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    <title><![CDATA[Boursonomics (Vie des sociétés)]]></title>
    <link>http://www.marc-aragon.net/categorie-763056.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;Vie des sociétés&quot; du blog &quot;Boursonomics&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
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        <title><![CDATA[Boursonomics (Vie des sociétés)]]></title>
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    <pubDate>Sun, 25 Jul 2010 03:03:20 +0200</pubDate>    <lastBuildDate>Sun, 25 Jul 2010 03:03:20 +0200</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2010 www.marc-aragon.net</copyright>            <category>Vie des sociétés</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
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        <title><![CDATA[Coup dur pour Pfizer]]></title>
        <link>http://www.marc-aragon.net/article-4811431.html</link>        <description><![CDATA[<div style="BACKGROUND: white; LINE-HEIGHT: 12pt" align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: black">&nbsp;</span></div>
<div style="BACKGROUND: white; LINE-HEIGHT: 12pt" align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: black">&nbsp;</span></div>
<div style="BACKGROUND: white; LINE-HEIGHT: 12pt" align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: black"><span style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: black"><img class="GcheTexte" height="219" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/39/81/81/409018-502160.jpg" width="212" /></span>En mai 2001, Pfizer&nbsp;Inc flirtait avec ses plus hauts &agrave; Wall Street. Le g&eacute;ant de la pharmacie affichait alors un cours de 45 dollars, et une place parmi les dix premi&egrave;res capitalisations boursi&egrave;res mondiales. Hank McKinnell vint &agrave; diriger la firme ; en juillet 2006, les actionnaires le d&eacute;barqu&egrave;rent, impatients, qui ne sont jamais &agrave; trop s'atermoyer quand l&rsquo;action fait long feu :&nbsp;le cours de Pfizer avait inexorablement chut&eacute;, perdant pr&egrave;s de 40%&nbsp;... Jeffrey Kindler prit les commandes op&eacute;rationnelles&nbsp;et le titre alla mieux. Fin novembre, devant un parterre d&rsquo;analystes, le nouveau patron</span><span style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: black"> releva la pr&eacute;vision de b&eacute;n&eacute;fice par action &agrave; 2,05 dollars pour l&rsquo;exercice 2006 contre 2 dollars initialement&nbsp;<font color="#800000"><sup><strong>1</strong></sup></font>.&nbsp;Ce qui fit bon effet &agrave; l'entour.&nbsp;</span></div>
<div style="BACKGROUND: white; LINE-HEIGHT: 12pt" align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: black">&nbsp;</span></div>
<div style="BACKGROUND: white; LINE-HEIGHT: 12pt" align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: black">L</span><span style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: black">&rsquo;occasion fut aussi aux g&eacute;n&eacute;ralit&eacute;s d&rsquo;usage, et l&rsquo;on fit cas d&rsquo;un vaste programme de r&eacute;duction de co&ucirc;ts, de restructurations ici et l&agrave;, bref, de rien qui ne d&eacute;roge&acirc;t aux canons de la haute industrie. Interrog&eacute; sur son tr&egrave;s prometteur anti-cholest&eacute;rol, le <em>Torcetrapib</em>, Jeffrey Kindler</span><span style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: black"> se montra confiant, sous la r&eacute;serve de pure forme que les tests cliniques fussent favorables <strong><sup><font color="#800000">2</font></sup></strong>. On acheva la semaine gaiement, sur une hausse du titre de 3,61%, &agrave; 27,86 dollars.</span></div>
<div style="BACKGROUND: white; LINE-HEIGHT: 12pt" align="justify">&nbsp;</div>
<div style="BACKGROUND: white; LINE-HEIGHT: 12pt" align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt">Las,&nbsp;le samedi 2 d&eacute;cembre 2006, Pfizer&nbsp;Inc enterrait d&eacute;finitivement le <em>Torcetrapib</em>, sa mol&eacute;cule vedette. Une note aupr&egrave;s de la </span><span style="FONT-SIZE: 10pt">Food and Drug Administration</span><span style="FONT-SIZE: 10pt"> signait l&rsquo;arr&ecirc;t de mort du m&eacute;dicament, coupable du d&eacute;c&egrave;s de&nbsp;82 personnes sur les 15000 convi&eacute;es &agrave; l&rsquo;essai : &laquo;&nbsp;<em>Dans l'int&eacute;r&ecirc;t des patients et pour leur s&eacute;curit&eacute;, tous les essais cliniques du Torcetrapib, m&eacute;dicament de r&eacute;gulation du cholest&eacute;rol en cours d'&eacute;tude, ont &eacute;t&eacute; arr&ecirc;t&eacute;s</em>.&nbsp;&raquo;. Le lundi, les march&eacute;s financiers, inflexibles, dirent le reste&nbsp;: vingt milliards de dollars de <a href="http://www.marc-aragon.net/archive-08-24-2006.html"><font face="Times New Roman" color="#3366ff">capitalisation boursi&egrave;re</font></a> s&rsquo;envol&egrave;rent et le titre d&eacute;vissa de 12% &agrave; Wall Street.</span><span style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: #222222"> On rappellera qu&rsquo;une m&ecirc;me m&eacute;saventure avait frapp&eacute; le laboratoire concurrent, Merck, fin 2004, qui avait d&ucirc; retirer en urgence son anti-inflammatoire <em>Vioxx</em>, apr&egrave;s plusieurs milliers d'accidents cardio-vasculaires, d&eacute;robant 10 % du chiffre d'affaires d&rsquo;un trait de plume <font color="#800000"><sup><strong>3</strong></sup></font>. Pour Pfizer, le coup est rude&nbsp;: car la firme doit renoncer &agrave; un revenu estim&eacute; &agrave; 15 milliards de dollars par an, sup&eacute;rieur &agrave; celui du <em>Lipitor</em>, premier m&eacute;dicament anti-cholest&eacute;rol du groupe dont les brevets &eacute;choiront en 2011 et auquel le <em>Torcetrapib</em> devait succ&eacute;der. Funeste perspective &hellip;</span></div>
<div style="BACKGROUND: white; LINE-HEIGHT: 12pt" align="justify">&nbsp;</div>
<div style="BACKGROUND: white; LINE-HEIGHT: 12pt" align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: black">Les g&eacute;ants&nbsp;pharmaceutiques sont tous log&eacute;s &agrave; la m&ecirc;me enseigne, engag&eacute;s dans une&nbsp;lutte contre le temps qui n&rsquo;est jamais gagn&eacute;e d&rsquo;avance, celle de la <a href="http://www.marc-aragon.net/article-5666593.html"><font face="Times New Roman" color="#3366ff">gestation de leurs mol&eacute;cules</font></a>. Les m&eacute;dicaments qui font leurs rentes sont souvent anciens, et leur retomb&eacute;e dans le domaine public promet des pertes de revenus consid&eacute;rables. Selon les sources, l&rsquo;industrie du m&eacute;dicament g&eacute;n&eacute;rique devrait priver Pfizer de </span><span style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: black">la moiti&eacute; de ses 51&nbsp;milliards de dollars de chiffre d'affaires d'ici&nbsp;&agrave; 2011 suite &agrave;&nbsp;l'obsolescence des brevets, et d&eacute;j&agrave; 42 milliards entre 2005 et&nbsp;2008 <font color="#800000"><sup><strong>4</strong></sup></font>. C&rsquo;est peu dire combien&nbsp;l&rsquo;abandon en phase III de d&eacute;veloppement du &laquo;&nbsp;blockbuster&nbsp;<font color="#800000"><sup><strong>5</strong></sup></font>&raquo; <em>Torcetrapib</em>, qui avait re&ccedil;u entre 600 et 800 millions de dollars pour sa conception, promis au jackpot industriel, est un coup dur pour le laboratoire am&eacute;ricain. Les six nouveaux m&eacute;dicaments qui seront mis sur le march&eacute; d&rsquo;ici 2010, d&rsquo;un potentiel commercial moindre, et le pipeline du groupe - 242 mol&eacute;cules en d&eacute;veloppement dont l&rsquo;une, anti-ob&eacute;sit&eacute;, serait aussi efficace que l&rsquo;<em>Accomplia</em> de Sanofi <strong><sup><font color="#800000">6</font></sup></strong>-, ne changent rien &agrave; l&rsquo;affaire&nbsp;: la gestation est longue, incertaine, la route sem&eacute;e d&rsquo;emb&ucirc;ches. Il faudra faire autrement.&nbsp;Pfizer sait.</span></div>
<div style="BACKGROUND: white; LINE-HEIGHT: 12pt" align="justify">&nbsp;</div>
<div style="BACKGROUND: white; LINE-HEIGHT: 12pt" align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt">Flash-back. En 1997, le laboratoire Warner-Lambert lance une mol&eacute;cule qui inhibe la</span><span style="FONT-SIZE: 10pt"> production de cholest&eacute;rol par le foie : une statine, nom de code <em>Lipitor</em>. Un r&eacute;el succ&egrave;s, et une commercialisation men&eacute;e tambour battant en partenariat avec &hellip; Pfizer. Fin 1999, Warner-Lambert se rapproche d&rsquo;American Home Products, un autre laboratoire, dans un dessein qui ne fait pas l&rsquo;affaire de William Steere, alors PDG de Pfizer&nbsp;: quelques 115 milliards de dollars&nbsp;<strong><sup><font color="#800000">7</font></sup></strong>&nbsp;mettront un terme &agrave; l&rsquo;idylle&nbsp;! Aujourd&rsquo;hui, pr&egrave;s de 52 millions de personnes de par le monde sont trait&eacute;es au <em>Lipitor</em>, g&eacute;n&eacute;ralement &agrave; vie, une v&eacute;ritable tirelire pour Pfizer qui empoche pr&egrave;s de 13 milliards de dollars par an. Le fabricant du Viagra ne s&rsquo;arr&ecirc;tera pas l&agrave;, qui rach&egrave;tera peu apr&egrave;s Pharmacia, pour 60 milliards de dollars, faisant main basse sur sa p&eacute;pite, le <em>Celebrex</em>, anti-inflammatoire le plus vendu au monde. Une mol&eacute;cule d&eacute;faille, un laboratoire surgit, que l&rsquo;on rach&egrave;te&nbsp;: ici comme ailleurs, c&rsquo;est toujours le lion qui tient le couteau au moment du partage. Or donc, Pfizer Inc va faire ses courses. </span></div>
<div style="BACKGROUND: white; LINE-HEIGHT: 12pt" align="justify">&nbsp;</div>
<div style="BACKGROUND: white; LINE-HEIGHT: 12pt" align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt">Et les soci&eacute;t&eacute;s de biotechnologies, premi&egrave;res cibles des laboratoires &agrave; l'aff&ucirc;t, sont concern&eacute;es au premier&nbsp;chef : leurs cours ont flamb&eacute; ce lundi 4 d&eacute;cembre 2006, en m&ecirc;me temps que celui de Pfizer se consumait. NiCox, la fran&ccedil;aise, se mit notamment en vedette progressant de 9% en s&eacute;ance, fid&egrave;le en cela aux chaleurs boursi&egrave;res auxquelles cette perle nous a habitu&eacute;s depuis le d&eacute;but 2006&nbsp;: le 6 novembre, 12,44%, le 10 novembre 10,62%, apr&egrave;s&nbsp;de bonnes nouvelles concernant le <em>Naproxcinod</em>, sa mol&eacute;cule de traitement contre l&rsquo;arthrose, en phase III de d&eacute;veloppement, et sa possible commercialisation &agrave; l&rsquo;horizon 2009. On sera &agrave; peine surpris que Pfizer Inc soit r&eacute;cemment mont&eacute; en puissance &agrave; la faveur d&rsquo;une augmentation de capital r&eacute;serv&eacute;e pour 15 millions d&rsquo;euros <strong><sup><font color="#800000">8</font></sup></strong>. Avec plus de 16 milliards de dollars de cash-flow par an <strong><sup><font color="#800000">9</font></sup></strong>,&nbsp;le g&eacute;ant pharmaceutique a les mains libres. Les proies ne manquent pas.&nbsp;NiCox ne serait qu'un hors d'oeuvre. Non,&nbsp;il faut penser plus gros, envisager&nbsp;Wyeth Parmaceuticals par exemple, 9&egrave;me groupe mondial, ou Amgen Inc, leader plan&eacute;taire des biotechnologies devant Genentech ...<br />&nbsp;</span><span style="FONT-SIZE: 10pt">
<div style="BACKGROUND: white; LINE-HEIGHT: 12pt" align="justify"><br /></div>
</span></div>
<span style="FONT-SIZE: 10pt">
<div style="BACKGROUND: white; LINE-HEIGHT: 12pt" align="justify"><hr align="center" width="100%" size="2" /></div>
</span>
<div align="justify">&nbsp;</div>
<div align="justify"><font size="1"><font color="#339966"><span style="FONT-SIZE: 7.5pt; COLOR: #339966">(1) La Tribune de l'Economie, le 01/12/2006<br />(2) Challenges, le 03/12/2006<br />(3) Lib&eacute;ration, le 05/12/2006</span></font></font><span style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: #339966"><font color="#339966" size="1"><br />(4) Le Monde, le 04/12/2006<br />(5) M&eacute;dicament capable d'engendre un chiffre d'affaires de plusieurs milliards de dollars par an<br />(6) La Tribune de l'Economie, le 04/12/2006<br />(7) La Tribune de l'Economie, le 16/07/2002<br />(8) La Tribune de l'Economie, le 13/11/2006<span style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: #339966"><font color="#339966" size="1"><br />(9) Les Echos, le 05/12/2006</font></span><br /></font></span>&nbsp;</div>
<div align="justify">&nbsp;</div>]]></description>
        <pubDate>Wed, 06 Dec 2006 19:46:03 +0100</pubDate>        <guid >http://www.marc-aragon.net/article-4811431.html</guid>
                <category>Vie des sociétés</category>        <comments>http://www.marc-aragon.net/article-4811431-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Ioukos, pétrolier «faucillisé»]]></title>
        <link>http://www.marc-aragon.net/article-3636176.html</link>        <description><![CDATA[<div align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt">&nbsp;</span></div>
<div align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt">&nbsp;</span></div>
<div align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt"><span style="FONT-SIZE: 10pt"><img class="GcheTexte" height="299" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/39/81/81/kremlin_gazprom.jpg" width="197" /></span>La steppe est balay&eacute;e d&rsquo;un vent de sable glacial&nbsp;; des orages de poussi&egrave;re se l&egrave;vent parfois, qui charrient de fines particules rouges d&rsquo;une mine d&rsquo;uranium toute proche,&nbsp;&agrave; ciel ouvert, abandonn&eacute;e en l'&eacute;tat depuis dix ans. Partout alentour, un d&eacute;sert lunaire, rong&eacute; par la radioactivit&eacute; et le froid extr&ecirc;me. Enfin, &agrave; travers le brouillard lugubre qui &eacute;treint la ville, les premiers baraquements gris&acirc;tres surgissent, par del&agrave; les murs barbel&eacute;s et les miradors mena&ccedil;ants. Krasnokamensk - &laquo; pierres rouges &raquo; -, enceinte v&eacute;tuste de planches disjointes, n'est pas &laquo; <em>un camp de vacances</em> &raquo; <strong><sup><span style="COLOR: maroon">1</span></sup></strong>, ironisa le pr&eacute;sident russe Vladimir Poutine&nbsp;: c&rsquo;est&nbsp;un goulag stalinien, en Sib&eacute;rie orientale, &agrave; 50 kilom&egrave;tres de la fronti&egrave;re chinoise et &agrave; 6 500 kilom&egrave;tres de Moscou. L&rsquo;ancien magnat du p&eacute;trole, patron de Ioukos, Mikha&iuml;l Khodorkovski, y purge une peine de 9 ans. Son bras droit, Platon Lebedev, atteint d'une h&eacute;patite B chronique, a eu moins de chance&nbsp;: il a &eacute;t&eacute; exp&eacute;di&eacute; dans un camp au-del&agrave; du cercle polaire. </span></div>
<div align="justify">&nbsp;</div>
<div align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt">La saga Ioukos commence dans la Russie des ann&eacute;es 1990, lorsque l&rsquo;Etat postcommuniste, qui&nbsp;liquide son vaste domaine public, lui d&eacute;voue une partie des immenses r&eacute;serves p&eacute;troli&egrave;res de l&rsquo;ex-URSS. En d&eacute;cembre 1995, Boris Eltsine brade la compagnie <strong><sup><span style="COLOR: maroon">2</span></sup></strong> &agrave; un jeune entrepreneur russe, Mikha&iuml;l Khodorkovski&nbsp;: l&rsquo;ambitieux et turbulent rejeton des Komsomols devient ainsi l&rsquo;un des plus grands b&eacute;n&eacute;ficiaires des privatisations dites &laquo;&nbsp;pr&ecirc;ts contre actions&nbsp;&raquo;, gr&acirc;ce auxquelles quelques banquiers feront main basse sur de larges pans&nbsp;de l&rsquo;industrie&nbsp;en &eacute;change du financement de la campagne de r&eacute;&eacute;lection d'Eltsine. En 1998, l&rsquo;impensable se produit&nbsp;: le&nbsp;17 ao&ucirc;t, le gouvernement de Sergue&iuml; Kirienko annonce la d&eacute;valuation du rouble, la suspension du remboursement de la dette, et un moratoire bancaire de 3 mois. Le syst&egrave;me mon&eacute;taire et financier russe s'est &eacute;croul&eacute;&nbsp;! Dans la tourmente, Mikha&iuml;l Khodorkovski transf&egrave;re des actifs de Ioukos vers des zones offshores pour &eacute;viter de rembourser ses cr&eacute;anciers &eacute;trangers <strong><sup><span style="COLOR: maroon">3</span></sup></strong>. Fin du premier acte, qui scellera tout le reste.</span></div>
<div align="justify">&nbsp;</div>
<div align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt">En 2002, Mikha&iuml;l Khodorkovski est&nbsp;le patron embl&eacute;matique de la Russie lib&eacute;rale. Sa compagnie, qui&nbsp;capitalise alors 26 milliards de dollars, a m&ecirc;me remport&eacute; le classement du magazine Fortune des 500 entreprises mondiales arborant le meilleur retour sur investissement. Sa fortune personnelle est estim&eacute;e &agrave; 15 milliards&nbsp;de dollars : il est l&rsquo;homme le plus riche de son pays. On le courtise, on le sollicite, comme en juillet 2003, o&ugrave; il sera le premier russe de l'Histoire invit&eacute; au forum de la Sun Valley qui assemble l&rsquo;&eacute;lite des patrons <strong><sup><span style="COLOR: maroon">4</span></sup></strong>. Trois mois plus tard, il est arr&ecirc;t&eacute; sur le tarmac de l&rsquo;a&eacute;roport de Novossibirsk&nbsp;: accus&eacute; d'&eacute;vasion fiscale, d'escroquerie &agrave; grande &eacute;chelle, et de dilapidation de biens d'autrui. <span style="COLOR: black">Mikha&iuml;l Khodorkovski pr&eacute;parait&nbsp;un projet de fusion avec le p&eacute;trolier Sibneft </span><strong><sup><span style="COLOR: maroon">5</span></sup></strong><span style="COLOR: black">&nbsp;: il s'&eacute;tait aussi&nbsp;engag&eacute; dans un partenariat avec l&rsquo;am&eacute;ricain Exxon Mobil, pr&eacute;voyant de lui vendre 40% de son capital pour 25 milliards de dollars </span><strong><sup><span style="COLOR: maroon">6</span></sup></strong><span style="COLOR: black">. Sans doute la goutte qui fit d&eacute;border le vase.</span></span></div>
<div align="justify">&nbsp;</div>
<div align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt">Depuis les privatisations des ann&eacute;es 1990, d'&eacute;normes flux financiers, notamment tir&eacute;s du p&eacute;trole, furent d&eacute;tourn&eacute;s vers des comptes en banque offshore. La fuite des capitaux de la d&eacute;cennie a &eacute;t&eacute; &eacute;valu&eacute;e &agrave; 250 milliards de dollars, soit, en 2003, plus de la moiti&eacute; du produit int&eacute;rieur brut russe <strong><sup><span style="COLOR: maroon">7</span></sup></strong>&nbsp;! Ainsi mesure-t-on mieux, &agrave; cette aune, combien la manne qui e&ucirc;t r&eacute;sult&eacute; du rapprochement avec ExxonMobil conf&eacute;rait de pouvoir potentiel &agrave; son b&eacute;n&eacute;ficiaire, c&rsquo;est-&agrave;-dire <span style="COLOR: black">Mikha&iuml;l Khodorkovski</span>&nbsp;: peut-&ecirc;tre m&ecirc;me celui de prendre le contr&ocirc;le de la situation. Car en finan&ccedil;ant des programmes &eacute;ducatifs, des fondations, des partis politiques, des m&eacute;dias, des organisations de d&eacute;fense des droits de l'homme, des orphelinats, &hellip;, celui-ci avait commenc&eacute; &agrave; se construire une image de chef d&rsquo;Etat. Il &eacute;tait donc inconcevable, pour Vladimir Poutine, que cet argent&nbsp;parv&icirc;nt entre les mains d'un concurrent potentiel, &agrave; la veille des &eacute;lections l&eacute;gislatives du 7 d&eacute;cembre. L&rsquo;arrestation fut muscl&eacute;e et le th&egrave;me populaire de la campagne aussit&ocirc;t trouv&eacute;. Le reste ne serait que proc&eacute;dure.&nbsp;</span></div>
<div align="justify">&nbsp;</div>
<div align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt">D'Ivan le Terrible &agrave; Joseph Staline, en passant par Boris Godounov et Nicolas Ier, la Russie tra&icirc;ne un long pass&eacute; d'autocraties r&eacute;gnantes et de libert&eacute;s restreintes. </span><span style="FONT-SIZE: 10pt">Avec la d&eacute;composition de l'URSS, au tournant des ann&eacute;es quatre-vingt,</span><span style="FONT-SIZE: 10pt"> l'approche de Vladimir Poutine nous rappelle que la d&eacute;mocratie russe est encore bien fragile et qu'un retour &agrave; la dictature menace toujours. </span><span style="FONT-SIZE: 10pt">La plus grande compagnie p&eacute;troli&egrave;re locale, Ioukos, a &eacute;t&eacute; &nbsp;d&eacute;mantel&eacute;e, &agrave; l&rsquo;initiative du pr&eacute;sident russe, qui a men&eacute; une campagne avant tout politique &nbsp;contre l'oligarque multimilliardaire. Car on ne fera croire &agrave; personne que les quelques milliardaires qui ont fait fortune sur les d&eacute;combres privatis&eacute;s de l&rsquo;ex-URSS se seront acquitt&eacute;s scrupuleusement de leurs imp&ocirc;ts jusqu&rsquo;au dernier rouble. En revanche, il est le seul &agrave; avoir pens&eacute; nouer un partenariat strat&eacute;gique avec les Etats-Unis et capitalistique avec une compagnie p&eacute;troli&egrave;re am&eacute;ricaine, la premi&egrave;re des entreprises du secteur cot&eacute;es qui plus est, accessoirement la premi&egrave;re capitalisation mondiale toutes cat&eacute;gories confondues. </span></div>
<div align="justify">&nbsp;</div>
<div align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt">Le grand dessein strat&eacute;gique de la nouvelle Russie est la renationalisation d&eacute;guis&eacute;e des activit&eacute;s et des ressources &eacute;nerg&eacute;tiques. Les bras arm&eacute;s s&rsquo;appellent Rosneft et Gazprom qui se partageront les d&eacute;pouilles de Ioukos selon les caprices du pouvoir. Dans ce jeu de monopoly politico-industriel, on ne sera pas surpris d&rsquo;apprendre que </span><span style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: #333333">le premier vice-premier ministre, Dimitri Medvedev, nomm&eacute; &agrave; ce poste en novembre 2005, &laquo;&nbsp;h&eacute;ritier&nbsp;&raquo; potentiel de Poutine, est pr&eacute;sident du conseil d&rsquo;administration du g&eacute;ant gazier Gazprom, tandis qu'Igor Setchine, chef adjoint de l'administration pr&eacute;sidentielle depuis juillet 2004, acc&eacute;dait &agrave; la pr&eacute;sidence de la compagnie p&eacute;troli&egrave;re Rosneft construite sur les ruines du d&eacute;funt empire Ioukos&nbsp;: tous deux originaires de Saint-Petersbourg, comme Vladimir Poutine. </span></div>
<div align="justify">&nbsp;</div>
<div align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt">Gazprom, occupe d&eacute;sormais le troisi&egrave;me rang de la capitalisation boursi&egrave;re mondiale, derri&egrave;re ExxonMobil et General Electric. Mikha&iuml;l Khodorkovski et Ioukos n&rsquo;avaient pas leur place dans ce concert-l&agrave;. Ils furent les premi&egrave;res victimes de cette partie qui se jouait au-dessus d&rsquo;eux. Ils ne seront peut-&ecirc;tre pas les derni&egrave;res.<br /><br /><br /></span><span style="FONT-SIZE: 10pt"><hr align="center" width="100%" size="2" /></span></div>
<div align="justify">&nbsp;</div>
<div align="justify"><font size="1"><font color="#339966"><span style="FONT-SIZE: 7.5pt; COLOR: #339966">(1) Le Monde, le 21/02/2006<br />(2) <a href="http://www.politiqueinternationale.com/PI_PSO/fram_revpde_ar_07104.htm"><font color="#339966">http://www.politiqueinternationale.com/PI_PSO/fram_revpde_ar_07104.htm</font></a><br /></span></font></font><span style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: #339966"><font color="#339966" size="1"><br />
<div style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 1cm" align="justify"><span style="FONT-SIZE: 7.5pt; COLOR: #333333">
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt"><font color="#000000" size="1">ELa banque Menatep, contr&ocirc;l&eacute;e par Mikha&iuml;l Khodorkovski, acquit 78% du groupe p&eacute;trolier Ioukos pour 309 millions de dollars lors de la privatisation, puis porta son contr&ocirc;le &agrave; 90% l'ann&eacute;e suivante moyennant un investissement suppl&eacute;mentaire de 160 millions de dollars.</font><font face="Arial"><font size="1"> <br /></font></font></p>
</span></div>
<span style="FONT-SIZE: 7.5pt; COLOR: #339966"><font color="#339966">
<div align="left"><br />(3) Le Monde, le 18/05/2005</div>
</font></span>(3) Le Monde, le 18/05/2005</font></span></div>
<div align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: #339966"><font color="#339966" size="1">(4) Le Journal du Management, Avril 2004</font></span></div>
<div align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: #339966"><font color="#339966" size="1">(5) Ancienne propri&eacute;t&eacute; de Roman Abramovicth, propri&eacute;taire du club de football de Chelsea ; Sibneft a &eacute;t&eacute; rachet&eacute;e par Gazprom</font></span></div>
<div align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: #339966"><font color="#339966" size="1">(6) L'Expansion, le 03/10/2003</font></span></div>
<div align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: #339966"><font color="#339966" size="1">(7) Le Monde, le 20/01/2003<span style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: #339966"><font color="#339966" size="1"><br />(8) Le Figaro, le 07/07/2006</font></span><br /></font></span>&nbsp;<span style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: #339966"></span></div>
<span style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: #339966">
<div align="justify"><hr align="center" width="100%" size="2" /></div>
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<div align="justify">&nbsp;</div>
<div align="center"><span style="FONT-SIZE: 8.5pt; BACKGROUND: white; COLOR: red"><span style="FONT-SIZE: 7.5pt; COLOR: red"><a href="https://www.boursorama.com/forum/message.phtml?file=350020274"><font color="#ff0000">Cet&nbsp;article a &eacute;galement &eacute;t&eacute;&nbsp;post&eacute; sur un forum g&eacute;n&eacute;raliste Boursorama.&nbsp;Si vous agr&eacute;ez son contenu, cliquez ici&nbsp;pour l'y recommander&nbsp;:&nbsp;vous&nbsp;accro&icirc;trez son audience et celle de l'auteur</font></a></span></span></div>
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        <pubDate>Sat, 26 Aug 2006 01:30:07 +0200</pubDate>        <guid >http://www.marc-aragon.net/article-3636176.html</guid>
                <category>Vie des sociétés</category>        <comments>http://www.marc-aragon.net/article-3636176-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
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