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    <title><![CDATA[Boursonomics (Mythes et Réalités)]]></title>
    <link>http://www.marc-aragon.net/categorie-769769.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;Mythes et Réalités&quot; du blog &quot;Boursonomics&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
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        <title><![CDATA[Boursonomics (Mythes et Réalités)]]></title>
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    <pubDate>Wed, 07 Jan 2009 20:47:26 +0100</pubDate>    <lastBuildDate>Wed, 07 Jan 2009 20:47:26 +0100</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2009, Marc Aragon</copyright>            <category>Mythes et Réalités</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[L’art borgne de la divination]]></title>
        <link>http://www.marc-aragon.net/article-26383547.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman';"><br>
    <br>
    <img width="296" src="http://idata.over-blog.com/0/39/81/81/Illustrations/augures-copie-5.jpg" height="259" class="GcheTexte">Fontenelle raconte que Démosthène se plaignait des oracles de
    Delphes, qu’il jugeait trop conformes aux intérêts de Philippe de Macédoine : « <em style="mso-bidi-font-style: normal;">La Pythie philippise</em> » ironisait-il ! Cependant, des siècles durant,
    rien d’important qui n’eût sa part de doute, ne fut entrepris sans consulter les sibylles. Et en cette gageure, les vieux trépieds <b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style=
    "color: #c00000;">1</span></sup></b> de Delphes étaient en possession de l’avenir, depuis un temps immémorial : ils dominaient le Marché dirait-on aujourd’hui. Ces antiques pratiques, divinement
    corrompues, qui montraient bien <em style="mso-bidi-font-style: normal;">qu’on avait affaire à des hommes</em>, témoignaient déjà de l’avantage supérieur des puissants à circonvenir l’opinion,
    aussi bien que de cet impérieux besoin de l’espèce à circonscrire ses lendemains. L’un s’ajoutant à l’autre, le commerce perdura, jusqu’à nos jours, selon le génie particulier de quelques-uns
    d’affliger celui de tous les autres. La prescience a troqué son décorum cérémoniel et ses sentences opaques contre l’étiquette contemporaine des avis d’autorité, généralement optimistes et
    chiffrés. Nous ne sommes guère plus avancés.<br></span>
  </div>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;">Un exercice s’achève, un autre commence, qui nous donne l’occasion de feuilleter les prévisions des
    analystes. L’année 2008 fut horrifique, avec un indice parisien en déclin de 42%, à l’image des parquets mondiaux. Néanmoins, peu après l’épiphanie, celle-ci ne fut pas pressentie avec la
    réserve, voire la déploration, qui eût convenu. La <a class="tooltip" href="http://www.marc-aragon.net/article-15289423.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style=
    "color: #3366ff;">compulsion acheteuse</span></span><em>A la fin de l’été 1929, les bulletins quotidiens ne se bornaient plus à citer quels titres monteraient en séance et de combien, mais bien
    l’heure à laquelle tel ou tel autre serait ciblé ! En ces jours filés de soie, quiconque pouvait s’ériger analyste, qui prédît la hausse, avec des chances sûres de succès, cireurs de chaussures
    compris …</em></a>, panache blanc du métier, n’avait pas désarmé. « <em style="mso-bidi-font-style: normal;">Les stratèges actions privilégient pour 2008 un scénario plutôt optimiste</em></span>
    <span style="font-size: 9pt; font-family: 'Arial','sans-serif';">»</span> <span style=
    "font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">titrait La Tribune le 29
    janvier dernier sur dix colonnes. Les porte-parole missionnés pour la circonstance, le caquet en partage, n’y allèrent pas de main morte&nbsp;<b style=
    "mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style="color: #c00000;">2-1</span></sup></b> : le plus mesuré d’entre eux surestima la cote finale du CAC de près de 30% ! La palme revint au poulain de
    Natixis, la banque aux doigts d’or, qui entrevit l’indice parisien au zénith des 7.000 points, soit une erreur de quelque 55%&nbsp;! Bah, pour certains, le ciel est la seule limite. On est pris
    de vertige à l’idée que des gérants manient l’argent d’épargnants sur la base de tels évangiles. « <em style="mso-bidi-font-style: normal;">Nous sommes entrés dans une catégorie de marché que
    l'on peut qualifier de plat</em> <b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style="color: #c00000;">2-3</span></sup></b> » renchérira l’un d’eux, qui aurait été mieux avisé de qualifier
    ledit Marché de creux, à ce que l’on en vit après. Hé quoi, quiconque opine en Bourse court le risque de se tromper ! Aussi bien, un conditionnel retenu, temps de l'hypothèse, absoudrait aussitôt
    l’oracle désavoué.<br></span><span style=
    "font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">&nbsp;<br>
    Un cran au-dessus, les économistes ; ils ont une réputation à défendre, la leur, et s’y appliquent avec soin, où qu’on les convie, mi-doctoraux mi-bonhomme, pour apporter la <a class="tooltip"
    href="http://www.marc-aragon.net/article-6457176.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">thèse de l’expert</span></span><em>« Nous nous sommes mis à rire,
    en nous rappelant les prédictions des économistes en 1914 : la guerre, pas plus de quelques mois, les Etats n’ayant pas les moyens pour plus longtemps ». Ainsi Paul Léautaud se plut-il à
    brocarder les experts …</em></a>. Elie Cohen, grand écumeur des médias, est de cette souche ; à l’été 2007, tandis que les subprimes grondaient, il rassure&nbsp;: « <em style=
    "mso-bidi-font-style: normal;">Dans quelques semaines, le Marché se reformera et les affaires reprendront comme auparavant</em> <b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style=
    "color: #c00000;">3</span></sup></b> ». Du même sang, David Thesmar - Prix 2007 du meilleur jeune économiste de France – et Augustin Landier, ténors libéraux&nbsp;commis d’office à la défense du
    Grand-Méchant-Marché <b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style="color: #c00000;">5</span></sup></b>, jurent dans un article définitif, que « <em style=
    "mso-bidi-font-style: normal;">le mégakrach n’aura pas lieu</em> (…) <em style="mso-bidi-font-style: normal;">Disons-le tout net : la correction sera limitée et surtout sans effet sur l’économie
    réelle</em> <b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style="color: #c00000;">4</span></sup></b> ». S’étrangle-t-on&nbsp;? En avril 2008, Patrick Artus, directeur des études chez
    Natixis, de retour d’Amérique, ratifiait la fin de la crise financière <b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style="color: #c00000;">6</span></sup></b>, réorchestrant&nbsp;l'allegro
    des années Internet qui l’avait vu objectiver un CAC à 10.000 points <b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style="color: #c00000;">7</span></sup></b> ! Enfin David Naudé, économiste
    senior à la Deutsche Bank, pressé de les surpasser tous, qui déclare, début janvier : « <em style="mso-bidi-font-style: normal;">Aux Etats-Unis, l'embellie arrivera certainement mi-2008. En
    Europe la reprise prendra sans doute quelques mois de plus. En tout cas, il n'y aura pas de krach cette année !</em> <b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style=
    "color: #c00000;">8</span></sup></b> <em style="mso-bidi-font-style: normal;">».</em> Tant de certitudes, à l'indicatif ! Ah ! jamais un subjonctif, le temps du doute, qui acquitterait le
    savant<em style="mso-bidi-font-style: normal;">.<br></em></span><span style=
    "font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">&nbsp;<br>
    Enfin, le panthéon. En haut de la pyramide, voici les politiques, passés maîtres dans l’art de raffiner l’opaque ; du maquis statistique proviennent des prévisions ciselées à la décimale près,
    <a class="tooltip" href="http://www.marc-aragon.net/article-4088438.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">généralement fausses</span></span><em>L’année
    2003 fut un record : rarement les organismes ayant à mesurer la conjoncture économique, offices, instituts, et observatoires de tout poil, ne mirent autant à côté de la cible ! Collectivement
    anticipée comme une année de reprise, après un mauvais cru 2002 (1%), l’année se terminera avec un taux de croissance de 0,8% …</em></a>, décortiquées par des experts jamais pris sans vert d’en
    extraire la moelle, livrées au public par des gouvernants de passage qui, finalement, s’y entendront pour ne tenir compte de rien qui affadirait l’air du temps. La mémoire oublieuse fait le
    reste. Les prédictions de croissance ou d’inflation sont une occasion permanente d’observer ce ballet, entre chiffres officiels, traducteurs zélés et ministres volontaristes, empressés à la
    cause. En février 2008, François Fillon, le premier d’entre eux, « <em style="mso-bidi-font-style: normal;">ne croit pas que nous serons très en dessous de la fourchette de 2 à 2,25% annoncé en
    janvier par le gouvernement</em> <b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style="color: #c00000;">9</span></sup></b> ». En juin, l’INSEE ramène sa prévision à 1,6%, mais ce n’est pas
    l'avis de Matignon, qui juge la note « <em style="mso-bidi-font-style: normal;">exagérément pessimiste</em> », d’autant que les anticipations de l’institut « <em style=
    "mso-bidi-font-style: normal;">ne se vérifient pas toujours</em> <b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style="color: #c00000;">10</span></sup></b> » - ce qui ne surprendra personne,
    hormis les sourds et les malentendants. En septembre, l’OCDE noircit le tableau, réduisant encore la prévision à 1% <b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style=
    "color: #c00000;">11</span></sup></b>. Vaincue, Christine Lagarde, la haute main sur Bercy, reconnaît les faits mais « <em style="mso-bidi-font-style: normal;">reste sur ce chiffre</em> <b style=
    "mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style="color: #c00000;">12</span></sup></b> ». Au bout du compte, la croissance devrait atteindre 0,8% selon l’INSEE <b style=
    "mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style="color: #c00000;">13</span></sup></b>, soit moitié moins que sa propre prévision vieille d’à peine six mois !<br>
    &nbsp;<br>
    A</span> <span style="font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">qui la
    palme&nbsp;? Voici l'outsider, le Journal des Finances, authentique dazibao à la gloire du Marché, grand connaisseur des affaires de ce temps, quoiqu’assez borgne, qui, dans son édition du 13
    septembre 2008, apaise ses lecteurs. En état de contemplation avancé, l’hebdomadaire titre&nbsp;: «&nbsp;<em style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="mso-bidi-font-weight: bold;">CAC 40,
    le pire est passé</span></em> »&nbsp;: deux jours après, l’indice entamait une descente en schuss, et abandonnait près de 30% en moins d’un mois&nbsp;! Quelques flagrants délits nous en disent
    long sur la capacité de ces experts qui font l’opinion, à embrasser le réel : ceux-là écriront cent fois, d’une main propre, que « <em style="mso-bidi-font-style: normal;">la vraie marque d’une
    vocation est l’impossibilité d’y forfaire</em>&nbsp;» (Renan). Mais ce panégyrique ne serait rien sans quelque perle d’Amérique, épicentre mondial de la <a class="tooltip" href=
    "http://www.marc-aragon.net/article-12273410.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">transe statistique</span></span><em>En ce 5 mai 1789, une grande
    presse accourut à l’hôtel des Menus Plaisirs : les Etats Généraux, qui n’avaient plus été réunis depuis 1614, siégeaient à nouveau, avec ce désir de conjurer le marasme financier et la
    dégradation des affaires de France. Le roi, monarque brouillon et indécis, discourut le premier, malhabilement …</em></a>&nbsp;et de l’analyse comparse. Après le fiasco frauduleux d’Enron, sous
    l’œil vitreux de Goldman Sachs, et juste après celui de Bear Stearns, sous l’œil clos de la SEC, c’est au tour de l’agence Standard &amp; Poors d’entrer en scène. En mars 2008, achevant de
    regarder ailleurs, l’institution dégrade la banque Lehman Brothers, lui adjugeant la note honorable A+ <b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style=
    "color: #c00000;">14-1</span></sup></b>, avec cet avis exquis : « <em style="mso-bidi-font-style: normal;">Les perspectives de gains à court terme demeurent cependant intéressantes</em> <b style=
    "mso-bidi-font-weight: normal;"><sup><span style="color: #c00000;">14-2</span></sup></b> ». A court terme donc, en septembre, Lehman succomba. La vision nocturne des épées de la finance n’est pas
    sans rappeler les intérêts de Philippe de Macédoine.<br></span><span style=
    "font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">&nbsp;<br>
    L’art est facile de tirer la flèche du Parthe une fois la pièce jouée et les faits connus. Et la moquerie bonasse de gausser l’expert qui s’est trompé. Sans doute, dans le même élan,
    devrions-nous aussi célébrer la vista de tous ceux qui ont eu l’heur de mieux réussir. Mais sommes-nous si sûrs qu’ils rééditeront l’exploit ? Quelle est ici la <a class="tooltip" href=
    "http://www.marc-aragon.net/article-3521019.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">part du hasard</span></span><em>Le 21 octobre 1929 commença la fin : le
    lundi qui suivit, le Dow Jones perdit 13%, le lendemain 12% à nouveau, dans un désordre indescriptible, préludant une crise au long cours de l'économie américaine. On croyait avoir tout vu ;
    pourtant, le 19 octobre 1987, le Dow Jones fera mieux encore, c’est-à-dire pire …</em></a>, impénétrable, qui encapsule ses gouttes de cristal encre dans la sphère divinatoire ? Et celle des
    intérêts puissants, à l’arrière ou en flanc-garde, qui brouillent les cartes ? Bah, va pour Delphes !&nbsp;<span style="mso-spacerun: yes;">&nbsp;</span></span>&nbsp;
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">&nbsp;<br>
    </span>
  </p>
  <div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: center;">
    <br>
    <br>
    <hr size="2">
  </div>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    (1) Fontenelle (1908)- <span style="mso-bidi-font-weight: bold;">«&nbsp;Histoire des oracles »<br style="mso-special-character: line-break;">
    <br style="mso-special-character: line-break;"></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="padding-left: 30px;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: Arial; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman';">Le
    trépied de Delphes, celui d’Apollon aussi, était une sorte de siège sur lequel la prêtresse rendait ses oracles&nbsp;; avant que de s’y jucher, la prêtresse s’y disposait par de longs
    préparatifs, des sacrifices, des purifications, un jeûne de trois jours et beaucoup d’autres cérémonies (Littré 1970)</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    &nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    (2) La Tribune, le 29/01/2008 - <span style="mso-bidi-font-weight: bold;">«&nbsp;Les stratèges actions privilégient pour 2008 un scénario plutôt optimiste »</span></span> <span style=
    "font-size: 12pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><br style=
    "mso-special-character: line-break;">
    <br style="mso-special-character: line-break;"></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="padding-left: 30px; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: Arial; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman';">Pour
    mémoire&nbsp;: le CAC a clôturé l’année 2007 à 5.614,08 points, et l’année 2008 à 3.217,97 points, soit un recul de 42,38% – Au 25/01/2008, après l’affaire Kerviel, le CAC cotait aux environs de
    5.250 points. Les prévisions du panel interrogé pour l’exercice 2008 furent&nbsp;: Roger Desfossez (Natixis) <b>7.000</b>, François-Xavier Chevalier (VP Finance) <b>6.200</b>, Jean-Pierre
    Hellebuyck (Axa) <b>6.150</b>, Jean-Paul Pierret (Dexia) <b>6.100</b>, Alain Bokobza (Société Générale) <b>5.900</b>, David Kruk (fondateur et PDG de Raymond James Euro Equities)
    <b>4.700</b>.</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt 35.45pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; background: white; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: Arial; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman';">
    &nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="padding-left: 30px; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: Arial; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman';">L’indice
    DJ Eurostoxx 50 – majors européennes -&nbsp;a clôturé l’année 2007 à 4.399,72 points, et l’année 2008 à 2.451,78 points – Au 25/01/2008, après l’affaire Kerviel, le DJ Eurostoxx 50 cotait aux
    environs de 3.800 points. Les prévisions du panel interrogé pour l’exercice 2008 furent&nbsp;: Roger Desfossez (Natixis) <b>5.250</b>, Jean-Pierre Petit (Exane BNP Paribas) <b>4.850</b>,
    François-Xavier Chevalier (VP Finance) <b>4.840</b>, Jean-Pierre Hellebuyck (Axa) <b>4.800</b>, Jean-Marie Courtois (AGF Asset Management) <b>4.700</b>, Alain Bokobza (Société Générale)
    <b>4.500</b>, David Kruk (Raymond James Euro Equities) <b>3.650.</b></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt 35.45pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: Arial; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman';">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="padding-left: 30px;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: Arial; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman';">Le
    constat provient du représentant de VP Finance</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    &nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    (3) Le Monde, le 17/08/2007 – « Crise des subprimes&nbsp;: le point de vue de deux économistes »<br></span><span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">(4)
    Les Echos, le 27/07/2007 – «&nbsp;Le mégakrach n’aura pas lieu »</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt 35.4pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    &nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="padding-left: 30px; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: Arial; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman';">David
    Thesmar est professeur associé à HEC – Augustin Landier est professeur assistant à l’Université de New York</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt 35.45pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: Arial; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman';">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="padding-left: 30px; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: Arial; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman';">« …
    il ne fait guère de doute que les marchés d’actions connaîtront une correction. C’est moins sur son existence que sur son ampleur que porte le débat. Disons-le tout net : celle-ci sera limitée et
    surtout sans effet sur l’économie réelle (…) Mais parce que ces produits [dérivés de crédit] sont désormais échangés par une masse critique d’acteurs constituant un marché devenu liquide, leur
    effet net est une diminution et non un accroissement du risque systémique. Une preuve indirecte du caractère plus sûr de l’environnement financier est la baisse très forte de la volatilité sur
    les différents marchés depuis 2002. L’industrie financière a connu de véritables révolutions depuis la fin des années 1990 : sa résistance aux retournements de tendance s’est améliorée, réduisant
    les risques de système. Le danger d’une explosion financière, et donc le besoin de régulation, n’est peut-être pas si grand qu’on ne le pense »</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt 35.45pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: Arial; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman';">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    (5) Augustin Landier / David Thesmar (2007) – <span style="mso-bidi-font-weight: bold;">«&nbsp;Le Grand Méchant Marché – Décryptage d’un fantasme français »</span><br>
    (6) Challenges, le 03/04/2008 – <span style="mso-bidi-font-weight: bold;">«&nbsp;Vigies »</span><br>
    (7) Club Ulysse (2002) – <span style="mso-bidi-font-weight: bold;">«&nbsp;Le politique saisi par l’économie »<br>
    (8) Le Monde, le 02/01/2008 - « Il n’y aura pas de krach en 2008 »<br>
    (9) Challenges.fr, le 15/02/2008 - « La France doit se dépêcher d’accomplir les réformes … »<br>
    (10) Le Point.fr, le 20/06/2008 - « Ces prévisions de croissance qui gênent le gouvernement »<br>
    (11) Les Echos, le 02/09/2008 - « L’OCDE abaisse sa prévision de croissance 2008 »<br>
    (12) Le Figaro Economie, le 21/09/2008 - « Lagarde&nbsp;: «&nbsp;croissance autour de 1% en 2008 »<br>
    (13) Challenges.fr, le 29/12/2008 - « La France échappe bien à la récession pour l’instant »<br>
    (14) Washington Post, le 22/03/2008 - « S&amp;P lowers its credit outlooks for Goldman, Lehman »</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal;">
    &nbsp;
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="padding-left: 30px; margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">Echelle
    de notation de la dette à long terme (maturités équivalentes à un an ou plus) selon l’agence Standard &amp; Poor’s - <span style="text-decoration: underline;">Catégorie
    investissement</span>&nbsp;: <b>(AAA)</b> Valeurs de tout premier ordre («&nbsp;gilt edged&nbsp;») <b>– (AA)</b> Fourchette haute («&nbsp;high-grade&nbsp;») <b>– (A)</b> Notation intermédiaire
    («&nbsp;upper-medium grade&nbsp;») <b>– (BBB)</b> Fourchette basse, pouvant comporter des aspects spéculatifs («&nbsp;medium grade&nbsp;») - <span style="text-decoration: underline;">Catégorie
    spéculative</span>&nbsp;<span style="mso-bidi-font-weight: bold;">: <b>(BB &amp; B)</b></span> Eléments dits spéculatifs <b>– (CCC, CC, C et au-delà)</b> Absence de caractéristiques
    d’investissement souhaitables («&nbsp;junk bond&nbsp;»)&nbsp;;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    &nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="padding-left: 30px; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: Arial; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman';">Commentaire
    original de l’agence Standard &amp; Poors, suite à la dégradation de sa notation sur la banque d’affaires Lehman Brothers : « <em style="mso-bidi-font-style: normal;">The near-term earnings
    prospects remain at least somewhat brighter</em> »</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt 35.4pt; line-height: normal;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: Arial; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman';">&nbsp;</span><span style="font-size: 8pt; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: Arial; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman';">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt 35.4pt; line-height: normal;">
    &nbsp;
  </p>
  <div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: center;">
    <hr size="2">
  </div>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; color: red; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">
    &nbsp;<br>
    <br>
    <span style="text-decoration: underline;">Illustration</span>&nbsp;: Augure observant le vol des oiseaux<br></span><span style=
    "font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">&nbsp;<br>
    </span><span style="font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman';"><span style=
    "font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><br></span></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sat, 03 Jan 2009 18:56:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.marc-aragon.net/article-26383547.html</guid>
                <category>Mythes et Réalités</category>        <comments>http://www.marc-aragon.net/article-26383547-6.html</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[La transparence : et après ?]]></title>
        <link>http://www.marc-aragon.net/article-25552270.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman';"><span style=
    "font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman';"><br>
    <br>
    <img width="210" src="http://idata.over-blog.com/0/39/81/81/Illustrations/Transparence-copie-2.jpg" height="221" class="GcheTexte">Voici revenu le temps de l’éthique, celui de la transparence et
    de la vérité qui commandent toute la noblesse de l’action humaine. Quelques préceptes moraux de cette nature, que l’on avait mis sous le tapis en ces années d’euphorie boursière, refont ainsi
    surface à l’heure des mécomptes. La débâcle financière, doublée d’une apoplexie bancaire, triplée d’une crise économique, réveille subitement en nos consciences cet obsédant désir de moralisation
    des affaires, et nous percevons ce dessein comme un viatique obligé à la sortie de crise. Las, ce temps sera petitement compté. Car rien n’est plus urgent pour les succubes du capitalisme
    financier que de reprendre la main sur ces milliards évaporés, restitués à grands frais par les Etats, pour réamorcer le Marché, protecteur du clan et grand ordonnateur du bien social. Rien n’est
    donc davantage plus obsessionnel que de ne toucher à rien. On se contentera de donner le change, de faire la claque, et de laisser accroire que les seuls commandements de la vertu sauveront le
    système.<br></span><span style=
    "font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><br>
    L’Histoire de la finance est pavée de bonnes intentions, conçues dans la tourmente, oubliées ou défaites aux temps de la prospérité revenue. Le <a class="tooltip" href=
    "http://www.marc-aragon.net/article-5712489.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">Glass-Steagall Banking Act</span></span><em>Ceux d’avant défilaient
    moins. Isolés, loin des parquets, encastrés entre le contrôle de gestion et la comptabilité, on les imagine, trois-pièces strict, de préférence sombre, chemise blanche de rigueur, à décrypter
    d’interminables chroniques de chiffres, de bilans et de perspectives. Les analystes financiers de l’ancienne époque étaient sûrement de cette sorte, à s’échiner pour le roi de Prusse, dans
    l’ombre, décortiquant sans relâche les communiqués et les notes des sociétés afin que nul n'en ignore…</em></a>, instauré en 1933 pour redresser et moraliser un système bancaire américain très
    éprouvé par le Grand Krach, fut laminé par la dérégulation triomphante de la Reaganomics ; les banques s’en donnèrent à coeur joie : Citigroup, l'une des premières sociétés de services financiers
    au monde, ne se le fit pas dire, qui devint récemment tête de liste des banques de dépôts américaines après le rachat de Wachovia. Le nouveau paradigme devint que seules les grandes banques
    universelles auraient désormais les moyens de se développer</span> <sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: maroon; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-font-size: 12.0pt;"><strong>1</strong></span></sup>
    <span style=
    "font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">: Henry
    Steagall, promoteur de la loi éponyme, se retourna dans sa tombe. Et Citigroup dévissa de quelque 90% en dix huit mois ! Est-il besoin de rappeler que la banque, en compagnie de quelques autres
    fleurons de la finance américaine comme Lehman Brothers, récemment disparue, Merrill Lynch et Morgan Stanley, rachetées, dominait le marché de la titrisation</span> <sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: maroon; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-font-size: 12.0pt;"><strong>2</strong></span></sup><span style="font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">,
    réputé, à la lumière des faits, comme un modèle d’opacité ? Ainsi mélangea-t-on toutes choses ensemble pour arraisonner le client, de conseils pipés en actifs toxiques mâtinés de subprime,
    sur&nbsp; l'air des canons enchantés de la rentabilité moderne : 15%, à tout prix ! L’épisode haussier stérilise toujours la raison. Et la vertu surtout.<br></span><span style=
    "font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><br>
    Mi-1998, la crise asiatique dégrisa <a class="tooltip" href="http://www.marc-aragon.net/article-5170516.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style=
    "color: #3366ff;">l’exubérance irrationnelle</span></span><em>Comme toujours, on ne vit rien venir. La veille encore, chacun vaquait à ses affaires, et les places financières soufflaient un peu
    depuis le début de l’automne. En ce jeudi 5 décembre 1996, les bourses du Vieux continent conclurent une séance ordinaire. Tout juste nota-t-on que la Bundesbank avait refusé de baisser ses taux
    d’intérêt directeurs, sans alarmer personne. Le lendemain, tous les marchés plongeaient …</em></a> qui étreignait les Marchés depuis qu’Alan Greenspan avait débâché les hélicoptères de la Réserve
    Fédérale</span> <sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: maroon; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-font-size: 12.0pt;"><strong>3</strong></span></sup><span style="font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">.
    En 1999, les Bourses s’enflammèrent à nouveau : la NetEconomie tonnait, prometteuse de lendemains qui chantent, sans usines et nez au vent. Les rabatteurs financiers, qui ne traitent jamais par
    l’indifférence les embardées de cours, rivalisèrent de slogans ravageurs pour rameuter le ban. La Poste, généralement peu suspecte d’inclinaison spéculative, se mit au diapason de l’époque,
    claironnant un « Donnez un nouveau souffle à votre épargne », ou bien « Restez gagnant même si le CAC baisse ». Bénéfic, l’un de ses fonds à promesse, fit florès, qui recueillera près de 300.000
    souscriptions. Hélas, mal luné, le CAC chancela comme une startup quand s’effondra le château de cartes des héroïnes survitaminées de ce temps : la garantie en capital du fonds, confusément
    délimitée, partit avec l’eau du bain, vaporisant plus du tiers des économies de ses preneurs ! D’autres kleptocrates furent poursuivis, comme la Caisse d’Epargne avec son Ecureuil Europe 2003,
    Carrefour avec son Millénium, la Mondiale aussi</span> <sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: maroon; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-font-size: 12.0pt;"><strong>4</strong></span></sup><span style="font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">.
    Quelques procès en transparence furent retentissants</span> <sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: maroon; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-font-size: 12.0pt;"><strong>5</strong></span></sup><span style="font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">.
    En 2004, la directive européenne MIF</span> <sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: maroon; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-font-size: 12.0pt;"><strong>6</strong></span></sup>
    <span style=
    "font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">scella ce
    savant jeu de fumée : le génie financier n’attendit pas son application, en novembre 2007, pour frapper encore.<br></span><span style=
    "font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><br>
    Chaque crise charrie ses déblais, dissipant ici et là nombre de victimes trop zélées, plus ou moins fameuses, plus ou moins conquises, pour ne rien dire du tout-venant qui fait le gros des
    troupes. Généralement, les promesses de la haute finance, la mine un rien affectée, ne tardent pas à suivre. Et au menu de nos maîtres queux, la transparence financière occupe une place de choix,
    la première. Eternel refrain, aussitôt chanté, aussitôt oublié, voici la vertu des affaires : l’a-t-on oublié que la Banque de France nous en ressert en 1998 quelques couplets
    incantatoires</span> <sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: maroon; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-font-size: 12.0pt;"><strong>7</strong></span></sup>
    <span style=
    "font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">: « La
    qualité de l'information financière est un élément fondamental de l'efficience des marchés, de la solidité des systèmes financiers et du renom et de la compétitivité des places boursières&nbsp;».
    N’a-t-elle pas franchi l’océan que les sénateurs Paul Sarbanes et Mike Oxley s’en emparent, en 2002, pour dissuader les émules <a class="tooltip" href=
    "http://www.marc-aragon.net/article-3535795.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">d’Enron et de Worldcom</span></span><em>« Nous estimons que la période
    actuelle offre une opportunité extrêmement rare d'acheter les actions d'une entreprise qui demeure extrêmement bien positionnée pour croître à un rythme substantiel ... Nous sommes convaincus que
    les rumeurs négatives autour de l'entreprise sont fausses, non fondées sur des éléments concrets (...) Nous estimons que les cours actuels intègrent les pires craintes des investisseurs
    …</em></a>. Mais rien ne va&nbsp;: le krach financier, parti du Nouveau Monde, exige plus. Quelques intellectuels tricolores priés d’opiner à ce sujet, dont Michel Prada, président de l’AMF,
    Xavier Musca, directeur du Trésor, résument leur ambition, dans un « Rapport moral de l’argent dans le monde</span> <sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: maroon; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-font-size: 12.0pt;"><strong>8</strong></span></sup>
    <span style=
    "font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">» paru
    mi-2008, à … améliorer la transparence&nbsp;! Le coordinateur dudit rapport, Antoine Mérieux, en rajoute : « <em style="mso-bidi-font-style: normal;">La transparence n’est pas la seule solution.
    La finance est aussi affaire d’éthique</em>&nbsp;».&nbsp;Et toc&nbsp;!<br></span><span style=
    "font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><br>
    Les Torquemada de la finance ont de qui tenir. Car la transparence est la fille aînée des théories nobélisées visant à accréditer le Marché, c’est-à-dire le libéralisme, comme ultime optimisation
    d’une économie idéale. Les anticipations rationnelles</span> <sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: maroon; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-font-size: 12.0pt;"><strong>9</strong></span></sup><span style="font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">,
    qui relèvent du rêve, sur lesquelles chacun concevrait ses décisions, nécessitent un univers supraconducteur, où l’information circule à grande vitesse et sans résistance. L’efficience des
    Marchés, qui suppose ce qui précède, parachève le tout. Ainsi les jugements individuels, noyés sous des jets continus de données, sont-ils censés être parfaitement conformés :
    nul&nbsp;ne&nbsp;saurait déraisonner ! On est alors à se demander pourquoi tous ces « abrutis rationnels</span> <sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: maroon; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-font-size: 12.0pt;"><strong>10</strong></span></sup>
    <span style=
    "font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">» auront
    conduit à coup sûr aux désastres financiers que l’on sait ! Ne serait-ce donc pas que l’on aura empêché le Marché de délivrer son onction suprême ? Il faut accroître la transparence ! Sans doute.
    En fait, le délire efficient des idéologues du Marché, qui préconisent une information quasi-quantique, boulimique, garante d’une rationalité prodigieuse, raccourcit l'horizon temporel des
    opérateurs. Tandis que les entrepreneurs sont à se projeter sur plusieurs années, l'investisseur est hanté par l'extrême présent, sous le feu de signaux, parfois contradictoires, qui lui
    parviennent de toutes parts</span> <sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: maroon; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-font-size: 12.0pt;"><strong>11</strong></span></sup><span style="font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">.
    Cette instantanéité dit l'incomparable fossé qui sépare l’économie réelle de l’économie financière.<br></span><span style=
    "font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><br>
    Les hommes d’argent ne sont jamais à renoncer&nbsp;; jusqu’au-boutistes, rétifs à toute réglementation qui viendrait gâter leur commerce, ils se nourrissent de l’emballement spéculatif, seconde
    nature des Marchés, dans la plus pure tradition de l'enrichissement sans cause et du lucre. Cette folie est collective. Quelques vœux pieux, chantés en chœur, ne changeront rien à l’affaire. La
    transparence permettra bien d’attendre la prochaine sortie de route. «&nbsp;<em>Enrichissez les soldats et moquez-vous du reste</em>&nbsp;!&nbsp;». (Septime Sévère).</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">&nbsp;</span>&nbsp;<span style="font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;"><span style="mso-spacerun: yes;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: center;">
    <hr size="2">
  </div>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;"><strong>&nbsp;</strong></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;">
    <span style="font-weight: normal; font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-weight: bold;">(1) Les Echos, le 30/09/2008 – «&nbsp;En
    reprenant Wachovia, Citigroup devient la plus grande banque de dépôts américaine »<br>
    (2) Jean-Marc Sylvestre, Olivier Pastré (2008) – «&nbsp;Le roman vrai de la crise financière »</span> <span style=
    "font-weight: normal; font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><br>
    (3) Helicopter Drop (Lâcher de billets par hélicoptère) selon la métaphore de Milton Friedman&nbsp;(essor de la masse monétaire)<br>
    (4) La Vie Financière, le 20/06/2003 -</span> <span style=
    "font-weight: normal; font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-weight: bold;">«&nbsp;Les recours face aux abus des fonds à promesse
    »</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;">
    <span style="font-weight: normal; font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-weight: bold;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt 35.4pt; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; background: white; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-weight: bold; mso-bidi-font-family: Arial; mso-fareast-language: EN-US;">«
    Restez gagnant même si le CAC baisse », « Donnez un nouveau souffle à votre épargne » ... Autant d'arguments qui ont permis à La Poste de commercialiser dès 1999, plus de 300 000 contrats
    Bénéfic, un fonds à promesse (dit également « fonds à formule »). Aujourd'hui, les souscripteurs qui ont adhéré à l'offre en décembre 1999 ont perdu jusqu'à 38 % de leur épargne ! Déçus, ils s'en
    prennent à La Poste, dont la plaquette, pour le moins engageante, les aurait induits en erreur en évoquant une garantie en capital. « Le plus marquant, c'est la masse des revendications, près de
    3 000, indique Jacques Poindron, à l'AFUB (Association française des usagers des <a href="http://www.lavf.com/tags/Banques-310.html"><span style=
    "color: black; text-decoration: none; text-underline: none;">banques</span></a>). Certains petits souscripteurs ont investi sur ce produit jusqu'à 30.500 euros et il était, pour La Poste,
    d'autant plus facile de les harponner que la Bourse montait » …</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;">
    <span style="font-weight: normal; font-size: 8pt; background: white; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-weight: bold;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0.05pt 0pt 0cm;">
    <span style="font-weight: normal; font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-weight: bold;">(5) L’affaire Benefic - (source
    Wikipédia)</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0.05pt 0pt 0cm;">
    <span style="font-weight: normal; font-size: 8pt; background: white; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-weight: bold;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt 35.4pt; text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 8pt; background: white; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-weight: bold; mso-bidi-font-family: Arial; mso-fareast-language: EN-US;">Bénéfic
    est un fond d'investissement gérée par La Poste, qui a convaincu plus de 300.000 personnes d'y souscrire (70% d'entre elles étaient titulaires d'un PEA), pour un montant total de plus de 1,5
    milliard d'euros. Ce fonds a perdu une bonne partie du capital des épargnants (entre -12,2% et -35,8% selon l'édition du 3 juillet 2006 de Votre Argent). L'Autorité des Marchés Financiers a
    diligenté une enquête, qui s'est conclue par une absence de responsabilité de <a title="La Poste (France)" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Poste_(France)"><span style=
    "color: black; text-decoration: none; text-underline: none;">La Poste</span></a>. Cependant, le Tribunal de Commerce de <a title="Paris" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Paris"><span style=
    "color: black; text-decoration: none; text-underline: none;">Paris</span></a> a condamné La Poste a dédommager quelques personnes, ainsi que les associations de consommateurs, au motif que les
    dépliants publicitaires étaient trompeurs et de nature à induire en erreur les particuliers. Par cinq arrêts rendus le même jour, le 19 septembre 2006, la Cour de Cassation a estimé cependant que
    les premiers juges avaient violé l'article du Code Civil qui prévoit l'obligation de conseil, en estimant que l'information donnée aux particuliers souscripteurs n'était pas « incomplète,
    inexacte ou trompeuse ».</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;">
    <span style="font-weight: normal; font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-weight: bold;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;">
    <span style="font-weight: normal; font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">(6)
    Le Monde, le 06/06/2008 -</span><span style="font-weight: normal; font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-weight: bold;">«&nbsp;La
    transparence considérée comme le meilleur remède aux excès »<br></span><span style="font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;">(7) Banque de France,
    novembre 1998 - «&nbsp;La transparence financière », 23,00 € TTC</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0.05pt 0pt 0cm;">
    <span style="font-weight: normal; font-size: 8pt; background: white; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-weight: bold;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0.05pt 0pt 35.4pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 8pt; background: white; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-weight: normal;"><span style=
    "font-size: 8pt; background: white; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-weight: bold; mso-bidi-font-family: Arial; mso-fareast-language: EN-US;">«</span></span>
    <span style="font-weight: normal; font-size: 8pt; background: white; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-weight: bold;">L'importance de la transparence
    financière y est analysée au travers d'articles rédigés par les services des deux autorités [Commission bancaire et Commission des Opérations de Bourse</span><span style=
    "font-weight: normal; font-size: 9pt; font-family: &quot;Arial&quot;,&quot;sans-serif&quot;;">]</span> <span style=
    "font-weight: normal; font-size: 8pt; background: white; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-weight: bold;">sur les thèmes suivants&nbsp;: les motivations des
    contrôleurs en matière de transparence financière&nbsp;; la communication financière des établissements de crédit français, notamment sur leurs résultats, leurs activités de marché, les
    engagements sur les professionnels de l'immobilier, et son impact sur les cours de bourse ; la transparence des comptes : responsabilité et déontologie des principaux acteurs&nbsp;; notation de
    créances et surveillance financière</span> <span style=
    "font-size: 8pt; background: white; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-weight: normal;"><strong>»</strong></span><span style=
    "font-weight: normal; font-size: 8pt; background: white; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-weight: bold;">. Que de progrès depuis&nbsp;! (ndla)</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0.05pt 0pt 0cm;">
    <span style="font-weight: normal; font-size: 8pt; background: white; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-weight: bold;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 12pt;">
    <span style="font-weight: normal; font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-weight: bold;">(8) Le Monde, le 06/06/2008 – «&nbsp;La
    transparence considérée comme le meilleur remède aux excès »<br>
    (9) Théorie proposée par Robert Lucas, prix de la Banque de Suède 1995<br>
    (10) Locution d’Amartya Sen, prix de la Banque de Suède 1998 – En anglais «&nbsp;Rational fools »<br>
    (11) Frédéric Lordon (2003) – «&nbsp;Et la vertu sauvera le monde »</span>
  </p>
  <div class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: center;">
    <hr size="2">
  </div><span style="font-weight: normal; font-size: 8pt; color: red"><span style="color: #ff0000;">&nbsp;<br>
  <br>
  <span style="text-decoration: underline;">Illustration</span></span></span><span style="font-weight: normal; font-size: 8pt; color: red;">&nbsp;: Analystes se concertant<br></span>&nbsp;<br>
  <br>
  &nbsp;<br>
  <br>]]></description>
        <pubDate>Sun, 07 Dec 2008 18:41:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.marc-aragon.net/article-25552270.html</guid>
                <category>Mythes et Réalités</category>        <comments>http://www.marc-aragon.net/article-25552270-6.html</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[La main (in)visible]]></title>
        <link>http://www.marc-aragon.net/article-14924320.html</link>        <description><![CDATA[<p align="justify">
    <span style="font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext;"><span style="font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext;"><br>
    <br></span><img width="299" src="http://idata.over-blog.com/0/39/81/81/Illustrations/Adam_Smith-copie-3.jpg" alt="Adam_Smith-copie-3.jpg" height="245" style=
    "border: 0px solid #000; margin: 0px 0px;" title="Adam Smith (1723-1790), philosophe et économiste écossais des Lumières " class="GcheTexte">Northern Rock ! Voilà un label qui avait du souffle,
    oserait-on dire du coffre ! Hélas, la huitième banque du Royaume-Uni est au tapis : la peste du <a class="tooltip" href="http://www.marc-aragon.net/article-7071350.html"><span style=
    "font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">subprime</span></span><em>Côté cour, des équations, longues comme un jour sans pain, qui s’échinent à décrire des mondes enchantés où
    l’homme figure à peine, esquissé au crayon et dans la marge ; côté jardin, la haute finance, appliquée, consentante jusqu’au dernier transport, qui excelle dans l’art d'animer les équations qu’on
    a dites, c’est-à-dire d’y trouver le prétexte à sa quête incessante du gain …</em></a> l’a prise l'été dernier, sans crier gare, violente d'humeurs qui suppurent encore et nous alarment
    <sup><span style="font-size: 10pt; color: #800000;"><strong>1</strong></span></sup>. La Banque d’Angleterre oxygéna l'affaire fin septembre, mit 26 milliards de livres au pot ainsi que quelques
    milliers de clients dans les rues de Newcastle, subitement inquiets de la tournure des évènements. Rien n’y fit : la descente aux enfers continua, validée par la City qui divisa la valeur de la
    belle par six. Richard Branson, patron milliardaire de Virgin, homme « providentiel », ambitionna, au comble et sans rire, une Virgin Money ! Cerberus, un fonds américain aux aguets, un temps
    intéressé, jettera également l'éponge ; d’autres sont à minauder <sup><span style="font-size: 10pt; color: #800000;"><strong>2</strong></span></sup><span style=
    "font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext;">. En sorte que Gordon Brown, premier ministre de sa Très Gracieuse Majesté, n’a pas exclu de nationaliser</span> <sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: #800000;"><strong>3</strong></span></sup><span style="font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext;">. Provisoirement, cela va sans dire.<br>
    &nbsp;<br></span></span><span style="font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext;">Mervyn King, gouverneur de la Banque d’Angleterre, droit dans ses bottes, avait pourtant fait
    savoir, le 12 septembre, à qui voulait l’entendre qu’il ne volerait au secours de personne, à commencer par Northern Rock, estimant</span> <span style="font-weight: normal; font-size: 10pt;">«
    <em>qu’un apport de liquidité (…) encourage des prises de risque excessives et sème les graines de crises financières futures</em> »</span> <sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: #800000;"><strong>4</strong></span></sup><span style="font-weight: normal; font-size: 10pt;">. On ne suspecte pas l’orthodoxie de <a class="tooltip" href=
    "http://www.marc-aragon.net/article-6250188.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">ceux qui font le dogme</span></span><em>Quiconque acheta le Dow Jones
    ce 3 septembre 1929, fut mal inspiré. L’indice, qui avait pris congé du réel de longue date, culmina ce jour-là en séance à 386,10 points, propulsé par la fascination qu’exerçait déjà la grande
    opinion financière sur la foule : économistes et experts cautionnaient la hausse, analystes et banquiers rameutaient le ban, et nul n’imaginait qu’un génie si partagé pût faillir …</em></a> : les
    naufrageurs de la Barings s’en souviennent encore ! Bah, une semaine plus tard, l'Argentier du Royaume capitulait <sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: #800000;"><strong>5</strong></span></sup> et cassait sa tirelire sous la pression de ceux qui battaient le pavé. La vanité des théories finit toujours par s’effacer
    devant la force des réalités : les ménages anglais peuvent s’endetter jusqu’à cinq fois leur revenu brut annuel sur des prêts à long terme à taux variable</span> <sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: #800000;"><strong>6</strong></span></sup><span style="font-weight: normal; font-size: 10pt;">, en attendant la crise, c’est-à-dire la ruine, prêteurs compris.&nbsp;Le
    Marché ne dicte sa loi que pour le temps où il trouve encore en son sein quelque main secourable, pour ne point dire prédatrice, qui sauvera la mise. Et l’Angleterre n’est pas l’Amérique ni la
    Suisse&nbsp;! Citigroup, la première banque américaine, qui déprécie ses actifs par milliards de dollars, a trouvé quelque salut dans un fonds souverain emirati ; Morgan Stanley, fleuron de la
    banque d’affaires, sera recapitalisée par un fonds chinois, UBS par des fonds singapourien et moyen-oriental</span> <sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: #800000;"><strong>7</strong></span></sup><span style="font-weight: normal; font-size: 10pt;">. L'anglaise quant à elle ne voit rien venir, sinon l’Echiquier
    britannique.<br>
    &nbsp;<br>
    C</span><span style="font-weight: normal; font-size: 10pt;">ar le Marché n’a pas toujours un lapin à sortir de son chapeau, et ses prétendues vertus autorégulatrices n’ont jamais dispensé les
    autorités politiques de réfléchir au-delà. Ainsi ne trouva-t-on personne, dans les années 1985, qui vînt de Chine ou d’ailleurs, pour secourir les Caisses d’Epargne américaines, emportées dans la
    <a class="tooltip" href="http://www.marc-aragon.net/article-6515647.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">déréglementation financière</span></span><em>Le
    25 janvier 1948, le gouvernement de Robert Schuman n’y alla pas de main morte : le franc fut dévalué de 80% 1 ! Dix années plus tard, l'adoption du nouveau franc s'accompagnera d'une dévaluation
    de 17,5%, perpétuant une pratique onze fois répliquée entre 1945 et 1969, qui répondait à la politique inflationniste d’après-guerre : on sacrifia la monnaie aux priorités de la reconstruction
    …</em></a>, sinon le contribuable local qu’on allégea de 200 milliards de dollars</span> <sup><span style="font-size: 10pt; color: #800000;"><strong>8</strong></span></sup><span style=
    "font-weight: normal; font-size: 10pt;">. Et que dire du sauvetage des banques japonaises, à l’automne 1998, après que la débâcle asiatique eut imposé la loi cruelle des grands équilibres perdus
    et révélé un capitalisme de compères&nbsp;: à l’heure des mécomptes, toute honte bue, le gouvernement de Keizo Obuchi, au mépris de tous les principes libéraux, délestera les contribuables de 400
    milliards de dollars – 11% du PIB&nbsp;! - pour renflouer des institutions ruinées par la spéculation, nationalisant de fait quelques-unes des plus grandes banques du pays</span>
    <sup><span style="font-size: 10pt; color: #800000;"><strong>9</strong></span></sup><span style="font-weight: normal; font-size: 10pt;">. Enfin, point de dragons ni de tigres ici en France. Le
    Crédit Lyonnais suffit à apporter notre pierre hexagonale à l’édifice&nbsp;: une médication de quinze milliards d’euros, levée sur les fonds publics, permettra d’aseptiser le plus grand scandale
    financier depuis les emprunts russes. On s’en tint aux méfaits de l’économie mixte</span> <sup><span style="font-size: 10pt; color: #800000;"><strong>10</strong></span></sup><span style=
    "font-weight: normal; font-size: 10pt;">, oubliant que quelques épées du capitalisme fleurdelisé s’enrichirent assez en rachetant à vil prix les participations de la banque dans leurs propres
    affaires</span> <sup><span style="font-size: 10pt; color: #800000;"><strong>11</strong></span></sup><span style="font-weight: normal; font-size: 10pt;">.<br>
    &nbsp;<br>
    R</span><span style="font-weight: normal; font-size: 10pt;">etour aux Etats-Unis. Au sortir des années 1970, la crise de la dette du tiers-monde sévit, l’inflation galope, à deux chiffres, et les
    plus grandes banques vacillent&nbsp;: en particulier la Continental Illinois</span> <sup><span style="font-size: 10pt; color: #800000;"><strong>12</strong></span></sup><span style=
    "font-weight: normal; font-size: 10pt;">, septième banque américaine de dépôt, acclamée par la presse, qui agonise&nbsp;: l’administration Reagan, mieux connue pour sa dévotion au Marché, sortira
    de sa Réserve - près de 5 milliards de dollars, et rallongera l’enveloppe pour désengluer une quarantaine d’autres établissements «&nbsp;<em>too big to fail</em>&nbsp;» - trop gros pour chuter.
    En 1991, dans un scénario à la Northern Rock, on vit les rues de Boston s’emplir d’épargnants craignant pour leurs économies, qui firent le siège de Bank of New England et de quelques banques
    alentours</span> <sup><span style="font-size: 10pt; color: #800000;"><strong>6</strong></span></sup><span style="font-weight: normal; font-size: 10pt;">. L’aléa de moralité, sorte de garantie
    indéfectible qui naît du secours miraculeux de l’Etat, prend ainsi souvent la forme d’injection d’argent public. Une politique monétaire expansionniste est une variante possible pour sortir des
    crises financières, telle la baisse drastique des taux menée par Alan Greenspan dans les années 1990, qui désamorça l'embarras bancaire. Celle pilotée par son successeur, Benjamin Bernanke, qui a
    vite ramené le <em>prime rate</em> de 5,25% à 4,25%, tente de limiter l'impact des subprime et le tassement de la croissance. La finance est face à son destin, celui de l’irréparable arrêt des
    milliards envolés que l’on finira par ne plus retrouver.<br></span><span style="font-weight: normal; font-size: 10pt;">&nbsp;<br>
    Les banques restent la clé de voûte du système&nbsp;; elles sont le maillon fort de marchés financiers plus vastes encore, nourris de capitaux mondialisés et de risques&nbsp;disséminés jusqu’à
    l'épargnant final : celui de Northern Rock a eu chaud, qui ne savait rien de ce qui se tramait dans son dos&nbsp;! Au-delà des discours académiques sur la régulation du capital par le capital ou
    la primauté des Marchés qui font et «&nbsp;<em>savent tout mieux que tout le monde</em>&nbsp;», nous voyons combien la robustesse présumée de l’édifice tient pour l'essentiel,&nbsp;en dernier
    ressort, à l’habilité des Etats et des <a class="tooltip" href="http://www.marc-aragon.net/article-6663017.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">Banques
    centrales</span></span><em>Winston Churchill est moins connu pour le prix Nobel de littérature, qu’il obtint en 1953, que pour la réputation qu’il se forgea en occupant, cinquante ans durant, le
    devant de la scène politique britannique, s’opposant notamment aux desseins nazis avec le courage que l’on sait. Homme d’Etat de premier plan …</em></a> à inonder les Marchés d'argent frais,
    fiscalisé ou régalien. La BCE&nbsp;a récemment&nbsp;alloué 350 milliards d’euros</span> <sup><span style="font-size: 10pt; color: #800000;"><strong>13</strong></span></sup> <span style=
    "font-weight: normal; font-size: 10pt;">aux banques,&nbsp;incapables de se prêter entre elles,&nbsp;dans un climat de défiance généralisé. Probablement les besoins finiront-ils par submerger les
    capacités mêmes d'intervention et de contrôle des autorités qui ont à soutenir la bâtisse. Déjà la finance pèse l'équivalent de quatre fois le produit intérieur brut mondial</span>
    <sup><span style="font-size: 10pt; color: #800000;"><strong>14</strong></span></sup><span style="font-weight: normal; font-size: 10pt;">. Quelqu’un, quelque part, un jour, finira bien par
    présenter l'addition. Sans doute pouvons-nous juger ces faits comme inhérents au système et&nbsp;sous-estimer leurs conséquences sur l'Economie, appliqués nous-mêmes à nos propres affaires,
    satisfaits ou dépités selon que la Bourse qui dit «&nbsp;<em>tout ce qu’il y a à savoir sur la conjoncture économique</em>&nbsp;</span><sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: #800000;"><strong>15</strong></span></sup> <span style="font-weight: normal; font-size: 10pt;">» aura gagné ou perdu un demi point.<br></span><span style=
    "font-size: 10pt; color: #000000;">&nbsp;<br>
    En 1978, le gouvernement Barre commença à nationaliser la sidérurgie, reprenant au compte de la nation tout entière les 22&nbsp;milliards de francs de dettes de Sacilor. Les banques ne sont pas
    seules&nbsp;: on les voit mieux, c’est tout. Le Marché dispense ses grâces : on voit bien aussi quelle main dédaignée le secourt quand il faillit. &nbsp;</span>
  </p>
  <div>
    <span style="font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext;"><br>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span>
  </div>
  <div>
    <hr>
  </div>
  <div>
    <span style="font-weight: normal; font-size: 7.5pt">&nbsp;<br></span><span style="font-weight: normal; font-size: 7.5pt; color: #339966;"><span style="font-size: 8pt;">(1) Northern Rock est
    (était) le cinquième prêteur immobilier du Royaume-Uni&nbsp;:</span></span>
    <div>
      <span style="font-weight: normal; font-size: 7.5pt; color: #339966;">&nbsp;</span>
    </div>
    <div style="margin: 0cm 0cm 0pt 35.4pt">
      <span style="font-weight: normal; font-size: 7.5pt"><span style="color: #000000;">Le développement, ces dernières années, des prêts hypothécaires à risque a exposé la banque anglaise aux aléas
      d'une crise. Néanmoins, contrairement aux banques allemandes IKB et Sachsen, il semble que Northern Rock ait été moins fragilisée par ses engagements dans les secteurs à risque que par sa
      difficulté à refinancer son activité de prêteur dans le climat de défiance bancaire (Lire Les Echos, le 17/09/2007). Le résultat est égal.</span></span>
    </div>
    <div>
      &nbsp;
    </div><span style="font-size: 8pt; color: #339966;">(2) Reuters, le 12/12/2007&nbsp;- «&nbsp;Plus que deux candidats en lice pour la reprise de Northern Rock&nbsp;»<br>
    (3) Les Echos, le 06/12/2007&nbsp;- «&nbsp;Nationalisation possible pour Northern Rock&nbsp;»<br>
    (4) La Tribune, le 01/10/2007&nbsp;- «&nbsp;Repenser notre régulation financière … à Londres&nbsp;»<br>
    (5) Depuis 1997, les rôles financiers se répartissent de la sorte au Royaume-Uni :<br></span><br>
    <blockquote>
      <div>
        <span style="font-weight: normal; font-size: 7.5pt; color: #339966;"><span style="font-weight: normal; font-size: 7.5pt"><span style="color: #000000;">La Banque d'Angleterre est indépendante
        et centrée sur la politique monétaire ; la Financial Services Authority (FSA) surveille les banques et régule les Marchés. Les crises financières sont gérées de manière tripartite entre le
        Ministère des Finances, la Banque d'Angleterre et la FSA. Cette approche est aujourd'hui contestée outre-Manche</span>.<br></span></span>
      </div>
    </blockquote><br>
    <span style="font-size: 8pt; color: #339966;">(6) Le Monde, le 18/09/2007 - «&nbsp;Le sauvetage de Northern Rock est un acte purement politique&nbsp;»<br>
    (7) Quelques conséquences de la crise des subprimes débutée à l’été 2007&nbsp;:</span>
  </div>
  <div>
    &nbsp;
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt 35.4pt">
    <span style="font-weight: normal; font-size: 7.5pt">Citigroup a annoncé&nbsp;fin novembre une dépréciation d’actifs de 3 milliards de dollars pour le troisième trimestre 2007, suivi de 8 à 11
    milliards supplémentaires pour le quatrième ; l’Abu Dhabi Investment Authority (ADIA), le plus puissant fonds souverain du monde a accepté d’investir 7,5 milliards dans la banque américaine, soit
    4,9% du capital de Citigroup. La crise du subprime a coûté à ce jour quelque 9,4 milliards de dollars à la banque Morgan Stanley, en cours de recapitalisation par le fonds chinois CIC (China
    Investment Corp) à hauteur de 5 milliards de dollars, soit 9,9% du capital de Morgan Stanley. Enfin, face à ses pertes de quelque 15 milliards de francs suisses, UBS a annoncé le 10 décembre
    dernier qu'elle allait lever 13 milliards grâce à un emprunt convertible, souscrit à hauteur de 11 milliards -&nbsp;9% du capital d’UBS - par un fonds d'investissement souverain singapourien GIC
    (Government of Singapore Investment) et un fonds anonyme moyen-oriental.</span>
  </div>
  <div>
    &nbsp;
  </div>
  <div>
    <span style="font-weight: normal; font-size: 7.5pt; color: #339966;">(8) Joseph Stiglitz (2004) - «&nbsp;La Grande Désillusion&nbsp;»<br>
    (9) Le Monde Diplomatique, Novembre 1998 - «&nbsp;Le bateau ivre de la finance&nbsp;»<br>
    (10) Le Crédit Lyonnais était encore une banque publique au début des années 1990<br>
    (11) Le Monde Diplomatique, Décembre 2003&nbsp;-&nbsp;«&nbsp;Argent public, fortunes privées&nbsp;»<br>
    (12) Continental Illinois&nbsp;a été rachetée par Bank of America en 1994</span>&nbsp;
  </div>
  <div>
    <span style="font-weight: normal; font-size: 7.5pt; color: #339966;">(13) Challenges.fr, le 15/12/2007 -&nbsp;«&nbsp;Subprime&nbsp;: la BCE a alloué 350 milliards de liquidité&nbsp;»<br>
    (14) Alternatives Economiques, Hors Série N° 75<br>
    (15) Peter Bernstein citant Charles Dow (1995) - «&nbsp;Des Idées Capitales&nbsp;»&nbsp;<br>
    <span style="font-weight: normal; font-size: 10pt; color: windowtext;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span></span>
    <div>
      <hr>
    </div><span style="font-weight: normal; font-size: 8pt; color: #ff0000;"><span style="color: #ff0000;"><span style="text-decoration: underline;"><br>
    Illustration</span></span> <span style="font-weight: normal; font-size: 8pt; color: #ff0000;">:&nbsp;Adam Smith (1723-1790), philosophe et économiste écossais des Lumières</span></span>
    <div>
      &nbsp;
    </div>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Mon, 24 Dec 2007 21:12:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.marc-aragon.net/article-14924320.html</guid>
                <category>Mythes et Réalités</category>        <comments>http://www.marc-aragon.net/article-14924320-6.html</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Oceano nox]]></title>
        <link>http://www.marc-aragon.net/article-14080697.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><font size="2"><br>
    <br>
    <img width="184" src="http://idata.over-blog.com/0/39/81/81//clipper.JPG" alt="clipper.JPG" height="288" style="width: 200px; height: 231px" class="GcheTexte">Nouveau millénaire, nouvelle
    ère.&nbsp;Celle de l’économie vint à l’aube du troisième, après que le Marché eut survécu à la dévastation monétaire des économies asiatiques, à la liquidation financière de la Russie nucléaire
    et&nbsp;au fiasco retentissant du <a class="tooltip" href="http://www.marc-aragon.net/article-6534063.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">hedge fund le
    plus fameux de l’écliptique</span></span><em>Le 31 août 1998, Wall Street perd en séance 6,8%. Hors les bons du Trésor, qui surnagent, les marchés chutent, les obligations bancaires plongent. La
    panique s'installe, irraisonnée. Cette journée noire achève un mois d’août horrifique, qui avait débuté, le 4 août, par un repli du Dow Jones de 3,5%, vite suivi d'une réplique qui ébranla
    l’indice de 4,4% …</em></a>. Les indices boursiers, un rien dédaigneux, qui avaient assez ignoré les déboires du bath thaïlandais, du ringgit malais, de la roupie indonésienne ou du peso
    philippin, finirent par céder&nbsp;: le CAC perdit un bon tiers de sa valeur entre juin et octobre 1998 <span style="color: #800000;"><strong><sup>1</sup></strong></span>. L’attention
    se&nbsp;reporta alors sur une innovation technologique qui, disait-on, relèguerait au second plan la vieille industrie, ses hauts-fourneaux, ses laminoirs, la sueur des hommes. La Nouvelle
    Economie serait celle de l’information circulant à grande vitesse sur des autoroutes de lumière, et de là, tout procèderait&nbsp;: Internet à tous les étages, comme jadis, l’eau et le
    gaz.&nbsp;Les Bourses ne se le firent pas dire deux fois, qui s'enflammèrent&nbsp;: <strong><span style="font-weight: normal">« <em>Le CAC vaudra 7300 points fin 2000</em></span></strong>
    <strong><sup><span style="color: #800000;">2</span></sup></strong> <strong><span style="font-weight: normal">». Et c</span></strong>’était à qui protestait qu’on l’insultait dès qu’on posait le
    problème autrement.</font></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <div style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </div>
  <div style="line-height: 12pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Les terres numériques retentirent d'un&nbsp;battage médiatique inouï, porté par les voix les plus ferrées de la planète finance. En février 1999, Wayne Angell,
    ancien gouverneur de la Fed,&nbsp;décréta&nbsp;fortissimo :</span> <em><span style="font-size: 10pt;">«&nbsp;Il n’y a pas de bulle&nbsp;: nous sommes tout simplement parvenus à l’économie de la
    nouvelle ère ...</span></em> <strong><sup><span style="font-size: 10pt; color: #800000;">3</span></sup></strong><em><span style="font-size: 10pt;">&nbsp;».</span></em> <em><span style=
    "font-size: 10pt; font-style: normal;">En avril 2000, Abby Cohen, analyste en vue de Goldman Sachs, se déclara «&nbsp;</span></em><em><span style="font-size: 10pt;">enthousiaste devant
    l’évolution de la bourse américaine</span></em><em><span style="font-size: 10pt; font-style: normal;">&nbsp;». Les patrons français suivirent, tel Jean-Marie Messier,&nbsp;toiletteur de&nbsp;la
    séculaire Générale des Eaux,&nbsp;qui, en mars 2002,&nbsp;en pleine&nbsp;débâcle,&nbsp;pontifia :</span></em> <strong><em><span style="font-weight: normal; font-size: 10pt;">« Le groupe (Vivendi
    Universal) va mieux que bien !</span></em></strong> <strong><sup><span style="font-size: 10pt; color: #800000;">4</span></sup></strong> <strong><em><span style=
    "font-weight: normal; font-size: 10pt;">».</span></em></strong> <strong><span style="font-weight: normal; font-size: 10pt;">Et bien sûr, Serge Tchuruk, mentor d’Alcatel, nommé Manager de l’année
    2000</span></strong> <em><span style="font-size: 10pt;">« parce qu’il a</span></em><span style="font-size: 10pt;">[vait] <em>su transformer une vieille dame centenaire de l’industrie en un groupe
    emblématique de la Nouvelle économie</em> <strong><sup><span style="color: #800000;">5</span></sup></strong> <em>».</em> <a class="tooltip" href=
    "http://www.marc-aragon.net/article-6457176.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">Point de demi-mesure</span></span><em>« Nous nous sommes mis à rire, en
    nous rappelant les prédictions des économistes en 1914 : la guerre, pas plus de quelques mois, les Etats n’ayant pas les moyens pour plus longtemps ». Ainsi Paul Léautaud se plut-il à brocarder
    les experts dans son Journal, en 1932, incluant sans doute John Keynes, qui pensait aussi que le conflit n’irait pas au-delà de quelques semaines …</em></a> comme on le voit. Un investisseur
    profane, soit qu’il fût complètement sourd, qu’il débarquât fraîchement de Mars, ou, plus sûrement, qu’il ne fût pas abonné à l’électricité, ne pouvait ignorer ce vacarme. Ni douter qu’un génie
    si partagé pût faillir. En sorte qu’entre 1999 et 2002, deux millions de français rallièrent la Bourse, sur la foi de conseillers financiers leur ayant assuré la suprématie de l’investissement
    boursier à moyen/long terme sur tous les excellents placements qu’ils leur proposaient l’année passée encore.</span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </div>
  <div style="line-height: 12pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">La suite est notoire : l’euphorie catalysa d’abord l’indice tricolore, à l’instar de tous les autres. L’heure n’était pas aux sceptiques, et la spéculation haussa
    mieux la cote que toute autre vue. Le CAC progressa continûment entre l’automne 1998 et l’automne 2000 où il culmina à 6944 points, gagnant près de 140% en deux ans ! Puis la bulle éclata ; en
    mai 2003, le CAC touchait le fond, à 2401 points. Depuis lors, on n’a plus reproduit ces niveaux records, et nul ne peut sérieusement prédire si ceux-ci seront revus un jour, ni quand. Les
    actionnaires d'Alcatel ne s’en remettront apparemment jamais, qui peuvent encore échanger le titre vers 5 euros cependant qu’il s’illustrait à 95 euros en septembre 2000&nbsp;! Par pudeur, on ne
    s’étendra pas sur les investisseurs américains de <a class="tooltip" href="http://www.marc-aragon.net/article-5712489.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style=
    "color: #3366ff;">Worldcom, Global Crossing, Adelphia</span></span><em>Ceux d’avant défilaient moins. Isolés, loin des parquets, encastrés entre le contrôle de gestion et la comptabilité, on les
    imagine, trois-pièces strict, de préférence sombre, chemise blanche de rigueur, à décrypter d’interminables chroniques de chiffres, de bilans et de perspectives. Les analystes financiers de
    l’ancienne époque étaient sûrement de cette sorte, à s’échiner pour le roi de Prusse …</em></a>, ces étoiles déconfites à jamais, souvent brutalement, parfois même sous les conseils d’achat
    jusqu’au-boutistes de banques d’affaires comparses. La Nouvelle Economie fossoya beaucoup, et ceux qui survécurent ne sont pas près de récupérer l'argent qu'ils y investirent. Ceux-là, à qui l’on
    conseilla le « <em>buy and hold</em> » comme règle de gestion, le « <em>wait and see</em> » comme assurance tous risques, se repentiront de n’avoir pas quitté les affaires quand il n’y en avait
    plus. Et seront surpris d’entendre que les mêmes antiennes roulent toujours : le placement boursier moyen/long terme est le meilleur qui soit.&nbsp;&nbsp; &nbsp;</span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Le temps est-il le meilleur ami de l'investisseur ?</span> <span style="font-size: 10pt;">«</span> <em><span style="font-size: 10pt;">Achetez de bons titres,
    mettez-les en portefeuille et oubliez-les</span></em> <span style="font-size: 10pt;">» : telle était</span> <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 10pt;">l’hygiène</span>
    actionnariale de Timothy Bancroft, un investisseur américain qui s'enrichit en Bourse au milieu du XIX<sup>ème</sup> siècle en thésaurisant des actions</span> <span style=
    "font-size: 10pt;">«</span> <span style="font-size: 10pt;"><em>représentant le négoce de marchandises essentielles dont l’Union et le reste du monde auront toujours besoin en grande
    quantité</em></span> <strong><sup><span style="font-size: 10pt; color: #800000;">6</span></sup></strong> <span style="font-size: 10pt;">»</span><span style="font-size: 10pt;">. Bancroft
    recommandait déjà le long terme et la sélectivité, autant de pieux cantiques qui font encore florès dans toutes les chapelles de la finance où ils demeurent chantés en choeur. Las, son
    portefeuille ne résista pas à l’usure du temps, qui fondit comme la cire molle au soleil. Et lorsqu’il fallut réaliser les actifs, à la mort du maître, ses héritiers n’eurent rien des richesses
    qu’il avait patiemment amassées. <em>Sic transit gloria mundi</em> ! Cinquante années passent, et voici 1929. Wall Street se met alors à « kracher » de la dépression à gorge déployée, ruinant
    l’activisme endiablé des élites et l’épargne de tous les autres. Agonis, l</span><span style="font-size: 10pt;">es cours new-yorkais ne retrouveront leur <a class="tooltip" href=
    "http://www.marc-aragon.net/article-6250188.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">niveau de l’automne</span></span><em>Quiconque acheta le Dow Jones ce 3
    septembre 1929, fut mal inspiré. L’indice, qui avait pris congé du réel de longue date, culmina ce jour-là en séance à 386,10 points, propulsé par la fascination qu’exerçait déjà la grande
    opinion financière sur la foule : économistes et experts cautionnaient la hausse, analystes et banquiers rameutaient le ban, et nul n’imaginait qu’un génie si partagé pût faillir
    …</em></a>&nbsp;que le 24 novembre 1954, soit&nbsp;vingt-cinq années plus tard&nbsp;! Beaucoup, qui eurent de la patience, n'eurent malheureusement pas la vitalité qui convenait à ce challenge de
    longue haleine. Les investisseurs de notre temps ont donc un avantage incomparable sur leurs devanciers : leur espérance de vie a augmenté.</span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Qu'importe le siècle,&nbsp;l'avenir des entreprises et des nations demeure celé ; les faiseurs d’argent continuent d'opiner à l’indicatif, ne poussant jamais leur
    grammaire jusqu’au subjonctif, le temps du doute ; et le refrain du placement boursier dépassant tous les autres domine encore, cependant que le réel ne sait que le contredire. L'Histoire
    balbutie. Voyez ce détenteur de titres Ericsson, une société bien en cour, qui les vit sombrer de 25% le 16 octobre dernier. Les conserva-t-il, les mains tremblantes ? Le 20 novembre, le titre
    rechutait de 11% ! L'échec forge l'expérience : les actionnaires individuels comptent désormais plus court. En France, ils ont divisé par deux leur durée moyenne de détention d’actions entre 2003
    et 2006, la ramenant à quatre années <span style="color: #800000;"><strong><sup>7</sup></strong></span>. Aux Etats-Unis, plus généralement, les titres qui restaient détenus sept ans en moyenne en
    1960 ne demeurent plus dans les portefeuilles que sept mois et demi <strong><sup><span style="color: #800000;">8</span></sup></strong>. L’art nouveau est aux esthètes de la finance, ces nouveaux
    prodiges de la science du risque et de l’arbitrage qui sculptent et resculptent indéfiniment leurs positions et celles de leurs clients sur les marchés optionnels de la couverture. L’horizon
    temporel est un optimum de second rang, la matière première, c’est-à-dire les titres, une réalité désincarnée, mieux, une abstraction : 80% des fonds placés dans le monde restent en moyenne une
    semaine sur un placement <strong><sup><span style="color: #800000;">9</span></sup></strong>. Amateur(s) s'abstenir.</span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">«&nbsp;<em>Rien ne s’arrange comme l’on veut ; et on passe sa vie à la remettre ; tout est pour demain</em> » (Talleyrand). Les professionnels de la finance ne
    décident plus, pragmatiques, qui logent l’imprévu dans la technique et répartissent le risque sur la multitude. Le long terme est une mer sans fond, une nuit sans lune ...<br></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </div>
  <div>
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 10pt;">&nbsp;<span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 10pt;"><span style=
    "font-size: 10pt;">&nbsp;<span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span></span></span></span></span></span>
  </div>
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    </div>
  </div>
  <div>
    <span style="font-size: 7.5pt; color: #000000;">&nbsp;</span>
  </div>
  <div>
    <div style="margin: 0cm 0cm 12pt">
      <span style="font-size: 8pt; color: #339966;">(1) Plus haut à 4404,94 points en Juillet 1998 - Plus bas à&nbsp;2881,21 en Octobre 1998<br>
      (2) Yannick Tatibouët, CPR - L'Expansion, Septembre 2000<br>
      (3) The Wall Street Journal, le 03/12/1999 - « The Bubble Won't Burst »<br>
      (4)&nbsp;Libération, le 06/03/2002<br>
      (5) Le Nouvel Economiste, Décembre 2000<br>
      (6) Lars Tvede (2001) -&nbsp;« La Psychologie des Marchés Financiers »<br>
      (7) <a href="http://www.senat.fr/rap/r07-060-2/r07-060-221.html"><span style="font-size: 8pt; color: #339966;">http://www.senat.fr/rap/r07-060-2/r07-060-221.html</span></a><br>
      (8) <span style="font-size: 10pt;"><a href="http://igopp.org/fr/News/13_Allaire-Politique%20.pdf"><span style=
      "font-size: 8pt; color: #339966;">http://igopp.org/fr/News/13_Allaire-Politique%20.pdf</span></a></span><br>
      (9) Jean De Kervasdoué (2007) - « Les Prêcheurs de l'Apocalypse&nbsp;»&nbsp;</span>
      <div>
        <div>
          <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 10pt;">&nbsp;<span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 10pt;"><span style=
          "font-size: 10pt;">&nbsp;<span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span></span></span></span></span></span>
        </div>
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        </div>
        <div>
          <span style="font-size: 7.5pt; color: #000000;">&nbsp;<br></span>
        </div><span style="font-weight: normal; font-size: 8pt; color: #ff0000;"><span style="text-decoration: underline;">I<span style="color: #ff0000;">llustration</span></span></span> <span style=
        "font-weight: normal; font-size: 8pt; color: #ff0000;">: Clipper extrait du site crosswinds.ch<br></span><br>
        &nbsp;
      </div>
    </div>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Sun, 25 Nov 2007 18:21:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.marc-aragon.net/article-14080697.html</guid>
                <category>Mythes et Réalités</category>        <comments>http://www.marc-aragon.net/article-14080697-6.html</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Statistiques en stock]]></title>
        <link>http://www.marc-aragon.net/article-12273410.html</link>        <description><![CDATA[<div>
    <div style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt ; color: #000000;"><br>
      <br>
      <img width="289" src="http://idata.over-blog.com/0/39/81/81/Illustrations/Statistiques-copie-1.jpg" alt="Statistiques-copie-1.jpg" height="246" class="GcheTexte">En ce 5 mai 1789, une grande
      presse accourut à l’hôtel des Menus Plaisirs : les Etats Généraux, qui n’avaient plus été réunis depuis 1614, siégeaient à nouveau, avec ce désir de conjurer le marasme financier et la
      dégradation des affaires de France. Le roi, monarque brouillon et indécis, discourut le premier, malhabilement. Le Garde des Sceaux marmonna ensuite les intentions du souverain, qui n’en avait
      aucune. Puis vint le tour de Jacques Necker, Directeur Général des Finances, banquier talentueux à la réputation bien établie ; on attendait qu’il dévoilât un vaste dessein, un plan ambitieux
      qui eût sorti la nation de l’ornière et qu’on pût appliquer sur l’heure : las, on eut des chiffres à n'en plus finir, jusqu’à la nausée, trois heures durant ! L'assemblée décrocha ; Louis XVI
      lui-même, bercé par la transe statistique, finit, dit-on, par s’endormir. Les Etats souhaitaient un homme d’action, un Bonaparte avant l’heure, ils avaient un comptable. Et entendaient mal que
      des chiffres pussent tenir lieu de politique.<br>
      &nbsp;&nbsp;<br>
      Ironie de l'Histoire, ceux de Necker étaient justes, ajoutant au désarroi du ministre qui n’avait pas compris qu’aucune statistique ne vaut à l’heure des mécomptes. La révolution emporta tout,
      bons comme mauvais chiffres. On se chercha de nouveaux maîtres, sans autre désir que de changer de tyran. L’affairisme refit surface : de nouveaux venus, qui philosophaient naguère, se mirent à
      l’économie. Les chiffres revinrent à l'affiche, entre deux bordées d’axiomes imparables qu’on commentait dans une langue inconnue. Bien vite la question ne fut plus de savoir si ces chiffres
      étaient bons ou mauvais, mais s’ils étaient justes ou faux : car c’est un art facile que de patiner les indicateurs au bénéfice des vues que l’on veut favoriser</span><span style=
      "font-size: 10pt;"><span style="color: #000000;">.</span> <a class="tooltip" href="http://www.marc-aragon.net/article-6663017.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style=
      "color: #3366ff;">Winston Churchill</span></span><em>Winston Churchill est moins connu pour le prix Nobel de littérature, qu’il obtint en 1953, que pour la réputation qu’il se forgea en
      occupant, cinquante ans durant, le devant de la scène politique britannique, s’opposant notamment aux desseins nazis avec le courage que l’on sait. Homme d’Etat de premier plan, controversé un
      temps, adulé un autre, il aimait à dire que l’économie dépassait son entendement, et celle-ci le lui rendit bien …</em></a><span style="color: #000000;">, qui prétendait ne rien entendre à
      l’économie, ne serait pas dupe : « <em>Je ne crois aux statistiques que lorsque je les ai moi-même falsifiées</em> ». Charles de Gaulle, dans un autre contexte, réputa le fameux «
      <em>l’intendance suivra</em> » - peut-être apocryphe -, montrant tout son éloignement pour les chiffres, n’abdiquant rien à ceux qui les produisaient ni à ceux qui les commentaient savamment.
      Quelques-uns se hissèrent ainsi au rang d’hommes d’Etat, cependant que tous les autres, politiciens de passage, subirent, complaisamment ou non, la loi des chiffres débités au kilomètre, élevés
      en sainte vérité. Et, pour ne point mentir tout à fait, on les trafiqua un peu, parfois au centième près, jusqu’à l’obsession : un chiffre doit être précis, surtout s’il est faux
      !<br></span></span>
    </div>
    <div style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt ; color: #000000;"><br>
      L’avènement d’un modèle économique implique d’abord de surpasser&nbsp;le précédent, ce qui invite à des premières statistiques flatteuses. Puis, par habitude, on maintient les coutumes. Les
      soviétiques ne furent pas les derniers à dissimuler leurs bilans, quoiqu’ils fussent plus enclins à rationner leur communication qu’à répandre de fausses données</span> <span style=
      "font-size: 10pt;"><strong><sup><span style="color: maroon">1</span></sup></strong></span><span style="font-size: 10pt">. Nul n’a oublié Stackhanov et ses records truqués, ni les chiffres
      étonnants qu’on corna pour <a class="tooltip" href="http://www.marc-aragon.net/archive-09-19-2006.html"><span style="color: #3366ff; font-family: Times New Roman;">célébrer le
      communisme</span><em>Historiens et économistes poursuivent sans cesse la quête de cycles qui paveraient la vie des hommes et de leurs sociétés. C’est un chemin de croix millénaire,
      quasi-religieux, qui en dit beaucoup sur le besoin de l’espèce à penser son futur pour mieux s’en prémunir …</em></a> : ainsi l’économie des Soviets aurait-elle été multipliée par 36 entre 1913
      et 1959 quand celle de l'oncle Sam doublait seulement <span style="font-size: 10pt"><strong><sup><span style="color: maroon">2</span></sup></strong></span> ! L’OCDE révisera : le PIB qui
      affichait 1501 dollars par tête en 1913 ahanait à ... 2601 en 1950</span> <span style="font-size: 10pt"><strong><sup><span style="color: maroon">3</span></sup></strong></span><span style=
      "font-size: 10pt;">. L’Amérique n’est&nbsp;pas en reste, notamment sur le front symbolique de l’emploi et de la productivité. Celle des Etats-Unis végétait : en 1995, la productivité de la main
      d’œuvre plafonnait à 1% en rythme annuel de croissance. Le Bureau des Statistiques de l’Emploi changea alors sa jauge&nbsp;: il rapporta la puissance informatique <strong><sup><span style=
      "font-size: 10pt; color: maroon;">4</span></sup></strong>, doublant tous les 18 mois selon la loi de Moore, au prix du matériel, augmentant en proportion la production de chaque heure de
      travail effectué. Cette magie transforma&nbsp;2,4 milliards de dollars de débours informatiques en 14 milliards de production et fit bondir de 20% le PIB du troisième trimestre ! Au quatrième
      trimestre 1995, la productivité croissait de 6,9% en rythme annuel</span> <strong><sup><span style="font-size: 10pt; color: maroon">2</span></sup></strong> <span style="font-size: 10pt">! Voici
      que « <em>le PNB américain commence à ressembler, pour la fiabilité statistique à celui de l’Union soviétique</em></span> <strong><sup><span style=
      "font-size: 10pt; color: maroon;">5</span></sup></strong>&nbsp;<span style="font-size: 10pt">» (Emmanuel Todd).<br>
      &nbsp;</span>
    </div>
    <div style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt"><span style="color: #000000;">L'Europe ne déroge pas. Voyez l’Angleterre, Margaret Thatcher, sa dame de fer, son renouveau libéral des années 1970 ; la thérapie de
      choc exige des résultats à l’unisson, surtout sur la question centrale du chômage. On hésite, on louvoie : entre 1979 et 1988, le mode de calcul est changé vingt-deux fois</span></span>
      <sup><span style="font-size: 10pt; color: maroon"><strong>6</strong></span></sup> <span style="font-size: 10pt"><span style="color: #000000;">! Le chômage baisse. En France, on s’écharpe encore
      sur les chiffres : fin juin 2007, l’INSEE proposait un taux de chômage moyen de 9,4% pour le premier trimestre tandis que les autorités se flattaient de 8,5%</span></span> <sup><span style=
      "font-size: 10pt; color: maroon;"><strong>7</strong></span></sup><span style="font-size: 10pt"><span style="color: #000000;">. Ainsi le principe axiomatique est-il que les chiffres sont justes
      jusqu’à ce qu’ils deviennent faux, selon le temps et l’énergie que les instituts qui les émettent mettront à les réexaminer. L’empire soviétique révisait peu, le géant américain révise beaucoup
      tant il se trompe dans sa hâte à produire de bonnes nouvelles, ou de moins mauvaises. Que vaut ce décompte récent du chômage outre-atlantique qui dénombra en première instance 4.000
      suppressions d’emplois</span></span> <sup><span style="font-size: 10pt; color: maroon"><strong>8</strong></span></sup> <span style="font-size: 10pt"><span style="color: #000000;">pour le mois
      d’août 2007 quand on visait 110.000 créations de postes ? Outre qu’il soit décevant, quel crédit lui accorder quand le même jour on révisa les chiffres de juillet à 68.000 emplois générés
      contre 92.000 annoncés,&nbsp;pis encore, ceux de juin, ramenés de 126.000 à 69.000</span></span> <sup><span style="font-size: 10pt; color: maroon"><strong>7</strong></span></sup><span style=
      "font-size: 10pt;"><span style="color: #000000;">&nbsp;? La</span> <a class="tooltip" href="http://www.marc-aragon.net/article-4088438.html"><span style=
      "font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">prévision est fausse</span></span><em>L’année 2003 fut un record : jamais les organismes ayant à mesurer la conjoncture économique,
      offices, instituts, observatoires et cabinets de toutes sortes, ne mirent autant à côté de la cible ! Collectivement anticipée comme une année de reprise, après un mauvais cru 2002 (1,2%),
      l’année se terminera avec un taux de croissance de 0,8%, le plus faible depuis 10 ans …</em></a><span style="color: #000000;">, le comptage est faux, les chiffres définitifs sont à la merci de
      celui qui tient le couteau et partage le gâteau. C’est la règle.</span></span>
    </div>
    <div style="text-align: justify;">
      &nbsp;
    </div>
    <div style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt"><span style="color: #000000;">Nous ne savons rien des mensonges qui auront été versés dans des tableaux de bord complices, et la part frauduleuse que l’on aura su
      rendre miscible dans les indicateurs majeurs comme le PIB, les balances des paiements, les budgets. Coincés entre les grands équilibres, la contrainte extérieure, l’opinion qui vote et les
      marchés financiers qui chutent ou grimpent selon qui parle en dernier, les Etats manient la statistique en raffinant l’opaque. La prévision est un cordeau lâche qui délimite mal. Les
      économistes opinent, éclairés et sûrs d’eux, décodant doctement cet air du temps, jamais empêchés de commenter des chiffres parfois tout à fait faux. Et ce volapuk&nbsp;embarrassé éblouit
      autant qu’il dispense le maître de s’expliquer davantage. « <em>Laissez trois économistes ensemble et vous êtes sûr d’avoir au moins quatre avis sur la politique à suivre</em></span></span>
      <sup><span style="font-size: 10pt; color: maroon"><strong>9</strong></span></sup> <span style="font-size: 10pt"><span style="color: #000000;">» raillait Milton Friedman, économiste lui-même,
      Nobel de surcroît. Les sociétés ne sont pas en reste : Enron, Parmalat, Worldcom et tant d’autres qui n’y allèrent pas à moitié, le cœur sur la main et la main dans la poche, déversant
      continûment leurs chiffres frelatés sous l’œil comparse des meilleures enseignes, banques d’affaires et auditeurs de haut vol. Hé quoi, les</span> <a class="tooltip" href=
      "http://www.marc-aragon.net/article-5712489.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">bancanalystes</span></span><em>Ceux d’avant défilaient moins. Isolés,
      loin des parquets, encastrés entre le contrôle de gestion et la comptabilité, on les imagine, trois-pièces strict, de préférence sombre, chemise blanche de rigueur, à décrypter d’interminables
      chroniques de chiffres, de bilans et de perspectives. Les analystes financiers de l’ancienne époque étaient sûrement de cette sorte, à s’échiner pour le roi de Prusse …</em></a> <span style=
      "color: #000000;">connivents ne sont jamais loin ! Aux USA, pour une recommandation à la vente, il y en avait six à l’achat en 1991 et … cent en 2000</span></span> <sup><span style=
      "font-size: 10pt; color: maroon;"><strong>10</strong></span></sup> <span style="font-size: 10pt"><span style="color: #000000;">! Peu après, l'e-Economie&nbsp;kracha le surplus.</span></span>
    </div>
    <div style="text-align: justify;">
      &nbsp;
    </div>
    <div style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt"><span style="color: #000000;">Finalement, les chiffres ne paraissent avoir de constance que dans l’excès, faisant de ceux qui s’en méfient les plus ardents
      défenseurs. Car il faudra bien continuer de jauger, peser, calibrer,&nbsp;même «&nbsp;<em>si beaucoup de choses non chiffrables nous donnent une satisfaction plus grande que ce qui peut être
      mesuré</em></span></span> <sup><span style="font-size: 10pt; color: maroon"><strong>11</strong></span></sup><span style="font-size: 10pt"><span style="color: #000000;">&nbsp;»&nbsp; (John
      Galbraith).</span></span>
    </div><br>
    <div>
      &nbsp;
    </div>
    <div>
      <span style="font-size: 10pt">&nbsp;</span><span style="font-size: 10pt"><span style="font-size: 10pt">&nbsp;<span style="font-size: 10pt"><span style="font-size: 10pt"><span style=
      "font-size: 10pt;">&nbsp;<span style="font-size: 10pt">&nbsp;</span></span></span></span></span></span>
    </div>
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  </div>
  <div>
    <span style="font-size: 8pt; color: black">&nbsp;</span>
  </div>
  <div>
    <span style="font-size: 8pt; color: #339966">(1) Jacques Sapir (1998) - «&nbsp;Le Krach Russe&nbsp;»<br>
    (2) William Bonner (2004) - «&nbsp;L'Inéluctable Faillite de l'Economie Américaine&nbsp;»<br>
    (3) Angus Maddison (2001)&nbsp;- «&nbsp;L'Economie Mondiale : Une Perspective Millénaire / OCDE&nbsp;»</span>
  </div>
  <div>
    &nbsp;
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt 35.4pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 8pt; color: black">PIB par habitant en dollars internationaux de 1990 - Pays d'immigration européenne (Etats-Unis, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande) 1913
    (<strong>5257)</strong> - 1950 (<strong>9288)</strong> - Europe de l'Est et ex-URSS 1913 (<strong>1501)</strong> 1950 (<strong>2601)</strong></span>
  </div>
  <div>
    &nbsp;
  </div>
  <div>
    <span style="font-size: 8pt; color: #339966">(4) Michel Aglietta - Antoine Rebérioux (2004)&nbsp;- «&nbsp;Dérives du Capitalisme Financier&nbsp;»</span>
    <div>
      <span style="font-size: 8pt; color: #339966">&nbsp;</span>
    </div>
    <div style="margin: 0cm 0cm 0pt 35.4pt; text-align: justify;">
      <span style="font-size: 8pt; color: black">Dès 1987, Robert Solow, prix Nobel d'Economie, s'était ému qu'on ne considérât pas la contribution de l'informatique dans les indicateurs de
      productivité. Il souleva alors le fameux paradoxe suivant : <span style="color: #339966;"><span style="color: #000000;">«&nbsp;<em>You can see the computer age everywhere but not in the
      productivity statistics</em> », que l'on peut traduire ainsi :«&nbsp;L'âge des ordinateurs est perceptible partout sauf dans les statistiques de productivité ».</span></span></span>
    </div>
    <div style="text-align: justify;">
      &nbsp;
    </div><span style="font-size: 8pt; color: #339966;">(5) Emmanuel Todd (2002)&nbsp;-&nbsp;«&nbsp;Après l'Empire&nbsp;»<br>
    (6) Libération, le 27/06/1988 / Bernard Maris (1990) - «&nbsp;Des Economistes Au-dessus de Tout ...&nbsp;»<br>
    (7) Les Echos, le 29/06/2007 - « Le chômage sous la barre des deux millions »<br>
    (8) Reuters, le 07/09/2007 - « Première baisse depuis 2003 pour le marché du travail américain »<br>
    (9) Milton Friedman (1969) - «&nbsp;Inflation et Système Monétaire&nbsp;»<br>
    (10) Michel Aglietta / Antoine Rebérioux (2004) -&nbsp;«&nbsp;Dérives du Capitalisme Financier&nbsp;»<br>
    (11) John Galbraith (1981) – «&nbsp;Tout Savoir ou Presque sur l'Economie&nbsp;»</span>
  </div>
  <div>
    <div>
      <span style="font-size: 10pt">&nbsp;</span><span style="font-size: 10pt"><span style="font-size: 10pt">&nbsp;<span style="font-size: 10pt"><span style="font-size: 10pt"><span style=
      "font-size: 10pt;">&nbsp;<span style="font-size: 10pt">&nbsp;</span></span></span></span></span></span>
    </div>
    <div>
      <div>
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        </div>
      </div>
    </div>
    <div>
      <span style="font-size: 8pt; color: black">&nbsp;<br>
      <br></span>
    </div><span style="font-weight: normal; font-size: 8pt; color: red"><span style="text-decoration: underline;">I<span style="color: #ff0000;">llustration</span></span></span> <span style=
    "font-weight: normal; font-size: 8pt; color: red;">: Extrait du site&nbsp;</span><a href=
    "http://rds.yahoo.com/_ylt=A0WTb_oVQLNH9IQBdmKjzbkF/SIG=122q9iakq/EXP=1203016085/**http%3A//www.dreams-cars.net/images/Design%3FD=A" target="_top"><span style=
    "font-size: 8pt; color: #ff0000;">http://www.dreams-cars.net/images/Design?D=A</span></a><br>
  </div>
  <div>
    <br>
    &nbsp;<br>
    &nbsp;
  </div>]]></description>
        <pubDate>Sun, 09 Sep 2007 23:11:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.marc-aragon.net/article-12273410.html</guid>
                <category>Mythes et Réalités</category>        <comments>http://www.marc-aragon.net/article-12273410-6.html</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Slogans et théorèmes]]></title>
        <link>http://www.marc-aragon.net/article-6640437.html</link>        <description><![CDATA[<div>
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span></span>
  </div>
  <div>
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span></span>
  </div>
  <div>
    &nbsp;
  </div>
  <div style="TEXT-ALIGN: justify">
    <span style="font-size: 10pt;"><img width="242" src="http://idata.over-blog.com/0/39/81/81/Illustrations/Slogans-Th-or-mes.jpg" height="280" style="border: 0px solid #000; margin: 0px 0px;"
    class="GcheTexte">Place aux jeunes ! Voici venu le temps des quinquagénaires, celui de la modernité, du renouveau, porté par des hommes et des femmes, leaders politiques ou chefs d’entreprises,
    étreints par l’enthousiasme et la volonté d’agir ; cet air du temps nous comble, et nous sommes pressés de croire tout ce que l’on nous dit aussi bien qu’impatients de faire tout ce que l’on nous
    conseille. Parfois même au mépris des leçons de l’Histoire. Une mode passe, une autre surgit, au rythme des générations qui se succèdent, chacune plus assurée que la précédente de l’acuité de ses
    vues et de l’ardeur de ses prescriptions. Quelques idées, délaissées pour ce qu’elles avaient failli, refont surface après que celles qui les avaient supplantées, plus en vogue ou mieux en cour,
    n’eurent pas mieux réussi. Ainsi naît l'infini recommencement des usages, entre progrès et conservatisme, selon la pensée du moment et le prestige de ceux et celles qui l’incarnent. « <em>Les
    seules limites sont celles de la vision</em> » (James Broughton). Et rajoutera-t-on, celles de l’esprit sont celles de la mémoire. En économie notamment, et dans ses alentours financiers, où la
    brièveté du souvenir chère à John Galbraith a généralement force de loi.</span>
  </div>
  <div style="TEXT-ALIGN: justify">
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </div>
  <div style="TEXT-ALIGN: justify">
    <span style="font-size: 10pt;">Henri de Castries est l’une des étoiles de la nouvelle génération. Enarque bon teint qui migra du Trésor à la présidence d’Axa, il luit aujourd’hui au firmament des
    patrons les mieux payés <strong><sup><span style="color: #800000;">1</span></sup></strong>. C'est un homme au contact, qui connaît l’Etat et la libre entreprise, dont la réussite personnelle
    imprègne les avis du sceau de l’autorité. Que nous dit-il au sujet des résultats des majors de la cote parisienne, qui croissent nettement ? « <em>Nous devrions nous réjouir du niveau de ces
    profits parce que ce sont eux qui financeront les investissements, donc la croissance et les emplois de demain</em> » <strong><sup><span style="color: #800000;">2</span></sup></strong>. En effet,
    les <a class="tooltip" href="http://www.marc-aragon.net/archive-08-27-2006.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">profits sont gros</span></span><em>La
    Bourse fit la fine bouche ce 15 février 2006 : BNP Paribas qui venait pourtant d’annoncer un bénéfice record pour le millésime 2005 recula de -2,50% ; TOTAL qui afficha le meilleur résultat
    annuel jamais enregistré par une entreprise française - 12 milliards d’euros -, se replia d’un demi point. Seul Danone, qui tripla ses bénéfices, vit son cours croître (+1,4%) …</em></a> : 88
    milliards d’euros en 2005, 96 en 2006 pour l'élite tricolore <strong><sup><span style="color: #800000;">3</span></sup></strong>, consubstantiels, si l’on entend bien, de lendemains de plein
    emploi.&nbsp;Las, un doute s’insinue, malicieux, qui nous rappelle que les trente dernières années actèrent précisément l’inverse ! Car ce qu’énonce notre héraut n’est rien que le théorème de
    Schmidt, du nom du chancelier d’Allemagne fédérale, contemporain de Valéry Giscard d’Estaing, qui déclara un jour de 1978 : « <em>La compétitivité d'aujourd'hui génère les profits d’aujourd’hui ;
    les profits d’aujourd’hui font les investissements de demain ; les investissements de demain font les emplois d’après-demain</em> ». Certains refrains sont vivaces, qui n’ont été démontrés par
    personne ni concrètement avérés, mais restent tenus pour vrai par l’establishment, contre vents et marchés.</span>
  </div>
  <div style="TEXT-ALIGN: justify">
    &nbsp;
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    <span style="font-size: 10pt;">A la même époque, Michel Albert, alors Commissaire au Plan, brillant quinquagénaire qui&nbsp;dirigera ensuite&nbsp;les AGF, autre haut lieu de l’assurance, griffera
    l'édifice d'une sentence définitive : «&nbsp;<em>L’emploi est lié à la croissance. La croissance est liée à l’équilibre extérieur. L’équilibre extérieur est lié à l’adaptation de l’industrie</em>
    » <strong><sup><span style="color: #800000;">4</span></sup></strong>. Quelques oukases de cette sorte pavèrent la renaissance libérale des années 1970, parant l’économie de lois d’airain,
    fatidiques, qui consacraient la victoire du Marché et la reddition de l’Etat. Michel Albert y gagna en notoriété ce que la rigueur scientifique y perdit en netteté <strong><sup><span style=
    "color: #800000;">5</span></sup></strong> : d'interminables causeries d’experts, parfois de simples idéologues, tinrent lieu de démonstration mieux que le réel, moins permanent, qui défia tout.
    En sorte que l’on délibère encore des « théorèmes » de Schmidt et d’Albert, dans la plus pure tradition jésuitique. Les mieux écoutés donnent le ton, comme Henri de Castries, récemment adoubé «
    stratège de l’année 2006 » <strong><sup><span style="color: #800000;">6</span></sup></strong>, lointain descendant de Xavier Dupont, <a class="tooltip" href=
    "http://www.marc-aragon.net/article-6515647.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">financier de l’année 1987</span></span><em>Le 25 janvier 1948, le
    gouvernement de Robert Schuman n’y alla pas de main morte : le franc fut dévalué de 80% ! Dix années plus tard, l'adoption du nouveau franc s'accompagnera d'une dévaluation de 17,5%, perpétuant
    une pratique onze fois répliquée entre 1945 et 1969, qui répondait à la politique inflationniste d’après-guerre …</em></a>, grand théoricien du <em>syndrome égyptien</em>, dont la Compagnie des
    Agents de Change qu’il dirigeait se fit plumer de 600 millions de francs. Bah, « <em>rien n’est impossible dans une science aussi inexacte que l’économie</em> » ainsi que le confessa Paul
    Samuelson, prix Nobel d’Economie, un jour de grande lassitude <strong><sup><span style="color: #800000;">7</span></sup></strong>. Chacun peut donc se permettre d’opiner à bon compte.</span>
  </div>
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    &nbsp;
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  <div style="MARGIN: 0cm 6pt 1.5pt 0cm; TEXT-ALIGN: justify">
    <span style="font-size: 10pt;">Souvenons-nous pourtant : les Trente Glorieuses (1945/1975) s'accompagnèrent d'une croissance résolue, de quelque 4,5% l'an. Nos entreprises, assujetties à un impôt
    de 50% sur les sociétés, étaient florissantes, qui réinvestissaient alors l'essentiel de leurs profits, et leurs capacités d’autofinancement étaient très élevées. Les salaires suivaient,
    inscrivant le pouvoir d’achat dans les pas de la croissance ; les emplois étaient à l’unisson et Pierre Mendès France s’égosillait que le chômage frappât 300.000 personnes ! A contrario, les
    actionnaires n’avaient pas la part belle, à l’image d’une <a class="tooltip" href="http://www.marc-aragon.net/archive-08-28-2006.html"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style=
    "color: #3366ff;">Bourse atone</span></span><em>Le choc pétrolier de 1973 mit fin à l'embellie des Trente Glorieuses. Durant cette période (1945/1975), la croissance française fut sans précédent,
    exceptionnelle et constante, de l'ordre de 4,5% par an. La logique eût voulu que la Bourse escortât cet élan de prospérité sur des marchés financiers à l'unisson …</em></a> <span style=
    "font-size: 10pt;">; entre 1962 et 1978, Paris connut seize ans de marasme, et l'indice baissa de 75% en francs constants tandis que le PIB doublait en volume</span> <strong><sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: #800000;">8</span></sup></strong><span style="font-size: 10pt;">. Puis les choses changèrent ; on libéralisa, on déréglementa. Les profits enflèrent, les marchés
    financiers flambèrent ; le chômage fit de même, qui s’accrut partout : Helmut Schmidt n’avait-il pas dit qu’il était déjà contredit ! Au point que vingt années après, quelques perfides crurent
    bon de débaptiser son postulat en « théorème de Michelin » : en septembre 1999, l’équipementier publia des résultats semestriels en hausse de 20% en même temps qu’il annonçait 7.500 licenciements
    ; le titre bondit immédiatement de 12% ! Ce qu'on put traduire ainsi : «</span> <em><span style="font-size: 10pt;">Les profits d'aujourd'hui font les licenciements de demain et les dividendes
    d'après-demain</span></em> <span style="font-size: 10pt;">».</span></span>
  </div>
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    &nbsp;
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  <div style="MARGIN: 0cm 6pt 1.5pt 0cm; TEXT-ALIGN: justify">
    <span style="font-size: 10pt;">Ainsi le capitalisme financier, c’est-à-dire la <a class="tooltip" href="http://www.marc-aragon.net/archive-10-17-2006.html"><span style=
    "font-family: Times New Roman;"><span style="color: #3366ff;">primauté de l’actionnaire</span></span><em>Lorsqu’elle a réalisé de bonnes affaires, une entreprise finance son essor en utilisant
    une part des profits issus de son activité : elle s’autofinance. Selon le cas, elle peut également choisir de s’endetter, soit auprès d'institutions financières, soit, pour les plus en vue, en
    émettant des obligations. Elle peut aussi saisir ses actionnaires pour qu'ils remettent au pot …</em></a> sur tous les autres acteurs, a-t-il grignoté petit à petit le gâteau des profits au point
    de s’en octroyer la plus grosse part. En 2006, les actionnaires du CAC se sont vus reverser 45% des profits de leurs favorites - 35% en 2005 -, quelque 40 milliards d’euros, entre dividendes et
    rachat d’actions <strong><sup><span style="font-size: 10pt; color: #800000;">9</span></sup></strong>. Total règne en maître, Mittal se distingue, qui versera cette année 1,8 milliards d’euros à
    ses mandants malgré un bénéfice en baisse</span> <strong><sup><span style="font-size: 10pt; color: #800000;">10</span></sup></strong><span style="font-size: 10pt; color: #000000;">. Investit-on
    au moins ? Non :</span> <span style="font-size: 10pt;">l’investissement du CAC&nbsp;est passé de 120 milliards d’euros en 1999 à 77 en 2005</span> <strong><sup><span style=
    "font-size: 10pt; color: #800000;">11</span></sup></strong><span style="font-size: 10pt;">. La financiarisation a tout chamboulé et distrait les capitaux de l'entreprise elle-même : les circuits
    de l'argent ont capté l’essentiel des gains de productivité, asséchant tout le reste. On voit mal comment ce système pourrait fonctionner de lui-même à l’envers, dominé par des logiques
    patrimoniales et des acteurs puissants, rétifs à toute réglementation. L’actionnaire-roi n’est pas près de dételer, n’en déplaise aux tenants du théorème de Schmidt, oublieux qu’en 1978
    l’actionnaire en question n’était qu’une pièce rapportée. Quant au théorème d’Albert, on&nbsp;fera remarquer que l’équilibre extérieur des Etats-Unis – 763,6 milliards de dollars de déficit
    commercial en 2006 -, dans le rouge depuis 1971, n’a que rarement écorné l'élan américain. Tout peut toujours changer, tôt ou tard ...</span>
  </div>
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    &nbsp;
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    <span style="font-size: 10pt; color: #000000;">Ah, l’économie ! Ses théorèmes, bringuebalant, autoritaires, qui sonnent comme des slogans et nous donnent tout loisir d'ergoter en savantes
    conjectures, d’exemples contredits en contre-exemples récusés, scellés à l’autorité de celui qui les dicte et de ceux qui les clament. Oyez !&nbsp;Sonnez trompettes, résonnez carillons !</span>
  </div>
  <div style="TEXT-ALIGN: justify">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000000;"><span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span></span>
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        <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;<span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span></span>
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            <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal;">
              <span style="font-size: 8pt; color: #339966; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: Arial;"><br>
              <span style="font-family: verdana,geneva;">(1)</span></span><span style="font-family: verdana,geneva;"><span style="font-size: 8pt;"><span style=
              "color: #339966; mso-bidi-font-family: Arial;">&nbsp;Les Echos, le 24/04/2007 - « Le Hit Parade des Salaires des Patrons du CAC »</span>&nbsp;<br>
              <br></span></span><br>
            </p>
            <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt 35.45pt; line-height: normal; text-align: justify;">
              <span style="font-family: verdana,geneva;"><span style="font-size: 8pt;"><span style="color: black;">Les&nbsp;rémunérations en 2006 (salaire fixe, bonus, avantages en nature et le cas
              échéant, jetons de présence) établissent comme suit le classement des patrons du CAC les mieux payés : (1)</span> <b><span style="color: black; mso-bidi-font-size: 11.0pt;">Bernard
              Arnault</span></b> <span style="color: black;">(LVMH) 4,06 millions d'euros (2)</span> <b><span style="color: black; mso-bidi-font-size: 11.0pt;">Henri de Castries</span></b>
              <span style="color: black;">(Axa) 3,76 millions d'euros (3)</span> <b><span style="color: black; mso-bidi-font-size: 11.0pt;">Jean-François Dehecq</span></b> <span style=
              "color: black;">(Sanofi-Aventis) 3;,36 millions d'euros ; en outre, Lindsay Owen-Jones (L'Oréal) est le patron non exécutif le mieux payé avec un revenu de 4 millions
              d'euros.</span><span style="color: black;">&nbsp;</span><span style="color: black;">On notera qu'Henri de Castries&nbsp;a annoncé qu'il renoncerait à ses stock-options pour l'année
              2007, estimant en avoir reçu un nombre suffisant. &nbsp;A ce jour, le patron d'Axa possède environ 900.000 actions en direct et près de 6 millions d'options, soit une plus-value
              potentielle de quelque 70 millions d'euros (La Tribune, le 15/05/2007)</span></span></span>
            </p>
            <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt 35.4pt; line-height: normal; text-align: justify;">
              <span style="font-size: 8pt; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;"><span style="font-family: verdana,geneva;"><span style=
              "font-size: 8pt;">&nbsp;</span></span></span>
            </p>
            <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal;">
              <span style="font-family: verdana,geneva;"><span style="font-size: 8pt;"><span style="color: #339966; mso-bidi-font-family: Arial;">(2)&nbsp;Le Nouvel Economiste, 19/25 avril 2007,
              citant Le Figaro Economie<br>
              (3)&nbsp;Les Echos, le 24/04/2007 - « Le Hit Parade des Salaires des Patrons du CAC »</span></span></span>
            </p>
            <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt 35.4pt; line-height: normal;">
              <span style="font-size: 9pt; color: #000000; font-family: &quot;Arial&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><span style=
              "font-size: 8pt; color: black; font-family: 'Verdana','sans-serif';"><span style="font-family: verdana,geneva;"><span style="font-size: 8pt;">&nbsp;</span></span></span></span>
            </p>
            <p class="MsoNormal" style="padding-left: 30px; margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify;">
              <span style="font-size: 7.5pt; color: #339966; font-family: &quot;Arial&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><span style=
              "font-family: verdana,geneva;"><span style="font-size: 8pt;"><span style="color: black;">Les&nbsp;bénéfices des entreprises du CAC 40 se sont établis en milliards d'euros à :
              (</span><b><span style="color: black; mso-bidi-font-size: 11.0pt;">2006</span></b><span style="color: black;">) 96,3 (</span><b><span style=
              "color: black; mso-bidi-font-size: 11.0pt;">2005</span></b><span style="color: black;">) 88 (</span><b><span style=
              "color: black; mso-bidi-font-size: 11.0pt;">2004</span></b><span style="color: black;">) 57 (</span><b><span style=
              "color: black; mso-bidi-font-size: 11.0pt;">2003</span></b><span style="color: black;">) 37. L'exercice 2007 s'annonce sous les meilleurs auspices : les profits des 40 entreprises
              emblématiques de « l'hexagone » pourraient encore progresser de 6,7% et atteindre un total de 101,7 milliards d'euros selon Thomson Financial (Le Monde, 23/02/2007). L'économiste Marc
              Touati rappelle cependant qu'en moyenne 80% des profits des entreprises du CAC sont réalisés à l'étranger.</span></span></span></span>
            </p>
            <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt 35.4pt; line-height: normal; text-align: justify;">
              <span style="font-size: 8pt; color: black; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;"><span style="font-