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    <title><![CDATA[Boursonomics (Géopolitique)]]></title>
    <link>http://www.marc-aragon.net/categorie-763055.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;Géopolitique&quot; du blog &quot;Boursonomics&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
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        <title><![CDATA[Boursonomics (Géopolitique)]]></title>
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    <pubDate>Tue, 14 Feb 2012 08:05:05 +0100</pubDate>    <lastBuildDate>Tue, 14 Feb 2012 08:05:05 +0100</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2012 www.marc-aragon.net</copyright>            <category>Géopolitique</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[L'or bleu de Sakhaline]]></title>
        <link>http://www.marc-aragon.net/article-5346357.html</link>        <description><![CDATA[<div>
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    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 10pt;"><img height="299" width="282" src="http://idata.over-blog.com/0/39/81/81/p_trole__3_.jpg" class="GcheTexte"></span>Ce pays est
    immense, jusqu’au tréfonds, gonflé de richesses fossiles et minérales. A l'époque soviétique, la production d’hydrocarbures menait même le bal mondial - 12,5 millions de barils par jour en 1988 !
    Hélas, quand Boris Nikolaïevitch Eltsine vient au pouvoir, en 1992, la Russie est financièrement exsangue. La Fédération n’a plus un sou vaillant : la crise économique, la transition
    postcommuniste, mille douleurs l’ont minée. Le maître du Kremlin s’affaire : incapable d'enrayer la chute de la production de brut <strong><sup><span style=
    "color: #800000;">1</span></sup></strong>, encore moins de lancer de nouveaux forages, il propose des partenariats à des groupes étrangers : trois contrats pétrogaziers sont signés en 1994/1995,
    pour l’île de Sakhaline et la région d’Arkhangelsk. En parallèle, Eltsine privatise, au profit de quelques oligarques : Roman Abramovitch et Boris Berezovski captent 49% de Sibneft pour 100
    millions de dollars, Mikhaïl Khodorkovski, 45% de</span> <span style="font-size: 10pt;"><a class="tooltip" href="http://www.marc-aragon.net/article-3636176.html"><span style=
    "font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">Ioukos</span></span><em>La steppe est balayée d’un vent de sable glacial ; des orages de poussière se lèvent parfois, qui charrient
    de fines particules rouges d’une mine d’uranium toute proche, à ciel ouvert, abandonnée en l'état depuis dix ans. Partout alentour, un désert lunaire, rongé par la radioactivité et le froid
    extrême …</em></a></span> <span style="font-size: 10pt;">pour 159 millions ! En juillet 1996, Boris Nikolaïevitch est réélu grâce au zèle médiatico-financier de ces <em>nouveaux russes</em>
    <span style="color: #800000;"><strong><sup>2</sup></strong></span>. Mais l'heure des mécomptes va sonner. A l'été 1998, après huit ans d'une politique économique brouillonne, l'impensable se
    produit : le 17 août,&nbsp;la Russie se déclare en faillite. Une puissance nucléaire est au tapis.</span>&nbsp;
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    <span style="font-size: 10pt;">L’île de Sakhaline, au bout des terres russes, regorge d’or bleu&nbsp;: 1100 milliards de m<sup>3</sup> de gaz dorment ici, en mer d’Okhotsk, jouxtant 375 millions
    de tonnes de pétrole. On cadastre les gisements : le 22 juin 1994, le premier contrat de partage de production, dit <em>Sakhaline-2</em>, est signé avec Sakhalin Energy, un consortium liant
    l'anglo-néerlandais Royal Dutch Shell (55%) et les&nbsp;japonais Mitsui (25%) et Mitsubishi Corporation (20%). Coût du projet&nbsp;: 10 milliards de dollars, à la charge des seuls attributaires,
    qui, selon le <em>Production Share Agreement</em>, se paieront sur la bête jusqu’au remboursement de leurs investissements, avant de partager les dividendes avec l'Etat. C'est un chantier
    pharaonique, qui exige la construction d’une usine de liquéfaction du gaz, d’un gazoduc et d’un oléoduc de 800 kilomètres chacun, entre autres équipements taillés pour exploiter 633 milliards de
    m<sup>3</sup> de gaz et 126 millions de tonnes de pétrole ! <em>Sakhaline-1</em> <strong><sup><span style="color: #800000;">3</span></sup></strong>, d’un gabarit comparable, sera paraphé le 30
    juin 1995, mais son tour de table est mieux accommodé, qui intègre le pétrolier local Rosneft, farouche opposant du&nbsp;géant Gazprom&nbsp;; enfin, le 22 décembre 1995, Total héritera le
    gisement pétrogazier de <em>Khariaga</em> <strong><sup><span style="color: #800000;">4</span></sup></strong><em>.&nbsp;</em>Mais ce n'est qu'en 1996 que la loi sur le partage de production
    légitimera ces ukases eltsiniens. Un problème subsiste cependant, qu'on avait négligé lors de la grande braderie : <em>Sakhaline-2&nbsp;</em>n'associe aucune compagnie russe.</span>
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    <span style="font-size: 10pt;">Mi-juillet 2005, l’affaire dérape : après avoir annoncé une augmentation des coûts de construction de 10 à 12 milliards de dollars, Shell révise à nouveau
    l’enveloppe du projet à la hausse : enchérissement des prix de l’acier, inflation générale et risque de change sont à l’exposé des motifs. Cette fois, l’addition est salée : <em>Sakhaline-2</em>
    pourrait coûter près de 20 milliards de dollars d’ici à 2014 ! De surcroît, les premières livraisons de gaz seraient retardées de&nbsp;six mois, pour démarrer à l’été 2008
    <strong><sup><span style="color: #800000;">5</span></sup></strong>. Ce doublement des coûts crispe l’Etat russe, qui voit s’éloigner l’échéance de versement de ses premiers dividendes, prévus
    pour juin 2005 <strong><sup><span style="color: #800000;">6</span></sup></strong> dans l‘accord de 1994 ! L'occasion était trop belle de renouer avec d'anciennes coutumes, d'autant qu'il y avait
    beau temps que Gazprom, goliath pétrogazier, troisième <a class="tooltip" href="http://www.marc-aragon.net/article-3616032.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style=
    "color: #3366ff;">capitalisation boursière</span></span><em>Le 20 juillet, Yahoo, portail Internet de renommée mondiale, publia des résultats qui déçurent ; la sanction suivit : le cours perdit
    près de 19% en séance. La capitalisation boursière de la société fut amputée de 9 milliards de dollars ! On vit pire : Gazprom, le géant russe des énergies fossiles, perdit 35 milliards de
    dollars de valeur entre le 7 et le 16 mai, après que celle-ci eut doublée l'année précédente, projetant le gazier à la troisième place mondiale …</em></a> de la planète, dauphin d’ExxonMobil,
    <em><span style="font-style: normal;">convoitait</span></em> <em>Sakhaline-2</em><em><span style="FONT-STYLE: normal">. E</span></em>xclu des <em>Production Share Agreement</em> <em><span style=
    "font-style: normal;">(PSA) d’Eltsine, Gazprom croyait avoir touché au but, qui&nbsp;avait signé quelques jours auparavant avec S</span></em>hell un protocole d’accord prévoyant son entrée dans
    <em>Sakhaline-2</em> à hauteur de 25 %, en contrepartie d'une participation de 50 % dans le champ gazier arctique de <em>Zapolyarnoye</em> <strong><sup><span style=
    "color: #800000;">7</span></sup></strong>. Brutalement les conditions de ce <span style="color: #222222;">«</span> traité de paix <em><span style="color: #222222;">»</span></em> avaient changé,
    et l’anglo-néerlandais en était responsable. On ne brave pas impunément l’Etat russe, ni davantage Gazprom. Ce sont les mêmes.</span>
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    <span style="font-size: 10pt;">Alors, l’écologie devint la grande affaire. On convoqua le ban et l’arrière-ban, à commencer par les chaînes de télévision publiques qui montrèrent des méduses
    échouées,</span> <span style="font-size: 10pt;">force quantité de crabes, de trépangs, de mollusques, d'oursins, de poissons et d'autres animaux marins</span> <span style=
    "font-size: 10pt;">rejetés sur la côte</span> <span style="font-size: 10pt;">du golfe d'Aniva. On fit cas des baleines grises</span> <span style="font-size: 10pt;">occidentales s’alimentant
    durant l’été dans la zone, une espèce menacée d’extinction réduite à une centaine de sujets. Bien sûr, la construction des pipelines sur 800 kilomètres montra la saignée dans les forêts de
    conifères, coupant</span> <span style="font-size: 10pt; color: #000000;">plus de mille cours d'eau qui regorgeaient de poissons crevés. Sans oublier les frayères naturelles touchées, notamment
    celles du saumon rose, qui fait vivre 40.000 personnes sur l’île</span> <strong><sup><span style="font-size: 10pt; color: #800000;">8</span></sup></strong><span style=
    "color: #000000; font-size: 10pt;">. Enfin, on donna</span> <span style="font-size: 10pt;">abondamment la parole à des organisations écologistes locales que l’on avait tout aussi abondamment
    ignorées pendant des années. Bref, on mit le paquet. Un certain Oleg Mitvol, vice-directeur du <em>Rosprirodnadzor</em></span> <strong><sup><span style=
    "color: #800000; font-size: 10pt;">9</span></sup></strong><span style="font-size: 10pt;">, fut le héraut de cette offensive, qui multiplia les déclarations outragées. Et quand en novembre 2006,
    il évalua les dégâts du projet <em>Sakhaline-2</em> à quelque 10 milliards de dollars</span> <strong><sup><span style="font-size: 10pt; color: #800000;">10</span></sup></strong><span style=
    "font-size: 10pt;">, Shell rendit les armes. Nul n’avait envisagé qu'un chantier si considérable pût avoir des conséquences environnementales. Subitement, la Russie venait d’en prendre
    conscience, après les décennies du carnage écologique que l'on sait.</span>
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    <span style="font-size: 10pt; color: #222222;">Le 20 septembre 2006, l'ambassadeur de Russie au Japon, Alexandre Loussioukov, déclarait que <em>Sakhaline-2</em> serait vite&nbsp;en ordre de
    bataille si un groupe public menait le projet</span> <strong><sup><span style="font-size: 10pt; color: #800000;">11</span></sup></strong><span style="font-size: 10pt; color: #222222;">. On
    entendit mieux que bien ce qu’on lui avait soufflé : le 21 décembre, le géant gazopétrolier Gazprom&nbsp;faisait main basse sur Sakhalin Energy en se faisant&nbsp;discounter 50% des actions plus
    une, au prix de 7,45 milliards de dollars. Un prix d’ami</span> <strong><sup><span style="font-size: 10pt; color: #800000;">12</span></sup></strong><span style=
    "color: #222222; font-size: 10pt;">. Royal Dutch Shell, Mitsui et Mitsubishi, auront&nbsp;rabattu leurs prétentions de moitié … « <em>Je veux remercier les parties prenantes pour la flexibilité
    dont elles ont fait preuve » <span style="font-style: normal;">résumera</span></em> Vladimir Poutine, impénétrable : on ne saurait dire avec moins de cynisme ! Ainsi la kremlinisation de
    l'économie russe,&nbsp;notamment son secteur pétrolier, avance-t-elle au pas cadencé : après l'expropriation de Ioukos à coup de châtiments fiscaux et sa vente rocambolesque aux enchères au
    groupe public Rosneft, après le rachat de Sibneft à Roman Abramovitch, prudemment exilé outre-manche, voici <em>Sakhaline-2</em> dans le giron de Gazprom, la « Saint-pétersbourgeoise ». La boucle
    est presque bouclée&nbsp;: qu'adviendra-t-il de <em>Sakhaline-</em>1 (ExxonMobil) et <em>Khariaga</em> (Total), mieux protégés dit-on des dommages écologiques par la présence de capitaux russes ?
    C'est à voir. Pour <em>Sakhaline-2</em>, le rideau est tombé ; on n'entendra plus la dialectique indignée du bon soldat Oleg Mitvol : sa mission est terminée.</span>
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  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Bye bye Boris Nikolaïevitch : l’Histoire se souviendra de vous, debout sur un char devant la Maison-Blanche de Russie, incarnation moderne de « La liberté guidant
    le peuple ». Un temps nouveau est maintenant venu, qui ne pouvait être sans que vous fussiez. Place à la realpolitik : l'heure est à <a class="tooltip" href=
    "http://www.marc-aragon.net/article-3937553.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">la reconquête</span></span><em>A 38 ans, l'oligarque Oleg Deripaska
    contrôle déjà Russian Aluminium, le troisième producteur mondial d’aluminium derrière Alcoa et Alcan. Son ambition est plus grande encore, qui vise à absorber son dauphin local, Sual, sixième
    mondial. Cette union, convenue début août, fera alors émerger le premier producteur mondial d’aluminium primaire, et le troisième extracteur de bauxite …</em></a>.</span>&nbsp;
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    <hr size="2">
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    <span style="font-size: 7.5pt; color: #339966;">(1) La production tombera à 6,16 millions de barils par jour en 1998 ;<br>
    (2) Les&nbsp;«&nbsp;Prêts contre actions » ne donnaient le&nbsp;contrôle des privatisées qu'après l'élection de 1996<br>
    (3) Exxon Neftegaz (30%), ONGC (20%) -Inde, Rosneft (20%), SODECO (30%) - Japon<br>
    (4) Total (50%), Norsk Hydro (40%), Compagnie pétrolière de Nenetsk (10%)<br>
    (5) Les Echos, le 15/07/2005<br>
    (6) Le Courrier de Russie – Juillet-Août 2006<br>
    (7) Les Echos, le 18/07/2005<br>
    (8) Ria Novosti, le 06/10/2006<br>
    (9) Organisme national russe de la protection de l’environnement<br>
    (10) Libération, le 13/12/2006<br>
    (11) Reuters , le 21/09/2006<br>
    (12) AFP, le 22/12/2006 – Le Crédit Suisse a estimé le prix du marché à 11 milliards de dollars<br>
    <br></span>
  </div>
  <div>
    <span style="font-size: 10pt; color: #339966;"><span style="font-size: 10pt; color: #339966;"><br></span></span>
    <hr size="2">
  </div>
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    <span style="font-size: 7.5pt; background: white; color: #ff0000;"><span style="color: #ff6600;"><span style="color: #ff0000;"><span style="text-decoration: underline;">Illustration</span> :
    champ pétrolier et derricks</span></span></span>
  </div>
  <div>
    &nbsp;
  </div>]]></description>
        <pubDate>Sun, 21 Jan 2007 20:46:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">273cc4a3516421557b3ca65062e78efc</guid>
                <category>Géopolitique</category>        <comments>http://www.marc-aragon.net/article-5346357-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Le ballet nucléaire nord-coréen]]></title>
        <link>http://www.marc-aragon.net/article-4091542.html</link>        <description><![CDATA[<div align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt">&nbsp;</span></div>
<div align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt">&nbsp;</span></div>
<div align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt"><span style="FONT-SIZE: 10pt"><img class="GcheTexte" height="299" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/39/81/81/pflaster-web.jpg" width="268" /></span>La balafre court sur 250 kilom&egrave;tres, d&rsquo;est en ouest &agrave; travers la p&eacute;ninsule&nbsp;; d&eacute;fenses antichars, batteries camoufl&eacute;es,&nbsp;sentinelles pr&ecirc;tes &agrave; tirer,&nbsp;et barbel&eacute;s sur lesquels s&rsquo;agrippent d&rsquo;effrayants panneaux aux t&ecirc;tes de mort signalant les champs de mine &agrave; l&rsquo;entour : pr&egrave;s de la zone d&eacute;militaris&eacute;e (DMZ) qui s&eacute;pare les deux Cor&eacute;e, rien n&rsquo;a vraiment chang&eacute; depuis l&rsquo;armistice de 1953. Dans ce corridor de quatre kilom&egrave;tres de large, les deux camps s&rsquo;observent ; ici, le temps s&rsquo;est fig&eacute;. A peine 60 kilom&egrave;tres au nord, les orgues de Staline de Pyongyang visent S&eacute;oul. Une arm&eacute;e d&rsquo;un million de soldats dont 70% mass&eacute;s aux abords de la DMZ, demeure l&rsquo;arme au pied,&nbsp;nantie de dix mille pi&egrave;ces d&rsquo;artillerie et lance-missiles dirig&eacute;s sur la capitale adverse o&ugrave; se presse 40% de la population sud-cor&eacute;enne ...</span></div>
<div align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt">&nbsp;</span></div>
<div align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt">Selon les estimations am&eacute;ricaines, un conflit fraternel pourrait faire plus d&rsquo;un million de morts dans les premi&egrave;res semaines <font color="#800000"><sup><strong>1</strong></sup></font>. La puissance nucl&eacute;aire ne ferait pas mieux. Sinistre constat&nbsp;! Aux pays des matins calmes, la s&eacute;r&eacute;nit&eacute; se porte crisp&eacute;e.</span></div>
<div align="justify">&nbsp;</div>
<div align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt">D&egrave;s 1991, </span><span style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: black">l&rsquo;administration am&eacute;ricaine s&rsquo;inqui&eacute;ta des activit&eacute;s du complexe de Yongbyon, et de son r&eacute;acteur &agrave; graphite. Le trait&eacute; de non-prolif&eacute;ration (TNP), qui autorise l&rsquo;atome civil, accorde des droits d&rsquo;autod&eacute;fense aux pays non d&eacute;tenteurs d&rsquo;armes nucl&eacute;aires qui seraient sous la menace de ce type d&rsquo;armement. Pr&eacute;cis&eacute;ment, les Etats-Unis en poss&eacute;daient en Cor&eacute;e du Sud, qu&rsquo;ils retir&egrave;rent &agrave; l&rsquo;initiative de Georges&nbsp;Bush senior au soir de son mandat. D&egrave;s janvier 1992, Bill&nbsp;Clinton cessa cette diplomatie, axant toute son action vers l&rsquo;&eacute;conomie, sans un oeil pour Pyongyang. Six semaines plus tard, Kim Il-Sung intrigua, et annon&ccedil;a son retrait du TNP au motif que les inspecteurs de l&rsquo;Agence internationale de l&rsquo;&eacute;nergie atomique (AIEA) &eacute;taient aux ordres de la CIA. La crise ainsi d&eacute;clench&eacute;e, envenim&eacute;e par une formidable propagande allait durer dix-huit mois et s&rsquo;aggraver dramatiquement quand, en mai 1994, la Cor&eacute;e du Nord d&eacute;chargea du r&eacute;acteur de Yongbyon 8&nbsp;000 barres de combustible irradi&eacute; contenant assez de plutonium pour fabriquer cinq ou six bombes atomiques <font color="#800000"><sup><strong>2</strong></sup></font>. Fin juin, Bill Clinton s&rsquo;appr&ecirc;tait &agrave; frapper en Cor&eacute;e du Nord. L&rsquo;ancien pr&eacute;sident Carter s&rsquo;envola pour Pyongyang, o&ugrave; il obtint de Kim Il-Sung l&rsquo;engagement d&rsquo;un gel total du complexe de Yongbyon. On l&rsquo;avait &eacute;chapp&eacute; belle. </span></div>
<div align="justify">&nbsp;</div>
<div align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: black">La diplomatie prit alors la main, et l&rsquo;on joua au chat et &agrave; la souris jusqu&rsquo;en 2002&nbsp;: les services de renseignement am&eacute;ricains, qui d&eacute;tenaient la preuve que la Cor&eacute;e du Nord avait commenc&eacute; en 1998 &agrave; importer des technologies concernant un nouveau programme nucl&eacute;aire d&rsquo;enrichissement de l&rsquo;uranium, crev&egrave;rent l&rsquo;abc&egrave;s. Le nouveau ma&icirc;tre de Washington tra&ccedil;a l&rsquo;Axe du Mal&nbsp;; les nord-cor&eacute;ens en &eacute;taient, qui admirent qu&rsquo;ils auraient conclu avec Islamabad un accord pr&eacute;voyant le transfert de missiles nord-cor&eacute;ens au Pakistan contre de la technologie pakistanaise d&rsquo;enrichissement de l&rsquo;uranium. De quoi fabriquer une ou deux tr&egrave;s grosses bombes atomiques par an, sur le mod&egrave;le de celles du Pakistan <font color="#800000"><sup><strong>3</strong></sup></font>. L&rsquo;accord-cadre de 1994 sur le gel du r&eacute;acteur de Yongbyon &eacute;tait nul et non avenu. Selon la m&eacute;thode de son p&egrave;re, Kim Jong-Il expulsa fin 2002, les inspecteurs de l&rsquo;AIEA, d&eacute;non&ccedil;ant comme lui des instruments de Washington, et commen&ccedil;a ensuite &agrave; charger de nouvelles barres de combustible &agrave; Yongbyon. Le 10 janvier 2003, elle annon&ccedil;ait qu&rsquo;elle se retirait du TNP et que toute sanction prise &agrave; son encontre par le Conseil de s&eacute;curit&eacute; de l&rsquo;ONU serait consid&eacute;r&eacute;e comme une <em>&laquo;&nbsp;d&eacute;claration de guerre&nbsp;&raquo;</em>. Depuis, on se menace.</span></div>
<div align="justify">&nbsp;</div>
<div align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt">Jusqu&rsquo;&agrave; pr&eacute;sent, les missiles nord-cor&eacute;ens ont fait pschitt &hellip; ce qui &eacute;videmment ne signifie pas que les prochains ne feront pas boum ! Souvenons-nous des Scud Irakiens de la premi&egrave;re guerre du Golfe qui nous promettaient l'apocalypse et dont nul ne se souvient plus, &agrave; br&ucirc;le-pourpoint, s'ils ont fait le moindre bless&eacute;. Comme d'habitude, quelques dictateurs font monter la mayonnaise pour exister sur la sc&egrave;ne internationale. Dans ce chantage &agrave; la terreur, la Cor&eacute;e du Nord refait r&eacute;guli&egrave;rement surface. En dernier lieu, au mois de juillet, Pyongyang avait tir&eacute; une salve de missiles qui avait inqui&eacute;t&eacute;&nbsp;; Shinzo Abe, alors simple porte-parole du gouvernement japonais, aujourd&rsquo;hui premier ministre, avait &eacute;voqu&eacute; la possibilit&eacute; pour le Japon de recourir &agrave; une frappe pr&eacute;ventive contre son voisin nord-cor&eacute;en &ndash; pr&eacute;cisant peu apr&egrave;s que Tokyo n&rsquo;en avait pas l&rsquo;intention <font color="#800000"><sup><strong>4</strong></sup></font>. En r&eacute;alit&eacute;, Pyongyang recherche la manne internationale, sans autres moyens de l&rsquo;attirer sur son sol que par l'&eacute;pouvante que ses dirigeants font r&eacute;gner en surfant sur les oppositions des grandes puissances (Chine et Russie d'un c&ocirc;t&eacute;, le reste de l'autre). Souvenons-nous que Bill </span><span style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: black">Clinton tenta, apr&egrave;s l&rsquo;accord de 1994, de parvenir &agrave; un accord global en offrant une aide &eacute;conomique contre le gel du programme nucl&eacute;aire</span><span style="FONT-SIZE: 10pt">. C&rsquo;est le c&oelig;ur du probl&egrave;me. &nbsp;</span></div>
<div align="justify">&nbsp;</div>
<div align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt">La Cor&eacute;e du Nord recherche de l'argent pour nourrir - un peu - son peuple affam&eacute; par un stalinisme plus stalinien que le stalinisme pens&eacute; par Staline lui-m&ecirc;me, ce qui est peu dire ! Mais qui peut bien en vouloir &agrave; la Cor&eacute;e du Nord ? Qui peut bien menacer des int&eacute;r&ecirc;ts quelconques de la Cor&eacute;e du Nord qui pr&eacute;cis&eacute;ment n'en a aucun ? Personne bien s&ucirc;r ! Les oligarques n&eacute;potiques de Pyongyang ont donc le jeu facile : gesticuler, menacer la paix mondiale pour survivre et grappiller les capitaux qui entretiendront ce syst&egrave;me pr&eacute;humain. Mi-juillet, des inondations monstres auraient fait 10000 morts, navr&eacute; une part importante des r&eacute;coltes <font color="#800000"><sup><strong>5</strong></sup></font>&nbsp;&hellip; Pendant ce temps, on parade et on agite les drapeaux dans des d&eacute;fil&eacute;s ubuesques multicolores. L&rsquo;affaire peut durer un certain temps : mais qui a vu l'impensable effondrement de l'Union Sovi&eacute;tique ne doutera pas de l'implosion programm&eacute;e de la Cor&eacute;e du Nord. Car, in&eacute;luctablement, viendra le temps, o&ugrave; le syst&egrave;me s'autod&eacute;truira, asphyxi&eacute; par ses propres s&eacute;cr&eacute;tions Et le monde sera alors pris de naus&eacute;e ...</span></div>
<span style="FONT-SIZE: 10pt">
<div align="justify"><br /><br /><br /><span style="FONT-SIZE: 10pt"><hr align="center" width="100%" size="2" /></span></div>
</span>
<div align="justify">&nbsp;</div>
<div align="justify"><font size="1"><font color="#339966"><span style="FONT-SIZE: 7.5pt; COLOR: #339966">(1) Le Monde, le 07/02/2003<br />(2) Le Monde Diplomatique, F&eacute;vrier 2003</span></font></font><span style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: #339966"><font color="#339966" size="1"><br />(3) Cyberscopie, Juillet 2004<span style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: #339966"><font color="#339966" size="1"><br />(4) Le Monde, le 14/07/2006<br />(5) La D&eacute;p&ecirc;che du Midi, le 03/08/2006</font></span><br /></font></span>&nbsp;&nbsp;</div>]]></description>
        <pubDate>Sun, 08 Oct 2006 02:38:10 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">c12fea86ef6321e531fe4b1ef77be5ae</guid>
                <category>Géopolitique</category>        <comments>http://www.marc-aragon.net/article-4091542-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[L'ogre russe à la conquête de l'Ouest]]></title>
        <link>http://www.marc-aragon.net/article-3937553.html</link>        <description><![CDATA[<div align="justify">
    <span style="font-size: 6pt">&nbsp;</span>
  </div>
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    &nbsp;
  </div>
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    &nbsp;
  </div>
  <div align="justify">
    <span style="font-size: 10pt"><span style="font-size: 10pt"><img class="GcheTexte" height="300" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/39/81/81/catherine_de_russie.jpg" width="211"></span>A 38
    ans,&nbsp;l'oligarque Oleg Deripaska contrôle&nbsp;déjà Russian Aluminium,&nbsp;le troisième producteur mondial d’aluminium derrière&nbsp;Alcoa et Alcan. Son ambition est plus&nbsp;grande encore,
    qui vise à&nbsp;absorber son dauphin local, Sual,&nbsp;sixième mondial. Cette union, convenue début août, fera alors émerger le premier producteur mondial d’aluminium primaire, et le troisième
    extracteur de bauxite. L’opération est estimée aux environs de 30 milliards de dollars, et son dénouement, proche, a reçu l'aval de Vladimir Poutine, maître du Kremlin et du jeu économique de la
    Fédération <font color="#800000"><sup><strong>1</strong></sup></font> : une chance sûrement pour Oleg Deripaska, ancien proche de Boris Eltsine, qui&nbsp;fonda RusAl avec un autre oligarque,
    Roman Abramovitch, actuel patron du club de football de Chelsea et précédent propriétaire du pétrolier Sibneft, cédé depuis à Gazprom. La kremlinisation de l'économie russe&nbsp;est en cours. Et
    Gazprom, son bras armé.&nbsp;</span>
  </div>
  <div align="justify">
    <span style="font-size: 10pt">&nbsp;</span>
  </div>
  <div align="justify">
    <span style="font-size: 10pt">Les manoeuvres pétrogazières sont intenses, qui visent à défaire la grande braderie de la période Eltsine. Et tous les moyens semblent permis.&nbsp;On rappellera que
    Sibneft et <a href="http://marc-aragon.over-blog.net/archive-08-26-2006.html"><font face="Times New Roman" color="#3366FF">Ioukos</font></a>, ex-géant russe du pétrole, liquidé, avait failli
    fusionner, avant que Mikhaïl Khodorkovski, un autre oligarque proche d’Eltsine,&nbsp; ne soit défait de sa compagnie manu militari, expédié vers un repentir sibérien «&nbsp;bien mérité&nbsp;».
    Ainsi, tous les oligarques de la période Eltsine qui captèrent les ressources locales, parfois sans vergogne, n’auront pas tous conquis son successeur&nbsp;: les uns libres, à l’Ouest, les autres
    moins, à l’Est. Oleg Deripaska est toujours en cour, adoubé&nbsp;semble-t-il sur le dossier aluminium,&nbsp;</span><span style="font-size: 10pt">une pièce parmi d'autres du grand capitalisme
    d’Etat que Vladimir Poutine appelle de ses vœux et façonne avec conviction. Ce grand dessein consiste d’abord à remettre la main sur les immenses richesses fossiles et minérales du sous-sol russe
    que l'administration d’Eltsine avait littéralement soldées ; puis à rappeler le ban et l’arrière-ban des entreprises de la Fédération, conviées à convoler ensemble afin de constituer des
    mastodontes, futurs champions mondiaux de l’énergie, de la sidérurgie, de l’aluminium, mais aussi de l’aéronautique et de la pharmacie.</span>
  </div>
  <div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
  <div align="justify">
    <span style="font-size: 10pt">Et à tout seigneur, tout honneur&nbsp;: voici Gazprom, le fleuron, qui a dépossédé Microsoft de sa troisième place à la <a href=
    "http://www.marc-aragon.net/article-3616032.html"><font face="Times New Roman" color="#3366FF">capitalisation boursière</font></a> mondiale. Le géant, à l’actionnariat proprement nébuleux mais à
    la direction bien cadenassée – Dimitri Medvedev, 41 ans, président du conseil d’administration de Gazprom, vice-premier ministre, héritier possible de Poutine, originaire de Saint-Petersbourg
    comme lui -, contrôle notamment 16% des réserves gazières mondiales et produit annuellement 21% du gaz naturel de la planète. Gazprom encore, groupe pétrolier qui produit plus d’un million de
    barils par jour, par sa filiale Gazprom Neft qui a repris 75% de Sibneft et qui se verra gratifiée d’une part de Ioukos. Gazprom toujours, dans l’électricité, donc le nucléaire, qui détient 100%
    d’Atomstroyexport, qui investira 60 milliards de dollars dans la mise en chantier de 40 centrales nucléaires sur 25 ans <font color="#800000"><sup><strong>2</strong></sup></font>.</span>
  </div>
  <div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
  <div align="justify">
    <span style="font-size: 10pt">Voici aussi, Rosneft, la pétrolière, <span style="color: #222222">assise&nbsp;sur la dépouille de Ioukos,&nbsp;qui fut récemment</span> introduite à la Bourse de
    Londres avec moult pérégrinations, non sans que&nbsp;<span style="color: #222222">le Kremlin eût&nbsp;mobilisé plusieurs compagnies de premier plan intéressées par le pétrole russe, en leur
    faisant comprendre qu'acheter du Rosneft serait un <em>«geste important»&nbsp;</em>pour leur avenir en Russie (BP, Petronas, CNPC) <font color="#800000"><sup><strong>3</strong></sup></font>,
    Rosneft donc, dirigée par Igor Setchine, chef adjoint de l’administration présidentielle russe, héritier possible de Poutine, originaire de … Saint-Petersbourg. Les grandes manœuvres ne sont pas
    achevées&nbsp;dans la reprise en main de l’or noir&nbsp;: dernièrement, Shell s’est vu retiré le droit de développer son projet <a href=
    "http://www.marc-aragon.net/article-5346357.html"><font face="Times New Roman" color="#3366FF">Sakhaline 2</font></a>, ExxonMobil, est menacé sur son projet Sakhaline 1, et Total tremble sur la
    suspension possible de son contrat sur le gisement de Khariaga. TNK-BP, bras armé du britannique BP en Russie craint également de se voir retirer son autorisation d’exploiter le champ gazier de
    Konytka.&nbsp;Environnement et calendrier sont les raisons invoquées, qui ne trompent personne sur les motivations réelles des dirigeants russes. Fin du premier acte.&nbsp;&nbsp;</span></span>
  </div>
  <div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
  <div align="justify">
    <span style="font-size: 10pt">Car le temps est maintenant venu pour l’ambitieuse Russie, qui dispose d’abondants capitaux, de partir à la conquête de l’Ouest. Le premier au feu fut Severstal,
    géant russe de l’acier, dirigé par l'oligarque, Alexeï Mordachov, 40 ans, qui ne se le fit pas redire&nbsp;lorsque Guy Dollé le requit pour extraire Arcelor des griffes de Mittal. Cavalier blanc,
    mais pas cavalier seul, n’en doutons pas, car Mordachov fût devenu le principal actionnaire du numéro un mondial de l’acier en cas de succès&nbsp;! Raté ! Le géant de l’aluminium en gestation –
    RusAl/Sual -, offrira une première revanche, en acquérant l’italien Eurallumina <font color="#800000"><sup><strong>4</strong></sup></font>. On vit aussi la deuxième compagnie aurifère russe
    Polymetal, convier le conglomérat AngloGold dans une «&nbsp;sorte&nbsp;» de partenariat. Bien sûr, Gazprom, dont la liste des acquisitions et&nbsp;des coopérations est longue comme un jour sans
    pain, avec Suez ou GDF en point de mire si la fusion&nbsp;échouait. Mais le fait le plus marquant est l’entrée de la banque publique Vnechtorgbank au capital d'EADS, à hauteur de 5%, en vue d’une
    alliance avec le futur holding d’Etat OAK, qui regroupera les fleurons de l’aéronautique russe&nbsp;: en jeu, une grosse commande d’Aeroflot. <span style="color: #222222">L'affaire est entre les
    mains des politiques, au plus haut niveau.</span></span>
  </div>
  <div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
  <div align="justify">
    <span style="font-size: 10pt">Périodiquement, l'establishment politico-économique&nbsp;russe s’émeut de ce que son pays et ses entreprises ne soient pas perçus comme des partenaires respectés,
    fiables et dignes de confiance. Mais que penser de l’agonie téléguidée de Ioukos, qui illustra avec acuité tout ce que le mélange des mœurs&nbsp;affairistes et la confusion des genres entre la
    sphère de l’économie privée et le plus haut niveau politique pouvait générer d’arbitraire, d’incertain, d’improbable&nbsp;? Sur un autre plan, comment ne pas percevoir dans la détermination des
    dirigeants à évincer les investisseurs étrangers de secteurs stratégiques de son économie, notamment pétroliers, l’avance masquée vers des relations économiques parfaitement asymétriques&nbsp;?
    Pour l’heure, la&nbsp;Russie a été recalée à&nbsp; l’OMC :&nbsp;les démocraties européennes auraient intérêt à promouvoir elles aussi de véritables champions, à la gouvernance mieux charpentée
    que celle d’EADS, pour mieux défendre leurs propres intérêts.</span>
  </div>
  <div align="justify">
    <span style="font-size: 10pt">&nbsp;</span>
  </div>
  <div align="justify">
    <span style="font-size: 10pt">Car en face, le capitalisme russe, étatique et post-communiste, n’en a pas encore fini avec les coutumes de la défunte URSS. Le népotisme et les clans
    s’affairent&nbsp;: récemment, le directeur du FSB (ex-KGB) a fait bombarder son fils de 25 ans au poste de conseiller d’Igor Setchine, PDG de Rosneft. Le premier ministre russe a placé son fils
    cadet de 23 ans à un poste clé au ministère des Affaires Etrangères, tandis que son aîné fait déjà partie des dirigeants de Vnechtorgbank. Et le gouverneur de Saint-Petersbourg a expédié son fils
    au poste de senior-vice-président de la même banque. Enfin, le ministre de la Défense, Sergueï Ivanov, ami du président Poutine, et son possible successeur, a décroché pour son fils de 28 ans le
    poste de vice-président de GazpromBank, troisième banque du pays <font color="#800000"><sup><strong>5</strong></sup></font>.</span>
  </div>
  <div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
  <div align="justify">
    <span style="font-size: 10pt">Histoire de bien bétonner le capitalisme d’Etat russe. Ayez confiance …<br>
    <br>
    <br></span>
    <hr align="center" width="100%" size="2">
  </div>
  <div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
  <div align="justify">
    <font size="1"><font color="#339966"><span style="font-size: 7.5pt; color: #339966">(1) Les Echos, le 22/08/2006<br>
    (2) Investir, le 09/09/2006</span></font></font><span style="font-size: 10pt; color: #339966"><font color="#339966" size="1"><br>
    (3) Libération, le 14/07/2006<br>
    (4) Le Monde, le 01/09/2006<span style="font-size: 10pt; color: #339966"><font color="#339966" size="1"><br>
    (5) La Tribune, le 22/09/2006<br></font></span><br></font></span>
  </div>
  <div align="justify">
    <hr align="center" width="100%" size="2">
  </div>
  <div align="justify">
    <div style="background: #f8fcff">
      &nbsp;
    </div>
    <div style="background: #f8fcff">
      <u><span style="font-weight: normal; font-size: 8pt; color: red"><font color="#FF0000">Illustration</font></span></u> <span style=
      "font-weight: normal; font-size: 8pt; color: red">:&nbsp;Catherine II de Russie (1729-1796) chevauchant&nbsp;</span>&nbsp;
    </div>
    <div>
      &nbsp;
    </div>
    <div>
      &nbsp;
    </div>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Sat, 23 Sep 2006 17:38:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">4c4fe14837b35de6a0b25c50d0a129b4</guid>
                <category>Géopolitique</category>        <comments>http://www.marc-aragon.net/article-3937553-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Les pirates de Malacca]]></title>
        <link>http://www.marc-aragon.net/article-3458944.html</link>        <description><![CDATA[<div align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt">&nbsp;</span></div>
<div align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt">&nbsp;</span></div>
<div align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt"><span style="FONT-SIZE: 10pt"><span style="FONT-SIZE: 10pt"><span style="FONT-SIZE: 10pt"></span></span><img class="GcheTexte" height="299" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/39/81/81/20060804_-_les_pirates_de_malacca-1.jpg" width="288" /></span>Ph&eacute;niciens et Myc&eacute;niens rivalisaient d&eacute;j&agrave;, voici 5000 ans, pour la navigation en M&eacute;diterran&eacute;e. Ces peuples antiques, marins avis&eacute;s qui ma&icirc;trisaient le&nbsp;n&eacute;goce maritime, fond&egrave;rent maints&nbsp;comptoirs et leurs civilisations prosp&eacute;r&egrave;rent un temps. Tr&egrave;s t&ocirc;t cependant, leurs navires, bien achaland&eacute;s mais peu d&eacute;fendus, furent la proie d&rsquo;&eacute;cumeurs des mers, et la Grande Bleue se changea vite en un haut lieu de brigandage. Loin des regards, les pirates maraudaient : puis les Romains s&rsquo;en m&ecirc;l&egrave;rent, qui remirent de l&rsquo;ordre sur le pourtour m&eacute;diterran&eacute;en dans un bain de sang &eacute;pique. Plus tard, &agrave; des &eacute;poques diff&eacute;rentes, Vandales, Sarrasins et Barbaresques feront &agrave; nouveau r&eacute;gner la terreur en M&eacute;diterran&eacute;e. Mais est-on si s&ucirc;r que ce pass&eacute; est vraiment r&eacute;volu ?</span></div>
<div align="justify">&nbsp;</div>
<div align="justify">&nbsp;</div>
<div align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt">Pirates, corsaires, boucaniers ... les histoires de flibustes fascinent. Et particuli&egrave;rement celles des temps modernes lorsqu&rsquo;elles se situent dans le d&eacute;troit de Malacca, entre l&rsquo;Indon&eacute;sie et la Malaisie, par o&ugrave; passe pr&egrave;s du quart du commerce maritime international et la moiti&eacute; du p&eacute;trole transport&eacute; par tankers. La Chine est concern&eacute;e au premier chef, parfaitement sensibilis&eacute;e au probl&egrave;me, qui tente d&rsquo;organiser un acheminement alternatif par pipe-lines terrestres en Asie centrale. Car, dans les mers d&rsquo;Asie, les points d&rsquo;&eacute;tranglement ne manquent pas comme autant d&rsquo;autres d&eacute;troits n&eacute;vralgiques : Balabac, Macassar, Lombok, Kelasa ... Mais de tous, celui de Malacca domine : 80% des importations p&eacute;troli&egrave;res de P&eacute;kin y transite.</span></div>
<div align="justify">&nbsp;</div>
<div align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt">Une rupture de ce flux de 50000 navires par an et c&rsquo;est la crise &eacute;conomique globale assur&eacute;e. On se souvient de la crise de Suez, en 1956, et des risques qu&rsquo;elle fit courir &agrave; la plan&egrave;te. On imagine Ormuz. Mais a-t-on pens&eacute; &agrave; Malacca ? Pis, que de simples&nbsp;<span style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: Arial; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA">&laquo;</span> chiens de mer <span style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: Arial; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA">&raquo;</span>, des pirates, menacent l&rsquo;ordre de la mondialisation ? 4000 actes de piraterie ont &eacute;t&eacute; d&eacute;nombr&eacute;s depuis 1984, dont la moiti&eacute; en Asie ; le ph&eacute;nom&egrave;ne s&rsquo;est m&ecirc;me amplifi&eacute; ces derniers temps, avec 330 cas d&eacute;nombr&eacute;s dont 169 en Asie du Sud-est en 2004 : et 92 d&rsquo;entre eux concernaient des attaques ou tentatives d&rsquo;attaques en mer, dont 74% dans le d&eacute;troit de Malacca <font color="#800000"><sup><strong>1</strong></sup></font> ... Certes, la majorit&eacute; de ces attaques sont de faible intensit&eacute;, parfois de simples larcins, mais une petite vingtaine d&rsquo;entre eux ne laisse pas d&rsquo;inqui&eacute;ter : morts et bless&eacute;s par balles, &eacute;quipages kidnapp&eacute;s, demande de ran&ccedil;on, ex&eacute;cution des otages.</span></div>
<div align="justify">&nbsp;</div>
<div align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt">Les pays de la r&eacute;gion se montrent peu empress&eacute;s &agrave; mettre de l&rsquo;ordre dans ces affaires, comme jadis les Romains s&rsquo;y appliqu&egrave;rent. Il est vrai qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas eux-m&ecirc;mes de raisons particuli&egrave;res de payer de leurs poches la protection d&rsquo;un trafic passant dans des eaux internationales et sur lequel ils ne per&ccedil;oivent aucune redevance : le d&eacute;troit de Malacca n&rsquo;est pas le rail d&rsquo;Ouessant, dont une bonne partie est hors des eaux territoriales fran&ccedil;aises ! Quant aux propri&eacute;taires des bateaux, ils se montrent &eacute;galement peu concern&eacute;s, et le demeureront tant que le co&ucirc;t de la protection demeurera sup&eacute;rieur aux pertes occasionn&eacute;es. Or donc, conform&eacute;ment &agrave; cette loi du march&eacute;, la piraterie a encore de beaux jours devant elle dans les mers d&rsquo;Asie : une situation qui durera tant que la Chine se contrefichera de ces flibustiers locaux.</span></div>
<div align="justify">&nbsp;</div>
<div align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt">Car en v&eacute;rit&eacute;, l&rsquo;angoisse de la Chine, impliqu&eacute;e au premier chef dans cette mosa&iuml;que d&rsquo;&eacute;tats morcel&eacute;s et de sultanats, est d&rsquo;une autre nature : c&rsquo;est que Washington utilise sa flotte de guerre pour verrouiller le d&eacute;troit de Malacca, &agrave; l&rsquo;occasion par exemple de relations envenim&eacute;es entre P&eacute;kin et Taiwan. Voil&agrave; qui pourrait &eacute;touffer la machine &eacute;conomique chinoise : c&rsquo;est pourquoi la Chine tente-t-elle de mettre en place un <span style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: Arial; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA">&laquo; </span>collier de perles sur l&rsquo;Oc&eacute;an Indien <span style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: Arial; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA">&raquo;</span> <font color="#800000"><sup><strong>2 </strong></sup></font>, en n&eacute;gociant activement des facilit&eacute;s navales avec les &eacute;tats riverains, comme le Bangladesh notamment. Pour y apponter sa flotte de guerre &agrave; port&eacute;e de canons.</span></div>
<div align="justify">&nbsp;</div>
<div align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt">Souvenez-vous de Malacca, ses pirates, la Chine, les Etats-Unis ... Le p&eacute;trole surtout !<br /><br /><br /></span><span style="FONT-SIZE: 10pt"><hr align="center" width="100%" size="2" /></span></div>
<div align="justify">&nbsp;</div>
<div align="justify"><font size="1"><font color="#339966"><span style="FONT-SIZE: 7.5pt; COLOR: #339966">(1) Alternatives Internationales - Septembre 2005</span></font></font><span style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: #339966"><font color="#339966" size="1"><span style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: #339966"><font color="#339966" size="1"><br />(2) Alternatives Internationales - Mars 2006</font></span><br /></font></span>&nbsp;</div>
<span style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: #339966">
<div align="justify"><hr align="center" width="100%" size="2" /></div>
</span><span style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: #339966">
<div align="justify"><br /><span style="FONT-SIZE: 7.5pt"><font color="#0000ff"><a href="http://marc-aragon.over-blog.net/article-3470197.html"><span style="FONT-SIZE: 7.5pt"><font color="#0000ff">Chine-Iran : g&eacute;opolitique du p&eacute;trole</font></span></a><br /></font></span><br /></div>
</span><span style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: #339966">
<div align="justify"><hr align="center" width="100%" size="2" /></div>
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        <pubDate>Fri, 04 Aug 2006 00:36:33 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">065eb609da5a49ae5ae006fc8dc45a5a</guid>
                <category>Géopolitique</category>        <comments>http://www.marc-aragon.net/article-3458944-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
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