régent de France Philippe d’Orléans, qui expédia les affaires courantes entre le défunt Roi Soleil, à la progéniture dévastée, et son successeur Louis XV, un lointain
    arrière-petit-fils, était mieux connu pour son épicurisme débordant que pour l’acuité de son intellect : sa capacité à restaurer les finances du royaume, détroussées par les grands desseins
    antérieurs, se mesurait aisément à la qualité de ses conseillers, entres catins et abbés …</em></a> : la musique de l’idole se vendait moins bien. La plateforme iTunes d’Apple relança la machine
    à cash. Ainsi, ce qui vaut aujourd’hui et promet des lendemains qui chantent n’est-il jamais assuré de durer. La menace plane toujours du risque en maraude.<br></span><span style=
    "font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><br>
    La propriété&nbsp;intellectuelle n'est qu’un&nbsp;boutefeu de la titrisation. Toute rentrée d’argent prédictible, récurrente et assez dotée de zéros pour être prise au sérieux, peut être ainsi
    escomptée&nbsp;: recettes d’abonnements, primes d’assurance, créances commerciales, péages autoroutiers, tout y passe qui aura su démontrer une antériorité crédible et des risques futurs
    quantifiables. Mais le canal historique, celui qui éprouva le système, en fit la règle et harasse aujourd’hui l’économie de ses excès, nous vient du marché hypothécaire américain. Les crédits
    immobiliers furent longtemps et demeurent l’actif idoine des faits de titrisation, offrant aux prêteurs une source de refinancement stable. Une envie de maison ? La banque octroie les fonds,
    délimite son risque et hypothèque le bien ; puis, ayant renouvelé ce commerce, elle regroupe les crédits aux attributs proches en un bric-à-brac, appelé ABS – <em style=
    "mso-bidi-font-style: normal;">Asset Backed Securities</em> (titres adossés à des actifs)</span> <sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: #800000; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-font-size: 12.0pt;"><strong>3</strong></span></sup>
    <span style=
    "font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">-, et cède
    le tout contre espèces sonnantes et trébuchantes. Désengagée, la banque n'est plus en danger ; son ratio de solvabilité, dit de Cooke</span> <sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: #800000; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-font-size: 12.0pt;"><strong>5</strong></span></sup><span style="font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">,
    est restauré&nbsp;: elle peut prêter à nouveau. Qu’importe alors les règles de prudence, les garanties demandées aux emprunteurs puisque leurs prêts seront revendus au Marché et les risques
    disséminés. Et plus encore quand la pyramide des emprunts est soutenue par la hausse ininterrompue des prix immobiliers.<br></span><span style=
    "font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><br>
    La magie financière a opéré&nbsp;: tel qui s’est endetté pour acheter sa maison peut a présent acquérir d’alléchants ABS, susceptibles même de contenir son propre crédit titrisé ! Les rendements
    sont à l’avenant, et le succès au rendez-vous : l’afflux d’emprunteurs de plus en plus insolvables, aux mains de vendeurs peu scrupuleux qui prêtent leurs dollars à l’usure, fouette en effet les
    rendements et rameute beaucoup. Les <a class="tooltip" href="http://www.marc-aragon.net/article-7071350.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">créances
    subprimes</span></span><em>Côté cour, des équations, longues comme un jour sans pain, qui s’échinent à décrire des mondes enchantés où l’homme figure à peine, esquissé au crayon et dans la marge
    ; côté jardin, la haute finance, appliquée, consentante jusqu’au dernier transport, qui excelle dans l’art d'animer les équations qu’on a dites, c’est-à-dire d’y trouver le prétexte à sa quête
    incessante du gain …</em></a> étaient de cette veine-là, aux taux survitaminés, prêtes à goberger des investisseurs peu regardants, mieux étreints par les rentabilités élevées que par les
    réalités sociales, banquiers compris ! Ainsi, vit-on des emprunteurs devenant leur propre banquier, et des banquiers leur propre emprunteur : le mistigri de la dette, aux mains de mathématiciens
    chevronnés et de juristes minutieux, passe d’un portefeuille à l’autre, et nul ne sait plus ce qu’il a acheté ni risqué. Car contrairement aux titres obligataires usuels, fondés sur la capacité
    de remboursement de l’émetteur, ABS et consorts reposent sur des flux financiers futurs, lesquels auront déjà pu être titrisés plusieurs fois,&nbsp;élevés au carré, au cube, ou coupés en quatre !
    L’alambic financier tourne à plein et embrume tout. «&nbsp;<em style="mso-bidi-font-style: normal;">La titrisation se réduit à ôter</em> [les crédits] <em style="mso-bidi-font-style: normal;">des
    épaules de ceux qui sont capables de les porter</em> [les banques] <em style="mso-bidi-font-style: normal;">pour les mettre sur les épaules de ceux qui sont incapables de les
    comprendre</em></span> <sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: #800000; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-font-size: 12.0pt;"><strong>6</strong></span></sup><span style="font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">&nbsp;».<br></span><span style="font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><br>
    Ce n’était pas assez, on compliqua davantage : les actifs homogènes des ABS, eux-mêmes tranchés en profils de risques variés, furent à leur tour agrégés dans des supports logeant des créances de
    toutes origines afin d’augmenter l’énergie du tout ; ces constructions ultimes, baptisées CDO – <em style="mso-bidi-font-style: normal;">Collateralized Debt Obligations</em></span>
    <sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: #800000; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-font-size: 12.0pt;"><strong>3</strong></span></sup>
    <span style=
    "font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New R