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    <title><![CDATA[Boursonomics (Historiographie)]]></title>
    <link>http://www.marc-aragon.net/categorie-763061.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;Historiographie&quot; du blog &quot;Boursonomics&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
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        <title><![CDATA[Boursonomics (Historiographie)]]></title>
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    <pubDate>Wed, 07 Jan 2009 20:47:26 +0100</pubDate>    <lastBuildDate>Wed, 07 Jan 2009 20:47:26 +0100</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2009, Marc Aragon</copyright>            <category>Historiographie</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Triple witching hour : les Trois Sorcières]]></title>
        <link>http://www.marc-aragon.net/article-20278554.html</link>        <description><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><img width="250"
    src="http://idata.over-blog.com/0/39/81/81/Illustrations/Sorci-re--3-.jpg" height="238" class="GcheTexte">Le risque, voilà l’ennemi des Marchés ! Taux d’intérêt, matières premières, parités des
    monnaies, prix des actions, aléas économiques, rien n’est immobile ici bas, tout fluctue, et de cet inextricable lacis naît une vérité éphémère, imprévisible, parfois ruineuse. L’homme lui-même,
    qui ne compte pas pour rien dans l’évolution de toute chose, n’est pas en reste de mettre beaucoup d’esprit, et quelquefois du plus mauvais, dans ces affaires d’argent. En sorte que l’industrie
    du risque financier n’est pas nouvelle : dès le XVIème siècle, les marchands hollandais s’assuraient contre les infortunes océanes grâce à des contrats prévoyant de livrer le produit de leurs
    voyages avant même que les voiles fussent hissées <b><sup><span style="color: #800000;">1</span></sup></b> ! Dès lors, les marchés dérivés crûrent et embellirent, dévolus à toute sorte d’actifs
    sous-jacents, indices, actions, devises, marchandises, …, avec la ferme intention de déporter les risques que l’on a dits vers d’autres horizons, ceux des <em style=
    "mso-bidi-font-style: normal;">highlands</em> d’Ecosse par exemple, où maraudaient Trois Sorcières.<br></span><span style=
    "font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><br>
    Mais voyons d’abord le risque. Que vaut-il ? Eperonnée par la mutation profonde d’un capitalisme qui versait de l’économie à la finance, attisant chaque jour davantage la prégnance des Marchés,
    l’industrie financière cita tôt à comparaître les mathématiciens afin qu’ils fourbissent de nouveaux outils d’immunisation contre le risque. En octobre 1970, Fisher Black et Myron Scholes
    <b><sup><span style="color: #800000;">2</span></sup></b>, dont la réputation n’était pas encore faite, soumirent un article au <em style="mso-bidi-font-style: normal;">Journal of Political
    Economy</em> dans lequel ils proposaient une méthode d’évaluation d’options sur actions, une classe particulière de produits dérivés : trop spécialisé, l’article fut retoqué <b><sup><span style=
    "color: #800000;">3</span></sup></b>. Trois ans plus tard, grâce à l’intervention de deux sommités scientifiques du moment, Eugène Fama, spécialiste de l’efficience, et Merton Miller, bientôt
    nobélisé, l’article, réécrit, fut enfin publié : le hasard voulut que la parution concordât avec l’inauguration du marché d’options de Chicago. Cette contribution fit grand bruit et aurait valu à
    ses auteurs une réputation éternelle, n’était-ce le désastre du <a class="tooltip" href="http://www.marc-aragon.net/article-6534063.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style=
    "color: #3366ff;">hedge fund LTCM</span></span><em>Le 31 août 1998, Wall Street chute en séance de 6,8%. Hormis les bons du Trésor, qui surnagent, tous les marchés vacillent, les obligations
    bancaires plongent. La panique s'installe, irraisonnée. Cette journée funeste achève un mois d’août horrifique, qui avait débuté, le 4 août, par un plongeon du Dow Jones de 3,5%, rapidement suivi
    d'une réplique qui allégea l’indice planétaire de 4,4% supplémentaires …</em></a> auquel Myron Scholes participa. Néanmoins, cette formule d’évaluation des options ouvrit un nouvel espace de
    stratégies d’investissement et accéléra l'essor des marchés dérivés. La volatilité, c’est-à-dire l’excitation des traders, s’invita alors aux agapes. Car ces produits de couverture du risque,
    très inflammables, servent aussi ou surtout à spéculer.<br></span><span style=
    "font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><br>
    «&nbsp;<em style="mso-bidi-font-style: normal;">Le monde de la gestion gère la tendance, celui des dérivés, la volatilité</em>&nbsp;<b><sup><span style="color: #800000;">4</span></sup></b>
    »&nbsp;nous dit Nicole El Karoui, spécialiste&nbsp;ès mathématiques financières. Et qui aura goûté aux effets de levier parfois vertigineux de cet univers enchanté ne saura plus se satisfaire de
    misérables pourcents, grignotés laborieusement sur le marché des sous-jacents, loin du grand frisson, de la frénésie du jeu. La transe des traders est palpable, à chaque instant ; elle est à son
    comble quatre fois par an, à Wall Street, les troisièmes vendredis des mois de mars, juin, septembre et décembre, quand échoient trois types de contrats dérivés :</span> <span style=
    "font-size: 10pt; color: #1f1e1d; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;">contrats de <em style="mso-bidi-font-style: normal;">futures</em></span> <b><sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: #800000; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    5</span></sup></b> <span style="font-size: 10pt; color: #1f1e1d; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;">sur indices boursiers (<em style="mso-bidi-font-style: normal;">stock
    index futures</em>), d’options sur indices boursiers (<em style="mso-bidi-font-style: normal;">stock index options</em>) et d’options sur actions (<em style="mso-bidi-font-style: normal;">stock
    options</em>)</span> <b><sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: #800000; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    6</span></sup></b><span style="font-size: 10pt; color: #1f1e1d; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;">. Le débouclage des positions, c’est-à-dire le retour au réel, fouette
    alors le volume des transactions, et cette course aux sous-jacents enfièvre les places ; les arbitrages entre le NYSE et les marchés volatils de Chicago cessent : il faut livrer, racheter les
    actions physiques liées aux valeurs à terme, se procurer les titres pour lesquels on a acheté des droits de vente sur le marché des options, clore ses engagements. L’informatique s’en mêle, qui
    grossit tout et confine la volatilité au délire. Cette sarabande est héroïque : la dernière heure est celle des Trois Sorcières. Alors dit-on, le feu du ciel s’abat sur Wall Street
    !<br></span><span style="font-size: 10pt; color: #1f1e1d; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;"><br>
    Retour sur ces hautes terres d’Ecosse, celles qui virent naître Adam Smith, philosophe des Lumières qui éveilla le monde à l’économie moderne, celles également d’Arthur Conan Doyle qui dépeignit
    ces landes brumeuses, parfois lugubres, propices à toutes sortes de légendes. William Shakespeare lui-même y situa une tragédie crépusculaire, au milieu des brouillards et des ténèbres du
    Nord,</span> <span style=
    "font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">dans les
    cris des mourants qu'on égorge. Macbeth, guerrier irréprochable et vertueux, chef des armées écossaises, défit les troupes de Norvège auxquelles s’était rallié le traître Cawdor, ancien seigneur
    d’Ecosse : le soir même, trois sorcières qui croisaient dans la bruyère prédirent à notre chevalier qu’il deviendrait roi. La suite ne sera que descente aux enfers : Macbeth, halluciné, n’aura
    alors de cesse que d’assassiner tous ceux qui s’opposeront à sa marche vers le trône, au premier rang desquels le bon roi Duncan, noble et droit, qui l’avait fait duc. Et chaque apparition des
    trois sorcières, qui annoncent à Macbeth qu’il coiffera un jour la couronne d’Ecosse, déclenchera la foudre et le tonnerre ! Toute l’affaire est là : ainsi, ces trois sorcières shakespeariennes
    sont-elles à ranger sur la même étagère que nos <a class="tooltip" href="http://www.marc-aragon.net/article-3709683.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style=
    "color: #3366ff;">bulls &amp; bears</span></span><em>En 1663, un dénommé Peter Stuyvesant, qui gouvernait la Nouvelle-Amsterdam, un bourg d'environ 300 maisons, fit ériger un mur de bois pour
    parer la ville des excès des indiens Algonquins. Un an plus tard, nonobstant, les anglais se saisirent de la cité, la rebaptisant aussitôt New York en l'honneur du duc d'York, futur Jacques II.
    Et la rue du Mur devint ... Wall Street ! …</em></a>, autre antique folklore imprégnant l’imaginaire des boursiers. Les esprits sont fixés : dans tous les cas, l’arène est ensanglantée. Mais la
    mémoire est brève, ou la tentation trop grande.<br></span><span style=
    "font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><br>
    Cependant,&nbsp;la réalité boursière de ces fins d’après-midi ensorcelées n’est pas à la hauteur des croyances.</span> <span class="med11"><span style=
    "font-size: 10pt; color: #1f1e1d; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;">Les études ne manquent pas, qui ont décortiqué ces séances de tous les dangers. Jerry Wang par exemple,
    un analyste de chez Schaffer’s Investment Research, qui examina vingt-sept années de cotations du S&amp;P 100 à partir de janvier 1976,&nbsp;jugea que la volatilité observée lors des journées
    d’expiration des Trois Sorcières était assez comparable à celle d’une séance ordinaire</span></span> <b><sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: #800000; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    7</span></sup></b><span class="med11"><span style="font-size: 10pt; color: #1f1e1d; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;">. William Schwert, professeur de finance à
    l’université de Rochester, ne constata pas davantage de causalité d’augmentation de la volatilité&nbsp;entre 1983 et 1997 autre que celle des volumes échangés&nbsp;: ainsi nota-t-il que le 19
    décembre 1997, journée des Trois Sorcières, 793 millions d’actions furent échangées sur le NYSE, un volume énorme pour l’époque, sans que le S&amp;P 500 ne s’en émût pour autant, qui varia de
    moins d’1%</span></span> <b><sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: #800000; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    8</span></sup></b><span class="med11"><span style="font-size: 10pt; color: #1f1e1d; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;">. On pourrait aussi citer Charles Smithson, directeur
    opérationnel de la CIBC, plus définitif, qui finit par opiner que la volatilité de ces journées de sabbat et les mouvements brusques des cours que celle-ci était censée engendrer brillaient par
    leur absence</span></span> <b><sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: #800000; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    9</span></sup></b><span class="med11"><span style="font-size: 10pt; color: #1f1e1d; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;">. Bah, l’imagerie populaire se nourrit à bon compte
    de certitudes invérifiées, tenues pour vraies, relayées par toute une industrie qui s’y connaît pour vendre et survendre ses poupées de son. L’important est d’y croire pour
    consommer.<br></span></span><span class="med11"><span style="font-size: 10pt; color: #1f1e1d; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;"><br>
    «&nbsp;<em style="mso-bidi-font-style: normal;">Quand vous voyez que l’offre et la demande de titres ne peuvent soudain plus s’ajuster, qu’en quelques instants plus d’un million et demi de titres
    IBM, quelque 700.000 Exxon et 500.000 General Electric sont à vendre, et qu’ils ne trouvent pas preneurs, vous vous dites qu’il y a là un problème qui dépasse largement le cadre
    anecdotique</em>&nbsp;<strong><sup><span style="color: #800000;">10</span></sup></strong> » avait déclaré John Phelan en 1987, alors président du New York Stock Exchange. Les machines, qu’on
    incrimina tant lors du krach de cette fin d’année, n’avaient pas encore pris le pouvoir. Les choses ont changé&nbsp;: les Sorcières ont numérisé leurs balais. Les problèmes sont d’une autre
    ampleur.<br></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0.1pt 0pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0.2pt 0pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><span style="color: #000000;">
    <br>
    &nbsp;</span></span>
  </p>
  <div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0.4pt 0pt; line-height: normal; text-align: center;">
    <hr size="2">
    &nbsp;&nbsp;
  </div>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0.4pt 0pt 0.5pt; line-height: normal;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    (1) Yves Simon (1997) – «&nbsp;Les marchés dérivés – Origine et développement »<br>
    (2) Myron Scholes obtiendra le «&nbsp;Prix Nobel d’Economie » en 1997 avec Robert Merton ; Fisher Black est décédé en 1995 ;<br>
    (3) Benoît Mandelbrot (2005) – «&nbsp;Une approche fractale des marchés&nbsp;»<br>
    (4) Le Nouvel Observateur, du 28/02 au 05/03/2008 – « Nicole El Karoui, Mamie Maths »</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0.4pt 0pt 0.5pt; line-height: normal;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; background: white; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    <span style="color: #000000;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt 35.4pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 8pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;"><span style="color: #000000;">Nicole El Karoui, née en 1944 est professeur à l'École polytechnique et à
    l'université Paris VI. Elle est considérée comme étant l'un des principaux précurseurs du développement des Mathématiques financières depuis la fin des années 1980. Auteur de nombreuses
    publications, Nicole El Karoui a aussi dirigé un nombre important de thèses et est de plus responsable d'une formation de haut niveau en mathématiques financières à l'université Paris VI au sein
    du Master de Probabilités et Finance (Source Wikipédia).</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt 35.4pt; line-height: normal;">
    <span style="font-size: 8pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;"><span style="color: #000000;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0.4pt 0pt 0.5pt; line-height: normal;">
    <span style="font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;">(5</span><span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">)</span>
    <span style="font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;">Contrats sur les Marchés à Terme</span><span style=
    "font-size: 8pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;"><br></span><span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">(</span><span style="font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;">6</span><span style="font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">)</span>
    <span style="font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;">Joseph Antoine Marie-Claire Capiau-Huart</span> <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    (2006) - «&nbsp;</span><span style="font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;">Dictionnaire des marchés financiers</span> <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    »</span>&nbsp;<span style="font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;"><br></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt 35.4pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span><span style="font-size: 8pt; background: white; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;"><br>
    (Note personnelle) - Il existe une quatrième famille de contrats dérivés : les contrats à terme (Futures) sur actions (SSF : Single Stock Futures). Aux Etats-Unis, ces SSF furent bannies des
    échanges dans les années 1980 suite à un problème de compétence juridique et de régulation entre la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) et la Security and Exchange Commission (SEC). En
    2000, le Commodity Futures Modernization Act régla ce point de droit en agréant les deux organismes. Le marché prit immédiatement un essor extraordinaire, augmentant son volume annuel de 200%
    entre 2004 et 2005. L'expiration de cette classe de contrats intervient les mêmes vendredis que ces trois consoeurs. En sorte que l'expression « Trois Sorcières » (Triple Witching) n'est plus
    aujourd'hui d'actualité quoique toujours très employée, remplacée désormais par l'expression « Quatre Sorcières » (Quadruple Witching). L'expression « Triple Witching Hour » s'est alors perdue
    dans le flou de la légende originelle ...</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0.8pt 0pt 0.85pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    &nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0.4pt 0pt 0.5pt; line-height: normal;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    (7) Michael Maiello (2004) – «&nbsp;Buy the rumor, sell the fact&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0.4pt 0pt 0.5pt; line-height: normal;">
    &nbsp;<span style=
    "font-size: 8pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><span style="color: #000000;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt 35.4pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style="color: #000000;"><span style="font-size: 8pt; background: white; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;">Page 15 : « Au total, l’expiration des Trois Sorcières
    présente la même volatilité qu’une séance ordinaire de marché … Il s’agit d’une moyenne … Entre Septembre 1983 et Juin 1995, la volatilité moyenne quotidienne était de 1,16% et de 1,26% pour la
    journée des Trois Sorcières. Entre Juillet 1995 et Juin 2000, les Trois Sorcières furent moins volatiles, en moyenne de 0,68% cependant que la moyenne quotidienne était de l’ordre de
    1,16%&nbsp;»</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0.8pt 0pt 0.85pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    &nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0.8pt 0pt 0.85pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-ansi-language: EN-US;">
    (8) G. William Schwert (1998) - « Stock Market Volatility : ten years after the crash »</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0.65pt 0pt 0.7pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-ansi-language: EN-US;">
    <span style="color: #000000;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0.7pt 0pt 36.15pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style="color: #000000;"><span style=
    "font-size: 7.5pt; background: white; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    L’auteur note que le volume échangé lors du 19 décembre 1997 n’avait été surpassé qu’une seule fois, le mardi 28 Octobre 1997 où 1,2 milliards de titres avaient été négociés sur le
    NYSE.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0.7pt 0pt 0.75pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><span style="color: #000000;">
    &nbsp;</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0.6pt 0pt 0.65pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-ansi-language: EN-US;">
    (9) Charles W. Smithson (1998) - «&nbsp;Managing financial risk – A guide to derivative products&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0.45pt 0pt 0.5pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-ansi-language: EN-US;">
    <span style="color: #000000;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0.5pt 0pt 35.95pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style="color: #000000;"><span style=
    "font-size: 7.5pt; background: white; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-ansi-language: EN-US;">
    Page 46 : «</span> <span style=
    "font-size: 8pt; background: white; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-ansi-language: EN-US;">
    Whatever the reason, the message here is that even though triple-witching is still frequently mentioned, the volatility that it is supposed to conjure remains conspicuously absent ».</span>
    <span style=
    "font-size: 8pt; background: white; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    La CIBC est la Canadian Imperial Bank of Commerce, la seconde institution financière du Canada.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0.2pt 0pt 0.25pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0.6pt 0pt 0.65pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-ansi-language: EN-US;">
    (10) François Camé - Frédéric Filloux (1988) - «&nbsp;Le jour le plus bas&nbsp;»</span>
  </p>
  <div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0.4pt 0pt; line-height: normal; text-align: center;">
    <br>
    <hr size="2">
  </div>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0.3pt 0pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: #ff0000; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    <br>
    &nbsp;<br>
    <span style="text-decoration: underline;">Illustration</span>&nbsp;: Image extraite du site <a href=
    "http://images.google.fr/imgres?imgurl=http://images.jupiterimages.com/common/detail/10/98/22209810.jpg&amp;imgrefurl=http://www.jupiterimages.com/itemDetail.aspx%3FitemID%3D22209810&amp;h=238&amp;w=250&amp;sz=12&amp;hl=fr&amp;start=873&amp;um=1&amp;tbnid=m0p0ch0mokJRTM:&amp;tbnh=106&amp;tbnw=111&amp;prev=/images%3Fq%3Dwitch%26start%3D864%26imgc%3Dgray%26as_st%3Dy%26ndsp%3D18%26um%3D1%26hl%3Dfr%26rlz%3D1T4SUNA_frFR266FR266%26sa%3DN">
    <span style="color: #ff0000;">Jupiterimages</span></a></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0.4pt 0pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><span style="color: #000000;">
    &nbsp;</span></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sun, 08 Jun 2008 19:08:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.marc-aragon.net/article-20278554.html</guid>
                <category>Historiographie</category>        <comments>http://www.marc-aragon.net/article-20278554-6.html</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Brève histoire d'un désastre financier : LTCM]]></title>
        <link>http://www.marc-aragon.net/article-6534063.html</link>        <description><![CDATA[<div>
    &nbsp;
  </div>
  <div>
    &nbsp;
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0.1pt 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext;"><span style="font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext;"><img width="299" src=
    "http://idata.over-blog.com/0/39/81/81//dollar-1.jpg" height="226" class="GcheTexte"></span> Le 31 août 1998, Wall Street chute en séance de 6,8%. Hormis les bons du Trésor, qui surnagent, tous
    les marchés vacillent, les obligations bancaires plongent. La panique s'installe, irraisonnée. Cette journée funeste achève un mois d’août horrifique, qui avait débuté, le 4 août, par un plongeon
    du Dow Jones de 3,5%, rapidement suivi d'une réplique qui allégea l’indice planétaire de 4,4% supplémentaires. Les mathématiciens du risque financier frémirent : la <a class="tooltip" href=
    "http://www.marc-aragon.net/article-3521019.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">courbe en cloche</span></span><em>Le 21 octobre 1929 commença la fin :
    le lundi qui suivit, le Dow Jones perdit 13%, le lendemain 12% à nouveau, dans un désordre indescriptible, préludant une crise au long cours de l'économie américaine. On croyait avoir tout vu
    …</em></a><span><span><span><span style="font-size: 10pt;">, diapason boursier, donnait au mieux une chance sur 500 milliards qu'un tel triplé advînt en un mois <span style=
    "color: #800000;"><sup><strong>1</strong></sup></span> ! <span style="color: #000000;">La réalité était bien là pourtant, qui donnait raison à John Galbraith lorsqu’il martelait : « <em>A chaque
    fois, les exceptions l’emportent sur la règle ».</em> Vers Greenwich Village, dans le Connecticut<em>,</em> villégiature favorite des hedge funds américains, quelques virtuoses&nbsp;se mirent à
    suer à grosses gouttes.<br>
    <br>
    Voici John Meriwether : c’est un trader hors pair qui domine les marchés obligataires chez Salomon Brothers où il arbitre depuis 1974 ; le service qu'il y a créé engage la moitié du capital de la
    banque et réalise 87% de ses bénéfices en 1990 <span style="color: #800000;"><sup><strong>2</strong></sup></span> ! Las, en 1991, un scandale sur les bons du Trésor l’oblige à quitter la place :
    mais rares sont les aléas définitifs dans la sphère financière ... Déjà, notre homme prépare son retour : il sera fracassant ! En février 1994, cet enfant chéri de Wall Street porte sur les fonts
    baptismaux le « <a class="tooltip" href="http://www.marc-aragon.net/article-5238556.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">hedge fund</span></span>
    <em>Apatride, humaniste, philanthrope, Georges Soros est d'abord connu pour son génie financier. Vingt ans après qu’Alfred Winslow Jones eut conçu le premier « hedge fund » en 1949, il créa
    lui-même le Soros Fund Management, un groupe de fonds (Quantum, Quota, …) destiné à protéger et valoriser 4 millions de dollars d’actifs …</em></a> » Long Term Management Capital (LTCM), qui fera
    date dans l’Histoire. Il n’est pas seul. Chez Salomon, il s’était entouré d’universitaires très diplômés qu'il avait confrontés au réel : tableaux noirs à portée de main, cautions intellectuelles
    indiscutables, ceux-ci avaient fait merveille auprès d’une clientèle rassurée. John Meriwether réédite cette méthode argentifère : cette fois, son pré carré sera prestigieux&nbsp;! Myron Scholes,
    professeur à Stanford, est approché puis converti à la réalité financière au terme d'une année sabbatique dans une salle de marchés. Il est le géniteur dans les années 1973, avec Fischer Black
    <span style="color: #800000;"><sup><strong>3</strong></sup></span>, d'une formule, dite de Black-Scholes, qui évalue le prix des options et des actifs financiers, pour laquelle il partagera un
    prix Nobel&nbsp;avec Robert Merton.</span></span></span></span></span></span>
  </div>
  <div style="line-height: 12pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span><span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </div>
  <div style="line-height: 12pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">La plus formidable aventure financière de cette fin de siècle s'engage ainsi, adossée à un trader de légende et deux sommités prestigieuses de la
    «&nbsp;science&nbsp;» du risque, Myron Scholes et Robert Merton. Cette troïka ne sera pas en peine pour recruter des suivants de haute volée, dont quelques transfuges de chez Salomon Brothers :
    William Krasker, ancien professeur de Harvard, Eric Rosenfeld, Lawrence Hilibrand, recrue du MIT, devenu le plus jeune directeur de Salomon à 27 ans et le <em>golden boy</em> le mieux payé en
    1991. Le vice-président de la banque centrale des États-Unis, David Mullins rejoindra l’effectif qui bientôt comptera 125 docteurs d’université. Cette pléiade de professeurs d’économie, de jeunes
    mathématiciens et autres <em>rocket scientists</em> fit dire à William Sharpe, prix Nobel d’Economie en 1990, que «<em>&nbsp;LTCM était sans doute le meilleur département universitaire de finance
    du monde</em> ». Loin de la frénésie de Wall Street, John Meriwether et son académie élaboreront, à l'aide d'instruments financiers des plus sophistiqués, la stratégie du mâle alpha des <em>hedge
    funds</em>. Ici naîtront quelques-uns des montages financiers les plus complexes que l’imagination humaine ait jamais su commettre. Il ne se pouvait que la qualité de pareil attelage pût faillir
    à convaincre le plus méfiant des investisseurs&nbsp;!</span>
  </div>
  <div style="line-height: 12pt; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </div>
  <div style="line-height: 12pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Merrill Lynch, l’une des premières banques d’affaires de Wall Street, est chargée de collecter le milliard de dollars que Meriwether juge nécessaire au déploiement
    du fonds. Le ticket d’entrée est à l’avenant&nbsp;: chaque investisseur doit apporter un minimum de 10 millions de dollars, bloqués pendant trois ans, sans droit de regard sur les transactions,
    avec des commissions parmi les plus élevées du moment : 2 % des fonds investis et le quart des gains !&nbsp;On fait une fleur à David Komansky, président de Merrill Lynch, qui n’apporte que
    800.000 dollars de sa propre poche, mais avec lui 123 cadres de sa banque, qui investissent 22 millions de dollars. James Cayne et Donald Marron, patrons de Bear Stearns et de Paine Webber
    suivent. Phil Knight, fondateur de Nike est de la partie. Pour 100 millions de dollars, le statut est privilégié, qui permet d'échanger des informations : la banque d'Italie mise 250 millions, la
    banque japonaise Sumitomo, la banque de Chine 100 millions chacune, l'Union de Banques Suisses, la Chase Manhattan, Deutsche Bank, pour les françaises, la Société Générale et Paribas emboîtent le
    pas. Tant&nbsp;d’autres et non des moindres&nbsp;! Le 24 février 1994, à 9 heures du matin, le <em>hedge fund</em> LTCM lance ses premières opérations. Le milliard y est,
    précisément&nbsp;<span style="color: #000000;">1.011.060.243 de dollars <span style="color: #800000;"><strong><sup>4</sup></strong></span> <span style="color: #000000;">!</span></span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </div>
  <div style="line-height: 12pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">La stratégie est simple&nbsp;: profiter des opportunités d'arbitrage sur les marchés de taux d'intérêt grâce à une approche purement quantitative. On court le monde
    en quête de déséquilibres, puis on parie lourdement sur une correction ultérieure, grâce au levier des marchés dérivés et de l’endettement.&nbsp;<span style="color: #000000;">Le vrai secret,
    celui qui confère un avantage définitif,&nbsp;qui identifie l’anomalie du marché,&nbsp;est mathématique, <em>pourvu que la variation des prix soit normale</em>&nbsp;: il vaudra à Myron Scholes et
    Robert Merton la <a class="tooltip" href="http://www.marc-aragon.net/article-26210764.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">couronne
    Nobel</span></span><em>Le choix des lauréats Nobel de l’année 2004, section Economie, fut la goutte qui fit déborder le vase : l’américain Edward Prescott et le norvégien Finn Kydland obtinrent
    le prix pour un article de 1977, dans lequel ils avaient établi, mathématiques à l'appui, que les banques centrales doivent échapper à toute pression des élus. Lors de la cérémonie de remise,
    sous le patronage du roi de Suède, les orateurs exaltèrent le …</em></a>, juste à temps, en 1997 ...</span> On a peine à croire qu’en février 1994,&nbsp;Scholes et&nbsp;Merton, secondés
    par&nbsp;une cohorte de mathématiciens, aient pu ignorer que leur formule ne valait que dans des marchés apaisés. Et que des savants réfléchis, doublés de financiers expérimentés, qui avaient
    croisé les chocs pétroliers, les crises du crédit, l’effondrement japonais, et autres épisodes dont le krach de 1987, se soient si peu gardés des aléas violents qui surviennent sans crier gare.
    N'est-ce pas l’infinie certitude dans des modèles mathématiques négligeant les extrêmes, qui anesthésiera ces magiciens du risque, tels ces dieux d’Epicure qui habitaient là où il ne pleut ni ne
    neige et où jamais ne souffle la tempête ?</span>
  </div>
  <div style="line-height: 12pt; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </div>
  <div style="background: white; line-height: 12pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">La machine à gagner est en marche&nbsp;: les marchés sont uniformément haussiers. La performance nette s'élève à +20% en 1994, +43% en 1995, +41% en 1996 et +17% en
    1997.&nbsp;On commence à adopter des positions de plus en plus importantes pour augmenter l’effet de levier, sans diminuer pourtant les risques. Petit à petit, peut-être au grand dam de Myron
    Scholes, le fonds s’écarte de sa stratégie initiale de recherche des anomalies du marché, pour spéculer maintenant sur l’orientation des cours des obligations, c’est-à-dire sur le marché lui-même
    et non sur ses errements temporaires. Mais les marchés ne se montrent pas indéfiniment apaisés. Des désordres monétaires surviennent bientôt. Un vent mauvais venu d’Asie se met à souffler, qui
    gagne bientôt la grande Russie&nbsp;: le lundi 17 août 1998,&nbsp;le système monétaire et financier russe&nbsp;tombe : une puissance nucléaire vient de s’effondrer&nbsp;! Le 20 août, début de la
    panique boursière&nbsp;: Wall Street perd 15% en ce mois d’été. Le marché est devenu turbulent. La mathématique financière de LTCM est débordée. Il ne faudra pas plus d’un mois pour qu’elle soit
    balayée&nbsp;! Le reste n’est qu’agonie.</span>
  </div>
  <div style="line-height: 12pt; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </div>
  <div style="line-height: 12pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000000;">Le 23 septembre 1998, William McDonough, président de la Réserve Fédérale de New York, réunira le gratin de la finance : une quinzaine
    d’établissements, clients du fonds et seuls capables de liquider les positions dans le calme, apportera 3,625 milliards de dollars en&nbsp;48 heures. Des traders vedette sont remerciés aux quatre
    coins de la planète financière ; <a href="http://www.marc-aragon.net/article-15687735.html"><span style="color: #3366ff; font-family: Times New Roman;">ING Barings</span></a> licencie 1200
    personnes, Merrill Lynch, près de 4300, pour ne rien dire de ceux qui les imiteront. Bah, le</span> <span style="font-size: 10pt;">système bancaire international <span style="color: #000000;">est
    sauvé, la menace qui pesait sur la stabilité financière mondiale, écartée …&nbsp;<br>
    <br>
    Les plumés promirent qu'on ne les y reprendrait plus. Ils mentaient tout à fait : fin 2006, le <em>hedge fund</em>&nbsp;<a href="http://www.marc-aragon.net/article-4209243.html"><span style=
    "color: #3366ff; font-family: Times New Roman;">Amaranth Advisors</span></a> consumera six milliards de dollars.</span></span> <span style="font-size: 10pt;">Seule une officine située dans l'île
    de Jersey, Lakonia Management Ltd, a traîné LTCM devant les tribunaux de Manhattan <strong><sup><span style="color: #800000;">5</span></sup></strong>. Quant à&nbsp;John Meriwether, saluons son
    retour au club : son revenu 2006 a été évalué entre 50 et 75 millions de dollars <strong><sup><span style="color: #800000;">6</span></sup></strong>. <em>Sic transit gloria mundi</em>.</span>
  </div>
  <div>
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </div>
  <div>
    <div>
      <div>
        <div>
          <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;<span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span></span>
          <div>
            <div>
              <div>
                <hr size="2">
              </div>
              <div>
                &nbsp;
              </div>
              <div>
                <div>
                  <span style="font-size: 7.5pt; color: #339966;"><span style="color: #339966;"><span style="font-size: 7.5pt; color: #339966;"><span style="color: #339966;"><span style=
                  "color: #339966;"><span style="color: #339966;"><span style="font-size: 7.5pt; color: #339966;"><span style="color: #339966;">(1<span style="font-size: 8pt;">)&nbsp;Benoît
                  Mandelbrot (2005)&nbsp;-&nbsp;«&nbsp;Une Approche Fractale des Marchés »<br></span><span style="font-size: 7.5pt; color: #339966;"><span style="color: #339966;">(2)&nbsp;Business
                  Week, le 13/09/1993 - <span style="font-size: 8pt;">« The Arb Boys Ride Again »<br>
                  <span style="font-size: 7.5pt; color: #339966;"><span style="color: #339966;"><span style="font-size: 7.5pt; color: #339966;"><span style="color: #339966;">(3)&nbsp;Fisher Black,
                  décédé en 1995, n'obtiendra pas le Prix de la Banque de Suède ...</span></span></span></span><br></span></span></span></span></span></span></span></span></span></span></span>
                  <div>
                    <span style="font-size: 7.5pt; color: #339966;"><span style="color: #339966;"><span style="color: #339966;"><span style="color: #339966;"><span style=
                    "color: #339966;"><span style="color: #339966;"><span style="font-size: 7.5pt; color: #339966;"><span style="color: #339966;"><span style="font-size: 8pt;">(4)&nbsp;Roger
                    Lowenstein&nbsp;(2001) -&nbsp;« When Genius Failed »<br>
                    (5) Benoît Mandelbrot (2005)&nbsp;-&nbsp;«&nbsp;Une Approche Fractale des Marchés »<br></span></span></span></span></span></span></span></span></span>
                    <div>
                      <span style="font-size: 7.5pt; color: #339966;"><span style="color: #339966;"><span style="color: #339966;"><span style="color: #339966;"><span style=
                      "color: #339966;"><span style="color: #339966;"><span style="color: #339966;"><span style="color: #339966;"><span style="font-size: 7.5pt; color: #339966;"><span style=
                      "color: #339966;"><span style="font-size: 8pt;">(6)&nbsp;</span></span></span></span></span></span></span></span></span></span></span>
                      <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify">
                        <span style="font-size: 7.5pt; color: #339966;"><span style="color: #339966;"><span style="color: #339966;"><span style="color: #339966;"><span style=
                        "color: #339966;"><span style="color: #339966;"><span style="color: #339966;"><span style="color: #339966;"><span style="color: #339966;"><span style=
                        "font-size: 10pt; font-family: Arial; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-size: 12.0pt;"><span style="font-size: 8pt;"><span style=
                        "color: #339966;"><a href="http://www.promethee.fr/index.php?2007/04/13/710-en-2006-les-hedge-funds-ont-fait-gagner-le-jackpot-aux-courtiers-vedettes"><span style=
                        "color: #339966;">http://www.promethee.fr/index.php?2007/04/13/710-en-2006-les-hedge-funds-ont-fait-gagner-le-jackpot-aux-courtiers-vedettes</span></a><br>
                        &nbsp;</span></span></span></span></span></span></span></span></span></span></span></span>
                      </p>
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  <div style="background: #f8fcff">
    <span style="text-decoration: underline;"><span style="font-size: 8pt; color: #ff0000;"><span style="color: #ff0000;">Illustration</span></span></span> <span style=
    "font-size: 8pt; color: #ff0000;">:&nbsp;Billet d'un dollar américain<br>
    &nbsp;<br>
    <br></span>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Wed, 02 May 2007 01:21:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.marc-aragon.net/article-6534063.html</guid>
                <category>Historiographie</category>        <comments>http://www.marc-aragon.net/article-6534063-6.html</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Les Maîtres enchanteurs]]></title>
        <link>http://www.marc-aragon.net/article-6250188.html</link>        <description><![CDATA[<div>
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  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 10pt;"><img width="258" src="http://idata.over-blog.com/0/39/81/81/valleenet-2.jpg" height="285" class="GcheTexte"></span>Quiconque acheta
    le Dow Jones ce 3 septembre 1929, fut mal inspiré. L’indice, qui avait pris congé du réel de longue date, culmina ce jour-là en séance à 386,10 points, propulsé par la fascination qu’exerçait
    déjà la grande opinion financière sur la foule : économistes et experts cautionnaient la hausse, <a class="tooltip" href="http://www.marc-aragon.net/article-5712489.html"><span style=
    "font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">analystes et banquiers</span></span><em>Ceux d’avant défilaient moins. Isolés, loin des parquets, encastrés entre le contrôle de
    gestion et la comptabilité, on les imagine, trois-pièces strict, de préférence sombre, chemise blanche de rigueur, à décrypter d’interminables chroniques de chiffres, de bilans et de perspectives
    …</em></a> rameutaient le ban, et nul n’imaginait qu’un génie si partagé pût faillir. Ce qui advint est assez dans toutes les bouches : le désastre emporta tout. A l’aube des années 1950, Wall
    Street n’avait regagné que les deux tiers du terrain perdu, malgré les invites de <em>blue chips</em> qui payaient des dividendes au triple d’un compte épargne <strong><sup><span style=
    "color: #800000;">1</span></sup></strong>. Las, rien n’y faisait : le frisson&nbsp;spéculatif effarouchait encore et le&nbsp;client était rare. Et la défiance était grande, car si les mauvais
    exemples venaient de partout, l’abomination venait bien d’en haut : Richard Whitney, diva du <em>bel canto</em> d’avant krach, président de la Bourse de New York, avait séjourné trois années à
    Sing Sing. Motif : vol qualifié <strong><sup><span style="color: #800000;">2</span></sup></strong>. On s’en souvenait.</span> <span style="font-size: 10pt;">De sorte qu’en cet après-guerre, la
    Bourse semblait hors jeu. L’apnée allait bientôt prendre fin : le 24 novembre 1954, vingt-cinq années après la catastrophe, Wall Street retrouvait le sourire et le niveau qu’on a dit.</span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    &nbsp;
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  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">A cette époque, la gestion d’un portefeuille n’était pas l’alpha de l’investissement boursier. Journaux et magazines délibéraient sur le choix d’actions ou
    d’obligations, dans la plus pure tradition du fait vendeur. On y publiait toutes sortes de ficelles pour cibler les meilleurs titres, renifler les vents porteurs comme la mauvaise houle, et les
    conseils « maison » ne manquaient pas, qui assuraient qu’on serait moins plumé. Du risque d’ensemble, il était peu question. John Keynes <span style=
    "color: #800000;"><strong><sup>3</sup></strong></span> lui-même, qui géra les dotations du Kings College de Cambridge et&nbsp;les avoirs&nbsp;d’un assureur britannique, considérait que la
    diversification était une idée fâcheuse, et que l’on pouvait bien mettre tous ses œufs dans un même panier pourvu qu’il fût solide. « <em>Supposer que faire passer la sécurité en premier consiste
    à détenir de petites quantités de nombreuses sociétés que je ne peux pas juger précisément faute d’informations, plutôt qu’une grosse part d’une entreprise sur laquelle je possède des
    informations précises, me semble être une parodie de politique d’investissement</em> » <strong><sup><span style="color: #800000;">4</span></sup></strong>. Cette opinion courait, faisant écho aux
    lois de puissance de Vilfredo Pareto -</span> <span style="font-size: 10pt; color: #000000;">20% des causes produisent 80% des effets.</span> <span style="font-size: 10pt;">L</span><span style=
    "font-size: 10pt;">e secteur allait bientôt vivre sa révolution copernicienne. Et produire un grand nombre de <a class="tooltip" href=
    "http://www.marc-aragon.net/article-26210764.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">lauriers Nobel</span></span><em>Le choix des lauréats Nobel de l’année
    2004, section Economie, fut la goutte qui fit déborder le vase : l’américain Edward Prescott et le norvégien Finn Kydland obtinrent le prix pour un article de 1977, dans lequel ils avaient
    établi, mathématiques à l'appui, que les banques centrales doivent échapper à toute pression des élus. Lors de la cérémonie de remise, sous le patronage du roi de Suède, les orateurs exaltèrent
    le …</em></a> dont on finirait par s’émouvoir qu’ils fleurissent mieux les colonnes corinthiennes de Wall Street&nbsp; que les théories économiques.</span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
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  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">En mars 1952, le <em>Journal of Finance</em> publia un article de quatorze pages, «&nbsp;Portfolio Selection&nbsp;», qui fera la gloire d’un doctorant de Chicago,
    Harry Markowitz : dix ans plus tard, cet apport deviendra la théorie moderne du portefeuille. L’idée force de Markowitz fut de lier la rentabilité au risque pour isoler à chaque fois un
    portefeuille optimal, le plus adapté aux vues de l'investisseur, selon que celui-ci viserait un rendement maximal pour un risque donné, ou un risque minimal pour une rentabilité donnée. Le
    problème était la mesure : chaque étape de l'analyse ajoutait à la confusion. Il fallait d’abord imaginer les dividendes à venir des entreprises, puis conjecturer que les rendements passés
    auguraient de la volatilité future, enfin, calculer l’influence conjointe de chaque titre sur tous les autres. Mais les moyens informatiques de l’époque étaient hors de portée des gérants pour
    développer le modèle. James Tobin l’affina en 1958, William Sharpe la simplifia en 1963, introduisant la <a class="tooltip" href="http://www.marc-aragon.net/article-3521019.html"><span style=
    "font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">normalité des dynamiques boursières</span></span><em>Le 21 octobre 1929 commença la fin : le lundi qui suivit, le Dow Jones perdit
    13%, le lendemain 12% à nouveau, dans un désordre indescriptible, préludant une crise au long cours de l'économie américaine. On croyait avoir tout vu ; pourtant, le 19 octobre 1987, le Dow Jones
    fera mieux encore, c’est-à-dire pire, qui dévissera de 22,6% en une seule journée …</em></a> que Paul Samuelson avait exhumée en 1956, et dont Myron Scholes et Robert Merton feraient une formule
    magique en 1967. Toute cette lignée sera nobélisée, Markowitz compris. Pouvait-on mieux vaincre l’image désastreuse de <span style="color: #000000;">casino</span> que colportaient les marchés
    financiers depuis 1929 ? Le 31 décembre 1959, le Dow Jones clôturait la décennie sur une progression annuelle de 13%, hors dividendes <strong><sup><span style=
    "color: #800000;">5</span></sup></strong>.</span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Mais cette intrusion massive de l’Université ne signifiait pas la fin des vicissitudes, et l’avenir ne tarderait pas à déconstruire quelques-uns de ces beaux
    édifices. On avait oublié qu’un tel engouement pour les hommes de savoir s’était déjà produit, avant le krach des krachs. Citons John Galbraith : « <em>En 1929 (…) posséder un économiste bien à
    soi était l’une des possibilités et, comme les mois passaient, on assista à une concurrence effrénée pour enrôler les hommes qui possédaient la réputation et les capacités adéquates. Ce fut l’âge
    d’or des professeurs</em>&nbsp;» <strong><sup><span style="color: #800000;">6</span></sup></strong>. Le plus réputé d’entre eux, Irving Fisher, de Yale, s’assura une réputation éternelle en
    affirmant, peu avant les faits : « <em>Les cours des actions ont atteint ce qui semble devoir être un haut plateau permanent</em> ». Plus récemment, d’autres ont fait autant pour leur renommée
    future, notamment Myron Scholes et Robert Merton, professeurs éminents <strong><sup><span style="color: #800000;">7</span></sup></strong>, qui conseillaient de près le <a class="tooltip" href=
    "http://www.marc-aragon.net/article-6534063.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">hedge fund LTCM</span></span><em>Le 21 octobre 1929 commença la fin :
    le lundi qui suivit, le Dow Jones perdit 13%, le lendemain 12% à nouveau, dans un désordre indescriptible, préludant une crise au long cours de l'économie américaine. On croyait avoir tout vu ;
    pourtant, le 19 octobre 1987, le Dow Jones fera mieux encore, c’est-à-dire pire, qui dévissera de 22,6% en une seule journée …</em></a>, le plus fameux des terres habitées, lorsque celui-ci
    faillit à l’automne 1998, menaçant le système bancaire mondial. Ainsi la science du risque fut-elle toujours déjouée par les faits qui dominent le réel. Car l<span style="color: #000000;">es
    économistes ont l’outrance mathématique chevillée au corps. Et la tête ailleurs, au pays des merveilles,</span></span> <span style="font-size: 10pt;">créateurs d’univers enchantés dont ils ne
    donnent aucune raison de penser qu’ils ont existé ou existeront un jour.</span> <span style="font-size: 10pt;">Cet éloignement dit le tout.</span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Voici donc cet</span> <em><span style="font-size: 10pt;">homo oeconomicus</span></em><span style="font-size: 10pt;">, otage de la Faculté et de croyances qui
    l’h</span><span style="font-size: 10pt;">ypnotisent comme le serpent fascine la proie</span> <span style="font-size: 10pt;">: il a lu Markovitz, connaît sa théorie du portefeuille, optimise le
    sien en estimant des risques et des&nbsp;rentabilités dans un monde «&nbsp;prévisible » ; il anticipe les taux que les banquiers centraux ignorent encore, avec lesquels il actualise les bénéfices
    futurs que les entrepreneurs sont eux-mêmes à supputer : surtout, il aime être précis, si possible deux chiffres après la virgule. Il ne changera pas d’avis avant qu’une nouvelle théorie émerge,
    assez dotée de formules et de graphiques pour être prise au sérieux. « <em>Les individus ne sont pas parfaitement flexibles. Ils hiérarchisent leurs croyances et ne remettent en cause celles
    auxquelles ils tiennent le plus que contraints et forcés. La foi en la convention amoindrit l'esprit critique. Elle conduit à négliger les anomalies et à s'en remettre à la sagesse du marché "qui
    sait mieux que tout le monde</em>" » <strong><sup><span style="color: #800000;">8</span></sup></strong>. Ainsi le marché est-il son propre nombril : les opérateurs,&nbsp;rivés sur leurs écrans
    multicolores, recherchent en permanence un prix en tentant de «&nbsp;voler le départ&nbsp;», moins étreints par l’estimation du risque et des rentabilités que par le gain qu’ils retireront
    d’avoir mieux devancé les mouvements de la foule. Un prix émerge, qui fait foi&nbsp;: la spéculation, <a class="tooltip" href="http://www.marc-aragon.net/archive-11-05-2006.html"><span style=
    "font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">persona non grata</span></span><em>Les vives variations des prix boursiers heurtent le bon sens : des entreprises sont portées au
    pinacle, clouées au pilori, parfois sans raison apparente, au gré d'errances désordonnées qui défient assez l’entendement commun et nous surprennent toujours …</em></a>, mène les marchés. Elle ne
    figure dans aucun manuel.</span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">«&nbsp;<em>Rejeter les crises financières en étant convaincu qu’il ne peut y avoir ni spéculation, ni catastrophe, car cela supposerait l’irrationalité, revient à
    ignorer la réalité pour le bien pour la théorie</em>&nbsp;» <strong><sup><span style="color: #800000;">9</span></sup></strong>. Plaise donc aux&nbsp;économistes de s’en souvenir mieux dans leurs
    mémoires. Et aux commentateurs, analystes, et autres faiseurs d’opinion, de moins s’échiner en explications oiseuses et convenues, tricotant aussi bien l’endroit que l’envers, chaque fois que
    l’indice gagne un demi point.</span>
  </div>
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      <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
    </div>
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        <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;<span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span></span>
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              <hr size="2">
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                <span style="font-size: 7.5pt; color: #339966;"><span style="color: #339966;"><span style="font-size: 7.5pt; color: #339966;"><span style="color: #339966;"><span style=
                "color: #339966;"><span style="color: #339966;"><span style="font-size: 7.5pt; color: #339966;"><span style="color: #339966;">(1<span style="font-size: 8pt;">)&nbsp;Peter Bernstein -
                (1995) -&nbsp;«&nbsp;Des Idées Capitales »<br></span><span style="font-size: 7.5pt; color: #339966;"><span style="color: #339966;">(2)&nbsp;John Galbraith - (1992)&nbsp;<span style=
                "font-size: 8pt;">-&nbsp;« Brève Histoire de l'Euphorie Financière »<br>
                <span style="font-size: 7.5pt; color: #339966;"><span style="color: #339966;"><span style="font-size: 8pt;"><span style="font-size: 7.5pt; color: #339966;"><span style=
                "color: #339966;">(3)&nbsp;John Maynard Keynes (1883-1946)</span></span></span></span></span><br></span></span></span></span></span></span></span></span></span></span></span>
                <div>
                  <span style="font-size: 7.5pt; color: #339966;"><span style="color: #339966;"><span style="color: #339966;"><span style="color: #339966;"><span style="color: #339966;"><span style=
                  "color: #339966;"><span style="color: #339966;"><span style="font-size: 7.5pt; color: #339966;"><span style="color: #339966;"><span style="font-size: 8pt;">(4) <span style=
                  "font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-ansi-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;"><a href=
                  "http://www.msh-paris.fr/la_recherche/prog_sci/prog_thematiques/docs_finance/cahier_JPMAM1.pdf"><span style="color: #339966;"><span style="font-family: Arial;"><span style=
                  "font-size: 8pt;">http://www.msh-paris.fr/la_recherche/prog_sci/prog_thematiques/docs_finance/cahier_JPMAM1.pdf</span></span></span></a></span></span><br></span></span></span></span></span></span></span></span></span>
                  <div>
                    <span style="font-size: 7.5pt; color: #339966;"><span style="color: #339966;"><span style="color: #339966;"><span style="color: #339966;"><span style=
                    "color: #339966;"><span style="color: #339966;"><span style="color: #339966;"><span style="color: #339966;">&nbsp;</span></span></span></span></span></span></span></span>
                  </div>
                  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt 1cm">
                    <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt">
                      <span style="font-size: 7.5pt; color: #333333;"><span style="font-size: 8pt; color: #000000;">Le modèle linéaire dans la gestion des portefeuilles<br>
                      Les Cahiers de JP Morgan sur l'histoire de la gestion d'actifs</span> <span style="font-family: Arial;"><span style="font-size: 8pt;"><br></span></span></span>
                    </p>
                  </div>
                  <div>
                    <span style="font-size: 7.5pt; color: #339966;"><span style="color: #339966;"><br>
                    (5)&nbsp;Le Dow Jones clôtura à 200,52 le 30/12/1949 et à 679,36 points le 31/12/1959<br>
                    <span style="font-size: 7.5pt; color: #339966;"><span style="color: #339966;">(6) John Galbraith - (1989) -&nbsp;<span style="font-size: 8pt;">«&nbsp;La Crise Economique de 1929
                    »</span><br>
                    <span style="font-size: 7.5pt; color: #339966;"><span style="color: #339966;">(7) Myron Scholes (Stanford) - Robert Merton (MIT et Harvard)<span style=
                    "font-size: 8pt;"><br></span>(8)&nbsp;André Orléan - (2005) - <span style="font-size: 8pt;">«&nbsp;Le Pouvoir de la Finance »</span><span style=
                    "font-size: 8pt;"><br></span>(9)&nbsp;Charles Kindleberger - (1978) - <span style="font-size: 8pt;">«&nbsp;Histoire Mondiale de la Spéculation Financière »</span><br>
                    <span style="font-size: 7.5pt; color: #339966;"><span style="color: #339966;"><span style="font-size: 7.5pt; color: #339966;"><span style="color: #339966;"><span style=
                    "font-size: 7.5pt; color: #0000ff;"><span style="font-size: 8pt; color: #339966;"><span style="font-size: 7.5pt; color: #339966;"><span style="color: #339966;"><span style=
                    "font-size: 10pt; color: #339966;"><span style="color: #000000;"><span style="font-size: 10pt; color: #339966;"><br>
                    <br></span></span></span></span></span></span></span></span></span></span></span></span></span></span></span></span></span>
                    <hr>
                  </div>
                </div>
              </div>&nbsp;
            </div>
            <div>
              <span style="font-size: 7.5pt; background: white; color: #ff6600;"><span style="color: #ff0000;"><span style="text-decoration: underline;">Illustration</span> : Professeur
              professant</span></span><span style="color: #ff0000;">&nbsp;</span>&nbsp;<br>
              &nbsp;<br>
              &nbsp;
            </div>
          </div>
        </div>
      </div>
    </div>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Sat, 31 Mar 2007 21:36:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.marc-aragon.net/article-6250188.html</guid>
                <category>Historiographie</category>        <comments>http://www.marc-aragon.net/article-6250188-6.html</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[« Bancanalystes »]]></title>
        <link>http://www.marc-aragon.net/article-5712489.html</link>        <description><![CDATA[<div>
    &nbsp;
  </div>
  <div>
    &nbsp;
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt"><span style="font-size: 10pt"><img width="299" src="http://idata.over-blog.com/0/39/81/81/muraille_de_chine__9_.jpg" height="229" class="GcheTexte"></span>Ceux
    d’avant défilaient moins. Isolés, loin des parquets, encastrés entre le contrôle de gestion et la comptabilité, on les imagine, trois-pièces strict, de préférence sombre, chemise blanche de
    rigueur, à décrypter d’interminables chroniques de chiffres, de bilans et de perspectives. Les analystes financiers de l’ancienne époque étaient sûrement de cette sorte, à s’échiner pour le roi
    de Prusse, dans l’ombre, décortiquant sans relâche les communiqués et les notes des sociétés afin que nul n'en ignore. Une vieille école en somme.</span>&nbsp;<span style="font-size: 10pt;">Puis
    vinrent les</span> <span style="font-size: 10pt">années 1990, celles que Joseph Stiglitz, <a class="tooltip" href="http://www.marc-aragon.net/article-26210764.html"><span style=
    "font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">prix Nobel d’Economie</span></span><em>Le choix des lauréats Nobel de l’année 2004, section Economie, fut la goutte qui fit déborder
    le vase : l’américain Edward Prescott et le norvégien Finn Kydland obtinrent le prix pour un article de 1977, dans lequel ils avaient établi, mathématiques à l'appui, que les banques centrales
    doivent échapper à toute pression des élus. Lors de la cérémonie de remise, sous le patronage du roi de Suède, les orateurs exaltèrent le …</em></a>, baptisa les <em>Roaring
    Nineties,</em>&nbsp;en écho aux <em>Roaring Twenties</em> qui précédèrent le krach de 1929. Ces années folles-là seraient telles leurs devancières, volubiles, pleines d’excès et de dérives. Les
    commis industrieux avaient vécu : la nouvelle génération sonna l’heure des roadshows, du marketing boursier, de la création de valeur.</span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt">&nbsp;</span>&nbsp;
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt">En 1933, peu après le désastre et la déroute du système bancaire américain</span> <strong><sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: maroon;">1</span></sup></strong><span style="font-size: 10pt">, le <em>Glass-Steagall Banking Act</em></span> <span style="font-size: 10pt">instituait la séparation entre
    les banques commerciales de dépôts, gérant l’épargne des clients, et les banques d’investissement, vouées aux opérations sur titres et valeurs mobilières. Ce divorce ne résistera pas au grand
    mouvement de dérégulation des années 1980, parachevé par la loi de modernisation des services financiers que signera&nbsp;Bill Clinton en 1999 <span style=
    "font-size: 10pt;"><strong><sup><span style="color: #800000;">2</span></sup></strong></span>. Cette liberté retrouvée, sur laquelle Alan Greenspan, président de la Fed, avait donné des gages dès
    1986, fera sauter un autre bouchon, la&nbsp;<em>muraille de Chine</em></span> <span style="font-size: 10pt"><strong><sup><span style="color: #800000;">3</span></sup></strong>, sas coupe-feu entre
    les analystes financiers et les banquiers d’affaires - bancanalystes. Car, au sein d’une même compagnie, voilà deux groupes qui voisinent : les premiers <a class="tooltip" href=
    "http://www.marc-aragon.net/archive-09-08-2006.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">évaluent les sociétés</span></span><em>Il y a une déconnexion entre
    la valeur fondamentale d’une entreprise et sa valeur perçue par le marché. Notre cours de Bourse a progressé de 35% depuis le début de l’année, uniquement parce que nous somme revenus dans la
    norme au niveau de notre communication financière …</em></a> pour conseiller</span> <span style="font-size: 10pt">leurs clients fortunés ou institutionnels, les seconds négocient des placements
    de titres et des mandats de gestion. Pas facile dans ces conditions d’émettre un jugement défavorable sur une entreprise susceptible de vous confier une opération de fusion/acquisition
    lucrative&nbsp;! La dérégulation rendit tout plus possible. La planète média rendit tout plus facile. Tout devint plus perméable. Le pire n’allait plus tarder.</span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt">Jack Grubman fut l’un des analystes financiers les plus en vue des années Internet. Spécialiste des télécoms chez Salomon Smith Barney,</span> <span style=
    "font-size: 10pt;">filiale de Citigroup,</span> <span style="font-size: 10pt">il se signala par ses conseils sur</span> <span style="font-size: 10pt">WorldCom : le 6 janvier 2000, il recommanda
    la valeur à l’achat tandis que le titre cotait 47,87 dollars, puis, réédita quatorze fois le même conseil durant les mois suivants malgré la chute du titre, notamment le 11 avril 2002 tandis que
    WorldCom ne cotait plus que 4,64 dollars. Quinze jours&nbsp;après, le cours hoqueta à 3,98 dollars en même temps que l’intéressé, qui se déclara … neutre sur la valeur&nbsp;! WorldCom
    s'effondra&nbsp;le 21 juillet 2002&nbsp;<strong><sup><span style="color: #800000;">4</span></sup></strong>. L'intérêt de la banque, jusqu’au-boutiste, venait de ce qu'elle avait aidé 81 sociétés
    du secteur&nbsp;</span><span style="font-size: 10pt">à lever 191 milliards de dollars, en échange de plusieurs centaines de millions de dollars d’intermédiation&nbsp;<span style=
    "color: #800000;"><sup><strong>5</strong></sup></span> ! Mais d’autres&nbsp;encore s’illustrèrent, comme Mary Meeker (Morgan Stanley), égérie du Web, ou Henry Blodget, recruté par&nbsp;Merrill
    Lynch après une prouesse sur&nbsp;Amazon</span> <strong><sup><span style="font-size: 10pt; color: maroon">6</span></sup></strong><span style="font-size: 10pt">, pris la main dans l’e-mail
    sur&nbsp;l'action Infospace qu'il qualifia de&nbsp;</span><span style="font-size: 10pt"><em>détritus</em> cependant qu'il en conseillait l'achat à ses
    clients&nbsp;</span><strong><sup><span style="font-size: 10pt; color: maroon">7</span></sup></strong><span style="font-size: 10pt">. Entre autres indélicatesses et autres indélicats.</span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt">On soldera le tout le 28 &nbsp;avril 2003, après qu'un&nbsp;accord&nbsp;entre les autorités et les dix principales banques de Wall Street&nbsp;eut
    convenu&nbsp;d'arrêter les poursuites pénales contre les pratiques des analystes&nbsp;: celles-ci accepteront de débourser 1,4 &nbsp;milliard de dollars, la sanction la plus importante jamais
    infligée à des institutions financières aux Etats-Unis <span style="color: #800000;"><sup><strong>8</strong></sup></span></span><span style="font-size: 10pt">. Goldman Sachs, dont quelques
    présidents devinrent secrétaires d’Etat au Trésor, sera de la partie, dans sa plus pure tradition d’affairisme. Goldman Sachs dont les analystes publièrent une note dithyrambique sur <a class=
    "tooltip" href="http://www.marc-aragon.net/article-3535795.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">l’électricien Enron</span></span><em>Nous estimons que
    la période actuelle offre une opportunité extrêmement rare d'acheter les actions d'une entreprise qui demeure extrêmement bien positionnée pour croître à un rythme substantiel ... Nous sommes
    convaincus que les rumeurs négatives autour de l'entreprise sont fausses …</em></a>, le 9 octobre 2001, intitulée «&nbsp;<em>Still the best of the best</em>&nbsp;», relayés par UBS Warburg, ou
    Crédit Suisse First Boston, qui maintiendront&nbsp;un conseil d’achat jusqu’au 28 novembre suivant&nbsp;: le 2 décembre 2001, Enron était déconfit ; 63 milliards de dollars d’actifs
    s'évanouissaient, 55000 salariés perdaient leur emploi et leur retraite <span style="color: #800000;"><sup><strong>9</strong></sup></span>. Les banques partenaires touchaient 250 millions de
    dollars de commission chaque année <span style="color: #800000;"><sup><strong>10</strong></sup></span></span> <span style="font-size: 10pt">… Un été plus tard, Alan Greenspan, las de tant de
    duplicité, lancera&nbsp;:</span> <span style="font-size: 10pt">«&nbsp;<em>La falsification et la fraude détruisent le capitalisme&nbsp;»</em></span> <strong><sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: maroon;">11</span></sup></strong><em><span style="font-size: 10pt">.</span></em> <span style="font-size: 10pt">On le croira assez.</span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </div>
  <div style="line-height: 12pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: black">Pourtant, en pleine bulle Internet, quelques-uns surnagèrent. Ravi Suria, analyste chez Lehman Brothers, osa, en juin 2000, une note à contre-courant
    alléguant qu’Amazon,&nbsp;leader mondial de <span style="font-size: 10pt">«</span> l'e-commerce <em>»</em>, pourrait manquer d’argent début 2001 «&nbsp;</span><em><span style=
    "font-size: 10pt; color: black;">à moins de sortir un lapin financier de son chapeau magique</span></em><span style="font-size: 10pt; color: black">&nbsp;»</span><span style=
    "font-size: 10pt; color: black;">. Crispation sur le Nasdaq&nbsp;: le titre&nbsp;chuta aussitôt de 20 %, délestant au passage Jeff Bezos, fondateur d’Amazon, de plus d’un milliard de dollars
    <strong><sup><span style="font-size: 10pt; color: maroon">12</span></sup></strong>&nbsp;!&nbsp;Ravi Suria fut mis à l'index, et la banque d’affaires, moins en cour chez Amazon</span><span style=
    "font-size: 10pt; color: black;">. De ce côté-ci de l’atlantique, voici Edouard Tétreau, analyste au Crédit Lyonnais Securities Europe, qui fusilla courageusement Vivendi Universal dans sa note
    du 20 mars 2002 -&nbsp;«&nbsp;<em>Vivendi, la fin d’une exception</em>&nbsp;»</span> <strong><sup><span style="font-size: 10pt; color: maroon">13</span></sup></strong> <span style=
    "font-size: 10pt; color: black;">-, &nbsp;quatre mois avant que Jean-Marie Messier quittât le navire. Et de cet autre côté-là de la Manche, voici Derek Terrington, analyste londonien remercié
    pour s’en être pris trop tôt à Robert Maxwell, l’idole des marchés financiers</span> <span style="font-size: 10pt; color: black">du début des années 1990. Il dénonça les malversations du magnat
    britannique dans une note au titre astucieux&nbsp;: «&nbsp;<em>Can’t Recommand A Purchase</em>&nbsp;», dont les initiales, «&nbsp;CRAP&nbsp;», signifient «&nbsp;pourri, dégueulasse&nbsp;».</span>
    <span style="font-size: 10pt; color: black">Tout n’est donc pas perdu.</span>
  </div>
  <div style="line-height: 12pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: black">&nbsp;</span>
  </div>
  <div style="line-height: 12pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: black">Au cours de&nbsp;son enquête, en 1929, le représentant&nbsp; de l’Alabama, Henry Steagall, dénonçait déjà « <em>la pratique de la désinformation
    qu’utilisent les agents de change sur la valeur réelle des titres, l’agiotage des banques de dépôts et les cumuls de fonction opérés par des firmes comme la Kuhn, Loeb &amp; C° »</em></span>
    <strong><sup><span style="font-size: 10pt; color: maroon">14</span></sup></strong><em><span style="font-size: 10pt; color: black">.</span></em> <span style="font-size: 10pt; color: black">Sans
    régulation ni déontologie, les marchés&nbsp;sont une foire d’empoigne, sans foi ni loi. C'est là le fait.</span>
  </div>
  <div>
    <span style="font-size: 10pt">&nbsp;</span>
  </div>
  <div>
    &nbsp;
  </div>
  <div>
    <span style="font-size: 10pt"><span style="font-size: 10pt">&nbsp;</span></span>
    <div>
      <div>
        <hr size="2">
      </div>
      <div>
        &nbsp;
      </div>
      <div>
        <span style="font-size: 8pt; color: #339966"><span style="color: #339966;">(1)&nbsp;Historical Statistics of the United States : 25568 banques en 1929, 14772 en 1933 ;<br>
        (2)&nbsp;Le Glass-Steagall Banking Act est abrogé en 1999 par le Gramm-Leach-Bliley Act ;</span></span>
        <div>
          <span style="font-size: 8pt; color: #339966"><span style="color: #339966;">&nbsp;</span></span>
        </div>
        <div style="margin: 0cm 0cm 0pt 1cm; text-align: justify;">
          <span style="font-size: 8pt; color: #333333">La loi Gramm-Leach-Bliley permet à un même conglomérat financier d'offrir toute la palette des services financiers (banque, assurance, titres,
          capital-investissement ...) sous un statut de holding et le contrôle de Federal Reserve Bank. Les banques d'investissement restent contrôlées par la SEC (Les Echos, le 23/09/2008 -
          Splendeurs et misères des établissements d'investissement).<br></span>
        </div>
      </div>
      <div>
        <span style="font-size: 8pt; color: #339966"><span style="color: #339966;"><br>
        <span style="font-size: 8pt; color: #339966"><span style="font-size: 8pt; color: #339966;">(3) Expression convenue&nbsp;dans le jargon professionnel<br></span></span></span></span>
      </div>
      <div>
        <span style="color: #339966"><span style="color: #339966;">(4) Plus grande faillite de tous les temps (103 milliards de dollars d'actifs, 24000 emplois)<br>
        (5)&nbsp;<a href="http://www.elcorreo.eu.org/article.php3?id_article=338"><span style="color: #339966;">http://www.elcorreo.eu.org/article.php3?id_article=338</span></a></span></span>
      </div>
      <div>
        <span style="font-size: 8pt; color: #339966"><span style="color: #339966;">&nbsp;</span></span>
      </div>
      <div style="margin: 0cm 0cm 0pt 1cm">
        <span style="font-size: 8pt; color: #333333">Salomon Smith Barney aura réuni pour WorldCom, Global Crossing ( faillite le 28/01/2002) et Qwest, des capitaux&nbsp;de 24,7 milliards, 5,4
        milliards et 5,6 milliards de dollars. Les commissions respectives&nbsp;furent&nbsp;de 140,7 millions, 83,8 millions et 34,4 millions de dollars.<br></span>
      </div>
    </div>
    <div>
      <span style="font-size: 8pt; color: #339966"><span style="color: #339966;"><br>
      <span style="font-size: 8pt; color: #339966"><span style="font-size: 8pt; color: #339966;">(6) Décembre 1998, Blodget prédit qu'Amazon doublerait&nbsp;en un an :&nbsp;affaire conclue en 3
      semaines !<br>
      (7) Le Nouvel Hebdo, le 23/05/2002<br>
      (8)&nbsp;Le Monde, le 15/09/2003<br>
      (9)&nbsp;Vincent Almond - « Les Mensonges de la Bourse »<br>
      (10)</span> <a href="http://www.efi-formations.com/enron.pdf"><span style="font-size: 8pt; color: #339966;">http://www.efi-formations.com/enron.pdf</span></a><span style=
      "font-size: 8pt; color: #339966;"><br>
      (11</span><span style="font-size: 8pt; color: #339966;">) Le Monde, le 18/07/2002</span></span></span></span>
    </div>
    <div>
      <span style="font-size: 8pt; color: #339966"><span style="font-size: 8pt; color: #339966;">(12)&nbsp;01.Net, le 26/06/2000&nbsp;- « Amazon.com dans la tourmente boursière »<br>
      (13)&nbsp;Edouard Tétreau&nbsp;- « Analyste - Au coeur de la folie financière »<br></span></span><span style="font-size: 8pt; color: #339966;">(14)</span> <a href=
      "http://www.melchior.fr/melchior/melchior.nsf/allbyID/40C6484FD4538DB4C1256CA6003DD3FC"><span style=
      "font-size: 8pt; color: #339966;">http://www.melchior.fr/melchior/melchior.nsf/allbyID/40C6484FD4538DB4C1256CA6003DD3FC</span></a><br>
      <span style="font-size: 8pt; color: blue"><span style="font-size: 8pt; color: #339966;">&nbsp;</span></span>
      <div>
        <div>
          <div style="background: #f8fcff">
            <hr>
          </div><span style="font-weight: normal; font-size: 8pt; color: red"><span style="color: #ff0000;"><br>
          &nbsp;<br>
          <span style="text-decoration: underline;">Illustration</span></span></span> <span style="font-weight: normal; font-size: 8pt; color: red;">: Détail de la Muraille de Chine<br></span><br>
          <br>
          <br>
        </div>
      </div>
    </div>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Fri, 23 Feb 2007 01:00:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.marc-aragon.net/article-5712489.html</guid>
                <category>Historiographie</category>        <comments>http://www.marc-aragon.net/article-5712489-6.html</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Le naufrage de la Barings]]></title>
        <link>http://www.marc-aragon.net/article-15687735.html</link>        <description><![CDATA[<div style="margin: 0cm 0.1pt 0pt">
    &nbsp;
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0.1pt 0pt">
    &nbsp;
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0.1pt 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext;"><span style="font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext;"><img width="208" src=
    "http://idata.over-blog.com/0/39/81/81/Illustrations/francis-baring-copie-1.jpg" height="235" class="GcheTexte"></span> Mardi 17 janvier 1995, à l’aube. Kobé, assoupie, s’éveille doucement. Au
    sud de la ville, face à la baie d’Osaka, les premières lueurs du jour baigneront bientôt le port, Rokko Island, Port Island, et les nombreuses îles artificielles que l’homme a gagnées sur la mer.
    Soudain, à 5h46 locale, la terre se met à gronder. Surgissant de nulle part, un bruit sourd déchire la nuit, aussitôt accompagné de violentes secousses qui ébranlent la cité, semant la terreur,
    la désolation, la mort. Le séisme de Hanshin-Awaji a frappé, avec une infinie brutalité. Kobé est ravagée : 6.000 morts, des blessés en masse, 100 milliards de dollars de dégâts <sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: #800000;"><strong>1</strong></span></sup> <span style="font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext;">! Les Marchés aussi n’aiment pas les <a class="tooltip"
    href="http://www.marc-aragon.net/article-3521019.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">évènements rares</span></span><em>Le 21 octobre 1929 commença la
    fin : le lundi qui suivit, le Dow Jones perdit 13%, le lendemain 12% à nouveau, dans un désordre indescriptible, préludant une crise au long cours de l'économie américaine. On croyait avoir tout
    vu ; pourtant, le 19 octobre 1987, le Dow Jones fera mieux encore, c’est-à-dire pire, qui dévissera de 22,6% en une seule journée …</em></a> : le Nikkei perd 11%. L’onde de choc boursière ira
    jusqu'à Singapour, camp de base d’un trader bientôt fameux, Nick Leeson, qui y opère pour le compte de la banque Barings. Puis jusqu'à Londres : le 26 février 1995, l'une des plus anciennes
    maisons financières de l'île est placée sous tutelle. Le 6 mars 1995, le néerlandais ING rachète la séculaire Barings pour une livre symbolique.</span></span>
  </div>
  <div style="line-height: 12pt; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </div>
  <div style="line-height: 12pt; text-align: justify;">
    <span style="font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext;">Flash-back. C’est à partir de 1762 que les Baring prennent leur envol, devenant vite l’un des premiers marchands du royaume.
    L’affaire croît, embellit, franchissant les océans, armant les vaisseaux de commerce, finançant des prêts, prenant des garanties … De proche en proche, le négoce devient banque. En 1777, naît la
    «&nbsp;Baring Brothers », qui n’aura de cesse de devenir la première banque d’Angleterre, apanage déjà à cette époque des Rothschild</span> <sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: #800000;"><strong>2</strong></span></sup><span style="font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext;">. Prospérant grâce aux affaires&nbsp;maritimes, mais
    aussi, sur le terrain politique, la banque ne craint pas l’ambivalence, qui financera notamment tout à la fois les Américains en guerre contre les Français, et, le corps expéditionnaire de
    Napoléon contre ces mêmes Américains. A l’issue de ce conflit, en 1802, Baring Brothers organisera la vente de la Louisiane, versant à Bonaparte des fonds qui lui seront bien utiles pour mener
    ses propres guerres … notamment contre l'Angleterre ! Ces liens que les Baring sauront entretenir avec les puissants feront dire au Duc de Richelieu, principal ministre de Louis XVIII : « <em>Il
    y a six grandes puissances aujourd'hui en Europe : l'Angleterre, la France, la Prusse, l'Autriche, la Russie et la Maison Baring</em></span> <sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: #800000;"><strong>3</strong></span></sup> <span style="font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext;">». Fortunes et infortunes paveront ainsi l’Histoire de la
    banque. En 1984, la Baring Brothers, devenue la Barings, achète Henderson Crosthwaithe, un courtier britannique impliqué dans les Bourses asiatiques.<br>
    <br>
    Nick Leeson n’a pas quant à lui le privilège de la naissance ; son extraction est basse, ses études sont ordinaires, il rate même son baccalauréat. Son premier emploi l’amène chez Coutts &amp;
    Company, banquiers de la Reine, où il pointe des chèques, sans « <em>qu’il n‘en vît jamais aucun qui fût signé de Charles</em> <em>Windsor</em> <strong><sup><span style=
    "color: #800000;">4</span></sup></strong> ». A l’été 1987, il entre chez Morgan Stanley UK pour y enregistrer les contrats à terme et les options. Il y apprend l'éclat des produits dérivés et se
    fait la main. Il comprend surtout que les feux de la rampe ne brillent pas pour les gratte-papier du back office <strong><sup><span style="color: #800000;">5</span></sup></strong>. Les étoiles
    sont les traders, et ils opèrent dans les salles de marché ! Le 10 juillet 1989, Nick Leeson rejoint la Barings. Imagine-t-on ce jeune homme de 22 ans, au 8 Bishopsgate, en plein cœur de la City,
    en ces lieux écrasés de solennité, à l’atmosphère raréfiée, au silence feutré … et ces murs, couverts de toute la généalogie des maîtres de la place ? Ici, lord Northbrook, premier comte du nom,
    gouverneur des Indes et premier lord de l’Amirauté, là, lord Howick, gouverneur colonial du Kenya, lord Cromer, consul d’Egypte, son fils, gouverneur de la Banque d’Angleterre, …, tous, parentèle
    comprise,&nbsp;à jamais figés dans des postures victoriennes. Qu’a-t-il éprouvé en pareille compagnie, lui qui peu après plombera cette galerie antique du haut de sa roture ? Au printemps 1990,
    Nick Leeson s’envole vers l’Extrême-Orient.<br>
    <br>
    Hong-Kong, Djakarta, du back-office … Singapour enfin&nbsp;! C’est ici que la Barings Futures a ses quartiers, distraitement dirigée par un manager aux nombreuses casquettes directoriales qui se
    désintéresse des opérations sur les dérivés. Entre Londres et Singapour, le flou de l’organigramme est une aubaine pour qui veut prendre le pouvoir. Outrepassant vite le mandat de superviseur des
    règlements qui l’a conduit à Singapour, Nick Leeson, petit à petit, fédère, recrute, organise en même temps qu’il opère, contrôle les opérations qu’il a lui-même menées, à rebours de tous les
    canons de la profession. En 1992, il obtient sa licence de trader&nbsp;: de simple arbitragiste aux ordres, il opère bientôt en compte propre. Il contrôle tout, depuis le front office
    <strong><sup><span style="color: #800000;">6</span></sup></strong>, les transactions à l'avant-scène, jusqu’au back office, l’arrière-cour&nbsp;comptable. Les résultats qu’il obtient sont inouïs,
    à tout le moins paraissent tels, qui feront dire à Peter Baring lui-même,&nbsp;dès 1993 : «&nbsp;<em>Les bénéfices sont devenus spectaculaires après la restructuration&nbsp;: la Barings en a
    conclu qu’en fait il n’était pas très difficile de gagner beaucoup d’argent avec des titres</em>&nbsp;<strong><sup><span style="color: #800000;">4</span></sup></strong> ». Mais le ver est dans le
    fruit&nbsp;: un compte dit d’erreurs, secret, numéroté 88888, qui reçoit les inévitables méprises de la criée commence&nbsp;peu à peu à forcir de mécomptes moins autorisés : fin février 1995, on
    y découvrira une dissimulation abyssale de 827 millions de livres&nbsp;<strong><sup><span style="color: #800000;">7</span></sup></strong> !<br>
    <br>
    Pour surseoir, Leeson ratisse large : entre autres cautèles, il invente une créance fictive sur Citibank, puis une autre de ... 7,78 milliards de yens qu’aurait contractée un courtier
    <strong><sup><span style="color: #800000;">8</span></sup></strong> sur une transaction hors marché, payée par la Barings Futures en lieu et place de la BNP <strong><sup><span style=
    "color: #800000;">4</span></sup></strong> ! Ses opérations au feu ne sont pas mieux auditées : le trou enfle. Il multiplie les risques, joue d’abord la stabilité du Nikkei sur des <a class=
    "tooltip" href="http://www.marc-aragon.net/article-3982252.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">marchés à terme</span></span><em>Sur le Chicago Board of
    Trade (CBoT), l’un des cénacles où se cotent les produits agricoles, les traders font bouillir le riz ; l'élan de la graminée pousse quelques-uns à parier sur le doublement du prix du riz d’ici
    deux ans …</em></a> où l’appel de marge est quotidien. Londres comble mais s’inquiète. Le séisme de Kobé sonne l'hallali : le Nikkei perd 1000 points. Leeson joue la reprise et vend alors des
    options (<em>puts</em>) sur l’indice, une manoeuvre dilatoire qui permet d’encaisser aussitôt une prime et de régénérer une liquidité temporaire. Le Marché ne suit pas, et la prime reçue n’est
    que de payer continûment l’appel de marge du lendemain. Désemparé, notre trader s’invite sur le marché OTC <strong><sup><span style="color: #800000;">9</span></sup></strong>, où des gens bien
    élevés négocient hors bourse des transactions sans appel de marge. Une bouffée d’oxygène. Mais il est talonné : et le temps ne permettra pas que son pari d’une remontée du Nikkei soit gagnant, ou
    plus mortifère. Ce jeu où la perte potentielle est immense, égale en limite au notionnel, expédiera la Barings <em>ad patres</em>. La Banque d'Angleterre ne leva pas le petit doigt, afin qu'on ne
    pût croire qu'elle épongerait les pratiques rouées de quiconque, fût-il de son lignage. La reine Elizabeth opina : « <em>We are not amused</em> ».&nbsp;</span>
  </div>
  <div style="line-height: 12pt; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </div>
  <div style="line-height: 12pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">En septembre 1995, la banque japonaise Daiwa&nbsp;corna une perte de 1,1 milliards de dollars et la fermeture de ses bureaux new-yorkais, suite&nbsp;aux mauvaises
    affaires de Toshihide Iguchi, l’un de ses traders sur place <strong><sup><span style="color: #800000;">10</span></sup></strong>. En 2001,&nbsp;John Rusnak,&nbsp;fera perdre 691 millions de
    dollars à la banque AllFirst de Baltimore, filiale américaine de la major irlandaise Allied Irish Bank <strong><sup><span style="color: #800000;">11</span></sup></strong>. Et tant d’autres
    histoires de <a class="tooltip" href="http://www.marc-aragon.net/article-16041415.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">traders
    éblouissants</span></span><em>Nick Leeson ne fut ni l'aîné ni le plus argenticide des traders voyous. D’autres l’avaient précédé, comme Howard Rubin, qui, dès 1987, avait déshabillé la banque
    d'affaires américaine Merrill Lynch de quelque 250 millions de dollars, ou Joseph Jett, qui tondit Kidder Peabody de 400 millions en 1994 sur des bons du Trésor …</em></a>, fascinés par l’argent
    roi, mal contrôlés par leur hiérarchie, pris dans la spirale du&nbsp;recouvrement de pertes ne cessant de s’accroître et finalement maquillant les comptes. Le portrait&nbsp;du virtuose&nbsp;de la
    Barings est tout entier là.&nbsp;</span>
  </div>
  <div style="line-height: 12pt; text-align: justify;">
    &nbsp;
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    &nbsp;
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    <hr>
  </div>
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    &nbsp;
  </div>
  <div>
    <span style="font-weight: normal; font-size: 8pt; color: #339966;">(1) Le Monde Diplomatique, Août 1996 - «&nbsp;Et si le Japon faisait faillite »<br>
    (2) Les Echos, le 18/08/2005 - « Francis Baring » - Tristan Gaston-Breton<br>
    (3) Emmanuel de Waresquiel (2003) - « Talleyrand, le prince immobile »<br>
    (4) Nick Leeson (1999) - «&nbsp;Rogue trader »</span> <span style="font-weight: normal; font-size: 10pt; color: #339966;"><br></span><span style=
    "font-weight: normal; font-size: 8pt; color: #339966;">(5) Suivi administratif et comptable des transactions conclues par les négociateurs &nbsp;</span>
  </div>
  <div>
    <span style="font-weight: normal; font-size: 8pt; color: #339966;">(6) Prise directe des négociateurs avec le Marché (par exemple anciennement la Corbeille) ;<br>
    (7) La Vie Financière, du 24 au 30 août 2007 - «&nbsp;La chute de la banque Barings »<br>
    (8) Le courtier en question est Spear, Leeds &amp; Kellogg<br>
    (9) OTC : Over The Counter (littéralement Au-dessus du comptoir)<br>
    (10) Washington Times, le 27/09/1995 - «&nbsp;Toshihide Iguchi »<br>
    (11) The London Independent, le 18/01/2003 -&nbsp;&nbsp;«&nbsp;Rogue currency trader Rusnak jailed … &nbsp;»</span>
  </div>
  <div>
    <span style=
    "font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span>
  </div>
  <div>
    <hr>
  </div><span style="font-weight: normal; font-size: 8pt; color: #ff0000;"><span style="text-decoration: underline;"><br>
  Illustration</span> : Sir Francis Baring, banquier d'Angleterre</span>&nbsp;
  <div>
    &nbsp;
  </div>
  <div>
    &nbsp;
  </div>]]></description>
        <pubDate>Tue, 26 Dec 2006 01:26:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.marc-aragon.net/article-15687735.html</guid>
                <category>Historiographie</category>        <comments>http://www.marc-aragon.net/article-15687735-6.html</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Gourous chartistes]]></title>
        <link>http://www.marc-aragon.net/article-4136394.html</link>        <description><![CDATA[
  <div align="justify">
    <span style="font-size: 10pt; color: black">&nbsp;</span>
  </div>
  <div align="justify">
    <span style="font-size: 10pt; color: black">&nbsp;</span>
  </div>
  <div align="justify">
    <span style="font-size: 10pt; color: black"><span style="font-size: 10pt; color: black"><img class="GcheTexte" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/39/81/81/2006040200441301.jpg"></span>Qui
    se souvient de William Hamilton ? Ce journaliste écossais rallia les rangs du Wall Street Journal en 1899, comme reporter, où il trouverait matière à entrer dans l'Histoire du chartisme boursier.
    En 1903, il succéda à la rédaction en chef du journal, à un certain <a href="http://marc-aragon.over-blog.net/article-3924516.html"><font face="Times New Roman" color="#3366FF">Charles
    Dow</font></a>, créateur de l'indice éponyme new-yorkais, qui devint une sorte de père spirituel pour les fans d’Analyse Technique. Son successeur britannique sera son plus grand prosélyte
    posthume, relayé par un certain Robert Rhéa, demeuré quant à lui au panthéon des oubliés. Le lundi 21 Octobre 1929, trois jours avant le désastre, William Hamilton publia dans son journal un
    article sensationnel « <em>A Turn in the Tide</em> » - Le reflux.</span>
  </div>
  <div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
  <div align="justify">
    <span style="font-size: 10pt; color: black">&nbsp;</span>
  </div>
  <div align="justify">
    <span style="font-size: 10pt; color: black">Il y annonçait l'imminence d'un krach sur la foi des apprêts graphiques de son maître, Charles Dow : on ne pouvait mieux voir ! Las, on apprit plus
    tard que ledit Hamilton avait déjà pronostiqué le krach en 1927, puis en 1928 <sup><strong><font color="#800000">1</font></strong></sup>. Tôt ou tard, les choses finissent par arriver&nbsp;: mais
    nous ne savons jamais dans quel ordre ni sous quel délai.&nbsp;</span><span style="font-size: 10pt; color: black">Cette infortune fut de mauvais aloi : de proche en proche, l’Analyse Technique
    tomba peu à peu en désuétude. Jusqu’à l’aube des années 1980 …</span>
  </div>
  <div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
  <div align="justify">
    <span style="font-size: 10pt; color: black">Joseph Granville fut un&nbsp;analyste technique très écouté au début&nbsp;des années 1980. Animateur de séminaires qui rameutaient toujours une grande
    presse, rédacteur d’une lettre d’analyse - la «&nbsp;Granville Market Letter&nbsp;» -, auteur prolixe d’ouvrages sur le fait boursier et autres friandises («&nbsp;How to win at Bingo&nbsp;» -
    «&nbsp; Comment gagner au Bingo&nbsp;»), il est entré dans la gloire chartiste en introduisant, dès 1963, un indicateur technique baptisé On Balance Volume (OBV). Cet indicateur, qui, selon les
    canons désormais bien connus de cet art, additionne et soustrait <font color="#800000"><sup><strong>2</strong></sup></font>, puis analyse et suppute, serait, selon les initiés, particulièrement
    recommandé lorsque la tendance est peu lisible sur le cours. D’aucuns sauraient y déceler les prémices d’une OPA. Comme tous les gourous, Joseph Granville avait le pouvoir de faire bouger le
    marché, selon le préjugé commun qu’une réussite passée ne peut naître que d’un génie particulier. Puis, son aura faiblit, au gré de prédictions de moindre pertinence, et le désastre financier
    qu’il lut avec constance dans les graphiques de la cote, fit passer ceux dont il avait l’oreille à côté de la formidable hausse des années 1980.</span>
  </div>
  <div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
  <div align="justify">
    <span style="font-size: 10pt; color: black">Son influence déclinait à peine qu’une nouvelle étoile s’annonçait déjà, brillant des mille feux du grand marché haussier de ce temps : Robert Prechter
    devint la nouvelle référence. Grand vulgarisateur des thèses obscures de <font color="#0000FF"><a href="http://marc-aragon.over-blog.net/article-3431653.html"><font face="Times New Roman" color=
    "#0000FF"><font color="#3366FF">Ralph</font> <font color="#3366FF">Elliott</font></font></a></font> dont nul n’avait jamais entendu parler, il soumit les fameuses vagues elliottistes à la
    question, et ses prédictions furent remarquables. Puis vint le krach d’octobre 1987 qui gâta tout ; à l’instar de Joseph Granville, Robert Prechter devint baissier chronique, et surfa à
    contre-courant de la hausse triomphale des années 1990. L’explosion de la bulle Internet lui donnera tardivement raison quand les cours cessèrent enfin de défier les lois de la gravité. Las, les
    marchés, qui ne font jamais les choses aussitôt qu’on le désirerait, avaient déjà signé la disgrâce de Robert Prechter : les traders, âpres au gain, n’ont pas la patience d’attendre ...</span>
  </div>
  <div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
  <div align="justify">
    <span style="font-size: 10pt; color: black">On adouba alors Elaine Garzarelli, enfant chérie de Wall Street, vice-président de la banque d’investissement Lehman Brothers et spécialiste de
    l’Analyse Technique, qui fit la une de magazines en vogue après avoir prédit le krach de 1987. Nul qui n’ait annoncé un fait majeur boursier ne peut prétendre aux honneurs de l’influence, aussi
    bien que quiconque y a réussi se montre souvent en peine de rééditer. En sorte qu’Elaine Garzarelli, qui prédisait le marché en combinant une bonne douzaine d’indicateurs techniques, perdit
    rapidement de son prestige en même temps que ses prophéties faillaient. Elle rata le rebond au sortir du krach et le fonds de placement qu’elle avait crée, tout entier dévolu à sa gloire
    naissante, ne battit jamais le marché. En 1994, elle quitta Lehman Brothers et, peu de temps après, créa sa propre société Garzarelli Research Inc <font color=
    "#800000"><sup><strong>3</strong></sup></font>.</span>
  </div>
  <div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
  <div align="justify">
    <span style="font-size: 10pt; color: black">Et quelques autres, dont nous reparlerons une autre fois. La difficulté pour le trader est de dénicher les gourous avant leurs exploits. Après, c’est
    souvent trop tard.<br>
    <br>
    <br></span>
    <hr align="center" width="100%" size="2">
  </div>
  <div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
  <div align="justify">
    <font size="1"><font color="#339966"><span style="font-size: 7.5pt; color: #339966">(1) Peter Bernstein -</span> <span style="font-size: 10pt; color: #339966"><font size="1">«&nbsp;Des Idées
    Capitales</font></span> </font></font><span style="font-size: 10pt; color: #339966"><font color="#339966" size="1">»<br>
    (2) L'OBV s'intéresse aux volumes de transactions<span style="font-size: 10pt; color: #339966"><font color="#339966" size="1"><br>
    (3) Burton Malkiel&nbsp;- <span style="font-size: 10pt; color: #339966"><font size="1">«&nbsp;Une Marche auHasard à travers la Bourse</font></span><span style=
    "font-size: 7.5pt; color: #339966">&nbsp;</span><span style="font-size: 10pt; color: #339966"><font color="#339966" size="1">»</font></span></font></span><br></font></span>&nbsp;
  </div>
  <div align="justify">
    <hr align="center" width="100%" size="2">
  </div>
  <div align="justify">
    &nbsp;
  </div>

  
]]></description>
        <pubDate>Wed, 11 Oct 2006 23:44:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.marc-aragon.net/article-4136394.html</guid>
                <category>Historiographie</category>        <comments>http://www.marc-aragon.net/article-4136394-6.html</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Le Maître des Indices]]></title>
        <link>http://www.marc-aragon.net/article-3924516.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    &nbsp;
  </p>
  <p align="justify">
    <span style="font-size: 10pt;"><img  width="201" src="http://idata.over-blog.com/0/39/81/81/Illustrations/Wall-Street-Panic-1884.jpg" height="300" class=
    "GcheTexte">Charles Henry Dow est un homme taciturne. On le dit calme, réfléchi, ne s’emportant guère, un brin conservateur. Il débute sa carrière dans le journalisme en 1872, au Springfield
    Daily Republican, après avoir quitté la ferme familiale de Sterling, dans le Connecticut. La finance lui plaît. En 1882, il crée avec un ami journaliste financier, Edward Jones, une agence de
    presse, la Dow Jones &amp; Company, qui édite quotidiennement une lettre d’informations, la Customer's Afternoon Letter, l’ancêtre du Wall Street Journal. Le 3 juillet 1884, on y publiera, pour
    la première fois dans les annales de la finance, un indice supposé refléter les cours d'une&nbsp;sélection de titres de l’économie américaine. L'idée fera date, qui s'enracinera : aujourd'hui
    encore, cet indice domine la Bourse de New York.&nbsp;C</span><span style="font-size: 10pt;">’est là l’innovation majeure de Charles Dow : cet échantillon de onze valeurs, intégrant neuf sociétés
    de chemin de fer et deux sociétés industrielles, dont on a additionné les cours de clôture avant de les diviser par onze, sans balancement de leurs importances respectives, produit une moyenne
    arithmétique, un indice, qui, douze années plus tard, en 1896, deviendra l’indice Dow Jones Industrial Average.<br>
    <br></span><span style="font-size: 10pt;">L’indice phare de la bourse américaine, qui groupe trente sociétés depuis 1928, appelées <em>blue-chips</em>, demeure calculé ainsi que Charles Dow
    l’avait imaginé, sans pondération des <a href="http://www.marc-aragon.net/article-3616032.html"><span style="color: #3366ff; font-family: Times New Roman;">capitalisations boursières</span></a>
    contrairement au CAC par exemple. Pour l’anecdote, un troisième homme, Charles Milford Bergstresser, restera l’oublié de l’histoire, lui qui pourtant était de la création de la Dow Jones &amp;
    Company en 1882, et qui finança seul l’équipée, palliant ses compères désargentés. Son nom, trop long, trop compliqué, peu attrayant, doublé d’un désintérêt du personnage pour les feux de la
    rampe, fit de lui le « &amp; Company » du trio, bientôt rejoint par une cinquantaine d’autres membres à l’avènement du Wall Street Journal en 1889. Ainsi, le Dow Jones Bergstresser Industrial
    Average qui aurait dû être ne sera jamais. Ce qui n’est en vérité que justice tant Charles Dow en est le seul géniteur.<br>
    <br></span><span style="font-size: 10pt;">Dans ses éloges, Charles Dow est resté le contributeur principal à la compréhension des marchés boursiers, grâce aux articles qu’il fit paraître dans son
    journal entre 1900 et 1902, après qu’Edward Jones eut quitté le navire. Il&nbsp;développa dans ses éditoriaux ses observations qui firent de lui le pape de l’Analyse Technique, et qui demeurent
    la bible des chartistes. William Peter Hamilton, son successeur à la rédaction en chef du Wall Street Journal, sera son meilleur porte-voix, qui prédira dans un article désormais célèbre « <em>A
    Turn In The Tide</em> » le fameux krach de 1929. Il est vrai qu'Hamilton avait fait la même annonce en 1927, puis en 1928 <span style="color: #800000;"><sup><strong>1</strong></sup></span>. En
    ces années-là déjà, tout finissait par arriver à qui savait attendre. Tôt ou tard.<br>
    <br></span><span style="font-size: 10pt;">Ces théories, qui continuent de hanter la planète boursière, ont été depuis revues et corrigées, actualisées, en même temps que la technologie
    simplifiait l’accès aux terrains de jeu financiers. Ses temples devinrent alors miraculeusement accessibles d’un simple clic de souris, comme le Forex, le marché mondial des devises, qui cote
    sans discontinuer, de jour comme de nuit, où la promesse de gains ultra rapides est là, à portée de main, irrésistible. Des analystes se mirent au travail pour épousseter les anciennes méthodes,
    les remettre au goût du jour, en promouvoir de nouvelles, comme, par exemple, les oscillateurs quantitatifs qui jaugeraient l’ampleur et la force d’un mouvement de cours. Des commerçants
    s’insinuèrent dans la partie, bientôt rejoints par tout un aréopage de faiseurs d’argent, cabinets de conseils, officines, experts en décryptage …, qui s’y entendirent pour coloniser la planète
    financière toute entière. En moins de quinze ans, l’Analyse Technique était devenue le premier moteur décisionnel des investisseurs boursiers.<br>
    <br></span><span style="font-size: 10pt;">Curieusement, nul ne semble s’étonner que des concepts quasi-séculaires, quoique époussetés, témoins de pratiques boursières d’un autre temps, immergés
    dans des réalités socio-économiques incomparables, dérivant de marchés étroits, réservés à des élites fortunées, mal instrumentés, mal alimentés, bref, que des concepts à l’évidence hors de
    contexte aient&nbsp;pu traverser le temps intacts, sans prendre une ride. Hélas, l’Analyse Technique n’est pas la physique newtonienne, tricentenaire et vigoureuse - aussi bien d’ailleurs que sir
    Isaac ne fut pas un spéculateur avisé, qui se fit plumer dans le krach de la South Sea Company en 1720 <sup><span style="color: #800000;"><strong>2</strong></span></sup> !<br></span> <span style=
    "font-size: 10pt;"><br>
    Charles Dow mourut jeune, à 51 ans, en 1902, tout juste neuf mois après la vente de Dow Jones &amp; Company. Après sa mort, ses principes des rides, des vagues et des marées de l’eau devinrent
    une espèce de religion.</span><span style="font-size: 10pt;"><br></span><span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p align="justify"></p>
  <hr size="2">
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt; color: #339966;"><span style="font-size: 8pt; color: #339966;">(1) Philippe Bernard&nbsp;- <span style="font-size: 10pt; color: #339966;"><span style=
    "font-size: 8pt;">«&nbsp;La Transmission de l'Information par les Prix</span></span><span style="font-size: 7.5pt; color: #339966;">&nbsp;</span><span style=
    "font-size: 10pt; color: #339966;"><span style="font-size: 8pt; color: #339966;">» - Juin 2000<br>
    (2) John Galbraith&nbsp;- <span style="font-size: 10pt; color: #339966;"><span style="font-size: 8pt;">«&nbsp;Brève Histoire de l'Euphorie Financière</span></span><span style=
    "font-size: 7.5pt; color: #339966;">&nbsp;</span><span style="font-size: 10pt; color: #339966;"><span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966;">»</span></span></span></span><br></span></span><span style="font-size: 10pt; color: #339966;"><br></span>
  </p>
  <hr size="2">
  <div>
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    <span style="font-size: 8.5pt; background: white; color: #ff0000;"><span style="font-size: 7.5pt; color: #ff0000;"><a href=
    "https://www.boursorama.com/forum/message.phtml?symbole=1rPCAC&amp;id_message=353436553"><span style="color: #ff0000;">Cet&nbsp;article a également été&nbsp;posté sur un forum généraliste
    Boursorama.&nbsp;Si vous agréez son contenu, cliquez ici&nbsp;pour l'y recommander&nbsp;:&nbsp;vous&nbsp;accroîtrez son audience et celle de l'auteur</span></a></span></span>
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  </div>]]></description>
        <pubDate>Fri, 22 Sep 2006 18:56:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.marc-aragon.net/article-3924516.html</guid>
                <category>Historiographie</category>        <comments>http://www.marc-aragon.net/article-3924516-6.html</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Le Maître des Chandeliers]]></title>
        <link>http://www.marc-aragon.net/article-3857096.html</link>        <description><![CDATA[<div style="BACKGROUND: #f8fcff; LINE-HEIGHT: 12pt" align="justify"><strong></strong></div>
<div style="BACKGROUND: #f8fcff; LINE-HEIGHT: 12pt" align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt">&nbsp;</span></div>
<div style="BACKGROUND: #f8fcff; LINE-HEIGHT: 12pt" align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt">&nbsp;</span></div>
<div style="BACKGROUND: #f8fcff; LINE-HEIGHT: 12pt" align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt"><span style="FONT-SIZE: 10pt"><img class="GcheTexte" height="299" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/39/81/81/samurai_japon.gif" width="163" /></span>Au d&eacute;but du XVII<sup>e </sup>si&egrave;cle, le Japon est une mosa&iuml;que f&eacute;odale de soixante provinces &eacute;reint&eacute;es par des conflits de voisinage incessants. Les seigneurs s&rsquo;entrebattent contin&ucirc;ment pour des questions territoriales, fid&egrave;les en cela &agrave; ce qui constitue la principale occupation de l&rsquo;homme depuis la nuit des temps, la guerre. La mutation g&eacute;opolitique s&rsquo;op&egrave;re enfin sous l&rsquo;effort conjoint d&rsquo;unification de trois puissants chefs dont on chante encore aujourd&rsquo;hui les louanges. L&rsquo;un d&rsquo;eux, Ieyasu Tokugawai, fondera une dynastie de shoguns qui dirigera le Japon plus de deux si&egrave;cles durant.&nbsp;</span><span style="FONT-SIZE: 10pt">La paix qui s&rsquo;installe alors permet au pays un renouveau &eacute;conomique. L&rsquo;agriculture se d&eacute;veloppe, principalement celle du riz qui sert &eacute;galement de valeur &eacute;talon en l&rsquo;absence de monnaie unique suffisamment stable. Des bourses d&rsquo;&eacute;change naissent un peu partout, pour l&rsquo;essentiel &agrave; proximit&eacute; des zones portuaires. La pr&eacute;cieuse gramin&eacute;e, premi&egrave;re production de l&rsquo;&eacute;conomie nationale, y est stock&eacute;e dans des entrep&ocirc;ts. Le plus important est &agrave; Osaka, ville consid&eacute;r&eacute;e alors comme la plaque tournante du commerce japonais. </span></div>
<div style="BACKGROUND: #f8fcff; LINE-HEIGHT: 12pt" align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt">&nbsp;</span></div>
<div style="BACKGROUND: #f8fcff; LINE-HEIGHT: 12pt" align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt">Un march&eacute; national du riz, f&eacute;d&eacute;rant l&rsquo;ensemble des march&eacute;s locaux, trop isol&eacute;s, s&rsquo;y installe, qui gommera bien vite l&rsquo;&eacute;troitesse de l&rsquo;offre des places r&eacute;gionales. Jusqu&rsquo;en 1710, les &eacute;changes ne porteront que sur du &laquo;&nbsp;riz physique&nbsp;&raquo;&nbsp;: la marchandise est r&eacute;ellement livr&eacute;e d&egrave;s la conclusion de l&rsquo;affaire, install&eacute;e sur le chariot de l&rsquo;acheteur qui peut alors s&rsquo;en retourner. </span></div>
<div style="BACKGROUND: #f8fcff; LINE-HEIGHT: 12pt" align="justify">&nbsp;</div>
<div style="BACKGROUND: #f8fcff; LINE-HEIGHT: 12pt" align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt">Cependant, les seigneurs locaux, gens de pouvoir, insoucieux de l&rsquo;intendance pourvu qu&rsquo;elle n&rsquo;entrav&acirc;t pas leur quotidien, vivaient dispendieusement et se trouvaient fort d&eacute;pourvus leurs stocks de riz vendus. Quelques-uns, par marchands interpos&eacute;s, furent tent&eacute;s de manipuler les cours, qu&rsquo;on dissuada sommairement. D&rsquo;autres, plus directement, se souvenant des anciennes coutumes, purent reprendre les armes pour s&rsquo;approprier par la force les rizicultures voisines. Mais ces tentatives firent long feu. Le shogun veillait et les m&oelig;urs avaient chang&eacute;&nbsp;: on se mit &agrave; hypoth&eacute;quer les r&eacute;coltes des prochaines saisons. Des &laquo;&nbsp;tickets (ou coupons) de riz&nbsp;&raquo; apparurent, qui concr&eacute;tisaient la promesse d&rsquo;une livraison &agrave; terme. Un march&eacute; secondaire &eacute;mergea rapidement o&ugrave; ces r&eacute;c&eacute;piss&eacute;s pouvaient s&rsquo;&eacute;changer, s&rsquo;acheter et se vendre dans la plus pure tradition de la sp&eacute;culation et du lucre. Le &laquo;&nbsp;riz papier&nbsp;&raquo; devint tr&egrave;s populaire. Au Dojima Rice Exchange, le march&eacute; d&rsquo;Osaka, on put observer certaines ann&eacute;es que les promesses de livraison exc&eacute;daient jusqu&rsquo;&agrave; quatre fois la production annuelle de riz du Japon <sup><font color="#800000"><strong>1</strong></font></sup>&nbsp;! Ainsi, pour la majorit&eacute;, porteuse du mistigri en dernier ressort, le &laquo;&nbsp;riz papier&nbsp;&raquo; fut-il moins nourricier que le &laquo;&nbsp;riz physique&nbsp;&raquo; &hellip;</span></div>
<div style="BACKGROUND: #f8fcff; LINE-HEIGHT: 12pt" align="justify">&nbsp;</div>
<div style="BACKGROUND: #f8fcff; LINE-HEIGHT: 12pt" align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt">C&rsquo;est dans ce contexte-l&agrave; que survient notre h&eacute;ros du moment. Il s&rsquo;appelle Munehisa Homma (1724-1803) <font color="#800000"><sup><strong>2</strong></sup></font>. Il est issu d&rsquo;une famille ais&eacute;e qu&rsquo;une immense propri&eacute;t&eacute; entour&eacute;e de rizi&egrave;res a enrichie. Quoique cadet, c&rsquo;est lui qui prendra en charge les affaires familiales &agrave; la mort de son p&egrave;re. Il est intelligent et comprend vite le parti qu&rsquo;il pourra tirer du n&eacute;goce boursier. Propri&eacute;taire terrien lui-m&ecirc;me, cultivant le riz m&eacute;thodiquement, consignant chaque ann&eacute;e les impacts m&eacute;t&eacute;orologiques, il sait de quoi il parle et peut objectivement anticiper ce que r&eacute;servera le &laquo;&nbsp;riz physique&nbsp;&raquo; &agrave; la prochaine r&eacute;colte. En outre, il a parfaitement compris que les ressorts auxquels ob&eacute;issait le &laquo;&nbsp;riz papier&nbsp;&raquo; &eacute;taient de toute autre nature, li&eacute;s pour l&rsquo;essentiel &agrave; l&rsquo;affect des investisseurs. Une &eacute;tude m&eacute;ticuleuse des cotations pass&eacute;es lui fait appara&icirc;tre l&rsquo;influence des &eacute;v&egrave;nements ext&eacute;rieurs, politiques, sociaux et militaires, ce qui l&rsquo;am&egrave;nera, bien avant Nathan Rothschild et ses pigeons voyageurs, a constituer un r&eacute;seau d&rsquo;information particuli&egrave;rement efficace <font color="#800000"><sup><strong>3</strong></sup></font>. </span></div>
<div style="BACKGROUND: #f8fcff; LINE-HEIGHT: 12pt" align="justify">&nbsp;</div>
<div style="BACKGROUND: #f8fcff; LINE-HEIGHT: 12pt" align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt">Bref, il est le premier au pays du Soleil Levant &agrave; mener une approche pens&eacute;e du fait boursier, &agrave; tenter de &laquo;&nbsp;<em>vaincre le jeu par le calcul</em>&nbsp;&raquo;. Il y r&eacute;ussira mieux que bien, depuis ses d&eacute;buts dans la modeste bourse du port de p&ecirc;che de Sakata &ndash; sa province natale -, sa domination du Dojima Rice Exchange d&rsquo;Osaka, jusqu&rsquo;&agrave;&nbsp;la bourse r&eacute;gionale d&rsquo;Edo, aujourd&rsquo;hui Tokyo. Il consigna ses exp&eacute;riences et sa m&eacute;thode de trading dans deux livres qu&rsquo;il &eacute;crivit au soir de sa vie, d&eacute;signant la psychologie des op&eacute;rateurs comme &eacute;l&eacute;ment central de la formation des prix. Un autre de ses m&eacute;rites est d&rsquo;avoir imagin&eacute; une repr&eacute;sentation symbolique des courbes de cours tout &agrave; fait originale, riche et&nbsp;lisible. Les signes utilis&eacute;s ressemblent &agrave; des bougies, en sorte qu'on baptisa&nbsp;cette&nbsp;lecture&nbsp;&laquo;&nbsp;Technique des <a href="http://marc-aragon.over-blog.net/article-5463012.html"><font face="Times New Roman" color="#3366ff">Chandeliers Japonais</font></a>&nbsp;&raquo;. Aujourd&rsquo;hui encore, et de plus en plus, ce format graphique,&nbsp;plus figuratif et signifiant que les habituels <em>bar charts,</em> est largement r&eacute;pandu. L&rsquo;interpr&eacute;tation est&nbsp;plus incertaine &hellip; </span></div>
<div style="BACKGROUND: #f8fcff; LINE-HEIGHT: 12pt" align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt">&nbsp;</span></div>
<div style="BACKGROUND: #f8fcff; LINE-HEIGHT: 12pt" align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt"></span></div>
<div style="BACKGROUND: #f8fcff; LINE-HEIGHT: 12pt" align="justify"><span style="FONT-SIZE: 10pt">Munehisa Homma, Ma&icirc;tre des Chandeliers,&nbsp;mourut en 1803, salu&eacute; par les siens. On lui d&eacute;cerna le titre honorifique de samoura&iuml;.<br /><br /><br /></span></div>
<span style="FONT-SIZE: 10pt">
<div style="BACKGROUND: #f8fcff; LINE-HEIGHT: 12pt" align="justify"><hr align="center" width="100%" size="2" /></div>
</span>
<div align="justify">&nbsp;</div>
<div align="justify"><font size="1"><font color="#339966"><span style="FONT-SIZE: 7.5pt; COLOR: #339966">(1) Steve Nison - <span style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: #339966"><font size="1">&laquo;&nbsp;Les Chandeliers Japonais</font></span><span style="FONT-SIZE: 7.5pt; COLOR: #339966"> </span><span style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: #339966"><font color="#339966" size="1">&raquo;</font></span><br />(2) Le patronyme de ce n&eacute;gociant japonais est diversement orthographi&eacute;. Son nom est parfois traduit comme Sokyu, tandis que son nom peut se rencontrer sous la forme de Honma ou Homna. Le choix retenu, Munehisa Homma, est celui de la Nippon Technical Association.</span></font></font><span style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: #339966"><font color="#339966" size="1"><span style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: #339966"><font color="#339966" size="1"><br />(3) Fran&ccedil;ois Baron&nbsp;- <span style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: #339966"><font size="1">&laquo;&nbsp;Chandeliers Japonais</font></span><span style="FONT-SIZE: 7.5pt; COLOR: #339966">&nbsp;</span><span style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: #339966"><font color="#339966" size="1">&raquo;</font></span></font></span><br /></font></span>&nbsp;</div>
<span style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: #339966">
<div align="justify"><hr align="center" width="100%" size="2" /></div>
</span><span style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: #339966">
<div align="justify"><br /><span style="FONT-SIZE: 7.5pt"><font color="#0000ff"><a href="http://marc-aragon.over-blog.net/article-3569964.html"><span style="FONT-SIZE: 7.5pt"><font color="#0000ff">March&eacute;s d&eacute;riv&eacute;s boursiers</font></span></a><a href="http://marc-aragon.over-blog.net/article-3470197.html"><br /></a></font></span><br /></div>
</span><span style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: #339966">
<div align="justify"><hr align="center" width="100%" size="2" /></div>
</span>
<div align="justify">&nbsp;</div>
<div align="center"><span style="FONT-SIZE: 8.5pt; BACKGROUND: white; COLOR: red"><span style="FONT-SIZE: 7.5pt; COLOR: red"><a href="https://www.boursorama.com/forum/message.phtml?symbole=1rPCAC&amp;id_message=353436622"><font color="#ff0000">Cet&nbsp;article a &eacute;galement &eacute;t&eacute;&nbsp;post&eacute; sur un forum g&eacute;n&eacute;raliste Boursorama.&nbsp;Si vous agr&eacute;ez son contenu, cliquez ici&nbsp;pour l'y recommander&nbsp;:&nbsp;vous&nbsp;accro&icirc;trez son audience et celle de l'auteur</font></a></span></span></div>
<div align="justify">&nbsp;</div>
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        <pubDate>Sat, 16 Sep 2006 13:36:20 +0200</pubDate>        <guid >http://www.marc-aragon.net/article-3857096.html</guid>
                <category>Historiographie</category>        <comments>http://www.marc-aragon.net/article-3857096-6.html</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Le Maître des Vagues]]></title>
        <link>http://www.marc-aragon.net/article-3431653.html</link>        <description><![CDATA[
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    <span style="font-size: 10pt">&nbsp;</span>
  </div>
  <div>
    <span style="font-size: 10pt">&nbsp;</span>
  </div>
  <div align="justify">
    <span style="font-size: 10pt"><span style="font-size: 10pt"><img class="GcheTexte" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/39/81/81/r_n_elliott.gif"></span>Ralph Nelson Elliott, estimable
    comptable du Middle West, conçut dans les années 1930 une approche nouvelle d’analyse graphique des cours boursiers, fondée sur la psychologie des opérateurs. Selon lui, celle-ci alternait en
    séquences successives d’optimisme et de pessimisme, parfois mâtinées d’épisodes de grande euphorie ou de profonde panique. Ces sortes de vagues, bien connues aujourd’hui des chartistes,
    semblaient se répéter à différentes échelles de temps. Un observateur aguerri les aurait perçu aisément pour peu que son intuition ne comptât pas davantage que le résultat qu’il voulait y voir et
    celui que la réalité produirait réellement.&nbsp;</span><span style="font-size: 10pt">Aussi, pour atténuer le côté subjectif du procédé, et soucieux de donner quelque consistance théorique à la
    méthode, Ralph Elliott s’appuya sur la suite arithmétique la plus fameuse au monde : celle, quasi-millénaire, de Fibonacci.&nbsp;<br>
    <br>
    &nbsp;<br>
    Léonard de Pise -&nbsp;</span><span style="font-size: 10pt">«</span> <span style="font-size: 10pt">Filius Bonacci&nbsp;</span><span style="font-size: 10pt">»</span> <span style=
    "font-size: 10pt">ou Fibonacci -, mathématicien italien (1175 - 1240), décrivit une formidable famille de suite de nombres, aux propriétés tout à fait étonnantes, qui demeure aujourd’hui encore
    d’une grande curiosité. Prenons deux nombres quelconques, par exemple 2 et 6. Additionnons-les : nous obtenons 8. Ajoutons maintenant le nouveau venu, 8, à celui qui le précède dans la suite,
    c’est-à-dire 6, et nous obtenons 14. En poursuivant de la sorte, on obtient une suite de Fibonacci où chaque terme est la somme des deux précédents. Dans notre exemple, nous obtiendrions la série
    suivante : 2, 6, 8,14, 22, 36, 58, 94, 152, 246 ... L’une des curiosités de toutes les suites de Fibonacci, quels que soient les deux premiers nombres, est que la division d’un nombre par celui
    qui le précède tend rapidement vers le nombre 1,618. Ici, 94 divisé par 58 donne déjà 1,62068, mais 152 divisé par 94 donne 1,61702 et 246 divisé par 152 est encore plus proche qui donne
    1,61842.</span>
  </div>
  <div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
  <div align="justify">
    <span style="font-size: 10pt">Le fin mot de cette histoire est que ce nombre est connu sous le nom de nombre d’or, repéré dans les rapports architecturaux de la pyramide de Kheops, dans les
    proportions que le sculpteur grec Phidias retint pour la décoration du Parthénon à Athènes, dans le partage, qu’Euclide qualifia de divin, en&nbsp;<span style="font-size: 10pt">«</span> extrême
    et moyenne raison <span style="font-size: 10pt">»</span>&nbsp;d’un segment, dans les rapports de longueur que les bâtisseurs de cathédrales utilisaient au Moyen-Âge ... Toute autre proportion eût
    fait l’affaire, on retint celle-ci, et on en trouva des manifestations autant qu’on voulut en trouver, poursuivant ainsi la quête ésotérique d’un Tout qui ne dériverait que d’une seule chose,
    d’une seule formule, d’un seul chiffre.</span>
  </div>
  <div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
  <div align="justify">
    <span style="font-size: 10pt">Ralph Elliott décrivit ses cycles en les décomposant en vagues principales, elles-mêmes composées de vagues dites de tendance et de correction, puis de sous-vagues
    d’impulsion, d’extension ... dont la succession obéirait à une suite de Fibonacci tandis que leurs amplitudes comparées auraient à voir avec le nombre d’or. Pour faire court. Une brique nouvelle
    venait d’être ajoutée à cet édifice qui prospère encore aujourd’hui, l’Analyse Technique, cet art consistant à prédire les cours à venir en étudiant des graphiques boursiers. Et avec elle cette
    inextinguible propension, fausse et trompeuse, à prendre appui sur le passé pour induire le futur.</span>
  </div>
  <div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
  <div align="justify">
    <span style="font-size: 10pt">Malheureux Ralph Elliott qui mourra fauché, en 1948, au King Park State Hospital de New York, service Psychiatrie. Il ne goûtera jamais à la gloire qu'il fit naître
    et dont l'opportuniste Robert Prechter tirera la substantifique moelle en publiant une bonne douzaine d'ouvrages sur le sujet, vaste comme on s'en doute. Ce grand vulgarisateur, épigone
    désintéressé, succèdera dans les esprits à un certain Joseph Granville, l'un des gourous de l'AT les plus écoutés qui publia notamment</span> <span style="font-size: 10pt">«</span> <span style=
    "fo